« la bouée | Accueil | les trous »
C'est troublant comme, autour de nous, tous les amis ont fini par partir habiter un temps à l'étranger. Rome, Londres, Milan, Dubaï, Casablanca, San Francisco, Hong Kong, New York, Nairobi, Dublin, Santiago de Chile, Rio de Janeiro, Shangaï, Lisbonne - et nous ?
Nous, on reste à Paris. On reste dans notre bonne ville, attachés par quoi ? La lumière blanc-jaune sur le fleuve, la famille pas loin, les boulots installés là. Et peut-être, la peur d'aller tout recommencer quelque part ?
Jusqu'à présent, notre choix me paraissait cohérent, et depuis quelques semaines, j'ai envie d'ailleurs
Voir la mer tous les jours
Parler une autre langue
Me resserer autour des miens
Que les choses bougent, sans que cela dépende de moi
Ce ne serait pas une fuite ; juste, voir du pays, habiter loin un temps, avant de revenir savourer ma douce France.
février 3, 2007 dans Deseo | Permalink | Commentaires (30) | TrackBack (0)
URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c4e0d53ef00d83515a5dc69e2
Listed below are links to weblogs that reference partir ?:
***Moi aussi, j'aimerai partir ailleurs...*** Bisous.
Rédigé par: Gala | 3 fév 2007 17:37:16
et puis, ne plus arriver à repartir....parce qu'ailleurs aussi on s'attache.
Rédigé par: Mariapia | 3 fév 2007 17:51:18
Et quelles sont les destinations qui vous tentent?!...
Rédigé par: Sophie (the old) | 3 fév 2007 17:53:03
c'est bien de partir, c'est super de vivre à l'étranger, parler une autre langue (et l'apprendre dans sa version de tous les jours), changer de repères, rentrer, de temps en temps, voir cette France qui nous manque, et l'apprécier bien plus.
se faire une deuxième maison, et être super heureuse de répondre aux touristes perdus, signe que ca y est, on est chez soi
Rédigé par: joséphine | 3 fév 2007 18:09:38
De mon cote ca va faire douze ans que j'ai change de ville et pays a peu pres tous les deux ans. J'adore l'effet "tabula rasa", le fait de pouvoir me reinventer a chaque fois, renconter un max de personnes dont certaines deviennent des amis pour la vie, voir un max d'atmospheres, decouvrir d'autres manieres d'etre au monde, tomber amoureuse du Zeitgeist d'un endroit, de la spiritualite d'une communaute d'humains. Je me demande si j'en aurais marre un jour.
Pourtant, j'ai un peu le blues en ecoutant "il y a" de Goldmann, et j'envie ceux, qui comme ma meilleure copine n'ont pas peur de construire sur la duree, et sont amoureux de leur nid, de leur vie et de leur ville.
Rédigé par: Dany | 3 fév 2007 18:26:14
ah ben quand même, une qui me parle de rester.. parce que, partir, pour le moment, je suis la seule à y songer ! et je ne vois pas comment ce serait possible..
Rédigé par: Christie | 3 fév 2007 18:30:57
Je me suis insurgée ( gentiment) un jour dans une lettre de réponse à un oncle qui me disait qu'il ne fallait pas " vivre avec de la terre collée aux pieds", c'était au moment de vendre une maison familiale dans laquelle je n'avais pas encore fini de poser des questions secrètes et la voir "partir" vers d'autres vies m'avait causé une sorte de déchirure invisible que personne ne pouvait déceler à ce moment là. Pour toutes sortes de raisons objectives, il n'y avait aucune raison "matérielle" de garder cette vieille bâtisse pleine de défauts, mais remplie à ras bord de souvenirs heureux et douloureux. Avais-je l'intention d'ausculter les murs avec mon imaginaire ? Que perdais-je en abandonnant l'idée de comprendre uniquement avec les yeux et les pensées? J'ai pris conscience ce jour là comment je fonctionnais affectivement. J'en ai déduit que si certains partaient facilement ( et je me réjouis vraiment de voir mes propres enfants prendre le vent qu'ils souhaitent - ma fille au KOSOVO pour six mois encore ...l'un de mes fils au MALI récemment... ), je faisais parti de ceux qui restent et qui permettent aux autres de conserver une part d'eux-mêmes dans un lieu "sédimenté" par l'appartenance à une histoire, à tout un corpus de sensations