Les adultes, au moment de Noël, voient ressurgir l'enfant qui a dormi en eux la plupart du reste de l'année. Cet enfant a envie d'être chouchouté, gâté, émerveillé, exactement compris comme il l'était, minot. Mais réadopté et compris tel qu'il est maintenant ; voilà : compris aujourd'hui par ceux qui l'entourent, comme ses parents ou grands-parents avaient pu entrevoir et devancer ses désirs d'enfant.
Sauf que les parents de l'enfant grandi se sont un peu déconnectés d'avec lui. Les grands-parents de l'enfant grandi ont vieilli dans le meilleur des cas, et ça fait belle lurette qu'ils n'organisent plus la fête, ou que leurs vieilles jambes ne les portent plus dans les magasins. En plus, LE bermudas tendance de Madame ou le gadget dernier cri de Mossieur, ça les dépasse ! - trouver un cheval à bascule ou un vélo, c'était plus facile...
Ben moi les amis, j'ai passé un heureux Noël - à tenter de combler de mon mieux l'enfant grandi dont je partage la vie ; de trouver des jeux, déguisements et livres qui ont enchanté mes louloutes ; et entourée d'amour qui circule bon an mal an, entre le foie gras, la bûche et ces visages trop familiers - quand les coeurs, eux, nous restent pour la plupart opaques. Anne ma belle-mère cherche et voit l'enfant qui préside en nous, qu'elle l'ait porté en son sein ou l'ait pris en cours de route, ou que ce soit la chair de la chair de sa chair. Nous devenons tous ses enfants, nous sommes tous choyés comme des uniques, des précieux.
Peu à peu je trouve ma place dans la famille de Nico ; leurs repères deviennent les miens, et la sensation d'exil se fait plus ténue. Peu à peu, Nico est plus gâté que moi dans ma famille, j'ai l'impression qu'il s'y sent chez lui... Les liens se tissent à force de Noëls partagés, d'amour malgré tout.
















































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