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17h45. Je me presse vers le centre de loisirs pour récupérer Chimène : tout plutôt qu'affronter son regard de petite fille perdue, la dernière sur le banc.
Dans son coeur, la différence entre une bonne mère et une abandonneuse se joue à 10 minutes. (Je prie pour que les autres mères ne se tiennent pas ce raisonnement et arrivent plus tard que moi.)
Plus tard, il y a aura les équipes de balle au prisonnier, de volley, de jeux de ballon à la con, où le capitaine est toujours l'enfant le plus populaire, celui qui court le plus vite, qui lance le mieux - j'étais toujours choisie la dernière, quand y'avait vraiment plus personne, et s'ils avaient pu me laisser sur le banc de touche...
[Ils sont encore 15 sur le banc, Chimène et ses trois copains foufous, qui me parlent tous en même temps, me racontent leur journée en m'appelant "Maman !", "Et moi, tu sais comment je m'appelle moi ?" Au moment où je me dirige vers le porte-manteaux pour mettre son ciré à Chimènou, l'animateur reprend le jeu interrompu par mon arrivé : il murmure, ou crie, "Tap tap", et les enfants doivent adopter son ton de voix pour murmurer, ou crier "Chihuaha !"
J'aurais adoré jouer.]
novembre 23, 2006 dans Carnets de l'après | Permalink | Commentaires (26) | TrackBack (0)
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Ah, la constitution des équipes pour la balle au prisonnier.... Je crois que je n'étais pas tout à fait la dernière, mais jamais très loin... Enfin, cela reste un des moments horribles de l'école (avec le moment où je restais, impuissante, en bas de ma corde, incapable de m'élever de plus d'un mètre au-dessus du sol..).
Je n'ai pas bien compris en revanche ta transition entre l'attente de ta fille et ces souvenirs d'école. Ah, si, peut-être cette attente d'être "sélectionnée" justement...
Rédigé par: Anne-So | 23 nov 2006 09:27:24
du coup j'ai rajouté un mot "banc de touche".. merci.
Rédigé par: Christie | 23 nov 2006 09:32:44
C'est fou Christie, nos états d'âme actuels (généraux ?) sont comme superposés... Qu'est-ce qui fait qu'on est l'enfant le plus populaire ou celui qui est mis de côté, dès les plus petites classes ? C'est fou comme bien des choses paraissent jouées très tôt. Je n'ai jamais été l'enfant le plus populaire, j'avais peu d'amis et je me sentais mise de côté le plus souvent. Et en réaction, je me disais, vous ne voulez pas de moi, je ne veux pas de vous. J'ai gagné en popularité jeune adulte, mais ce sentiment de mise de côté ne m'a jamais quittée.
Rédigé par: Ingrid à plume(s) | 23 nov 2006 09:33:22
Le must, quand tu vas les chercher à une fête d'anniversaire, c'est d'arriver l'avant-dernière. Si tu arrives trop tôt, tu as droit à la tête dépitée et à l'expression "oh, déjà !". Si tu arrives la dernière, le soufflé est retombé et la lassitude a gagné !
[Beurk, la balle au prisonnier, de toutes façons je me faisais avoir dès le premier coup!]
Rédigé par: swahili | 23 nov 2006 09:34:03
en même temps, les films et livres américains sont pleins de ces histoires de personnes populaires, qui tout d'un coup chutent et basculent vers leur trou noir.. encore une fois, je crois que tout est une question de conditions, de circonstances, et une personne très bien adaptée à telles conditions, se retrouve la dernière quand les conditions changent
bref sur un terrain de volley j'étais une merde, et dans ma classe de 3ème année d'HEC, une sorte de mascotte
pourquoi ?
Rédigé par: Christie | 23 nov 2006 09:37:22
Pareil, aux anniversaires, aux boums, j'étais invisible, à l'école j'étais une fille étrange (tu penses à 15 ans, s'intéresser à la photo, à la littérature, à la peinture et à la musique comme je le faisais, avec tout mon coeur, j'étais en gros décalage pour encore quelques années) et aujourd'hui, dans les salles de concert ou notre café habituel, je suis la petite poupée de mes copains, quand je ne suis pas là, tout le monde me cherche :-) et mêmes les pièces rapportées (frangins, copines, ...) de ces copains se lient à moi (mais dans les soirées, c'est pas encore ça ;-)).
C'est vrai qu'il m'est arrivé de recroiser certains des plus populaires, et bien souvent, ils n'ont rien fait de leur vie, pas d'études, pas de passion, pas de métier intéressant/stable. Il y a peut-être aussi un goût de se dépasser, de se trouver qui n'est pas le même quand on est mis de côté. Il faut se construire sa place puisque personne ne nous en donne une.
Rédigé par: Ingrid à plume(s) | 23 nov 2006 09:47:21
bah oui, ceux dont la popularité a été donnée à la naissance, n'ont pas eu besoin de réfléchir à tout cela, et peut-être que ça leur manque, aujourd'hui..
