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Il y a celle qui se trouve merdeuse parce qu'elle n'arrive pas à se fixer sur un projet professionnel ;
Il y a celle qui se trouve merdeuse parce qu'elle ne supporte pas l'intrusion d'un tiers dans ses amitiés, ses amours ;
Il y a celle qui se trouve merdeuse parce qu'elle n'arrive pas à parler avec sa mère ;
Il y a celle qui se trouvera merdeuse tant qu'elle ne sera pas arrivée en haut de l'échelle ;
Il y a celle qui se trouve merdeuse parce qu'elle ne se fixe nulle part, ne sait plus où elle habite ;
Il y a celle qui se trouve merdeuse dès qu'un connard lui fait une réflexion sexiste, "Mets un string !"
... Mis en mots, nos traumatismes intimes apparaissent souvent comme des broutilles. Et pourtant, des paroles anodines à nous adressées le mauvais jour, mettent à mal tout l'édifice. Amènent dans la bouche un goût de mort - je ne vaux pas la peine d'être là... Et on flotte, on flotte, on ne sait plus à quoi se raccrocher, ni ce qui nous retient ; pourquoi ne pas accélerer la chutte ?..
On avait cru très fort que l'amour de l'autre, la maternité, avoir trouvé notre voie professionnelle, avaient éloigné nos démons pour toujours. Nous nous étions immergées dans l'eau du Styx, celle qui rend invincible ; mais le talon n'a pas été trempé. Il nous reste un soft spot, un coin très exposé et rougeoyant, caché sous nos jupes, dans nos chaussures, enfoui sous nos cheveux... capable de faire surgir les plus amères larmes, les pulsions les plus mortifères.
Et le pire dans tout ça, c'est que nos amours auront beau entourer de leurs bras nos épaules secouées, nous offrir des pivoines et nous murmurer des mots d'amour... On aura toujours mal. Il n'y a que nous qui puissions apprivoiser Achille.
(A mes amies L., V., F., C., Y., M-P, et au petit Achille qui sommeille en moi, ne fait pas encore ses nuits, vient de se réveiller d'un vilain cauchemar. J'apprends à le bercer...)
avril 26, 2007 dans Deseo | Permalink | Commentaires (40) | TrackBack (0)
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Achille c'était un homme tenu par sa maman au-dessus de l'eau. Ils ont leur talon aussi. Et ses petites phrases destructrices viennent parce que celui qui est en face ne se sent pas mieux. C'est ma potion d'invincibilité, savoir que celui en face est plus faible que moi, qu'il vient de m'en donner la preuve. Ca prend parfois du temps amis ça m'aide à remonter ou à descendre moins bas. Bon courage ma Christie.
Rédigé par: sophie | 26 avr 2007 10:35:14
Bonjour Christie!
Uh, que ça me remue tout ça. Quand ça m'arrive je me sens comme dans "seul au monde", échouée sur une île déserte et rien ne peut plus m'atteindre tant je suis mal. Apprendre à bercer et apprivoiser Achille c'est une bonne idée.
Rédigé par: Bérangère alias Camaienne | 26 avr 2007 10:49:11
ben oui les hommes aussi ont leurs talons d'Achille.. mais j'y accède moins qu'à ceux des femmes.. ils se confient moins, les garçons, admettent en général plus difficilement ce qui les blesse..
Rédigé par: Christie | 26 avr 2007 10:57:33
Dur, dur... mais quand on arrive à dépasser notre Achille, on se sent invincible, non?
Rédigé par: laurencej | 26 avr 2007 11:05:46
Très joli texte, si vrai...
D'ailleurs, pour compléter, je dirais qu'au départ on a plusieurs "Achille", on en dompte certains, on en calme d'autres, mais il en reste toujours...
Rédigé par: Léa | 26 avr 2007 11:06:00
ouais, ben je crois que le truc à avaler c'est ça : notre Achille, on ne le dépasse pas, mais on l'apprivoise plutôt.. on arrête de lui en vouloir, de le traiter d'Alien monstrueux ; et on se demande, comme d'un petit chat pouilleux qui miaule à notre porte et ne nous lâche pas : bon eh bien maintenant que tu es là, que vais-je faire de toi ?
Rédigé par: Christie | 26 avr 2007 11:07:30
Juste en passant, merci à toutes celles qui, en parlant du plaisir de courir, m'ont encouragée à m'y remettre. La petite voix qui dit: tu n'y arriveras jamais, je ne l'entends presque plus..
Rédigé par: B. | 26 avr 2007 11:13:29
Très joli texte (quoi, ça a déjà été dit ?).
[Par contre, je t'assure que ça peut parler (et donc correspondre) à des "celui" aussi.]
Rédigé par: aymeric | 26 avr 2007 11:14:13
ah que c'est bon de lire ça quand on a plein de petits Achille.
Rédigé par: rita | 26 avr 2007 11:14:43
Bah oui je sais Aymeric !! malheureusement, ou heureusement..
en parlant de courir.. c'est chouette hein ! je n'y ai pas été ce matin, en revanche j'ai été prendre le fameux petit café ethiopien..
