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mercredi 15 novembre 2006

l'esquive

Esquive_2Il n'est pas rare que les gens s'esquivent

On leur pose une question qui ne les arrange pas, eh bien, ils ne répondent pas, tout bêtement ; ploups, un trou noir de silence (les garçons sont encore plus forts à ce jeu)

Je trouve ça dommage, parfois cela aurait été intéressant de comprendre

Et moi je suis comme le petit prince, quand j'ai décidé de savoir quelque chose, je repose ma question plusieurs fois (gentiment, hein)

En général j'ai ma réponse

Et parfois, je romps le fil...

[Il y avait cet ami qui me posait toujours la question qui fait mal, et je lui en ai gardé une dent

Il y avait cette amie qui mettait toujours le doigt sur le truc important et gênant, et je n'aimais pas répondre, mais je répondais quand même, et je lui sais gré des réponses que j'ai trouvé grâce à elle

La différence, je crois, c'est l'intention ; l'ami voulait me mettre mal à l'aise, l'amie voulait m'aider, sincèrement - et les deux à chaque fois atteignaient leur but !]

novembre 15, 2006 dans Blablas | Permalink | Commentaires (22) | TrackBack (0)

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Commentaires

comme tu dis, la différence est dans l'intention... J'espère qu'on fait le moins de mal quand on est sincère, au moins.

Rédigé par: cali rezo | 15 nov 2006 21:19:31

Ce billet m'a (beaucoup) touchée...Sans doute parce qu'il me renvoie à plein de petits moments vécus, avec comme une petite douleur au ventre.
Quand je pose des questions aux gens, c'est toujours par envie de les comprendre, ces gens.Et elles ne sont pas toujours dérangeantes.Mais quand la personne ne répond pas (qu'elle botte en touche, pour employer un vocabulaire très rugbystique), ça me glace et je n'ai pas toujours le ressort nécessaire pour faire comme toi, Christie, reposer posément la question jusqu'à la réponse.La peur de me faire envoyer à 10m (toujours en langage rugbystique)...Et je le regrette.
Mais j'adore qu'on m'en pose, qu'elles soient dérangeantes ou non, pour, comme tu le dis, la joie des réponses que ça permet de trouver.

Rédigé par: Sophie (the old) | 16 nov 2006 08:55:13

ah mais, ce que je fais c'est que je les repose plus tard.. parfois, longtemps après.. et d'une autre manière.. mais je n'ai pas toujours mes réponses

et moi, on m'envoie rarement balader : c'est bien pire, je me heurte à des murs de silence

Rédigé par: Christie, tenace douce | 16 nov 2006 09:01:32

J'ai tellement peur de mettre les gens mal à l'aise que je choisis de ne pas poser la question...au risque d'être prise pour quelqu'un d'indifférent, ou de hautain, par ceux qui me connaissent (très) mal !

Rédigé par: swahili | 16 nov 2006 09:24:54

ah ben oui, ça arrive aussi, et puis il y a les habitudes que l'on prend avec chaque personne, de poser des questions ou de se retenir toujours, parce que l'on sent que TOUT pourrait blesser, que le terrain est miné..

et puis il y a les gaffes horribles, "quel métier fait ton père ?" "il est mort quand j'avais 15 ans", hmm.. que répondre à ça..

et puis il y a les questions qui sauvent, "vous êtes contente dans votre job ?" et à ce moment-là, la nana te vide tout son sac, et tu sens que ça lui fait du bien, parce que personne n'avait pensé à la lui poser, cette question..

Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 09:27:46

oui, l'intention, c'est ça. C'est une amie de zom qui trouve toujours ce qui dérange et qui pose et repose sa question. Fort. En public. Je crois qu'elle se venge de la dureté de la vie. Si elle était plus douce, la vie le serait peut-être plus avec elle ?

