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Mars, ninja Christie


















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mardi 27 janvier 2009

l'enfermement

Je l aime bien cette photo floue Quand on jouit d'un état sans s'en rendre compte, une piqûre de rappel de "ce que serait la vie si on n'en jouissait plus" permet d'en savourer de nouveau la valeur.

Aujourd'hui, une fois encore, me voilà privée de ma liberté de mouvements - Alma tousse moins mais une ondée de boutons rouges recouvre son torse. Elle est coincée à la maison et moi aussi. (Chimène n'en croit pas ses yeux de la chance de sa soeur. Alma semble déjà moins enthousiaste qu'hier à la perspective de m'avoir pour elle toute seule).

Je me souviens des tunnels, jours entiers affilée passés à la maison avec Chimène fièvreuse et affaiblie. Il n'y avait personne, personne d'autre que moi pour rester avec elle jour après jour, appaiser son délire au milieu de la nuit, lui donner à boire et me recoucher avec elle dans le canapé, passer tant bien que mal une journée cotonneuse - tous mes engagements, tous mes plaisirs propres annulés, et le lendemain suspendu à la chaleur de son front.

Mon agressivité de tigresse encagée, moi qui ai tant voulu des enfants je touche ma limite quand ils me privent de liberté.

Les barbelés électrifiés entourant les jolies propriétés de Nairobi : les grands arbres et les maisons fraiches ne font oublier qu'un moment qu'on ne peut pas sortir sans la clé du gardien, et qu'à la nuit tombée c'est du suicide de se balader à pied.

Ma joie, ma joie décuplée lorsque de nouveau je peux aller et venir à ma guise. C'est pour cela je crois que j'ai tellement aimé la côte kenyane : l'immensité du ciel, la brise qui vient balayer la chaleur, la mer tiède, les pêcheurs dans leur abri en bois, et puis, toute cette liberté d'aller et venir juste après Nariobi.

J'aime les voyages car le changement de conditions de vie et de règles naturelles et sociales dévoile un coin de l'angle aveugle de "qui nous sommes".

La petite voix d'Alma-chat, dans mon dos, qui se raconte des histoires de princesse Playmobil.  Les enfants sont un voyage.

Santé, confort, présence des êtres chers, bon bouquin, côtelette dans notre assiette.. Passons une bonne journée à porter notre attention sur tout ce qui nous est donné et à rendre grâce, si le coeur nous en dit.


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Commentaires

Comme tu décris bien la "pénibilité" des enfants malades, quand on a soi-même viscéralement besoin de temps pour soi... Ce ne sont d'ailleurs pas vraiment les enfants qui sont pénibles, mais plutôt l'incertitude de l'évolution de leur état...
J'ai du mal dans ces cas-là à "faire confiance dans la vie", à ne pas envisager le "pire" scénario (Antoine qui n'irait pas mieux, virée chez le médecin et 3h d'attente, obligée de bosser en parallèle, et que faire si ça se prolonge...)... En core du travail sur moi !Bisous

Rédigé par: Anne-So | 27 jan 2009 10:25:35

3 HEURES d'attente ! moi je pêterais une durite... Hier mon bon docteur Chacha, homéopathe, nous attendait les bras ouverts, à sa porte.. Bon, l'homéopathie ne protège pas de la contagion varicelleuse !

Rédigé par: Christie | 27 jan 2009 10:35:20

Ces lignes que tu écris me rappellent très bien ces jours que j' ai passés avec mes enfants malades et ou il n' y avait personne pour prendre le relais....moments bénis et doux de chouchoutage mais aussi ce besoin cruel de m' aérer juste une heure, ce qui m' aurait permis de me ressourcer pour mieux redonner ensuite....depuis je me suis promis de me rendre disponible quand une "jeunette " serait dans cette situation , si je n' étais si loin je t' aurais proposé de prendre une petite pause .....

