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Julio - insomnies moites









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jeudi 29 novembre 2007

porosité

Tristesses

Un aspect parfois traumatisant de mon travail de mère, est la porosité des émotions. En ce moment l'automne aidant je replonge dans ma vieille tristesse, et les filles la prennent en pleine face. Tous mes efforts pour allumer des bougies, mettre du boumoussant et préparer des petites pommes de terres sautées, rien n'y fait, elles veulent une maman rieuse. Et si moi j'ai pas envie de rire ?

Total elles chougnent et pinaillent et je n'ai qu'une envie, fuir fuir fuir.

Je repense au rite du mariage chrétien, où le prêtre demande à la femme de s'engager à être "la joie du foyer" ou un truc comme ça. Sur le coup ça m'avait paru accessoire ; maintenant, je comprends mieux l'importance de la gaité - "Serre les fesses", me disait hier ma copine Alix, qui en a vu d'autres.

Car l'autre aspect extraordinaire, oui, un peu sorcier de cette tristesse floue, est qu'elle ramène à moi plein de "petites mères"... La mienne, déjà ; ma Catherine nouvelle psy, qui hier m'a serrée dans ses bras ; Alix et ses grands manteaux noirs, ses yeux comme des fenêtres claires ; et en rêve, toutes mes amies maternantes. Je m'émerveille de cette force que je ne maîtrise pas, cette énergie qui appelle les énergies manquantes presque sans que j'aie besoin de rien faire...

Attendez, mes chéries, devrais-je dire à mes petites : votre maman a besoin de se faire materner, et dès qu'elle aura un peu comblé son vide elle revient prendre soin de vous de manière habitée ! En attendant, serrez les fesses : je vous aime, ce n'est pas votre faute, et laissez-moi me réparer.

[En arrière plan, ma belle-soeur Valérie.. ] 

novembre 29, 2007 dans Deseo | Permalink | Commentaires (27)

Commentaires

Ah oui, je guette l'arrivée de décembre en me disant que ça ira mieux. Je me sens toujours mal-aimée à cette période de l'année.

Rédigé par: Cléa | 29 nov 2007 11:09:33

Ce dont vous parlez me fait tellement echo, moi mere culpabilisee de 3 petits qui comprennent rarement les sautes d'humeur de leur maman... Ce travail de depoussierage, debroussaillage, dechiffrage via le divan qui me semble indispensable pour accompagner et elever ses propres enfants, je l'ai paradoxalement arrete a l'aube de devenir maman et depuis ce temps-la plus rien. Quel sera l'ultime alarme qui me fera franchir le pas de cette porte?
Le fait d'etre a la veille de transporter une fois de plus notre vie de l'autre cote de l'Atlantique ne facilite pas les choses, d'autant plus que cette fois c'est en anglais que ce travail devra se faire.

Rédigé par: babeth-usa | 29 nov 2007 11:22:07

ail ail ail.. moi ce que je trouve le plus dur c'est de bien leur faire entrer dans la tête que ce n'est pas de leur faute si je suis triste ! mais aussi, qu'elles vivent leur vie de petites filles sans en rajouter

et bon, elles aussi ont le droit d'être tristes et angoissées..

Rédigé par: Christie | 29 nov 2007 11:26:49

Je me souviens comme si c'était hier d'une de mes premières visites chez le pédiatre, où il m'avait parlé de cette porosité (il ne l'avait pas appelée ainsi mais je trouve que ce mot colle très bien). Cette annonce était à double tranchant : elle m'a aidée à prendre soin de moi de façon à ce que mon bien-être soit contagieux pour mes filles, mais elle m'a fait aussi énormément culpabiliser les fois où ça n'allait pas du tout.