Rédigé par: LOutre | 16 nov 2006 10:33:51

J'ai le même souci que ton premier avec une amie: elle revient toujours sur la question de ma nounou qui me fait du chantage financier pour me garder mon fils en péri-scolaire l'an prochain (elle veut que je continue à lui payer le matin alors qu'elle ne le gardera plus à ce moment-là car il sera à l'école). C'est un sujet qui me perturbe pas mal, comme tous ceux liés à nos enfants mais qui m'angoisse aussi pour des raisons personnelles plus particulières, et que j'ai décidé de mettre en veilleuse jusqu'à ce qu'il soit raisonnablement temps de trouver une autre nounou pour septembre prochain (ou de convaincre ma nounou de procéder différemment...). Et cette amie revient régulièrement dessus....
Je lui ai demandé récemment d'arrêter, et elle l'a quand même reglissé dans la conversation lors d'un apéro ce we. J'ai renouvellé ma requête hier, elle s'est excusée.
Bref, tout cela pour dire que dans le cas de mon amie, je crois que cette question fait écho à quelque chose qui ne doit pas être solide chez elle. En l'occurence elle a, elle, une solution de nounou cette année pour les a-midi de son fils qui est à l'école le matin. Peut-être se demande-t-elle aussi comment se passera l'année prochaine ? Peut-être a-t-elle peur que sa nounou tourne comme la mienne (elles sont copines)...

Bref, ré-aborder toujours le même sujet (douloureux) avec moi doit être une façon pour elle d'exprimer une angoisse personnelle je pense, même si elle n'en dit rien.. Toujours est-il que j'ai appris maintenant à ne plus recevoir l'angoisse des autres (encore que j'aie toujours bien du mal à repousser toutes celles que veut me refiler ma propre mère...) et que je refuse ses "rappels"... on va voir cette fois si elle aura entendu ma requête.

Rédigé par: Anne-So | 16 nov 2006 11:15:35

houps, en lisant ton petit mot, je me dis que je dois être une vraie tête à claques, parfois, pour mes copines.. que de sujets douloureux, épineux.. et moi, je ne dis pas forcément les trucs, mais ce que je pense se voit sur mon nez !

Mais tu as raison de lui dire, et redire, gentiment mais de le faire : "Arrête". Elle finira par t'entendre.

Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 11:23:12

J'ai esquivé un sujet douloureux qui revenait souvent dans mes conversations avec une amie en lui mentant. deux mois de mensonge... j'ai honte. j'ai menti parce que je sentais que ce sujet nous séparait, mais ce mensonge est pire.

Rédigé par: marie, la menteuse | 16 nov 2006 11:35:11

ah ? parfois on n'a pas trop le choix en même temps, que de mentir..

Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 11:36:28

c'est plus simple de mentir. On redevient celle que les autres voudraient voir. mais en réalité, on s'éloigne d'eux, on referme une porte en les excluant d'une partie de notre vie. je n'ai pas su lui dire assez fort "arrête". et aujourd'hui je regrette d'avoir lâchement esquivé.

Rédigé par: marie, la menteuse | 16 nov 2006 11:59:23

ah c'est marrant, moi je trouve toujours ça plus compliqué de mentir.. la culpabilité, se recouper, etc. Bref je ne le fais que dans des situations extrêmes !

Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 12:11:54

et il y a aussi le problème d'"amis" qui posent inlassablement les mêmes questions, abordent les mêmes sujets sans entendre les réponses car celles-ci ne sont pas celles qu'ils veulent entendre... parce qu'ils ont décidé pour vous une ligne de conduite peu importe votre avis.

Rédigé par: sarah | 16 nov 2006 12:16:31

je crois que vous avez raison, la culpabilité c'est terrible. alors ce WE, je lui dit la vérité. Votre billet et ses commentaires m'ont fait prendre conscience que si l'intention est bonne, on peut répondre à la question ... ou tout simplement dire qu'on ne veut pas en parler pour le moment.

Rédigé par: marie, la menteuse | 16 nov 2006 12:22:03

ce qui est terrible, c'est l'appréhension du moment où on dit les choses.. on se demande, mais comment va-t-elle réagir ?

et alors, même si l'autre nous explose au visage, cette explosion est moins pire que l'attente.. la peur.. vous ne trouvez pas ?

Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 12:25:45

Le moment le plus dur, c'est les secondes juste avant d'avouer. c'est là où la tension est la plus forte pour moi: Attendre le bon moment au cours du diner, se dire "maintenant" et commencer "j'ai quelque chose à t'avouer...". le coeur qui bat la chamade, la boule dans l'estomac, impossible de regarder la personne dans les yeux... et tout dire. tout.

Maintent, je suis plutôt soulagée d'avoir pris cette décision.

bizarrement, je ne me suis pas demandée quelle serait sa réaction. Elle va être déçue, c'est sûr. mais elle ne va pas exploser. Je crois que nous allons en discuter.