familières, mosaïque à la fois inaltérable et fragile des miettes de la madeleine de Proust. Ce n'est pas un choix libre je crois, il me semble que chacun est prisonnier d'une sorte de scénario interne qui va ou non donner ces envies de départ ( d'un ailleurs) ou d'enracinement profond dans la terre qui se transmet symboliquement à travers le lieu d'habitudes et de traces. Aujourd'hui je sais que je suis capable d'avoir les deux sortes d'attitude, mon oncle avait raison pour lui-même mais il anticipait aussi ma propre évolution. Tout recommencer ailleurs, est un fantasme de Robinson Crusöe, et j'en rêvais enfant autant que je pouvais le redouter. Mais c'est sans compter les micro-déchirures qui s'opèrent alors, dont certaines deviennent les vergétures de la douleur des séparation. Elles ne se gomment pas , et s'accentuent à certaines époques, lorsque le coeur s'emplit en sourdine des larmes non résorbées. Le coeur, il faut qu'il batte comme les mains des lavandières d'antan, pour faire partir le jus noir de la mélancolie ou les bulles de savon( les illusions) dont il faut exonérer le linge mental de nos vies... Je remarque au passage que sur ton blog, il y a encore la photo de Toi et Chimène qui nous accueille, ce regard que tu as sur elle debout , et elle qui regarde déjà ailleurs avec ses colliers, impression ( sans doute erronnée car je projette ma propre vision) que tu la regardes comme un défi, celui de l'avenir,du présent et du passé révolu. Cet arrêt sur image est aussi la figuration d'un doute qui cherche une issue dans le mouvement qu'il suscite ( départ , détour... car le retour est impossible, on ne reboit jamais la même eau même si la rivière semble inchangée en apparence). Partir, c'est fuir aussi ce genre de nostalgie lancinante... Quant à l'attrait de la nouveauté, comment se fait-il que le cosmopolitisme des grandes villes ne suffise pas à l'étancher ? C'est à méditer tout ça ! MERCI en tout cas de m'avoir fait découvrir l'eau fraîche de Jeanne Cherhal,elle a l'âge de mon fils aîné... je me suis marrée ( marée ? ) à l'entendre... "Les mauvaises relations" en particulier, qui m'a fait penser à "La Parisienne" chanson insolente de... tiens, je ne me souviens plus qui... ( c'est bon signe ?...)...
Rédigé par: MthP | 3 fév 2007 23:11:53
Je n'ai pu m'empecher de penser a un film cher a mon souvenir
"Tant que tu vis ici tous les jours tu te sens au centre et puis tu pars, tu reviens après un an ou deux et tout a changé. Le fil est cassé. Tu ne retrouves pas ce que tu cherches... ce qui t'appartenait n'est plus là, il faut partir pendant très longtemps, de nombreuses années, pour retrouver au retour les gens, la terre où tu es né, maintenant ce n'est pas possible"...
Rédigé par: bergere | 4 fév 2007 04:56:38
Merci pour ton commentaire MthP, si juste...et plein de douce poésie.Etre au plus près de ce qui noux convient, sans se référer à d'autres envies que les siennes, that's the point!
Je crois que ce besoin de dépaysement, somme toute assez fort chez moi, je le comble par des voyages, avec un plaisir immense pendant, et après lors du retour!
Quand l'un a envie de partir, mais pas l'autre, là ça devient un peu plus compliqué...
[monsieur mon mari parle d'aller vivre à St Pierre et Miquelon, tu parles d'un truc!...]
Rédigé par: Sophie (the old) | 4 fév 2007 09:30:44
On devrait tous lire "liquid love". Des que j'ai fini d'ecrire mon chapitre je me le choppe.
http://www.amazon.fr/LAmour-liquide-fragilit%C3%A9-liens-hommes/dp/2841566021
Rédigé par: Dany | 4 fév 2007 11:52:03
De plus en plus, je trouve que les hivers parisiens sont difficiles à passer, à vivre. C'est à chaque fois à cette saison que mon envie de partir est la plus forte. Je ne sais pas pour vous...
J'ai envie de douceur, de lumière, de peau, de temps, d'un autre quotidien, d'une autre langue, d'autres impératifs... etc. J'ai la chance d'avoir pu passer ce mois de janvier au Brésil avec ma famille. Et des voyages comme celui-là font déjà beaucoup de bien.
