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mardi 19 décembre 2006

la vie en pièces détachées

Chrysantme

Il y a des mois où la vie se barre en pièces détachées

une ampoule grise au bout du fil, la pièce toute sombre
un bouton qui manque, la jupe immettable
l'embout perdu de la pompe, plus moyen de gonfler mon vélo
la télécommande cassée du DVD
le couvercle du bol du robot, plus de soupes
le bras du doudou qui ne tient qu'à deux fils
et le vent a renversé le calamondin sur le balcon

On a laissé filer

Et puis, un jour, notre vie en pièces détachées on décide qu'on y tient
on décide de recoller les morceaux
ça demande du courage
c'est pas funky
ça prend du temps

Et on est heureux, malgré tout, de s'aggriper à quelque chose, et de prendre soin du petit monde qu'on a créé.

décembre 19, 2006 dans Deseo | Permalink | Commentaires (20) | TrackBack (0)

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Commentaires

Effectivement, tu n'as pas l'air d'humeur très funky ces derniers temps.
Peut-être est-il temps que l'année se termine. (Ce qui est bien, c'est qu'on a souvent le bon gout de les achever dans les ambiances festives, c’est plus cathartique.)
Après : résolutions, nouveau départ, tout ça...

Rédigé par: aymeric | 19 déc 2006 15:49:07

je ne suis pas pressée que l'année se termine
mais j'ai retrouvé l'énergie de reprendre les choses en main (certaines choses)

Rédigé par: Christie | 19 déc 2006 15:55:55

Bonjour Christie
J attendais un beau sapin et tu nous mets des Chrysanthèmes
C est pas ambiance Noel tout ça
L autre jour on avait en pleine figure la morte de la série "ché pas quoi"
Bref, ça me met le bourdon tes billets
Bien sur, je respecte ton humeur du moment et ta pudeur (c est d actualité)
mais je crois que je viendrai un peu moins te rendre visite
Je préfère tellement les bouilles de tes petites filles à Dinard ou ailleurs
Christie, tu as construit une famille formidable qui s agrandira peut etre encore
Ne pas oublier de regarder le verre à moitié plein
Moi, pour Le 25 déc, je vais me retrouver avec mon mari et mes 2 grands garçons
Tous les quatre, simplement !
Et alors ! apprécions les bonheurs simples ....
Je t envoie des pensées positives et te souhaite de joyeuses fetes

Rédigé par: Marie-jo de Grenoble | 19 déc 2006 16:03:52

à vrai dire, mes filles ne se brouillent pas souvent.. ben vous êtes libre Marie-Jo, libre d'aller et venir, libre de dire, libre de taire.. et moi aussi ! gros bisous

Rédigé par: Christie | 19 déc 2006 16:06:42

ah pardon, c'étaient les bouilles, pas les brouilles..

Rédigé par: Christie | 19 déc 2006 16:09:20

Les bouilles, les bonnes bouilles, les minois, les trombines
Elles sont trop mignonnes
et tu as bien raison
Chacun est libre

Rédigé par: Marie-jo de Grenoble | 19 déc 2006 16:10:14

Pour moi, j'angoisse quand je vois :
- toutes les tringles à rideau qui foutent le camp
- le carreau cassé dans la chambre de mon fils et rafistolé avec un bout de plastique qui claque au vent
- la moisissure qui gagne sur les fenêtres parce qu'il fait froid dans les chambres (les radiateurs ne fonctionnent pas depuis 3 ans) et que la condensation ne peut sécher
- la pile de linge non reprisé qui s'ammoncelle - et que je préfère racheter

Et j'oscille entre un détachement nécessaire (il y a des choses plus urgentes, plus importantes) et la sensation que c'est par ces petites choses là que je reprends ma vie en mains ; elles prennent alors un caractère symbolique et permettent d'avoir la sensation d'une maîtrise sur la chose...
mais cette reprise en main n'est elle pas illusoire? Est-il nécessaire que tout cela soit en ordre pour que le reste puisse exister? Ma force n'est-elle pas justement de pouvoir me passer de cette satisfaction d'avoir coché toutes ces cases?
Et voilà une bonne raison de rester dans la confusion et le bordel!

Rédigé par: laurence, la matrice | 19 déc 2006 16:14:18

ah ça c'est super énervant le coup du couvercle ! j'ai toujours du mal avec les appareils en plusieurs pièces... même les chaussettes ont du mal à rester deux par deux...

en parlant de bouton défait monalisa-le-chat s'est attaquée à un petit fil qui dépassé de l'ourlet de mon pantalon préféré. J'ai mis un temps fou à trouver l'énergie pour le faire recoudre, mais au bout de toutes ces semaines je suis bien contente de l'avoir retrouvé !

Rédigé par: alice | 19 déc 2006 16:16:31

wahou, tu vois loin !

bah moi la seule question que je me pose c'est : pour un fois, serai-je capable de sortir du discours, des bonnes résolutions, du funky, et faire ce que j'ai décidé ?..

