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Deux filles, un chien, et mon homme bien sûr - je trouve difficile de veiller à l'équilibre d'une maison. Depuis son retour en pleine forme, Chimène déchante et me trouve bien sévère. Elle refuse de faire ce que je lui demande, parle à sa soeur comme à un chien, lui donne des ordres... et du coup la petite se remet à tirer la queue du chien, lui donner des coups de pieds ou faire mine de l'étrangler. Et le chien lui mordille et court partout, attrappe nos affaires.
Quand ils sont là tous les trois, ma bouche est un grand NON. Je gronde, je recadre, je ramasse, je répare - et je console les filles frustrées par mes cris. Moi aussi je suis frustrée, j'ai l'impression que mes demandes n'ont aucun effet, juste celui d'ajouter de la tension. Et je m'interroge, n'est-ce pas moi qui ai tout commencé en parlant à Chimène un peu trop durement, du coup elle se venge sur sa soeur qui se venge sur le chien ?
Du coup le moment du câlin du soir est doublement apprécié par elles et par moi (ouf ! on ne veut plus rien, on relâche la garde, on peut juste se confier et se raconter enfin la journée !)
Heureusement qu'ensuite Nicolas revient dîner et que nous pouvons relire et relier tous ces évènements.
Aujourd'hui, je leur ai demandé (aux filles) de se parler gentiment et d'être douces entre elles et avec Church. Moi aussi je vais essayer de me radoucir. Pff. On ne peut jamais se reposer un moment, je vous disais (et je me demande comment tu fais Lolotte avec tes 5 !)
avril 2, 2008 dans Carnets de l'après | Permalink | Commentaires (18)
Bonjour Christie! Je suis comme toi : j'ai beau relire "Se faire obéir sans crier " (Ahahahahah) rien n'y fait. C'est aussi dur de faire en sorte que les enfants me parlent gentiment à moi aussi! Mon Paul de 7 ans ne tarit pas d'injures salées pour sa soeur de 9 ans, ça me choque une telle violence verbale acquise à l'école. Personne à la maison ne se parle comme ça!Et toujours ce chantage permanent, à éviter de reproduire dans le sens parent-enfant, "si tu fais ça, je ferai ci", tourbillon infernal mais qui est le seul moyen de faire avancer les choses (assiette pas finie, chambre pas rangée, etc etc). Comme toi je frôle la baisse totale de motivation pour le rôle de garde chiourme qui me semble attribué... Courage et merci pour ton blog. Blandine
Rédigé par: bretzel | 2 avr 2008 10:44:18
... ce soir je vais faire comme d'hab quand j'ai besoin de redresser la barre, essayer de remplir l'espace dévolu aux cris et au négatif, par du bon qu'on aime toutes les 3, de l'action, des histoires lues, une balade..
Rédigé par: Christie | 2 avr 2008 10:47:19
en colo les enfants avaient un débat avant le dîner ou ils pouvaient donner leurs avis sur la vie quotidienne et des activités. Au delà des échanges, on veut des frites, des activités télé et pourquoi on est OBLIGE d'écrire à nos parents, je trouvais ça interessant de chercher ensemble des solutions. Mais ça n'empêchait pas de tout recommencer le lendemain... les enfants ont une mémoire de poisson rouge pour certaines choses
Rédigé par: alice | 2 avr 2008 11:13:57
Tu as raison, je devrais expliquer le sens des choses aux enfants ; et pas dans le feu de l'action, mais au cours d'un moment spécial. Il y a des familles qui font ça le dimanche soir, un "tribunal" des règles de la maison et une évaluation des évènements passés ensemble.. je vais y réfléchir.
Rédigé par: Christie | 2 avr 2008 11:22:51
Comment se fait-il que ce soit à la mère de faire le garde-chiourme ? Nous sommes donc bien les détentrices des limites et des valeurs, même si le soir venu nous les partageons avec nos hommes.
Est-ce parce que nous sommes attachons plus d'importance à ce que nous voulons ou ne voulons pas ? Ou simplement parce que nous sommes plus présentes. Même si je trouve ça malheureux.
L'idée du "conseil de famille" est pas mal, même si j'ai un peu de mal à l'imaginer en oeuvre avec ma seule petite (le 2e n'a que 9 mois), je pense que c'est quand même nécessaire de consacrer un espace à la question de la vie en famille, histoire justement d'investir les autres de ces valeurs justement.