Mais peut-être que cela ne fait qu'ajourner le "vrai" départ ? Je ne sais pas..
Rédigé par: milanka | 4 fév 2007 12:49:42
Partir... Certains le font, d'autres recommencent. Il faut se méfier : quand on est parti une fois le retour nous semble fade. Ce qui est magique à l'étranger c'est l'apprentissage permanent, chaque jour un nouveau mot, une nouvelle histoire, une nouvelle bizarrerie à comprendre et à assimiler. Mais c'est aussi fatigant, et il y a le risque de se laisser aussi bercer par la facilité de la vie expatriée : la liberté insolente de tout pouvoir critiquer, aussi bien son pays d'origine que le lieu où on a posé ses pénates, le cocooning de sa petite communauté française, les difficultés d'aller vers les autres. Après 4 ans à vivre de chaque côté de la frontière, j'ai bien du mal à dire où je me sens chez moi. Et c'est étrange.
Rédigé par: caroline | 4 fév 2007 14:05:40
Témoignage un peu long d'une ex-expatriée
Partir a été pour nous un acte de liberté. Couper avec notre environnement, trop de modèles et une vie de dingue pour rechoisir ensembles ce que nous voulions vivre : un projet commun, une aventure où notre couple, notre famille serait le noyau, une aventure ouverte sur un monde à découvrir, qui nous fait bouger. Couper avec nos racines - un peu - mais aussi avec certains cordons mortifères (non pas une fuite mais un acte de liberté ; un acte identitaire).
Cependant ce départ nous a également permis de mettre de côté quelques décisions délicates. Quand nous sommes partis, je travaillais, nous habitions Paris et venions d'avoir notre quatrième enfant. Equation difficile. L'expatriation fut le moyen de régler ces choix difficiles sans s'y confronter directement. J'ai pu lâcher mon boulot (finance- incompatible avec ma vie de mère de famille nombreuse), mais n'ai pas compris la nécessité d'élaborer un nouveau projet, tout absorbée que j'étais par le projet d'expatriation ; nous avons vendu en partant notre trop petit appartement parisien sans être capables d'imaginer qu'il faudrait recréer un lieu au retour (et peut être se décider pour la banlieue).
Toutes ces questions laissées en suspend qui rendirent le retour - imposé brutalement - encore plus violent.
D'abord nous n'étions pas prêts - pas prêts à quitter Hong Kong. Nous avons refermé le livre trop vite ; ce fut un arrachement. Et pas préparés au retour en France et à se confronter au principe de réalité, sans avoir les outils pour faire face. La dépression du retour n'est pas un vain mot et on commence enfin à en sortir. Il a fallu réapprendre à vivre en France, trouver un endroit où faire grandir notre famille en banlieue parisienne, accepter la perte pour redessiner un projet - un projet moins commun - davantage le projet que chacun puisse trouver son chemin...
Aujourd'hui se repose pour nous la question de partir et je suis partagée. Partagée entre l'envie de cette bouffée de vie où tout s'accélère et se crée si facilement - et la peur du retour, la peur de devoir réapprendre à désillusionner - la peur aussi de lâcher ce que j'ai enfin réussi à commencer ici.
Si on part, on a bien compris qu'il était nécessaire de garder un lieu plus que symbolique : notre maison. Et trouver les moyens de poursuivre là bas ce qu'on a commencé ici, sans rupture. Le retour ne sera plus perçu comme un spectre effrayant mais on pourra y attacher quelque chose de réel, des souvenirs - joyeux et moins heureux - mais quelque chose de vivant.
Bref...Partir/ revenir... c'est une respiration. Mais il est nécessaire de toujours garder la liberté comme discernement.
Rédigé par: Laurence matricielle | 4 fév 2007 16:21:48
Le partir, je connais. Depuis 2000, début de mes études, j'ai vécu à Amsterdam, Paris, Bruxelles, Berlin. Des expériences formidables, des souvenirs multiples coloriés par le caractère de chacune de ces villes qui restent pour moi des amies.
Mais quand on part et repart, on apprend à voyager léger, garder uniquement les liens qui comptent. Aujourd'hui, j'ai des amis éparpillés, un réseau distendu et je rêve de prendre racine, d'être moins globale, de devenir locale, au moins pour un temps...
Car dans le fond, construire ce n'est possible que si on reste. L'énergie que l'on dépense à la découverte manque à la construction.
