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Le lycée était plus ou moins situé à égale distance de nos deux chambres.
La mienne appartenait à un grand appartement au quatrième étage d'un immeuble de brique rouge dans le "bas 16", le quartier d'Auteuil à Paris ; mes logeurs étaient une famille bien commif, ils m'hébergeaient car il fallait bien financer les études de leur fils à Toulouse ; ils me laissaient occuper sa chambre laissée libre mais ce n'était pas de gaité de coeur. Le matin, lorsque je les croisais dans la cuisine, ils me saluaient du bout des lèvres ; le goût déjà pâteux de mes céréales en devenait franchement cartonneux !
Ta chambre à toi donnait sur le balcon circulaire d'un immense appartement haussmanien en face du parc Monssouris. Tes hôtes, d'anciens babacools intellos reconvertis en homme et femme d'affaires, semblaient te considérer comme leur troisième enfant, le petit dernier resté au nid alors que les deux grands l'avaient quitté. D'ailleurs une ou deux fois par semaine tu dinais avec eux d'une soupe verte, de pâtes tièdes et d'un yaourt nature, sur la grande table de la cuisine ; le lendemain matin tu me racontais vos échanges avec une étincelle dans les yeux...
Mais d'autres soirs tu ne dinais pas avec eux, tu restais avec moi et nous allions acheter une pizza surgelée que nous réchauffions dans le four à micro-ondes du foyer. J'adorais le dessert : banane-nutella. On faisait les fou-fous avant de retourner préparer la colle du lendemain ou le devoir sur table du samedi.
Une fois qu'on avait bien bossé... Souvent je te raccompagnais avec mon vélo. Je pédalais et toi tu étais derrière, sur le porte bagage ; tu t'accrochais à ma taille et nous chantions tout le long du trajet en profitant du vent sur nos visages. Jamais tu ne m'as semblé lourd (il faut dire que tout le trajet s'effectuait en pente douce.) Parfois, c'est toi qui prenais les pédales et c'est moi qui entourais ta taille de mes bras ; je posais ma joue contre le rugueux de ton duffle-coat et malgré le mal de fesses empiré par notre passage sur les pavés, je me sentais vivre, vivre !
Nous nous séparions devant ton immeuble. Je ne repartais pas tout de suite. Toi tu montais en quatrième vitesse... Au bout d'une minute ou deux, je te voyais réapparaitre, cloppe au bec, sur le balcon qui faisait tout le tour de l'immeuble. Tu m'adressais un petit signe et alors je me mettais en route. Je savais que ton regard m'accompagnerait aussi loin que possible, le long de l'avenue Reille.
[Coucou ! J'ai compris que c'est difficile pour certains de changer de pacte de lecture.. Par avance je demande pardon à celles et ceux qui aiment lire mes textes habituels et que ces biofictions incommodent ; et c'est important pour moi d'avancer dans mon chemin d'écrivain, et mon travail sur ce blog m'aide beaucoup. Vous êtes libres d'aller, venir, de poster des messages.. je suis libre aussi d'exercer mon droit à évoluer et à changer de registre.
Donc plutôt que de me descendre en flèche, je propose à celles qui préfèrent le premier pacte je = Christie, de revenir demain.
Je peux accepter les critiques et les demandes sur mes textes, j'en ai besoin ; et prenez aussi conscience que mon écriture est fragile : même lorsqu'elle est ancrée dans une pratique quotidienne de 25 ans.
Bacissimi!]
juin 17, 2008 dans autoficcion, le principe féminin | Permalink | Commentaires (37)
Coucou Christie!
Moi j'aime bien tes biofictions, j'ai l'impression de lire l'intro d'un bouquin à chaque fois.
Par contre, je dois reconnaître que le petit texte en italique pour préciser qu'il ne s'agit pas nécessairement de toi m'est bien utile. La frontière entre la Christie-biographe et la Christie-écrivain n'est pas toujours facile à cerner.
Bisous et bonne continuation!
Rédigé par: laurencej | 17 juin 2008 12:12:08
J'aime beaucoup la légèreté des tes textes et imaginer ces petits moments de vie...
Rédigé par: Nathalie | 17 juin 2008 12:27:27
Bienvenue au club !
