
Pendant un mois ou deux, j'ai eu du mal à m'accrocher au moindre livre. Faut dire que j'avais entamé un pavé en anglais (le livre de John Irving, toujours au bas de ma colonne), qui avait beau être top, n'en avançait pas moins à vitesse grand E.
Pour les livres et le reste, entamer 15 trucs à la fois et laisser tomber, telle a été mon (involontaire) règle d'action pendant cette période, et j'ai finie par en être assez marrie, la vie d'une mouche bourdonnante devient vite lassante. Bon, il faut parfois un petit moment pour se rendre compte de ce qui cloche, de pourquoi ça cloche, et de mettre au point les éventuelles actions correctives. Ce qui m'a aidé ce coup-ci, a été une petite série d'insomnies... Les bouquins que j'avais entamés me tenaient tellement en haleine que je me réveillais vers 3 ou 4 h du mat', avec l'envie de poursuivre ma lecture.
Alors ces livres, vous voulez savoir ce que c'est ?
Le premier, c'est American darling, de Russel Banks, le livre que le libraire de la rue du théâtre m'a mis dans les mains en me disant "C'est le meilleur roman de l'année 2006, si vous n'aimez pas, je vous le reprends", je ne sais pas quel a été pour moi le meilleur roman de 2006 mais j'ai été passionnée par le personnage principal, Hannah Musgrave, une femme à la recherche d'elle-même, à la fois absente et présente de sa vie, qui n'arrête pas de s'enfuir et de quitter ceux qu'elle aime de loin, sa fascination pour les chimpanzés, nos presque frères, sur fond de contexte politique aux Etats Unis et au Libéria, oui, j'adore quand un livre me réveille la nuit.
Le suivant a été le roman russe d'Emmanuel Carrère, irracontable, un chemin à la recherche du monstre, agaçant à force de nombrilisme, et pourtant il ne s'agit pas de ça, ce livre dostoïevskien nous met en présence de l'abîme, m'a parlé de moi, je n'ai pas pu m'en détacher, la boucle se referme sur l'image de ce petit garçon qui traverse la piscine, le menton surnageant dans l'eau, pour rejoindre sa maman, si belle dans son maillot aux larges rayures noires et blanches...
Et le petit troisième, j'ai acheté pour les filles le Doudou méchant de Claude Ponti, nous l'avons lu et relu en y trouvant à chaque passage de nouveaux détails, une nouvelle matière à bavasser, top top top.
(Et depuis Carrère je lis Ishiguro, en anglais ça avance moins vite, mais j'aime les questions que pose cet anglais au nom japonais sur le sens de nos existences...)
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