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Chaque journée apporte son lot de morts minuscules
un déjeuner que l'on attendait avec joie, et qui s'annule
un objet perdu, et auquel on tenait, et que l'on cherche en vain
une amitié naissante, qu'on n'approfondira pas
un ami qui s'en va
une opportunité de travailler qui finalement n'aura pas lieu
un plaisir qu'on se refuse
un amour auquel on renonce
et bien sûr, il y a tous les deuils qu'on inflige...
Je me demande si cette succession de désertions nous prépare aux plus grandes ?
[On entre plus facilement dans une relation si l'on a l'assurance qu'on pourra aller et venir à sa guise ; si l'on sait que l'autre ne nous retiendra pas malgré nous
Je m'émerveillais autrefois de ma capacité à nouer ces liens forts et légers, dans le train par exemple, ces discussions profondes tout du long avec mon voisin ou ma voisine ; lorsque j'en avais assez, lorsque j'avais besoin de retourner en moi-même, je savais prendre un beau sourire, et dire "Excusez-moi, le rythme du train m'endort, je vais faire un petit somme.." et l'autre comprenait je crois..
Je ne sais plus le faire, aujourd'hui.. Ou peut-être que si.. (il m'arrive d'aller me coucher au milieu d'un dîner, chez moi ou quand nous sommes invités, puis de réapparaître une heure après, toute fraiche)
Mais surtout, surtout, il me semble que j'enchaîne parfois ceux que j'aime (ou tente de le faire)
Je ne sais pas assez dire "ce n'est pas grave"
Faire ma plume de canard
Laisser glisser, laisser partir, laisser revenir... sans poser des mots, ni demander des explications, forcément..]
novembre 16, 2006 dans Inventaires | Permalink | Commentaires (26) | TrackBack (0)
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Ouh là...
Encore envie de te rouler en boule aujourd'hui ?
Sans vouloir en rajouter, j'ai bien peur que les petits deuils ne préparent pas à quoi que ce soit.
Rédigé par: aymeric (pas en boule mais en équerre) | 16 nov 2006 08:59:00
nan nan, ça va mieux ! juste la résonnance d'hier (écrit ce texte hier dans ma tête, à vélo, mais comme j'ai déjà posté 3 notes, je l'ai gardé au chaud pour aujourd'hui)
la queue de la comète..
Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 09:03:04
Ca commence dès le plus jeune âge, la frustration du sein de le mère, des pochettes surprises à la caisse du supermarché, des amours ados déçues...
Moi, ça me rassure de penser que tout cela n'est pas inutile...
Rédigé par: swahili | 16 nov 2006 09:22:37
et les bagues de la tirette, j'en ai jamais eu...
Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 09:24:35
Et chaque jour de "petites naissances"..c'est cela qui nous fait sentir vivant..
Rédigé par: helene | 16 nov 2006 10:13:49
Hello Christie, il paraît que chaque jour suffit sa peine ??? Mais parfois aux détours d'un parcours sinueux et sans fin, on rencontre des personnes qui nous apportent un souffle de vie ...
Rédigé par: Gala | 16 nov 2006 10:20:44
surtout, ce qui s'en va laisse de la place à ce qui vient.. ou à ce qui est plus important..
Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 10:33:21
"ce qui s'en va laisse la place à ce qui vient... ou à ce qui est plus important".
Je relie volontiers cette phrase à ton billet sur la fin d'un amour.
En plein dedans, en phase de "cicatrisation" (si tant est qu'on cicatrise, je pense finalement que l'on garde une trace indélébile mais dont la souffrance se tait petit à petit pour devenir une force), en phase "montagnes russes", je repense aux épisodes précédents de séparation, et je me surprends et m'étonne de notre capacité à se dire, alors même qu'on ne voudrait pas que cela finisse et que l'on a mal : je l'ai déjà fait, je suis reparti de plus belle, et ce qui est venu après était tout aussi important.
lecteur assidu de ton blog ... commentateur (très) discret.
Merci
Rédigé par: sylvain | 16 nov 2006 11:09:59
merci à toi.. oui, forcément les notes se répondent, se poursuivent, dialogue à l'intérieur de moi-même, et avec vous, route sinueuse ou rectiligne, ou escarpée, en fonction des jours..
Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 11:24:30
Coucou christie,
C'était les mots qui m'habitaient ce matin - petits deuils - alors que j'étais entrain de renoncer à mes TD de cette semaine, la crèche m'ayant appelé pour aller chercher mon petit bonhomme couvert d'impétigo... Et pourtant ces cours représentent quelque chose pour moi, le début d'un nouveau chemin, le fait de ne pas renoncer à moi-même. Difficile de lâcher prise quand je sens qu'il y a quelque chose de vital pour moi...
Pardon d'être aussi discrète ces derniers temps. Pourtant je continue à te lire avec toujours autant d'émotion...
