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Cela m'a rendue triste lorsqu'à Noël, mon père m'a dit "N'importe qui peut réaliser ses rêves, le tout est d'être prêt à en payer le prix." A moi si fière de parvenir souvent à accomplir ce qui me tient à coeur, me sont revenus d'un coup tous mes renoncements.
Tout à l'heure j'ai reçu une lettre, d'une femme que je connais et qui m'écrit "je lis parfois votre blog, mais pas trop car j'y perçois une fragilité..."
Mes amis aussi, certains, évitent mon blog, car, me disent-ils, "ils préfèrent la version originale."
Et moi, moi je préfère qu'on ne me parle pas de mon blog. Schizophrénie entre le moi de chair et d'os et les fragments de ma vie intérieure, que j'ai toujours voulu fixer quelque part afin d'être sûre qu'ils ne s'envolent pas.
[Et la fragilité d'une coiffure de femme, y avez-vous pensé Messieurs qui aimez passer vos doigts dans nos chevelures ?
Les mèches qui glissent, les élastiques qui se relachent, les pinces qui nous lâchent...]
juin 4, 2007 dans Upon writing | Permalink | Commentaires (28) | TrackBack (0)
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Je trouve que t'as pas mal de courage d'avoir un blog aussi public. De mon cote je suis schizo a mort: j'ai la vraie vie et trois blogs anonymes, qui sont des petits coins ou je peux approfondir des aspects de la vie qui ne font pas encore totalement partie de moi.
On me reporche hyper souvent de "cloisonner": je garde mes ambiances a part, je melange rarement mes potes. J'ai plus d'identite: en bonne postmoderne, j'ai plein de "positions du sujet", et je saute de l'une a l'autre en permanence. J'aime et j'admire ton integrite.
Rédigé par : Dany | 4 juin 2007 13:42:51
Intégrité, ou pseudo-intégrité. J'ai découvert récemment que sous la couverture très bien montée de grande franchise, je nourris un penchant pour le secret.
C'est vrai ça, je ne savais pas que tu avais un blog..
Rédigé par : Christie | 4 juin 2007 13:46:26
Est-ce condamnable de laisser effleurer sa fragilité? J'ai plutôt l'impression que c'est très courageux. Ceux qui refusent de voir autre chose que la solidité et la constante bonne humeur chez les autres non seulement se leurrent, mais signifient qu'ils se limitent à une familiarité de surface, non?
Mon blog aussi est anonyme, j'ai choisi de ne le laisser voir à personne de mes proches (eux connaissent trop bien ma fragilité, le problème n'est pas de la leur révéler. Mais, comme Dany, je préfère cloisonner mes "moi".)
Rédigé par : Lola | 4 juin 2007 14:04:47
il est trop fort ton papa ! déjà j'avais beaucoup aimé sa phrase d'avant "fais toi respecter avant de te faire aimer". Je suis toujours mal à l'aise quand on me dit que j'ai de la chance, me reviennent les années de prépa, les chagrins d'amour... sa phrase résumme exactement ce que je pourrais répondre.
Rédigé par : alice | 4 juin 2007 14:06:14
ah je comprends tout à fait. Comment faire comprendre que c'est toi, mais pas tout à fait toi, mais peut-être plus toi encore que ce que les amis connaissent de toi?
La première fois que la maman de mon amoureux de l'époque m'a parlé de quelque chose que j'avais écrit sur mon blog, je me suis vraiment sentie mal.
Et puis les rêves et les renoncements... les renoncements sont parfois plus doux que les sacrifices qu'on fait pour réaliser ses rêves... J'ai choisi mes rêves après avoir renoncé pendant trois ans. Mais je n'en suis pas plus heureuse, tout compte fait!
Rédigé par : fredoche | 4 juin 2007 14:20:55
>> Et la fragilité d'une coiffure de femme, y avez-vous pensé Messieurs qui aimez passer vos doigts dans nos chevelures ?
Chaque jour que Dieu fait.
Rédigé par : houbi | 4 juin 2007 14:29:18
Je pense que cette fragilité et la force dont tu témoignes en la dévoilant font la qualité de ton blog. C'est en tout cas pourquoi j'aime te lire.
