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La maison est endormie - Alma dans sa poussette sur la terrasse, Nico étoile de mer sur notre lit, Chimène joue tranquillement sur le canapé... Et moi, j'erre à la recherche d'un coin où me poser. Vers 14 h les jours de week-end, je deviens agressive après le déjeuner tellement j'ai mal au dos, tellement j'ai besoin de cette pause, une incursion de solitude, m'étendre loin d'eux et en finir avec cette maison que je porte sur mes épaules
Alma ces derniers temps demande à dormir par terre ; et cela me rappelle ces nuits que je terminais au pied du lit de mes parents, je transportais le matelas, la couette et l'oreiller et je m'étendais près de Maman, finir la nuit seule m'était insupportable, je n'en pouvais plus de respirer cet air toujours le même
Je me suis allongée dans le lit de Chimène avec mon John Irving - une autre incursion de l'enfance, ce John Irving que j'ai commencé à lire à l'âge de 14 ou 15 ans - troublée par la présence de jouets et de sacs d'habits à donner. Je ne dormirai pas. Et malgré tout je me ressource à ma solitude.
Ce matin nous sommes allés tous les quatre rendre visite à Mam ; nous avions mis nos belles robes, une fois encore, elle est à l'hôpital Percy, je ne compte plus les visites à Percy ou à Bon Secours, je m'y sens comme chez moi. Son corps trop maigre, son coeur de moineau épuisé, je sens qu'elle nous lâche - bon elle a encore insulté ce faux cul de Bayou je l'ai pris pour un signe d'espoir - et les larmes me viennent à la perspective d'un monde sans elle. Comment accepter l'idée de perdre ceux qu'on aime ? Et quelle solution trouverons-nous pour elle après sa sortie de l'hôpital dans quelques mois - si je sors comme elle dit - hein comment orchestrer dignement sa sortie ?
Hier grosse claque ; j'ai essayé de m'atteler à l'écriture de mon roman les mots coulaient comme de l'eau de source et puis quand j'ai relu.. quelle affectation ! je m'écoutais écrire. Comme si l'écriture de blog, "pas sérieuse", était plus naturelle et plus vivante et comme si l'autre, "mon grand oeuvre", me vouait déjà au Panthéon. Ben c'était pas terrible.
Faire les bagages pour Alma ; je la conduis tout à l'heure chez mes parents, Maman la garde cette semaine car Maryse la nounou est en vacances, nous avons pris notre parti de ses vacances toujours à contretemps des nôtres, ma petite va me manquer, et je suis heureuse pour Chimène, heureuse de retrouver avec elle ce temps de l'avent, ma grande fille unique, lui permettre de retourner au paradis perdu
- Alma va nous manquer, sa tête contre mon flanc...
Dans la voiture nous attendent déjà le vélo de Chimène, le tricycle d'Alma, rouge et neuf, notre cadeau anticipé de ses 2 ans. Hier Nicolas s'est tapé 7 tours de square avec Chimène, l'encourageant, la poussant, lui apprenant à tourner, à freiner, à maîtriser la bête.. à l'aller j'avais une petite fille tétanisée par son vélo, et au retour un enfant fier de lui, bien dans sa peau, qui pédalait presque sans s'en apercevoir. Miracle des pères... Toute seule, je n'y serais jamais arrivée avec mes enfants, et je le savais avant de les mettre au monde.
Je ne sais pas comment je vais dénouer ces fils - la solitude, la mort des être aimés, le manque, la honte, tous ces livres que je porte en moi sans parvenir à m'enfanter moi-même, l'enfance à chaque coin de rue.
avril 29, 2007 dans autoficcion | Permalink | Commentaires (8) | TrackBack (0)
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Tiens, je vais être la première pour une fois ! :o)
Que de contenu dans ton post !
J'ai surtout été marquée par le début, ce besoin d'un peu de temps "seule" le we. Quelque part, tu me rassures, je ne suis pas la seule à en avoir besoin, donc ! Il s'exprime de la même façon chez moi : besoin d'être tranquille après le repas, de d'abord vaquer à mes p'tites occupations (ranger un peu, regarder mon "netvibes" et voir si un nouveau post est arrivé chez "maviesansmoi" - entre autres ! -, etc..), et ensuite d'aller m'allonger dans la chambre, lire une dizaine de pages de mon roman (en ce moment "le Trône de Fer", de Georges RR Martin, passionnant [j'en suis au tome 10!]), et souvent somnoler 20min.
C'est marrant, mais aucune de mes amies ne semble avoir ce besoin-là, ou elle ne m'en parle pas. Et moi j'ai du mal à imaginer comment on peut toujours être disponible pour les autres.
D'ailleurs, dans ce sens, je compte bien prolonger la sieste de mon petit bout de 2 ans et demi (qui en a de moins en moins besoin) par un "temps calme" dans sa chambre, où il pourra jouer, ou dormir, mais surtout laisser ses parents tranquilles ! (l'idée me vient d'une amie dont j'aime beaucoup les concepts d'éducation)...
Pour rebondir sur John Irving, je me rends compte que j'ai mon "parcours Irving", et qu'on doit avoir chacun le sien. Le mien a commencé par "Une veuve de papier", offert en cadeau de fin de stage (par une femme bien sûr, cadeau que j'ai bcp apprécié"). Puis éblouissement avec "Le monde selon Garp". Bien aimé "L'oeuvre de Dieu, la part du diable", puis buté sur "Une prière pour Owen"... Et toi (et vous)?