Rédigé par: Mecha | 4 fév 2007 18:27:03
ça ressemble depuis quelques jours à coup de blues non? et l'allégresse viendra d'ailleurs certainement. Quand je rêve d'ailleurs je me dis: qu'est-ce qui t'as mis en colère, en trouble, en regret, en honte?
Je cherche quelle est la chose à régler pour que de nouveau quand je regarde autour de moi tout me paraisse à sa place, moi y compris..
Maintenant, je suis d'accord, partir c'est merveilleux...
Rédigé par: planeth | 4 fév 2007 19:11:24
je suis partie (San Diego, Bruxelles) un temps et j'ai adoré mais le retour fut encore + fameux a chaque fois, un reel plaisir de retrouver ses racines, la maison, les parents, les amis, le quotidien et les repères (la mer surtout, ma mediterranée). Peut-etre que ces voyages n'etaient pas les bons, la bonne destination, mais pourtant j'ai adoré le moment du départ autant que celui du retour. Evidemment je l'ai fait sans enfant, jeune et c'etait plus facile. Aujourd'hui je dis tj aux jeunes qui m'entourent "partez, allez vivre ailleurs, voyagez leger maintenant" je sais il n'est jamais trop tard mais j'ai bcp d'admiration pour Laurence qui est partie avec 4 enfants! ça me parait tellmt insurmontable pour moi de partir avec 2. Bref partir longtemps, definitivement, ou seulement un temps c'est magique sauf si c'est pour fuir je crois. Car j'ai vu des amies partir pour "se sauver" de qlq chose et regretter amerement par la suite. J'ai adoré le commentaire de MthP.
Rédigé par: caro(rocarossi) | 4 fév 2007 21:45:39
Petite réponse à caro...
N'aie surtout aucune admiration! L'expatriation à HK avec 4 petits est bc plus facile à vivre que la vie parisienne (cadre de vie idyllique, la boîte t'aide énormément pour tout ce qui est installation et administratif, mais surtout présence à la maison d'une super "maid" philippine qui prend en charge toutes les tâches ménagères...).
C'est le retour qui est éprouvant : là l'employeur de mon homme a considéré que nous n'avions pas besoin d'aide et il a fallu pédaler dans la choucroute : trouver des écoles en catastrophe (pas de cantine évidemment puisque je ne travaillais pas), un endroit provisoire où se poser, vivre sans meubles puis dans des cartons non déballés pendant 8 mois avant de trouver où vivre.
Rédigé par: Laurence matricielle | 5 fév 2007 09:28:50
Bonjour, je suis époustouflée en lisant vos messages sur le fait de partir...Je suis née dans le Var et j'ai vécu pendant 20 ans dans la maison familiale.
Quand j'ai eu mon BAC j'ai dû partir à Nice pour faire mes études, j'ai vécu 3 ans en cité Universitaire , une chambre 3mètres sur 2, un lit, un bureau, une chaise, une penderie, un petit lavabo. Je ne rentrai pas souvent à la maison, pas de quoi me payer le trajet toutes les semaines...La 4ème année je n'ai plus eu droit à la chambre, plus de bourse, j'ai dû trouver à me loger, grâce au CROUS, j'ai trouvé un studio, continuer à travailler à côté pour pouvoir payer le loyer, manger, acheter les livres ...
A 23 ans j'ai rencontré mon chéri d'aujourd'hui et j'ai déménagé dans son appartement ...
J'ai 34 ans , je suis toujours avec lui , dans ce même appartement...
J'aimerai juste que l'on trouve une maison à nous , un petit bout de jardin, pour vivre tout simplement sans prétention et avoir un peu plus d'espace à nous ...
Rédigé par: Gala | 5 fév 2007 10:17:34
bah oui, riches les échanges sur les départs.. je retiens ce que tu dis, Laurence, que partir ne résouds certainement pas les problèmes que l'on retrouve, intacts, au retour.. mon courage, fuyons, ce sera pour un peu plus tard !
Rédigé par: Christie | 5 fév 2007 10:50:34
pour envisager de quitter le nid il faut en avoir un... alors pour l'instant je construit, sur place. mais j'espère que le moment venu j'aurai le courage de partir parceque si deux pièces sont suffisantes pour une histoire d'amour, c'est difficile d'envisager une famille. Mon grand départ ce sera peutêtre la banlieu !