Rédigé par: Christie | 26 avr 2007 11:18:25
Tellement vrai et si bien dit. En vieillissant on apprend à mieux connaître Achille, et même si la douleur est toujours là, on lui résiste peut-être un peu plus...
Rédigé par: Isa | 26 avr 2007 11:22:44
Je pense qu'il s'agit de cela dans toute psychothérapie, apprendre à connaître notre noeud, notre Achille, car le connaître est la seule manière d'accéder à une certaine liberté.
Et j'aime penser qu'il faut aimer son Achille, car quelque part c'est ce qui est le plus intimement nous...(à défaut d'aimer, faire la paix, aide...le petit sourire face à soi quand on se surprend à dévoiler la cheville, à être à nouveau dans les mêmes vieux mécanismes)
Rédigé par: Mecha | 26 avr 2007 12:06:11
Oh, que j'aime quand tu parles si vrai Christie...
Plutôt que de résister, je dirais plutôt apprivoiser, accepter.
Accepter ces fragilités, ces faiblesses qui nous font. Et que le chemin est difficile jusqu'à soi.
On aimerait tellement être toujours "la réfèrence"...
Mais la vie nous emmène toujours à un moment ou un autre sur cet autre sentier.
Mais de ces fragilités acceptées, on en tire une autre sorte de force...
L'air devient plus doux, on s'ouvre et on regarde l'autre avec ce regard fait de cette même douceur...
Rédigé par: corinne | 26 avr 2007 12:24:07
Que c'est agréable de te lire Christie! Je trouve que tu arrives à mettre les mots justes sur ce que toutes et tous pouvons ressentir un peu, bcp, toujours, parfois.... Ah c'est lignes de failles qui nous construise!! Comment les apprivoiser?
Rédigé par: catherine | 26 avr 2007 12:31:06
vite,
avant de prendre l'avion pour la Caroline du Sud, bonne journée à toi Christie et à tous tes lecteurs (trices).
Merci pour ce beau billet.
Rédigé par: mariapia | 26 avr 2007 12:51:27
Mis en mots, nos traumatismes intimes apparaissent souvent comme des broutilles... c'est tellement ça ! l'intelligence du cœur et celle de la tête qui chez moi fonctionnent chacune comme elles veulent
Ton billet d'aujourd'hui me fait penser au livre de marie cardinal, les mots pour le dire
Rédigé par: alice | 26 avr 2007 13:01:51
Souvent, dans tes textes, je trouve des affinités avec des sentiments que je connais aussi, des impressions que je partage, des pensées que je n'ai eues mais que je me dis "tiens, au fond, c'est vrai" ...(heureusement, parfois aussi, c'est assez loin de moi. Mais c'est très bien auusi!).
Cette fois, ça tombe incroyablement juste: la petite phrase qui a fait s'écrouler tout l'édifice est tombée ce matin...et depuis, je vacille, je vacille ...j'ai du mal à reprendre pied.
Parfois, je l'aime bien ma fragilité, mon petit achille mais certain jour, comme tu dis...
Rédigé par: lili | 26 avr 2007 13:45:35
Et il y a celle qui se trouve merdeuse parce qu'elle songe à changer d'orientation professionnelle. Ai-je raison, ai-je tord ?
Rédigé par: Bérangère | 26 avr 2007 15:28:37
ben songer, qui l'empêche de songer hein ?
Rédigé par: Christie, qui y songe 12 fois par an | 26 avr 2007 15:29:45
à B ... le plaisir de courir : j'ai terminé mon 1er marathon à Paris il y a 15 jours, le bonheur de l'accompli dans une ambiance, un cadre, .... le bonheur
Rédigé par: pat sans couvée | 26 avr 2007 15:34:07
personne, enfin si elle. Enfin Moi. Enfin non, je ne m'empêche pas d'y songer. Je culpabilise à l'idée de. (aurais-tu une recette contre la culpabilité?)
Rédigé par: Bérangère | 26 avr 2007 15:37:00
ouahou, un marathon ! bravo Pat..
une recette contre la culpabilité : effacer toutes les traces, non.. mais si tu ne l'as pas déjà lu, achète Femmes qui courent avec les loups, moi ça m'a beaucoup aidée..
Rédigé par: Christie | 26 avr 2007 15:39:36
merci Christie!
Rédigé par: Bérangère | 26 avr 2007 15:48:25
Très beau billet, si parlant à beaucoup d'entre nous, à moi aussi, c'est sûr!
On est toujours tout seul avec son talon d'achille, puisque c'est ainsi que tu l'appelles, si justement d'ailleurs...
mais bon, si tu dis que çà s'apprivoise, cela est sans doute vrai... et diablement rassurant...!
bisous!
Rédigé par: small head | 26 avr 2007 16:17:43
entre la boulimie de l'autre jour et ce texte là, tu parles juste de la vie et de la sensibilité à fleur de peau qui aide certains(es)à vivre plus pleinement tous les sentiments, et tu en parles tellement bien.
Rédigé par: tina | 26 avr 2007 16:18:10