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J’ai
toujours aimé l’éclat doré du soleil qui se couche sur le sable. Une plage
entre 7 et 8 heures du soir, l’été : mon espace-temps préféré. L’heure à
laquelle les gens plient leur drap de bain et remballent tout leur petit
matériel ; ils remettent leurs vêtements, se contorsionnent pour enlever
le maillot sans découvrir un bout de fesse, tentent de faire entrer leurs pieds
dans leurs chaussures avec le minimum de grains de sable : bref, ils
s’arrachent à la vie douce pour retourner vers leur litanie de « il
faut ».
Moi
aussi j’en ai des « il faut » - plus qu’il ne m’en faudrait... Mais
les fins d’après-midis, l’été, sur la plage, je les étire.
[Je
me souviens de mon chien qui ne voulait jamais quitter la plage et qui
s’arrangeait régulièrement pour qu’on l’oublie, afin de gratter ½ heure de rab
(le temps pour nous de remonter à la maison, de le chercher partout puis de se
frapper le front « mais qu’on est bête ! » et de redescendre à
la plage où il nous attendait, assis face à la mer.)
Je
me souviens d’un retour vers la côte, sur le bateau de mon père. Le vent sur
mon visage, les embruns, l’or du couchant sur l’eau… La joie de la vitesse, et
d’être avec mes parents, mon frère, et de revenir vers cette île, la joie
d’avoir chaud mais pas trop, la joie d’être vivante... ]
Sur
une autre île… Il faisait très chaud cet été-là, étonnamment. C'était l’une des
premières fois où j’emmenais un amoureux passer quelques jours dans la maison
familiale. C'était bizarre d’ailleurs, les chambres séparées qui se terminait
en chambre commune au milieu de la nuit, les regards soupçonneux de mes mère et
grand-mère, l’envie d’intimité
contredisant la nécessité d’une retenue, et Julien super bien élevé qui faisait
l’admiration de tous...
Cet
après-midi-là, mes cousines et mon oncle avaient pédalé comme des dératés vers
la plage, moi j’avais pris mon temps et mon amoureux, avec la mob, nous
attendait à chaque carrefour en essayant de ne pas se perdre. Nous nous
dirigions vers l’une de nos plages préférées, celle à laquelle on accède par un
village enchevêtré et une immense pente-prairie sur laquelle paissent des
chevaux - dans cette île, le plaisir d’aller à la plage tient au moins pour
moitié dans la beauté de l’arrivée. Nous
avons attaché nos vélos les uns aux autres, dévalé la prairie verte et rose et
posé nos affaires aux pieds des dunes ; mes cousines se sont alors mises à
courir vers la mer et ont plongé direct dans l’eau à 17 ° ; mon oncle et
moi, plus circonspects, sommes entrés dans l’eau à nos rythmes de
frileux ; mon amoureux, lui, refusait de se baigner à moins de 25 °.
Sortis
de l’eau… mes cousines ont recommencé à courir comme des Marie-José Perrec
« comme ça on n’a même pas froid ! » sur la plage et sur les
dunes et sur la prairie tout autour ; mon oncle a enfilé un chandail; et
moi, j’ai couru m’enrouler dans ma serviette et me pelotonner contre Julien
« Hmm, t’es toute mouillée ! Allé, viens là…. » Genoux emmêlés, bustes
collés, mes mains sous ses aisselles, son souffle dans mon cou, il m’a fallu
une bonne demi-heure avant de retrouver un peu de chaleur ; puis je crois
que nous nous sommes endormis.
Ce
soleil doux sur nos peaux. Le flux et le reflux de la mer. Le bonheur d’être
tenue par le garçon aimé. Sur le sable, le bruit feutré des pas des gens qui rentrent
chez eux…
« He
ho, on part ! Vous venez ?» (Julien et moi étions bien réveillés à
présent. Nous nous regardions dans les yeux avec une intensité que je n’avais
jamais connue auparavant. Pas question d’interrompre ce moment).
« Allé
les amoureux. Bon Chris, ça fait vingt minutes qu’on t’attend. » (Merde, c'est
moi qui ai les clés de l’antivol. Tant pis, je ne bouge pas).
« Bon,
je fouille dans la poche de ton short… ça y est, je l’ai trouvée. On va
laisser ton vélo sans antivol hein, pour 10 minutes… »
Je
ne sais pas combien de temps nous sommes restés à nous regarder. Un frisson
nous a tirés de notre monde à deux. Le soleil était tombé dans la mer et ça
allait bientôt être l’heure de dîner.
En
mangeant nos pâtes à la ficelle dans la grande salle-à-manger, j’ai rendu des
regards rêveurs aux œillades goguenardes de mes cousines.
[Coucou les chéris-doux ! désolée pour le zéro photo, j'aime pas les tunnels sans image sur le blog mais du café internet c'est pas très pratique.. Il ne me reste plus que demain pour bosser, et après VACANCES (de clients) pour au moins une semaine. Parce que hein.