Rédigé par: alice | 5 fév 2007 11:29:28
C'est fou comment "partir" n'a pas le meme sens et la meme résonnance pour tous! je suis partie pour les études puis mon homme à 300km de ma ville natale ce n'est pourtant pas loin et pourtant je rêve de pouvoir retourner vivre là bas! Je suis incapable de rester loin de "chez moi" car c'est là bas chez moi.... j'ai toujours eu un soucis pour partir, meme petite j'étais incapable de partir de chez mes parents plus de 48h! partir c'est pour moi se séparer et donc une déchirure, et partir est ce obligatoirement revenir? je n'ai pas une ame d'aventurière, j'aime mes racines y rester collée peut aussi pour en avoir fait l'expérience est ce pas peur de ne pas passer assez de temps à mon gout avec mes parents, mon frère et la soeur, mes neveux.... j'ai vécu des deuils inattendus et j'ai pour philosophie de vie de profiter de ma famille le plus possible de passer le plus de moments possibles avec eux et de ne cesser de leur dire que je les aime! mieux vaut trop que pas assez on a moins de culpabilité s'il arrive malheur..... si je suis loin ce n'est pas la meme chose.......
Rédigé par: cath | 5 fév 2007 12:52:21
Moi, c'est ma famille qui s'en va! Mon frère est déjà parti il y a 9 ans et maintenant, c'est ma soeur adorée qui prépare son départ...
Je l'envie, je lui en veux, j'ai peur qu'elle me manque trop...
Elle me dit qu'on se verra moins mais que ce sera plus intense; que quand on se retrouvera, on sera totalement disponibles l'une à l'autre et pas, comme aujourd'hui, entre deux portes, pressées et distraites par un tas de choses...
C'est vrai mais ce ne sera que quelques jours, 2 fois par ans, peut-être moins. Et puis,j'ai du mal à accepter l'idée que ma soeur si proche devienne une "étrangère": avec un autre accent, d'autres repères, un autre "quotidien" (pas les mêmes noms dans les journaux, d'autres infos à la radio, d'autres émissions de télé, d'autres vitrines, ...), ...
Moi aussi, j'ai aussi toujours eu le fantasme de partir (c'est de famille!). Je n'aime pas l'idée d'être celle qui reste...
Rédigé par: lili | 5 fév 2007 13:46:29
Moi, c'est ma famille qui s'en va! Mon frère est déjà parti il y a 9 ans et maintenant, c'est ma soeur adorée qui prépare son départ...
Je l'envie, je lui en veux, j'ai peur qu'elle me manque trop...
Elle me dit qu'on se verra moins mais que ce sera plus intense; que quand on se retrouvera, on sera totalement disponibles l'une à l'autre et pas, comme aujourd'hui, entre deux portes, pressées et distraites par un tas de choses...
C'est vrai mais ce ne sera que quelques jours, 2 fois par ans, peut-être moins. Et puis,j'ai du mal à accepter l'idée que ma soeur si proche devienne une "étrangère": avec un autre accent, d'autres repères, un autre "quotidien" (pas les mêmes noms dans les journaux, d'autres infos à la radio, d'autres émissions de télé, d'autres vitrines, ...), ...
Moi aussi, j'ai aussi toujours eu le fantasme de partir (c'est de famille!). Je n'aime pas l'idée d'être celle qui reste...
Rédigé par: lili | 5 fév 2007 13:46:47
oh non, celle qui reste quand tout le monde part, à la fin, zut de zut..
Rédigé par: Christie | 5 fév 2007 17:36:59
Comme toutes celles et ceux qui sont partis, je constate deux choses: partir est plus facile que revenir; et quand on part pour fuir quelque chose, on s'aperçoit une fois installé dans son nouveau nid que ce "quelque chose" a voyagé avec nous, caché quelque part dans nos valises ...
Ce que j'aime dans ma vie d'expatriée: la possibilité d'être autre chose que juste moi (me réinventer, comme dit Dany), et le bonheur de revenir chez moi, en France, dans ma famille.
Parfois, Paris me manque, me manque terriblement, me manque au point de m'amener au bord des larmes, comme me manquerait une personne que je connais depuis toujours. Et revenir à Paris, me retrouver entre "mes murs", sentir l'odeur des feuilles et de la poussière parisienne ... Bliss.
Rédigé par: Lola | 5 fév 2007 20:43:05