Rédigé par: swahili | 29 nov 2007 13:07:36

Elle est très jolie cette photo.
C'est marrant comme ce que tu dis me fait penser à "Femmes qui courent avec les loups", livre que tu recommandais, que je suis en train de lire (dévorer !).
Est-ce que ce livre t'a apporté des "révélations" ou est-ce que tu y as trouvé une confirmation de ce que tu ressentais déjà ?
Dans le travail que je fais avec ma psy, je comprends moi aussi à quel point j'ai besoin d'être maternée parfois (moi qui l'ai été si peu par ma propre mère et envie tellement celles dont la mère a été (est) présente et source d'affection).
J'essaye déjà de m'apporter à moi-même ce réconfort, d'être douce avec moi-même, c'est déjà un grand part. Trouver ce maternage ailleurs, c'est encore difficile, pas l'habitude, mais ça vient, entre ma belle-mère, et une amie dont je ne pensais pas qu'elle comprendrait ce manque, elle dont la mère est si présente et fiable. Ben, si, justement, comme elle l'a, ça, elle peut un peu imaginer ce dont j'ai manqué....

Rédigé par: Anne-So | 29 nov 2007 13:31:17

Tiens, ben voilà un des points que j'aurais mis dans ma liste de choses qui me désespèrent ( si je l'avais faite cette liste !) : apprendre à être une mère pour moi ( et pour toujours) car ma propre mère n'a pas rempli ce rôle.
Ce petit bébé en moi qui va bientôt arriver, et bien, me dit ma psy, je dois apprendre à être sa maman ET la mienne en même temps. Dur dur à entendre, dur à faire..

Rédigé par: Céline | 29 nov 2007 13:51:45

ah ben oui c'est ce qu'il faut que je fasse moi aussi, bercer toutes les petites Christie en souffrance à l'intérieur de moi, et mes deux filloutes qui en ont bien besoin ! et j'ai du mal à tout faire à la fois !

Femmes qui courent avec les loups : ça a été à la fois une révélation, et une confirmation. Super livre te disais-je..

Rédigé par: Christie | 29 nov 2007 14:14:42

Oui mais Céline, quelle chance de le savoir avant que ton bb n'arrive. Moi je l'ai découvert dans la douleur à la naissance de mon petit bonhomme, et je n'ai vraiment compris ce qui me tombait dessus que récemment (il a 3 ans !). Entoure-toi de femmes bienveillantes pour la naissance et les mois qui suivent, c'est important. Des femmes que tu peux appeler pour une bêtise, pour 3 larmes ou pour une rivière. Moi je n'en avais pas et ça a été dur. Alors que si je l'avais su, j'en aurai parlé à des amies et je suis sûre que j'en aurai trouvé une qui aurait accepté ce rôle. Et peut-être aussi à ma belle-màre. Alors que quand j'ai été très mal avec mon petit bébé, je ne savais plus appeler au secours...
Hum, je me relis, et je ne veux pas t'inquiéter. J'ai été particulièrement seule (enfin, je suis injuste, il y avait mon mari, mais bon, c'est pas une femme quoi ! :o) ), et je pense qu'il est rare de se sentir aussi isolé, c'est surtout cela qui a rendu les mois d'après la naissance d'Antoine si difficiles..

Rédigé par: Anne-So | 29 nov 2007 14:42:01

heu non ce n'est pas rare.. ben pour le deuxième enfant, tu sauras ! c'est ça qui est chouette dans le fait de vieillir : on grandit, aussi ! et on apprend à se faire materner, et à se materner, pour être plus heureuses et (accessoirement) de meilleures mères..

Rédigé par: Christie | 29 nov 2007 14:45:27

Non, tu ne m'inquiètes pas Anne-So, au contraire, je me rend effectivement compte de l'importance de me materner et, comme dis Christie, de me laisser materner avant l'arrivée de mon petit bout ( un petit garçon aussi..)et surtout après. Merci de ces gentils conseils, je n'ai pas de maman, juste cette femme qui est ma mère par le fait qu'elle m'a mise au monde, mais j'ai réussi à m'entourer des ces quelques femmes maternantes (?) qui justement sont et seront là, présentes, dans les moments de doutes et les sensations terribles de solitude.. ( D'ailleurs, Christie, sans te connaître, tu fait partie de ces femmes, pour moi, et oui..)

