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lundi 26 mai 2008

le chemin jusqu'à Catherine Deneuve

Peau_daneSouvent mes problèmes relationnels sont liés à une mauvaise évaluation de l'intensité des sentiments de mon interlocuteur ; soit je pense qu'il ou elle m'aime un peu plus qu'il ne le fait en réalité, et du coup je lui en demande trop et ça l'énerve et ça l'envahit et ça l'éloigne ; soit je l'imagine relativement indifférent, du coup moi aussi je me comporte avec désinvolture - quel gâchis ! ou alors je lui reproche son manque d'affection et de disponibilité, Non vous ne m'aimez as comme il faut que l'on aime ! pour me retrouver face à un visage tout triste, un coeur un peu meurtri par mon puits sans fond.

Et quelques minutes / semaines / années plus tard, j'apprends que j'étais aimée bien au delà de mes esperances, aimée d'amitié ou d'amour ou d'amour filial, et je pleure de ne pas l'avoir compris plus tôt, d'avoir mal savouré et honoré l'amour qui m'était donné. Donné ou prêté ?

Il est loin le chemin de moi jusqu'à la mystérieuse et puissante Catherine (si ça se trouve en ce moment elle est déprimée, Cannes est fini, elle se sent seule, vieille, elle n'a pas de tournage enthousiasmant en perspective... ça lui fait une belle jambe qu'on lui trouve toutes les qualités du monde. Chère reine, vos jambes sont déjà si belles !)   

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mai 26, 2008 dans Deseo | Permalink | Commentaires (24)

Commentaires

En ce moment j'ai souvent l'impression d'être celle qui n'aime pas assez, qui ne sait pas donner... Je suis trop encombrée. Parfois je préfère éviter une relation qui pourrait être riche parce que j'ai peur de ne pas pouvoir suivre.

Rédigé par: lolotte | 26 mai 2008 15:57:18

Ben c'est pas mal de temps en temps, de faire le vide. Ainsi tu gagnes de la place pour y mettre ce que tu choisis toi.

Rédigé par: Christie | 26 mai 2008 16:00:39

C'est "marrant", je vis exactement cette situation en ce moment, et ça se dégrade, ça se dégrade, sans que ce "partage de sentiment" soit clair et clarifié. C'est triste...On devrait apprendre à en parler !!

Rédigé par: Olympe | 26 mai 2008 16:39:22

C'est Roland Barthes, dans Fragments d'un discours amoureux, qui dit que chacun est seul face au langage de l'amour.. j'aime ce livre..

Rédigé par: Christie | 26 mai 2008 16:42:03

...mais comment faire ??

Rédigé par: Olympe | 26 mai 2008 16:47:08

J'aime bien Barthes aussi... Il a raison, nous sommes bien seul(e)s face à ce mystère ! Il dit aussi, je crois, que "Je t'aime est sans nuances"... encore faut-il pouvoir le dire, l'entendre. J'aime bien ta façon d'analyser ce malaise qui peut naître, croître et être douloureux et plein de remors!

Rédigé par: Olympe | 26 mai 2008 16:55:01

Il écrit aussi dans ce livre que "je t'aime" est un aveu de "je ne te désire pas", car si on se désirait alors on ferait l'amour et y'aurait pas besoin de mots ! cette thèse m'a longtemps perturbée (et me perturbe encore)

Rédigé par: Christie | 26 mai 2008 16:58:01

Pas mal... Donc, si l'on suit l'idée de Barthes, on peut dire "je t'aime" aux personnes qu'on n'a pas le droit d'aimer ! :) C'est vrai que c'est assez perturbant ... Hé hé, je suis contente de partager avec quelqu'un mes atermoiements du moment ! :)

Rédigé par: Olympe | 26 mai 2008 17:33:25

mais tu as lu ce livre ? tu vas avoir l'impression qu'il est écrit pour toi !!!!
y'a Le mépris aussi qui est pas mal, dans le genre..le mépris de Moravia.. je te prescris aussi une cure de Desplechin (surtout le dernier + un conte de Noël)
et bien sûr, la trilogie de Lucas Belvaux
sans oublier Les temps qui changent !