Rédigé par: Anne-So | 29 avr 2007 17:27:15
Tiens, je vais être la première pour une fois ! :o)
Que de contenu dans ton post !
J'ai surtout été marquée par le début, ce besoin d'un peu de temps "seule" le we. Quelque part, tu me rassures, je ne suis pas la seule à en avoir besoin, donc ! Il s'exprime de la même façon chez moi : besoin d'être tranquille après le repas, de d'abord vaquer à mes p'tites occupations (ranger un peu, regarder mon "netvibes" et voir si un nouveau post est arrivé chez "maviesansmoi" - entre autres ! -, etc..), et ensuite d'aller m'allonger dans la chambre, lire une dizaine de pages de mon roman (en ce moment "le Trône de Fer", de Georges RR Martin, passionnant [j'en suis au tome 10!]), et souvent somnoler 20min.
C'est marrant, mais aucune de mes amies ne semble avoir ce besoin-là, ou elle ne m'en parle pas. Et moi j'ai du mal à imaginer comment on peut toujours être disponible pour les autres.
D'ailleurs, dans ce sens, je compte bien prolonger la sieste de mon petit bout de 2 ans et demi (qui en a de moins en moins besoin) par un "temps calme" dans sa chambre, où il pourra jouer, ou dormir, mais surtout laisser ses parents tranquilles ! (l'idée me vient d'une amie dont j'aime beaucoup les concepts d'éducation)...
Pour rebondir sur John Irving, je me rends compte que j'ai mon "parcours Irving", et qu'on doit avoir chacun le sien. Le mien a commencé par "Une veuve de papier", offert en cadeau de fin de stage (par une femme bien sûr, cadeau que j'ai bcp apprécié"). Puis éblouissement avec "Le monde selon Garp". Bien aimé "L'oeuvre de Dieu, la part du diable", puis buté sur "Une prière pour Owen"...
Rédigé par: Anne-So | 29 avr 2007 17:27:47
Moi ce temps libre c'est le soir passées 19 heures je ne veux plus entendre parler d'enfants, de repas, de mon mari et je m'offre une bonne heure de glande pendant qu'Olivier prend le relais. Mon petit bout à un an déjà ne veut plus faire la sieste mais tant pis, je le laisse dans son lit à se reposer jouer avec ses peluches au calme. Et finalement il a l'air d'aimer.
Rédigé par: sophie | 29 avr 2007 22:01:45
je pense que l'on est beaucoup à avoir besoin de ces moments de solitude. Les femmes, naturellement, veulent tout faire pour tout gérer. Et on gère. Parfois mieux que d'autres..
Puis vient le point de non retour ou on ne souhaite qu'un tête à tête avec soi. Juste rêver, même pas "faire"..
Quand mon homme prend le relais et s'éloigne de la maison avec les pitchounes quelques heures, je commence par prendre un bain. Quelque soit l'heure de la journée...
Je rêve dans mon bain et essaie de faire le vide, bercée par le goutte à goutte du robinet.
Ensuite je me sens comme l'adolescente que je fus il y a quelques années déjà : je glande, je bouquine, je regarde la télé et ne me fait même pas à manger. Je grignote.
Légèreté de la vie, quelques heures durant, heures volées, pour reprendre petit à petit le masque de la mère et femme...
Du coup, ces moments seuls, aussi courts soient ils, me laissent systématiquement un beau souvenir, un doux souvenir, jusqu'au prochain...
Rédigé par: incha | 29 avr 2007 22:28:03
Voilà ce qui me plaît lorsque que je viens ici Christie. Me sentir faillible mais ne pas être finalement seule dans ces failles. ( j'ai entamé la 3ème "partie" de Lignes de faille, eyt je ne regrette pas mon impatience à l'avoir acheté avant que me petite mère ne le finisse de son coté !)
Je te souhaite une bonne journée !
Rédigé par: Bérangère | 30 avr 2007 09:35:38
Je plains les mamns qui n'osent pas avouer ce besoin de solitude. Il y en a.... et puis, les enfants ont aussi un grand besoin d'espace, on a parfois tendance à l'oublier; mon ainé va avoir 6 ans, et je ne suis pas peu fière de le voir construire son monde où il est bien heureux de ne pas avoir en permanence notre regard sur ce qu'il fait. J'espère fort que cette autonomie peut se construire parcequ'il sait bien que ce regard, il l'aura toujours quand cela sera nécéssaire.
Rédigé par: anne | 30 avr 2007 09:40:23
Moi aussi, moi aussi, j'ai besoin de momments seule! Nous avons adopte le concept du "momment calme" pour mon fils le week-end: une heure apres le dejeuner a jouer dans sa chambre. Je trouve ce momment absolument vital pour la mere (moi, quoi), et c'est tres bien aussi pour l'enfant, car ca l'aide a construire son autonomie.
Rédigé par: Flore | 30 avr 2007 18:45:57
Pendant toute mon enfance, ma mere de temps a autre s'ecriait" je reverais de passer un weekend toute seule!". A chaque fois je trouvais ca mechant, de ne pas vouloir etre avec nous tout le temps puisque nous, nous voulions etre avec elle!
Maintenant que je suis mere, combien je comprends son besoin (qui n'a jamais ete assouvi)!
Je devrais lui dire tiens.
Rédigé par: Maurine au bout du monde | 1 mai 2007 02:35:03
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