Rédigé par: Egide | 17 juin 2008 13:03:41
j'ai bcp aimé, et suis tj frustrée que ça s'arrête si vite
La Christie = Fiction je valide aussi
;o)
Rédigé par: caro(rocarossi) | 17 juin 2008 13:55:28
Tu n'as pas à te justifier , fais ce que tu veux, ce que tu peux. Tout ceci ne pourra que te grandir et faire résonner. Multiples voix font avancer. L'écriture est un long chemin de croix , je parle à une connaisseuse,mais si tu y vis, pleinement, finement, cela se sentira au fil du temps . Tu as conscience en plus d'y être en toute humilité. c'est vrai que le virage est à 180° et puis? Pour moi serais-ce plus "simple"?, c'est direct dans mon intention. Sans te livrer en pâture, tu peux recueillir échos et ça propulse grandement . La dualité, les deux chambres, le contraste et au milieu la liberté que l'on retrouve sur cette très belle photo. Bon après midi à toi
Rédigé par: Chicorée | 17 juin 2008 13:58:14
Dear Christie,
Voyons, ne t'excuse pas...
J'ai même envie de te dire "arrête de t'excuser, parce que zut!"...
Ce texte là, je l'aime beaucoup, j'aime beaucoup ce qui s'en dégage, cette sorte de nostalgie...
Si ton blog n'existait pas, sous quelque forme que ce soit, ce serait un vrai manque pour moi!
Sérieux.
Tendres bisous, le petit goinfre vient de réveiller et le lait se met à couler, je file donc!
Rédigé par: small head | 17 juin 2008 13:58:54
bon alors moi,
j'aime bien !
en fait je me fiche de savoir si ce que tu racontes est "vrai", ou pas. ce qui m'intéresse c'est ton regard sur quelque chose... ton ressenti, ta manière à toi d'intérpréter, ce que ça t'évoque en toi, ce que ça m'évoque en moi... et ça, ça n'a pas besoin de "vérité".
Tes posts sur la vraie vie, ou tes posts fiction, pour moi, recellent chacun un peu de toi. Il n'y a pas de "vérité absolue"... il y a de ton vécu dans les deux genres et tu te livres à nous dans les deux genres... j'adore ! :)
Rédigé par: ley | 17 juin 2008 14:12:29
j'aime le flou entretenu entre les deux et j'imagine que les deux christie (la vraie et la fictibio) se surperposent un peu et se nourrissent l'une de l'autre.
Un délice ! :-)
Rédigé par: Thaïs | 17 juin 2008 14:31:34
Tes histoires se ressemblent toutes, est-ce un signe ? un acte manqué ?
il y a des souvenirs, des sentiments amoureux, de la nostalgie, et pas de baisers, juste des sensations, comme des odeurs (le vent dans la robe, le rugueux du duffle coat, les glaces B&J... il y a bien eu une tentative avec les 3 contrôleurs, mais...
Surtout ne t'arrète pas !
Rédigé par: dude | 17 juin 2008 14:52:34
Ho ben oui j'arrête de m'excuser ! Mais comme moi je n'aime pas qu'on me change la formule de mon Coca sans me prévenir, ben voilà, je trouvais plus gentil de le faire.. Gros bisous
je dois aller faire mon vrai travail ! (pas envie cet aprèm, il fait si beauuu..)
Rédigé par: Christie | 17 juin 2008 14:52:40
Dude : il y a un thème à ce recueil qui se prépare, c'est la rencontre "tangeante" (on se touche l'espace d'un court moment et on se sépare). Mais je n'aimerais pas qu'elles se ressemblent toutes, ça non ! et j'espère qu'elles ont toutes bien leur singularité.
Rédigé par: Christie | 17 juin 2008 14:54:25
moi j'aime cette façon de nous avertir d'un changement dans le but d'essayer de nous prendre, avec vous, par la main, en douceur, afin qu'on chemine ensemble sur cette longue route qui aboutira à quelque chose de positif, de beau ... ! je m'en réjouis
Je le prends comme un hymne à la fidélité, à votre façon de continuer à nous plaire, à votre besoin d'estime et de lecteur (euh sans jugement négatif !) et ... est-ce aussi votre façon de nous remercier de notre fidélité et de nous signaler que vous changez et que vous en avez le droit et le besoin.