ça m'ouvre encore des horizons, c'est chouette, merci Christie, et bonne journée !
Rédigé par: Marie | 2 avr 2008 11:33:20
Christie, tu parlais il y a peu de tes sensations de fatigue...Quand j'avais ton âge, et des enfants de l'âge des tiens, j'avais noté une forte co-relation entre mon degré de fatigue et mon "taux de décibels"! [pareil, voire pire avec les élèves...]. Pour moi, fatigue = tout m'énerve...
Entre temps, j'ai appris, entre autre, à utiliser la respiration pour faire baisser le ton!...
Rédigé par: Snödroppe | 2 avr 2008 11:38:18
Mais là tu vois je crois qu'on est davantage dans la recherche de nouveaux équilibres, avec Alma qui grandit beaucoup, l'arrivée du chien.. Et je ressens la nécessité impérieuse de réagir, de ne pas laisser la situation s'enliser, car elle n'est bonne pour personne.
Rédigé par: Christie | 2 avr 2008 11:45:47
Oh oui... comme c'est dur de casser la chaîne de l'agressivité qui se noue si facilement.
Je fais comme je peux, pas parfaitement, c'est sûr.
Un jour, on a compris qu'il fallait qu'on mette des limites claires à notre aînée qui détruisait son frère cadet, n'en loupait pas une pour le rabaisser. Et on n'a plus rien laissé passer de ses mots qui tuaient.
Mais on l'a invité à défouler autrement son agressivité, notamment avec son violoncelle, ce qui nous vaut parfois des moments de grincements vangeurs.
Sinon, je verbalise beaucoup, en groupe, ou individuellement avec chacun.
Et j'accepte que ma tribu n'a pas que des relations harmonieuses. Qu'il y a un mélange d'amour et de haine. Mais pour mon homme, cette agressivité est insupportable. Il me parait à moi nécessaire de la reconnaître comme normale, de ne pas faire culpabiliser les enfants à cause de ce qu'ils ressentent, mais de leur proposer d'autres voies d'expression.
Au fait, hier on a dîner seuls avec Côme, notre quatrième. Merci de m'avoir rappelé cet engagement que j'avais laissé flotter depuis quelques semaines. Ce fut un moment de grand bonheur, qui à chaque fois me fait toucher du doigt qu'on peut agir, mettre en place des outils pour que les choses se transforment.
Rédigé par: lolotte | 2 avr 2008 12:24:38
c'est que je vous admire beaucoup de tous ces moments d'expression, ces temps à part que vous avez su créer, en couple ou en famille..
Rédigé par: Christie | 2 avr 2008 14:10:50
Oui mais c'est parfois lourd... en ce moment je consacre tous mes mercredi matins à emmener phili chez la psy à paris... pendant ce temps les petits sont seuls à la maison avec la baby sitter et commencent à s'en plaindre. Quand on commence à donner un peu plus à l'un, c'est très difficile de ne pas rentrer dans une comptabilité et d'accepter que les autres aient moins. La culpabilité vient se loger partout, même dans les choses qu'on a objectivement choisies.
Rédigé par: lolotte | 2 avr 2008 14:21:55
Ce qu'exprime Lolotte me parle beaucoup aussi. Je suis en train de lire "Au coeur des émotions de l'enfant" d'Isabelle Filliozat, après avoir vu sur le net une conférence (vraiment formidable, il faut prendre le temps de l'écouter" sur "réparer sa relation avec ses parents" (en tant qu'enfant-adulte). (le lien, que je recommande chaudement, je crois l'avoir déjà envoyé à Caro(carossi) : http://www.cotesdarmor.fr/webtv/new_index_TV_LAST2.php?vid=121#)
Bref, son bouquin me parle beaucoup aussi, elle conseille effectivement (comme ma psy me le recommande avec ma mère qui ne va pas bien) de valider les émotions de l'enfant. J'ai un peu expérimenté, déjà avec succès : dans le train bondé l'autre jour, Antoine se chamaille avec son père, commence à lui donner des coups de pied. Je l'ai pris contre moi, je lui ai dit "Tu es en colère" (pas une question, une affirmation. Ou au moins "tu es en colère, hein?", pour bien montrer que j'avais compris et qu'il avait le droit de ressentir cela) "Oui", "Tu es triste?" "Oui, je suis triste et fâché contre papa" "Tu sais, papa est sûrement un peu fatigué et il en a marre du train. Tu sais, il t'aime ton papa" Et là, moue boudeuse, genre au bord des larmes : "mais.... mais moi aussi je l'aime !"... Et ça a fait retomber la tension).