La phrase de ton papa résume pour moi tout l'enjeu de la vie: reconnaître ses désirs d'abord, les réaliser ensuite, et puis, le plus dur, les assumer avec tout ce qu'ils entraînent comme conséquences dans la durée (contraintes, renoncements).
Quant aux blogs, j'étais surprise de constater que ce ne sont pas toujours les amis qui s'y intéressent le plus, alors que j'ai créé le mien en croyant m'adresser avant tout à eux.
Rédigé par : Mecha | 4 juin 2007 14:31:16
oui moi aussi ça m'énerve quand on me dit que j'ai de la chance.. en plus c'est vrai que j'en ai, mais aussi, je la cultive ; et le prix est lourd parfois, et surtout, comme tu dis Alice, j'ai l'impression d'avoir souffert et travaillé pour "gagner ma chance".
Mais peut-être ne faut-il pas espérer trop de compréhension..
Rédigé par : Christie | 4 juin 2007 14:37:42
la dernière fois ça m'a tellement ennervé que j'ai répondu à la fille "ben oui un matin j'ai ouvert la porte et y'avait une pochette surprise avec un boulot, un copain et un appart, j'étais bien contente tu penses". Mais bon je ne suis pas très proche de cette personne et puis c'était un peu bête de s'enflammer comme ça... l'année prochaine j'apprends à respirer et je ne loupe pas l'inscription au yoga
Rédigé par : alice | 4 juin 2007 14:48:52
Ahhhh le yoga.. c'est dommage que t'habites à dache, on aurait pu y aller ensemble..
Rédigé par : Christie | 4 juin 2007 14:50:21
Bon allez. J'espere que cette info se perdra dans les commentaires, mais c'est vrai que ca se fait pas d'avoir un blog et de ne jamais en parler: www.vicad.blogspot.com
Il y en a deux autres, plus engages, mais plus bordeliques aussi. Peut etre un jour.
Rédigé par : Dany | 4 juin 2007 14:51:25
hé hé.. merci Dany !
Rédigé par : Christie | 4 juin 2007 15:07:16
C'est marrant, moi c'est justement la fragilité, la faille qui m'attire. Dans mes amitiés aussi, la force ne m'attire chez l'autre que lorsque je la sens fragile.
Et c'est bien ça qui m'émerveille en te lisant, ce mélange de force et faiblesse, ta manière d'utiliser ta faiblesse pour construire ta force. Ta facilité à toujours nous surprendre : on t'attendait par là, et tu soulèves un nouveau coin du voile. Inattendu.
Je ne peux m'empêcher d'évoquer le verset de st paul : "je mettrais mon orgueil dans mes faiblesses"...
Ca a donné de grandes choses!
Pourquoi cette femme, ces amis sont ils dérangés par cette facette de toi? Peut-être parce que cela les renvoie à quelque chose qu'ils préfèrent ne pas regarder en eux-mêmes!
Merci de nous inviter, par écho, à nous plonger dans nos fragilités, à ne pas être dupes. Nous pas pour nous y vautrer. Mais pour mieux choisir de vivre.
Rédigé par : laurence matricielle | 4 juin 2007 15:23:26
Ah Laurence ! Comment ça va ?
C'est marrant ce que tu dis, ce week-end donc j'ai retrouvé l'une de mes grande amies (celle qui préfère ne pas lire mon blog), et quelle joie de me laisser surprendre par elle, et de la surprendre à mon tour "Ah bon tu lis la Croix ? et t'es abonnée même ??"
pour moi la capacité de surprendre et d'être surprise, c'est un des moteurs de l'envie d'aller vers mes amis chéris..
je crois que mes amis les aiment aussi, mes fragilités.. peut-être sont-ils jaloux, ou gênés que je livre à tous ce qui "leur appartient" ? eh bien non, ça n'appartient qu'à moi.. et pourtant je devrais faire attention à me garder un jardin secret avec chaque personne que j'aime.. mais j'essaye pourtant..
Rédigé par : Christie | 4 juin 2007 15:33:40
Coucou christie,
c'est drôle, sans écrire de blog, j'ai tendance dans mes relations, à me dévoiler complètement, cherchant à tout dire de moi, par désir de partage, d'authenticité... saisissant aussi l'occasion de la relation pour chercher des choses nouvelles en moi, faisant de cet échange une occasion quasi thérapeutique.