Rédigé par: christine | 27 jan 2009 10:46:35

c'est une des choses que je préfère, retrouver ma liberté, en algérie les femmes ne sortent pas le soir et à chaque fois je me retrouve seule au milieu d'hommes qui fument... mmm qu'il est bon le petit resto en bas de l'appart ou on peut rigoler jusqu'à pas d'heure entre filles dans l'indifférence générale !

Rédigé par: alice | 27 jan 2009 11:28:19

En fait je renverse le problème et suis en train de réfléchir à toutes les choses que va me permettre de faire la maladie d'Alma.. qui pète le feu, paradoxalement ! Elle a juste des boutons contagieux...

Rédigé par: Christie | 27 jan 2009 14:59:00

Comme c'est bien écrit, bien dit, une fois de plus...
Bonne journée avec Alma !
Bises

Rédigé par: small head | 27 jan 2009 15:00:14

Tu peux mettre un pluriel.. je l'ai jusqu'à lundi ! et Chimène ensuite prendra probablement le relais (elle n'a pas eu la varicelle) !

Rédigé par: Christie | 27 jan 2009 15:31:11

Bon...
Bad souvenir pour moi la varicelle... Celle de Simon fut carabinée...
Mais il n'en sera pas de même pour tes fillotes !
Bon courage dans le tunnel, sois forte !

Rédigé par: small head | 27 jan 2009 18:14:58

Je suis en plein dedans avec un nouveau-né qui souffre de coliques et de reflux...
Au stress de ne pouvoir rien faire pour le soulager, s'ajoute la pression de rester en corps à corps all day long, sans pouvoir le poser puisque c'est pire allongé. Du coup, j'ai l'impression d'être ligotée, je ne fais quasi rien de mes journées à part le porter, le calmer et quand il dort enfin... moi aussi! Le pire c'est que je ne sais pas combien de temps cela va durer, mais apparemment, loooongtemps! C'est une grande frustration de vivre ainsi ce congé de maternité, et pas seulement pour la perte de ma liberté (on y est un peu préparé quand on accueille un bébé), mais surtout j'ai l'impression qu'on me vole ces moments bénis de l'arrivée d'un nouveau-né et je ressens une grande injustice...

Rédigé par: verveinecitron | 27 jan 2009 19:02:47

verveine !
Je suis de tout coeur avec toi, j'ai plus de chance que toi de ce côté là mais je t'envoie plein de bonnes ondes, des ondes positives, çà ne durera pas, tu le sais, çà prendra fin et tu auras quand même du temps pour profiter mieux de ton congé et de ton bébé dans de meilleurs dispositions ! Tu en auras des moments bénis, je sais que çà ne te console peut-être pas tellement mais j'en suis intimement persuadée et fais toi aussi un peu aider si tu le peux par une gentille femme de ton entourage !
Courage !

Rédigé par: small head | 27 jan 2009 19:15:59

verveinecitron>j'ai vécu ça avec mon fils Nathaniël; il est né en urgence et en souffrance, et les sages-femmes m'ont conseillé de faire du peau-à-peau le plus souvent possible... Résultat: j'ai fait du peau-à-peau... tout le temps pendant... plusieurs semaines! Le congé de maternité, c'est juste ça: ne plus savoir quand c'est la nuit, quand c'est le jour... ne plus savoir, quand c'est mon corps, quand c'est le sien... ne plus savoir, l'heure de la dernière tétée... Je dirais que ton congé de maternité à l'air magnifique bien au contraire! ;-)

Rédigé par: Valli | 27 jan 2009 20:37:34

merci beaucoup small head et valli: vos petits mots d'encouragement me touchent infiniment.
Ma frustration et ma colère viennent surtout du fait que ce bébé est adorable, qu'il commence à nous faire des sourires radieux et des gazouillis craquants, mais que ces moments d'échange sont vite abrégés par la souffrance qui revient. Je sais que cela passera, mais c'est très éprouvant.
Christie, ce soir j'ai un peu l'impression que ton blog sert de thérapie de groupe ;-)

Rédigé par: verveinecitron | 27 jan 2009 20:54:25

Moi j'aime quand mon blog sert à quelque chose.