Rédigé par: laurence, la matrice en mutation | 16 nov 2006 12:49:48
ah c'est dur ça.. ben oui, je me disais bien que tu venais moins écrire.. tu as moins de temps, moins envie ?
Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 12:57:03
T'as vu j'ai changé mon pseudo. Pas joli joli mais parlant.
Ouai, j'ai plus un gramme de temps et j'ai peut-être été un peu ambitieuse à vouloir tout vivre (étudiante et mère de famille nombreuse). En plus j'arrive directement en licence alors je suis complètement submergée. Je crois qu'il faut que je revois un peu le tir... pourtant je sens que je fais le bon choix.
Donc moins le temps... peut-être aussi moins l'envie de m'exposer en écrivant car tout se bouscule un peu en ce moment. Et je ne sais pas écrire légèrement...
Rédigé par: laurence, la matrice en mutation | 16 nov 2006 13:28:10
je suis comme Laurence je viens chaque jour et n'arrive plus a laisser un commentaire et pourtant tu provoques toujours la même résonnance en moi mais peut-etre trop je n'en sais rien...ou peut-etre qu'il est difficile de suivre ton rythme pour moi en ce moment (je suis un peu lente du ciboulot c dernier temps, je suis en phase hybernation ou deprime hivernale)
bref moi je n'avais jamais pensé que ces "petits deuils" representaient un apprentissage mais c peut-etre le cas, tu as ecouté Ruffo hier sur Canal (meme si le pauvre on l'a pas laissé bcp parlé!) il dit que la frustration est bénéfique.
Pour ma part j'adore aussi nouer des liens c'est + fort que moi mais comme j et el'avais dit les "petits deuils" de ces relations me font tj souffrir meme si c'est une pauvre relation
Rédigé par: caro(rocarossi) | 16 nov 2006 13:35:25
j'écris un peu trop hein ?
bah oui, j'ai plein de trucs qui bouillonnent en ce moment (z'aviez remarqué..)
Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 13:37:14
ça s'appelle apprendre à lacher prise... "glissez, mortels, n'appuyez point", disait ma chère grand-mère. ça peut aussi s'apprendre sur un divan...
Rédigé par: maya | 16 nov 2006 13:40:15
oh, c'est beau cette phrase ! quelles sages, les grand-mères.. parfois !
Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 13:42:04
Ce sont aussi ces deuils qui nourissent notre envie de vivre, de recommencer, de chercher, de mieux reprendre notre bataille. Nous ne sommes vivants qu'en mesure que nous désirons.
Je crains par contre que ces deuils-là ne préparent pas au Deuil. Maladie, souffrance physique, perte d'êtres aimés, ce sont là des événements qui mettent définitivement fin à quelque chose, qui nous blessent dans notre désir.
Rédigé par: Mecha | 16 nov 2006 13:57:23
Dany version fataliste: "if you love somebody let them go, if they come back they are yours, if they don't they never were".
Rédigé par: Dany | 16 nov 2006 14:10:10
ah ah, mais je vais me les notes toutes ces petites phrases.. je finirai par devenir sage, moi aussi !
Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 14:14:34
Moi ca me rassure ces petits deuils. Curieusement.
Comme si le fait de renoncer m'apaisait.
je réfléchis alors d'autant mieux à l'origine de mon souhait profond.
on ne maitrise pas tout. Et c'est bien.
Je me construis à travers ces deuils.
Rédigé par: incha | 16 nov 2006 21:47:13
Bonjour,
alors je vais moi aussi ajouter une petite citation, elle est d'Arthur H, en duo avec son père dans son dernier album (très beau, très fort, parce que justement c'est son père, j'adore!): "les gens qui s'aiment se séparent souvent, il faut du temps pour se retrouver". Cette chanson en guise d'illustration musicale...
Rédigé par: ChristiNe | 16 nov 2006 21:53:38
p'têt qu'il parle de son père, de lui et son père ?
en tout cas, je me la note aussi !
Rédigé par: Christie | 16 nov 2006 23:47:26
Moi, je ne m'y fais pas à tous ce spetits deuils. C'est sans doute ça qui m'empêche d'avancer...
Rédigé par: lili | 17 nov 2006 14:19:33
Mais pourquoi j'ai écris ça, moi?
je suis très "plaintive" pour le moment. Pardon...
Rédigé par: lili | 17 nov 2006 14:20:34
Oui, les petits deuils nous préparent aux grands. Et puis, un jour, les grands deuils finissent par s'estomper et sédimenter; par former des strates, des hiérarchies. Le cimetière intérieur s'agrandit mais il n'est pas forcément plus lourd à porter.
A contrario il y a aussi, chemin faisant, mille petites vies minuscules, dont l'existence nous semblait improbable, qui surgissent en silence et s'imposent comme des évidences nécessaires. Il faut sans doute que certaines choses disparaissent pour que d'autres puissent advenir.
Rédigé par: Angèle Paoli | 17 nov 2006 23:14:44