Chimène sait presque nager, Alma ne fait plus la sieste, Churchill se remet de son opération et Nico et moi, on est assez joyeux ma foi..
Je vous fais de gros gros baisers ! Et je pense à ceux qui font leurs valises, à celles qui travaillent encore, à ceux qui ne travaillent plus et que ça soucie, à celles qui se font faire des piqures, à ceux qui lisent à l'ombre d'un grand chapeau de paille, et à tous ceux qui passent par ici..]
juillet 21, 2008 dans autoficcion, le principe féminin | Permalink | Commentaires (11)
Le soleil n‘était plus au milieu du ciel…
Le soleil avait décliné dans le ciel…
Du temps qui s'écoule, le même moment de la journée, un jour du passé qui fait écho, celui de Virginia W., au vôtre.
Les couleurs d'un même soleil, leurs jeux des reflets sur les vagues, les mots des souvenirs des amours jeunes.
Des regards échangés, au fond des âmes offertes à la contemplation avant que des pensées plus adultes ne les troublent.
D'où j'écris des colonnes schisteuses se mirent dans des sombres lacs froids des montagnes en Ariège (des nuages cachent le soleil).
Rédigé par: egide | 21 juil 2008 16:43:11
j'adore !!!! christie, christie, j'adore !!!!!!!!!
ta nouvelle, les couleurs, le bruissement des vagues, et depuis mon ordi tout pourri je sens comme des petits grains de sable entre les pieds...
hâte d'être en vacances, moi aussi.
pour cet avant goût si parfait : merci !
Rédigé par: leyla | 21 juil 2008 17:15:09
Moi je passe et je me souviens...du soleil qui tombe trop vite en-dessous de l'horizon;)
Rédigé par: Et-fée-mère | 21 juil 2008 17:18:21
on voyage avec toi, hors du temps et presque hors du monde...
Rédigé par: saperli | 21 juil 2008 17:42:45
"Presque nager" ça me fait penser à ces gens qui disent savoir nager mais seulement ou ils ont pied.
Have a good time.
Rédigé par: P/Z | 21 juil 2008 20:57:32
Mince, mon commentaire s'est perdu !
Je le reprends en condensé : merci pour le coucou à celles qui travaillent (bouh-ouh..), et j'ai beaucoup aimé cette nouvelle, son atmosphère, elle évoque si bien les après-midi tranquilles sur une petite plage, un petit vent frais, l'intimité que l'on trouve dans un lieu public... Bises, Christie.
Rédigé par: Anne-So | 22 juil 2008 11:17:17
Très jolie nouvelle! Petit passage virtuel avec toi sur la plage, avant celui bien réel de la semaine prochaine... Bisous!
Rédigé par: lapetitecatherine | 22 juil 2008 13:22:05
Hum, cette nouvelle une fois de plus me rend un brin nostalgique,de ces instants d'adolescence, de ces moments que tu décris si bien à la plage (mais ceux là, ils ne sont pas tt à fait enfuis-enfouis!heureusement!), bref, je l'aime beaucoup.
En fait, Christie, je te le dis, j'aime beaucoup les atmosphères qu'à travers tes nouvelles tu parviens à peindre!
Bonnes vraies vacances alors!
Ici, je profite à fond de mon maxi minimoys Martin pendant que Simon joue au robinson avec ses grands-parents et son cher cousin à Alderney!
Une petite semaine sans heurt mais je te l'avoue à toi, il me manque quand même mon coeur de beurre!
Dommage juste que le temps soit si...précaire!
bises à toi et à bientôt!
Rédigé par: small head | 22 juil 2008 13:27:11
Merci pour vos petits mots !
Moi j'aime le temps précaire ! et ici, (étonnamment) beau fixe ! je viens d'envoyer quelques chapitres à mes clients, je me sens en vacances, légère, je vais enfin pouvoir me consacrer entièrement AU RESTE
Chimène poursuivra les cours de piscine dès qu'elle ne toussera plus et elle saura alors VRAIMENT nager (là où elle a pied, hein, quand même..)
gros bisous !
Rédigé par: Christie | 22 juil 2008 13:31:44
Bonjour Christie:
ça fait très longtemps que je lis ton blog, mais je n'ai jamais osé te laisser une petite note.
Ça fait longtemps que ton écriture me fait vivre des instants déjà vécus. Tes batailles quotidiennes, tes moments de joie, tes déceptions, tes conquêtes sont des petits clins d'oeil qui me rassurent.
Et si je t'écris maintenant c'est que tu as décrit à nouveau un moment magique pour moi, ces fins d'après-midi sur la plage, la peau couverte de restes de sable, de sel, de soleil, quand la lumière dorée semble nous lécher. Qu'on est tous beaux à cette heure-ci!
¡Gracias por dejarnos compartir todo esto!
Rédigé par: Mariana | 22 juil 2008 21:26:58
J'aime beaucoup l'histoire du chien qui reste sur la plage...
Rédigé par: mummy active | 24 juil 2008 16:53:14
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