Rédigé par: Docteur Christie | 26 mai 2008 17:35:45

J'en ai lu des extraits, je l'ai vu mis en vie par ce superbe énervant qu'est Lucchini, mais je crois qu'en effet, il FAUT que je m'y plonge ! Et merci pour les autres conseils de lecture : avec tout ça, je crois que je vais réussir à passer le cap ! :) J'avais bien aimé les correspondances d'Anais Nin avec Miller, qui montrent bien les complexités du sentiment amoureux. Docteur Christie, vous êtes top !! Et les autres filles, ça ne vous interpelle pas, comme sujet ? (j'aimais bien l'idée de "ce blog, c'est le dernier salon où l'on cause" de la semaine dernière !!) :)

Rédigé par: Olympe | 26 mai 2008 17:46:21

.. j'avais oublié le livre "les couples heureux ont leurs secrets", ça c'est un bonne réflexion sur les ressorts d'un couple (hormis sexuels, mais cela rentre dans la définition barthésienne du "je t'aime".........)

Rédigé par: Docteur Christie persévère | 26 mai 2008 17:49:44

ça me perturbe aussi ça "Il écrit aussi dans ce livre que "je t'aime" est un aveu de "je ne te désire pas", car si on se désirait alors on ferait l'amour et y'aurait pas besoin de mots ! cette thèse m'a longtemps perturbée (et me perturbe encore)".. A méditer!
Moi je réfléchis en ce moment à la question de l'affectif dans le travail: un collègue doit il etre sympa ou compétent? peut il etre sympa et qu'on arrive tout de meme à le considérer comme incompétent? Doit on aimer son travail avoir un lien affectif avec lui ou le considérer comme quelque chose qui rapporte seulement? Et combien de décisions prend on de façon affective et non rationnelle??

Rédigé par: lapetitecatherine | 26 mai 2008 17:52:39

Il me semble qu'au travail c'est la performance qui prime (sinon la boîte se casse la gueule et y'a plus de travail).. être sympa, c'est l'une des conditions de cette performance ; et aussi, un moyen de rendre le monde plus vivable.

Rédigé par: Christie | 26 mai 2008 18:06:04

Barthes, va falloir que je m'y mette...

Et moi aussi quand j'aime (d'amitié aussi, pas seulement d'amour), ça se casse la g... parce que je demande trop... il y a juste un ami avec lequel j'ai réussi à cesser cette pression, parce qu'il sait me dire stop quand je deviens trop... La première fois ça m'a fait super mal, et puis je me suis rendu compte qu'en fait je dois être méga-épuisante... (Je compte pas, je serais prête à tout donner, mais j'aurais envie que l'autre fasse pareil...)... du coup, avec lui, il n'y a plus ce souci, j'aprends à faire attention, à ne pas le bouffer, et lui me renvoie sur les roses quand je demande trop... et c'est pour ça que c'est mon meilleur ami...

Rédigé par: Titoune | 26 mai 2008 18:21:55

Le hic, c'est que le temps que je lise tout ça, j'aurai passé le moment où je me serai rendue compte de ne pas avoir suffisamment "honoré", "savouré" ces moments donnés ou prêtés... Mais ce n'est pas grave, ce sera pour la prochaine fois !
J'aime beaucoup cette notion aussi d'amour secret/prêté qui peut être vite repris si l'on ne fait pas attention, s'il se lasse... Aaaah, la vie ! :)
Merci encore, c'est chouette, je vais aller voir ma librairie préférée avec une jolie liste ! :)
Sacré Barthes, quand même...

Rédigé par: Olympe | 26 mai 2008 18:35:05

Je vais me commander L'art de la joie de ce pas... où trouves tu des idées bouquins Christie?