Verveine, un truc qui m'a aidé à supporter la privation de liberté, lors de la toute petite enfance de Chimène, a été le regard des mamans de jeunes adultes. Regard brillant d'envie, "tu en as de la chance". Apparemment, cette fusion passe..

Je me suis faite à l'idée de passer une semaine "enfermée" (en fait Alma à part ses boutons, pête la forme mais elle ne peut pas aller à l'école). En plus elle est adorable, aux anges d'être avec moi. Il y a une foule de choses que j'ai envie de faire avec elle, du coup.

Rédigé par: Christie | 27 jan 2009 21:28:12

Cette privation de liberté est effectivement dure à vivre sur le moment mais moi qui suit maman d'adulte j'ai sur les bébés collés à leur mère le regard dont parle Christie ; gavez vous, enrichissez vous de cette fusion, c'est pesant là maintenant, mais demain c'est fini, il faudra réclamer des bisous dans le cou en cachette...

Rédigé par: pat | 28 jan 2009 08:59:14

Comme le sait déjà Christie, je suis élement dans cette période si précieuse du congé mat. ma puce passe le plus clair de son temps contre moi. Au début, j'en avais autant besoin qu'elle. Aujourd'hui, je me sens parfois (mais cela passe très vite...) un peu enfermée. Pour autant, quand j'ai l'occasion de sortir (mon amoureux me propose de prendre le relais pour que je m'aère un peu), et bien, je n'en ai plus envie...La fusion doit m'aller à moi aussi finalement.Christie, bonne journée avec tes poupettes...

Rédigé par: Carminette | 28 jan 2009 09:43:26

Ben oui, on a tendance à voir le verre à moitié vide : on se plaint de privation de liberté quand ils sont collés à nous, et on aurait tendance à se plaindre de ce trop grand espace (vide)libre quand ils partent.Moi qui suis très attachée à cette notion, c'est vrai que ça m'aide bien, lorsqu'elle nous dit qu'elle ne rentrera pas le WE, de penser à ce que je pourrai faire de ce temps libre.
Je n'ai pas souvenir d'avoir trop souffert de l'enfermement quand elles étaient malades, trop contente de les avoir avec moi.Par contre, j'ai vécu comme un cauchemar les fois où c'était moi qui étais immobilisée (je me suis "cassée" plusieurs fois) : devoir dépendre des autres, ne plus avoir la liberté de faire le moindre truc seule, était 100 fois pire que la douleur !

Rédigé par: swahili | 28 jan 2009 10:44:05

Coucou Christie,
Ce n'est pas marrant d'avoir des enfants malades,
j'ai passé la moitié de mon enfance à être malade à cause de mon asthme,
souffrir dans sa chair et dire à 4 ans pourquoi moi je suis malade et pas ma soeur,
ça a duré jusqu'à la puberté et après les crises se sont estompées..
puis d'autres maux sont venus,
entre autre celui de ne pas pouvoir avoir d'enfant
alors je te comprends Christie,
je comprends car j'ai souffert petite de ma maladie et je souffre aussi aujourd'hui de cette liberté,
cette liberté de ne pas pouvoir partager avec des enfants que je n'ai pas ...

franchement je ne sais pas si ce que je viens d'écrire est très clair :)
tu écris tellemnt mieux que moi ce que tu ressens


je te souhaite un bon mercredi
auprès de tes filles chéries
°°°

Rédigé par: Gala | 28 jan 2009 12:01:39

Merci Christie pour ce titre d'Eddie Vedder que je ne connaissais pas. La voix de cet homme me transporte! Découverte de Pearl Jam il y a de nombreuses années, et plaisir à le découvrir dans la bande son de "Into the wild". Et plaisir à lire tes notes avec sa voix en écrin!

Rédigé par: Snödroppe/Sophie | 31 jan 2009 10:55:46

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