Bref, ça m'a bien aidée. Bon, je ne fais pas la donneuse de leçons, je n'ai qu'un bambin et j'imagine que beaucoup de cris et disputes sont générées entre frères et soeurs, je ne connais pas encore ça.
Reconnaître l'agressivité comme normale, c'est ma prochaine étape ! J'ai déjà du mal à accepter la mienne...
Rédigé par: Anne-So | 2 avr 2008 14:29:11
Que de bonnes idées et de bons conseils dans tout cela ! Celle d'un "point" hebdo en famille est chouette, mais peut-être faut-il garder l'idée mais ne pas la cristalliser sur une soirée bien définie en semaine... sinon, pour les gamins, le dimanche soir risque d'être un sacré souvenir ! :)
Rédigé par: Olympe | 2 avr 2008 14:49:02
moi, comme Laurence l'a écrit un jour, j'ai besoin que mon coeur s'habille de rituels.. et donc, de moments qui reviennent de manière récurente, à jour fixe.. d'ailleurs s'rait temps que je me fixe un jour pour retourner à la stache pi !
Rédigé par: Christie | 2 avr 2008 14:53:33
Héhé, je viens de m'acheter un beau bonnet de piscine spéciale cheveux épais et rebelles! Nager, une bonne résolution d'avril !
Rédigé par: Olympe | 2 avr 2008 15:01:35
C'est dur, parfois, de ne pas se faire happer par ce cercle vicieux... surtout quand on a envie d'éduquer un minimum son enfant et que l'on ne veut pas "passer" sur ses bêtises, ses caprices. Il a deux semaines, je me suis sentie prisonnière d'une situation dans laquelle je passais mes journées à dire non, à gronder, punir, alors que ma fille devenait de plus en plus impossible. J'ai essayé de remettre de la douceur dans notre relation, même quand ma fille est pénible. Je ne focalise plus sur ses bêtises pendant des heures, mais je passe vite à autre chose. Et puis comme Anne-So, je me suis rendue compte que souvent ma fille exprimait dans ses "crises" des émotions qu'elle n'arrive pas à gérer, et de le reconnaitre, ça l'aide à les dépasser. Depuis ce "changement de méthode" ça va beaucoup mieux et on a retrouvé l'harmonie familiale que l'on avait perdue. Mais c'est un équilibre très fragile et cela nécessite de notre part, une constance dont on n'a pas toujours la force ...
Rédigé par: verveinecitron | 2 avr 2008 16:02:20
Je me reconnais beaucoup aussi dans ce que tu racontes, verveinecitron (rigolo comme pseudo ! ). J'ai vécu les mêmes étapes avec mon fils récemment, et comme toi, nous sommes en période plutôt sereine, tout en sachant que tout peut être remis en question à tout moment... Christie, il faut vraiment que tu regardes la vidéo (enfin, je ne connais pas bien ton histoire, mais il me semble que cette conférence est enrichissante pour tout parent qui se pose des questions et souhaite le meilleur pour soi, et ses enfants)
Rédigé par: Anne-So | 2 avr 2008 17:17:57
Merci, Anne-So, pour le lien: j'irai voir avec beaucoup d'intérêt...dès que j'aurai un peu de temps :)
Rédigé par: verveinecitron | 2 avr 2008 18:48:29
je ne sais pas si je me trompe, mais j'ai envie d'ajouter qu'une différence de trois ans entre deux enfants renforce cette jalousie naturelle : après tout ça semble normal, au moment où on demande à un enfant d'être grand (plus de couche , école..;) on en met un petit à la place qui a droit à tout ce à quoi il a du renoncer!
la grande phrase de mon ainée était : c'est pââ juste!et vraiment je n'ai pas encore trouvé le moyen d'enrayer cette jalousie qui me rend malade!
Rédigé par: lalie | 2 avr 2008 21:30:02
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