Rédigé par: lapetitecatherine | 26 mai 2008 18:38:15

Ah non mince c'est "L'homme qui voulait être heureux " que je veux je me suis trompée!

Rédigé par: lapetitecatherine | 26 mai 2008 18:39:27

Christie, mets les dans ta colonne de gauche, on les achètera par ce biais !

Rédigé par: Olympe | 26 mai 2008 18:50:54

Je pense que dame Catherine, si elle est ce soir déprimée, l'est par un peu autre chose, à savoir l'injustice commise envers le film qu'elle contribuait à porter et par le côté "spécial vieux croûton" du prix spécial qu'on lui aura décerné (certains hommages font parfois mal).
Je trouve cruelle l'idée du vide volontaire. Tant de vides se font par la force des choses, des travails trop prenants, des accidents de la vie, des déménagements ... pourquoi en rajouter d'autorité ?

La désinvolture aussi m'est étrangère, même si je peux l'être, par manque de temps, d'énergie.

Merci, quoi qu'il en soit, pour ce billet éclairant. Je crois qu'il existe un troisième cas de figure, celui où l'on est soi-même juste (ni trop répondant ni trop distant) mais où l'autre s'effraie seul de l'intensité de son sentiment, qui pourrait par exemple le faire se retrouver dans une configuration d'amours parallèles et qui ne seraient pas sans conséquences risquées. Peut-être que je me trompe, sûrement qu'on m'a trompée.

Rédigé par: gilda | 26 mai 2008 23:24:53

ah ! Gilda toujours aussi juste tes commentaires je les reçois comme des pépites de sagesse.
C'est bien là toute la difficulté, être "ni trop répondant ni trop distant" je passe de l'un à l'autre comme un jeu de ping pong et cela me laisse exangue.
Merci les scarabées pour les recommandations de livres que je ne lirais pas, malgré l'envie, l'esprit trop encombré ne laisse plus rien rentrer.

Rédigé par: rita | 27 mai 2008 08:57:31

Oooh je connais ça l'esprit trop encombré qui ne laisse plus rien entrer ! en ce moment je n'ai plus de place que pour mon boulot, moi même et... Nicolas. Je me fais des listes, des listes ! de questions à poser aux gens que je vais rencontrer, et le moment venu, je parle, je parle, je ne fais que parler, incapable que je suis d'accueillir. Je me déteste parfois !

Ben vous voyez Gilda l'intensité des sentiments de l'autre quand moi j'étais juste... je crois que c'est une configuration que je n'ai jamais connue.. ou alors à laquelle je n'ai jamais crue.. ou que je n'ai pas été en mesure d'accueillir, tellement pleine je suis de moi-même. Ca finit par poser un problème ce trop plein. Tiens je vais commencer par.. faire le vide sur mon bureau, pour commencer !

Rédigé par: Christie | 27 mai 2008 09:28:19

Gilda, je le trouve très juste, ton commentaire, aussi...

Rédigé par: Olympe | 27 mai 2008 09:41:14

Si la littérature nous aidait à résoudre certains de nos problèmes ?
Barthes dans Le degré zéro de l'écriture évoque un sixième
sens, purement littéraire, interieur aux auteurs et aux lecteurs de
littérature.
Toutes les figures de l'amour, Barthes les a tirées d'oeuvres antérieures.
Il laissait entendre que le discours amoureux paraît obscène bien plus que
l'expression du désir.
J'ose vous conseiller un livre magnifique, un portrait d'une femme d'aujourd'hui,
aux prise avec ses contradictions, qui affirme ses besoins d'amour, de séduire, de penser,
de plaisir.
La Cinquantaine bien tapée
de Julie Saltiel aux editions Denoël.

Rédigé par: Egide | 27 mai 2008 11:57:48

Merci ! c'est vrai moi je ne pourrais pas vivre sans la littérature... j'y ai puisé tellement de réconfort, tellement d'énergie, tellement d'idées, et toutes ces vies !

Rédigé par: Christie | 27 mai 2008 12:00:52

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