Rédigé par: Céline | 29 nov 2007 15:17:19

Christie, bonjour Christie... vous êtes à l'âge où j'ai vécu ce même sentiment de tristesse, de doute, de marre de tout et surtout, surtout, envie d'être reconnue...j'avais mes enfants petits aussi, à l'époque...je vous comprends. Aujourd'hui, j'ai 44 ans et je souris tout le temps, sans feindre, je suis bien avec moi-même. Le temps m'a aidé, le footing beaucoup, la marche et surtout mes 3 beaux enfants pour qui je n'ai jamais baissé les bras, même lorsque j'avais le coeur gros... Je vous embrasse.

Rédigé par: Lolo | 29 nov 2007 17:47:23

he ben moi piscine à midi, et c'est vrai que je me suis sentie super bien dans l'eau.. l'action, toujours l'action..

Rédigé par: Christie | 29 nov 2007 17:57:44

Toute cette petite conversation me "parle" beaucoup: ça fait du bien de savoir que d'autres éprouvent aussi ces moments-là de vide, d'angoisse, de tristesse ou d'insatisfaction. Grâce à ce blog, j'ai aussi découvert Femmes qui courent(...) et ça été également une confirmation de ce que je ressentais vaguement. Je pensais que cette lecture allait être le début de quelque chose, mais pour le moment, je n'ose pas franchir le pas et commencer ce travail sur moi: je ne sais pas comment choisir un psy, trouver une démarche qui me convienne vraiment... [A moins que ce ne soit la peur de tout "chambouler"]. Comment as-tu fait, Christie, pour rencontrer "ta Catherine nouvelle"?

Rédigé par: verveinecitron | 29 nov 2007 21:23:40

ben j'ai eu de la chance, mes deux Catherines je les ai connues par l'un de mes clients, qui m'en a un peu parlé, et quand ça n'a pas été, j'ai appelé l'une, puis l'autre..

Rédigé par: Christie | 29 nov 2007 22:10:06

Cette photo est émouvante, magnifique.

Fuir fuir fuir... j'en ai tout le temps envie, malgré tout l'amour que j'ai pour elles j'ai parfois envie de tout laisser de tout abandonner.
Personne ne m'avait dit que ce serait si dur.

Rédigé par: Clochette | 29 nov 2007 22:43:15

tu m'étonnes.. et si beau, en même temps !

Rédigé par: Christie | 29 nov 2007 22:53:44

mais comment tu (je passe au tu, d'acc? ;O)) peux tenir ta famille, un blog aussi coloré et touchant et ton travail, c'est fou ça!
Moi j'ai juste envie de dormir! et quand je pourrais(dormir donc), je préfère lire les romans les plus longs... pour oublier!!!

Rédigé par: Clochette | 29 nov 2007 23:28:43

Je n'ai pas encore de petites mandarines à faire grandir mais j'espère pour bientôt… Ce que tu décris, je m'y prépare en quelque sorte mais je me rends compte que bien que l'on essaie de profiter de tout, de soi, sa liberté avant, je suis persuadée que des moments tels que tu décris m'assailleront. C'est aussi s'affirmer soi-même et si ce sont des moments à passer, les remises en questions qui en ressortent nous font avancer donc s'enrichir plus encore ?

Rédigé par: colorlili | 30 nov 2007 11:03:13

(je n'ai pas lu tous les commentaires donc peut être que je répète ce qui a déjà été dit)

Serres les fesses effectivement et penses à tes filles pour apporter cette joie dans ton foyer, coûte que coûte...