Rédigé par: marie, la menteuse | 16 nov 2006 12:43:33

Marie, c'est déjà chouette de penser que ton amie saura discuter avec toi.
Pour mon amie, Christie, tu as raison, la meilleure chose c'est dire ce que l'on ressent, gentiment. Cela demande, et de l'amitié, et aussi de la confiance, et je suis contente d'y arriver avec cette amie-là, et de ma part, c'est un grand progrès.
Oser avouer à ceux qu'on aime ce que l'on ressent, ce que l'on est finalement, ça demande pas mal de matûrité et de confiance en soi, je trouve.
De mon côté, j'ai ce travail-là à faire aussi avec mes parents, ce qui est terrible je vous l'assure. Mais cela fait trop longtemps qu'ils ne m'écoutent plus, et que je n'ose plus leur dire ce que je ressens, ce que je suis, de peur de les décevoir, de peur surtout de leur réaction. Rien de terrible comme révélation pourtant, juste de la fragilité que je cache et l'évidence qui s'est imposée à moi qu'ils me demandent trop.
Je pense que c'est dur, en tant que parents, de maintenir un climat d'écoute et de confiance, de ne pas fermer la porte sur certains sujets, et, plus crucial encore, de ne pas créer de "secrets de famille", comme ceux avec lesquels je suis aux prises en ce moment... (un révélé, mais peut-être encore un autre, dont je n'imagine même pas ce qu'il renferme, ce qui est pire encore...)..
.. Ouh là, chez toi, Christie, on fait presque de l'auto-psy ! :o)

Rédigé par: Anne-So | 16 nov 2006 13:31:35

tu sais Anne-So, moi ma psy m'a aidée à parler à mes parents.. c'est fou.. il y a certains sujets tellement durs, comme tu dis (les parents notamment) que l'auto-psy ne suffit pas, je pense

et aujourd'hui on se dit les choses beaucoup plus franchement, calmement

"tu es déçu que je n'ai pas fait les mêmes choix de vie que toi"
"j'en ai marre de tout faire pour toi, et que toi tu n'ailles jamais dans mon sens"
"tu me dis des choses, parfois, si tu t'entendais !"
"pardon, j'ai été nulle sur ce coup là, je vais faire un effort"

on se parle sans esquive justement, et sans violence, de choses pourtant dures à entendre

c'est inestimable la sérénité et le temps qu'elle m'a permis de gagner, ma psy

Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 13:36:06

Ce n'est pas facile. Moi, je ne pose jamais de question (ou pas souvent). Peur de blesser ou d'être indiscrète ou timidité surtout.

Et parfois, je me dis que les autres doivent penser qu'en fait je m'en fous.

Quelle est la bonne distance?

(je me pose la question pour l'instant avec une amie qui vit quelque chose de très difficile = elle a perdu un bébé, un jumeau, l'autre est là et c'est un beau bébé mais je sais qu'elle souffre de celui qui est mort à la naissance. Je voudrais lui en parler si elle en a besoin mais comment savoir si elle en a envie, si ça lui ferais du bien, là au moment où je la vois? Je ne voudrais pas non plus qu'elle croie que j'évite la question: je ne suis pas lâche et puis, je comprends sa souffrance et je la partage puisque c'est mon amie...)

Rédigé par: lili | 17 nov 2006 14:30:09

tu pourrais lui écrire, déjà ?
par écrit, on est parfois moins intrusif.. y'a pas le regard de l'autre, là, en face.. et puis, elle a le temps de ruminer sa réponse (ou sa non réponse..)

Rédigé par: Christie | 17 nov 2006 14:43:04

une amie - la seule - m'a carrément un jour posé la question fatidique sur mon infertilité, elle voulait savoir comment je la vivais, face aux autres femmes. ça m'a libérée, ça m'a émue qu'elle prenne ce risque, ça m'a montré qu'elle était préoccupée de cette question à mon sujet. parfois, l'amitié exige de prendre des risques... ceux de la franchise. poser simplement la question, c'est finalement la voie la plus simple.

Rédigé par: maya | 17 nov 2006 16:09:17

oui.
Parole de qui ne sait pas le faire et ne le fait guère, mais a trouvé hier à demander "ça va ?" à un moment où ça avait un sens.
A part ça, merci et bravo de rappeler ce film qui est un bijou, une merveille.

Rédigé par: FrédéricLN, l'esquive | 20 nov 2006 20:30:42

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