Nous sommes libres de vous accompagner et vous êtes libre de faire ce qu'il vous plaît en fonction de vos émotions de votre chemin de vie.
Merci de ce geste de cet égard, de votre confiance et de votre sincérité (malgré le côté fictif des histoires !?).
bon voyage sur la page blanche ... et à demain !
Rédigé par: lutin | 17 juin 2008 14:54:39
Mes histoires ont beau être fictives, elles n'en sont pas moins sincères ! c'est-à-dire, écrites avec sincérité, et dans le but d'avoir l'air vrai..
Rédigé par: Christie | 17 juin 2008 14:56:02
J'aime beaucoup ce genre de note, ça nourrit mon côté Gérard Lenorman ("Michèle, c'est bien loin tout ça, les rues, les cafés joyeux...").
Mais alors, ce n'est pas vrai, cette histoire? J'ai pas compris comment certains savaient que c'était de la fiction, j'ai raté un truc?
Rédigé par: Richard G. | 17 juin 2008 15:01:18
Oui tu as raté que je commence à écrire mon livre !
Ces histoires on ne sait pas si c'est vrai ou pas vrai, c'est le principe des notes marquées "autofiction" (tu as l'indication dans la catégorie)
je suis en train de constituer un recueil qui s'appelera probablement Mon principe féminin ; pour lire les premières, clique sur la catégorie du même nom, en bas de la note..
Rédigé par: Christie | 17 juin 2008 15:04:45
euf ... sorry je ne voulais pas vous blesser et je ne doute pas de votre sincèrité ... oups sorry !
Rédigé par: lutin | 17 juin 2008 15:05:39
Mais je ne suis pas vexée du tout ! votre message m'a fait grand plaisir ! et c'est chouette d'échanger..
Rédigé par: Christie | 17 juin 2008 15:06:45
Oki, oki, merci ! J'étais malade la semaine dernière, c'est pour ça. Chouette, et Le Principe Féminin, c'est un super titre, ça, cocotte !
Rédigé par: Richard G. | 17 juin 2008 15:16:47
Mon principe (pas Le) : je n'ai pas la prétention de définir toutes les femmes ! après j'aurais toute la clique sur le dos.. et à juste titre !
Rédigé par: Christie | 17 juin 2008 15:18:30
rhooo Lutin a exprimé excactement ce que je ressens et que je n'aurai pas pu dire aussi finement donc merci Lutin mon nègre par procuration
Rédigé par: rita | 17 juin 2008 15:52:02
J'aime bien cette idée de recontres tangeantes. Elles sont plus ou moins longues, elles laissent un goût doux-amer, elles s'appuient sur une virtualité, des non-dits, des rêves... Le plus dur, c'est quand tout s'efface, s'envole... Et je retrouve cette nostalgie mélée de joie et de regret dans tes textes.
Rédigé par: Olympe | 17 juin 2008 16:06:00
Oui moi aussi elle me plait cette idée ! au point que je me sens capable de m'y "vautrer" pendant plusieurs mois.. le temps d'écrire, réécrire, porter ces textes vers l'extérieur..
Rédigé par: Christie | 17 juin 2008 16:11:49
Quelle belle idée ! Crée autour de cet état, de cette compréhension / incompréhension entre certaines hommes et certaines femmes ! Moi, je me sens concernée, je suis sûre que tes autres lectrices fidèles se reconnaissent un peu, cela fait sens à leurs yeux... Quant à ces messieurs, ils doivent bien penser à certaines histoires, eux aussi, quand ils te lisent...
Rédigé par: Olympe | 17 juin 2008 16:23:24
eh bien tu vois, c'est exactement mon intention : faire de la place, une grande place au lecteur ! à ses souvenirs, ses fantasmes, ses envies.. que mes histoires les réveillent comme moi elles m'animent.
Rédigé par: Christie | 17 juin 2008 16:29:13
J'aime beaucoup ce texte… j'ai envie de connaître la suite.
Rédigé par: Satsuki | 17 juin 2008 16:35:08