Rédigé par: mummy active | 30 nov 2007 15:22:02

Voui, je crois aussi qu'il faut être vrai (même si ça n'exclut pas le courage et le serrage de fesses). Mais hier et aujourd'hui j'allais drôlement mieux, et c'est fou ce que les filles sont plus joyeuses et mimines.. sans parler de mon homme..

Rédigé par: Christie | 30 nov 2007 15:28:21

je ne suis ni mère, ni femme, ni enfant, les montagnes russes je connais, trop. je ne sais déjà pas canaliser mes sautes d'humeur comment le faire avec des enfants ? pourquoi cette mélancolie à l'arrivée de l'hiver ? je suis moi-même comme une enfant capricieuse, je pleure trop fatiguée ... je ne sais si je suis le bon chemin, j'essaye : analyse, lecture ... mais grace à vous je me sens moins seule. merci !

Rédigé par: Gourmeline | 30 nov 2007 21:59:49

Oh toi t'as pas raté ta vocation!
Tu sais si bien mettre en mots le ressenti de beaucoup d'entre nous, c'est troublant!
Moi j'attends donc le p'tit deuxième, mon ventre s'arrondit doucement et c'est déjà un peu dur, plus dur que quand j'attendais Simon, petites misères de la grossesse qui même si je les ai vivement souhaité n'en sont pas moins réelles et un peu désagréables (j'ai une sciatique; tu le crois çà?) et c'est vrai que çà me ferait du bien de me faire materner en ce moment et pas par mon homme (pas trop son rôle je trouve!) mais mes amies actuellement (sauf une avec laquelle on se materne mutuellement, elle couve aussi!)n'ont pas cette disponibilité semble-t-il....
Pas grave!
Je me materne tte seule!
Je t'embrasse dear Christie

Rédigé par: small head | 1 déc 2007 13:06:20

De tout ton blog, je crois que c'est ce post que je prefere. J'ai tellement souffert de mes parents qui petaient un plomb des que je deprimais, me forcaient a sortir, a etre gaie.

Il m'a fallu des annees pour les convaincre que c'etait normal et pas une tarre. En fait, ils on fini par comprendre a la suite de deuils auquels je ne pouvais rien.

Maintenant je me menage des periodes ou je plonge dans l'ecriture. Ca donne "fouttez moi tous la paix faut que j'ecrive". Le tout dit sans colere, comme une evidence, et avec la certitute que je reemergerai bientot "sans laisser le soleil se coucher dessus". Mais parfois, faut que je plonge dans mon trou et c'est tout, bordel!

Au fait, j'avais adore "Sacred Pampering Principles" de Debrena Jackson. Ca m'a bien depaysee d'entrer dans la culture noire americaine contemporaine, et en meme temps, il y avait tellement de sagesse dans ce livre. Un vrai depaysement!

http://www.amazon.com/Sacred-Pampering-Principles-African-American-Self-care/dp/0688163475
(le deuxieme livre est bien aussi)

Rédigé par: dany | 2 déc 2007 10:27:05

c'est 'marrant' les réponses qui peu à peu, m'arrivent à la suite de ce billet déjà "vieux" pour moi ! j'étais en pleine forme ce week-end, et les filles je vous raconte pas, adorables comme jamais.

bon lundi ! bonne reprise..

Rédigé par: Christie | 2 déc 2007 22:25:26

Desolee, c'est vrai que desfois, au moment de lire les commentaires on est plus trop en phase avec ses "vieux" billets. Le temps reel, ca serait mieux!

Avec les blogs, c'est un peu entre les deux: on ne sait plus trop si on interragit en premier lieu avec un texte ou avec une personne, d'ou le decalage dans le temps parfois.

(Au fait, excuse moi si je linke pas mon blog: il est super specifique et hyper politise, je l'ecris un peu pour voir si j'arrive a tenir la dragee haute a une bande d'anarchistes nord-americains avec lesquels j'avais envie d'entrer en dialogue)

Rédigé par: dany | 3 déc 2007 16:28:26

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