Rédigé par: Christie | 19 déc 2006 16:16:41

Oui c'est vrai, parfois la vie se délite, se désagrège, part en petits morceaux. Un jour, on a l'impression d'avoir abandonné trop de terrain. Alors, il faut reconquérir, faire le chemin en sens inverse, remettre les choses en ordre.
Je pense aussi que j'aurais dû m'accrocher, ne pas laisser faire.

Rédigé par: Rebert | 19 déc 2006 19:18:45

J'aime beaucoup ce billet. C'est très bien vu, il y a des moments où la vie tient à ces petites choses et où on a l'impression qu'elle fout le camp avec. Moi, pour moi, je vise un certain détachement, ne pas se laisser tyranniser par le matériel. Accepter les fissures dans la vie. Et de temps en temps, reconquérir comme le dit Rebert, quand il reste de l'énergie après avoir desservi les choses importantes.

Rédigé par: Mecha | 19 déc 2006 19:33:55

l'approche de Noël fout souvent le bourdon.
Ta note est explicitement simple (je sais même pas si ça se dit, je tente!).
Tu as bien raison de donner de l'importance à ces petits riens qui composent nos vies. Essentiellement rien?

Curieusement, ta photo est prise dans un cimetière il semble.
Lorsque je me rend dans ce genre de lieu, j'en ressors toujours plus légère et plus sereine. Vivante quoi... Etrange non?

Rédigé par: camaienne | 19 déc 2006 20:33:04

Dans une précédente et récente note, tu demandais Christie, quelles étaient nos listes...
Et en lisant la note d'aujourd'hui, j'ai réalisé que la liste qui comptait le plus pour moi ces derniers temps, c'était une liste avec toutes les petites merdouilles à régler, liste à laquelle je n'arrivais pas à donner de nom!
Et quand, après lui avoir réglé son compte, je biffe une petite merdouille sur ma liste, ça me fait un de ces biens!...

Rédigé par: Sophie (the old) | 19 déc 2006 21:04:55

Lecture curviligne.
Dans la photo, il y a la vie qui s'en va en pièces détachées, un bout de tombe aux pierres fatiguées, des fleurs renversées, faux soleils d'un monde mort, il y a surtout la vie qui vient : deux petits pieds roses en haut à droite, à l'extrémité précise d'une ligne de force qui part au milieu à gauche dans la pierre, suit le bord droit de la tombe et remonte le long de la tige inclinée de la plante.
Lecture rectiligne.
Les lignes droites de cette image (chemin, bord droit et bord avant de la pierre) dessinent une lettre Z (à l'oblique inversée), cicatrice implacable déchirant la vie en pièces détachées. Vient le désordre de la vie qui se construit, et transforme l'image en .z. : la boule jaune des fleurs à gauche, la tache rose à droite...
Bravo et pour votre image et pour votre texte si étroitement liés l'un à l'autre.

Rédigé par: Un-lecteur-silencieux | 19 déc 2006 22:15:01

Lecteur silencieux. L'auteur de la photo est touché. Pour être franc, les pieds roses, qui viennt apporter cette touche de chaos, d'innatendu, ou bien cette issue à la photo qui sans ça aurait été implacable et trop fermée, n'avaient évidemment pas été prévus.

Et oui, il y a des miracles : ils sont venus se poser dans la ligne des fleurs. Comme une issue heureuse, possible, à cette scène sinon si dure.

Rédigé par: versac | 20 déc 2006 00:02:00

Merci so much, monsieur le lecteur silencieux, for your lecture lumineuse de cette photo...Ah!...apprendre à regarder...

Rédigé par: Sophie (the old) | 20 déc 2006 09:47:52

Et merci à monsieur versac, le photographe!...

Rédigé par: Sophie (the old) | 20 déc 2006 09:50:47

c'est un très beau texte, Bravo.

Rédigé par: Philippe | 21 déc 2006 17:58:19

Oui, cet aspect fragmenté de la vie apparait parfois et laisse le sentiment d'un flottement loin des rives. J'ai compris, il n'y a pas si longtemps, que la rive c'était l'autre, qu'un regard attentif aux autres pouvait suffire à reconstituer une unité, un sens, une fantaisie, une question, un désir. Ce regard attentif, je ne l'ai pas acquis très jeune, plutôt avec la force de l'âge. Avant ce regard était possible mais je n'en avait pas vraiment envie, ou plutôt je craignais d'en avoir besoin, trop préoccupé à chercher une place, une identité, une très étrange envie de stabilité. Oui, la rive c'est l'autre et c'est très agréable.

Rédigé par: petit jardin | 22 déc 2006 02:38:02

écoute, je n'en suis pas à ce stade : toute ma vie j'ai cherché à m'arrimer à quelqu'un, et aujourd'hui l'urgence me semble d'arriver à tenir sur mes deux jambes.. même si je le fais, aussi, pour l'autre..

Rédigé par: Christie | 22 déc 2006 08:55:55

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