Et parfois, je m'en veux d'avoir trop dit, non par orgueil et pudeur, mais par peur d'avoir saoûlé l'autre, d'avoir dit des trucs qu'il n'était pas prêt à entendre. Je ne réserve pas mes secrets pour mes "meilleurs" amis, au contraire.
Finalement, celui avec qui je cultive le plus facilement un jardin secret, c'est mon homme!
Peut-être finalement est-ce avec ceux que j'aime que je suis la plus pudique...
Comme je comprends aussi ton besoin de t'affranchir de toute emprise et contrôle "au nom de l'amitié".
Rédigé par : laurence matricielle | 4 juin 2007 15:48:41
oh oui moi aussi combien de fois je me suis mordue les doigts d'avoir trop dit.. d'avoir été soulante..
Rédigé par : Christie | 4 juin 2007 15:55:42
T'es toujours amie avec moi dans la vraie vie si je te dis que je ne lis pas la Croix et plus Télérama depuis que Rémond est parti.
Rédigé par : sophie | 4 juin 2007 17:07:27
Ah ça moi aussi ça m'a fait un choc que Rémond parte de Télérama (aujourd'hui il écrit.. dans la Croix !)(et c'est moins bien je trouve).
Tu me connais, je suis hyper ayatolah !
Rédigé par : Christie | 4 juin 2007 17:09:39
Christie, j'aime bien votre blog et j'ai souhaité répondre au plaisir de vous lire en vous envoyant la semaine dernière un "cadeau" par la poste à l'adresse de Plume de Vie. J'espère que vous l'avez reçu et qu'il vous a fait plaisir. Je souhaite qu'il ne soit pas égaré.
je viens de lire que vous n'aimiez pas qu'on parle de votre blog. Vraiment??!! Alors, en ce cas mon courrier postal n'est peut-être pas le bienvenu ...
Rédigé par : Nathalie | 4 juin 2007 17:44:41
Et la fête des méres ??? c'est ringard ou démodée ou quoi ??
Rédigé par : robert | 4 juin 2007 18:14:49
ben quoi la fête des mères ? que voulez-vous savoir au juste ?
Rédigé par : Christie | 4 juin 2007 18:22:06
Ce matin, quand je suis passée sur ton blog, Christie, il y avait dans la colonne de droite, rubrique "pub" peut-être bien [?] un genre de petite annonce pour rappeler que Jeff Buckley est mort il y a pile 10 ans. Jeff Buckley que j'ai vu à l'Olympia en 95, pour mon plus grand bonheur. En voilà un pétri de fragilité, mais quelle sensibilité...Comme le souligne Laurence, des fragilités, on en a tous, même ceux qui ne veulent pas les regarder, en prenant le risque qu'elles leur sautent à la figure...
Ahhhh...Alain Rémond...j'ai collé avec délice, dans un de mes cahiers, la note qu'il avait écrite dans Télérama, à la suite de la finale de foot en 98, et dont le titre était "Pousse toi je vois rien". Un puuuur régal!
Rédigé par : Sophie (the old) | 4 juin 2007 19:07:50
c'est une démarche particulière et difficile d'écrire un blog, des blogs : on s'expose , on se découvre , acte de bravoure intime, on saute du plongeon. J'admire ce que tu as su faire avec extrémement de pudeur : refuser l'anonymat, te dévoiler pudiquement, publiquement . Si c'est cela ta fragilité, j'appelle plutôt cela une grande sensibilité .
"Grande christine " alias chicorée
Rédigé par : Chicorée | 5 juin 2007 00:03:41
Anonyme ou pas : ça c'est décidé en quelques secondes, lorsque j'ai ouvert mon blog il y a 3 ans..
Rédigé par : Christie | 5 juin 2007 06:46:59
Ben vous êtes plein de femmes méres ou méres femmes et aucune d'entre-vous n'en a parlé !je suis juste un peu étonné c'est tout ! sinon je confirme je ressens ta grande sensibilité car je suis trés trés sensible et j'ai aussi un blog.... "secret "
Rédigé par : robert | 5 juin 2007 07:41:36