Rédigé par: Christie | 23 nov 2006 09:48:54
ce qui est marrant c'est à quel point certaines impressions demeures, j'ai tellement souffert de ne pas avoir trop d'amies que quand elles sont finalement venues je les ai chéries et gardées. Aujourd'hui certaines personnes sont surprises "tu as gardé des amis du collège ?" ça me fait penser à la bande à johanna les supers stars du primaire... peutêtre qu'elles ne sont plus copines aujourd'hui.
Rédigé par: alice | 23 nov 2006 11:26:59
ben c'est sûr ! c'est rare les gens qui gardent plein de potes du primaire..
Rédigé par: Christie | 23 nov 2006 11:36:04
Ah, les clans d'école, les merveilleuses chipies qui ont fait de mon enfance un enfer...
Avec le recul, j'en suis sortie plus indépendante, plus sûre de moi.
Mais qu'est-ce que j'en ai bavé...
Heureusement, le monde universitaire m'a sauvé, plus ouvert d'esprit, près à accepter ce que j'étais. Ouf, fin de dix-huit ans de cauchemars sociaux. Mais pas de solutions au problème.
Rédigé par: Agnès | 23 nov 2006 12:20:44
Bah si, la solution, c'est de continuer à chercher tant qu'on n'a pas trouvé là où on est bien. L'histoire du vilain petit canard : il s'en prend, des baffes, avant de retrouver les siens !
Rédigé par: Christie | 23 nov 2006 12:25:26
"en même temps, les films et livres américains sont pleins de ces histoires de personnes populaires, qui tout d'un coup chutent et basculent vers leur trou noir... "
Tu penses à Kemper Boyd ? (C'est l'exemple le plus marquant que j'ai en en tête, lecture récente d'American Tabloid oblige.)
"ceux dont la popularité a été donnée à la naissance, n'ont pas eu besoin de réfléchir à tout cela, et peut-être que ça leur manque, aujourd'hui... "
J'aime beaucoup cette idée. Elle m'allège.
Rédigé par: aymeric | 23 nov 2006 13:05:01
En fin de compte je les plains, ceux qui ont connu leur heure de gloire à l'dolescence. Ce côté reine du bal de fin d'année qui vit son apogée à dix-sept ans, je trouve ça glauquissime...
Rédigé par: Marie | 23 nov 2006 14:01:44
... surtout que les reines de la classe à dix-sept ans sont les méméres prématurément vieillies à 35. Finalement nous sommes nombreux les vilains petits canards, qui ont trouvé leur oxygène à dix-huit ans et plus. C'est que ça forge, d'en baver! Moi, j'étai stellement transparente, qu'on m'a oubliée un jour, pendant une sortie de classe... le top... ça m'a donné une sacrée niaque, après!
Rédigé par: maya | 23 nov 2006 14:17:46
Je réagis aux petits mots d'Ingrid (à plumes): moi aussi, mêmes souvenirs de "non-popularité" (ça n'allait pas jusqu'à l'impopularité, car dans ce cas, cela aurait été une sorte de reconnaissance. Non, c'était plutôt l'invisibilité, comme tu le dis), une fille trop grande pour danser les slows aux boums, l'étiquette "grosse tête" car première de classe, pas assez branchée "drague", peut-être trop raisonnable... Et puis, à partir de la 1e, ça change, les relations avec les garçons deviennent plus faciles, la confiance en soi grandit, j'arrive à me faire des amis qui partagent mes valeurs de travail, de culture, de rigolade aussi..... Et finalement, en prépa, c'est plutôt moi la fille branchée et populaire, à côté de tous ces "pougnes" binoclards qui ne sont jamais sortis en boîte ou n'ont jamais approché de fille.... Mais effectivement, reste de la timidité, une peur "de ne pas en être" comme le dit si justement Christie... Enfin, je crois qu'avec l'âge adulte vient la capacité de reconnaître et choisir les amis avec lesquels on pourra être soi.
Et c'est ce qui doit se passer aussi avec les blogs : on lit plus volontiers ceux dans lesquels on se reconnaît....
Rédigé par: Anne-So | 23 nov 2006 14:37:03
nous sommes tous des left over !
Rédigé par: Christie | 23 nov 2006 15:10:10
Une belle brochette d'anciens vilains ptits canards ;-))
Rédigé par: Ingrid à plume(s) | 23 nov 2006 15:11:49
pourquoi crois-tu que ce livre est un best seller multimondial ?
Rédigé par: Christie | 23 nov 2006 15:14:27
Il m'arrivait la même chose au sport, à l'école. Le dernier qu'il fallait choisir. Là où je jouais, l'équipe perdait toujours. Le mauvais oeil. Et les mauvaises jambes aussi, la tête ailleurs (dans les oiseaux qui passaient au-dessus du stade).
Rédigé par: Richard G. | 23 nov 2006 16:28:38
:-)
Tap Tap !
Rédigé par: LaVitaNuda | 23 nov 2006 17:31:04
Chihuaha ! ;-)
Rédigé par: Ingrid à plume(s) | 23 nov 2006 17:34:28
sans crier, sans crier les enfants.. vous n'entendez pas : j'ai murmuré...
Rédigé par: Christie | 23 nov 2006 17:36:09
En dehors du sujet (désolé pour la perturbation) : sur le calendrier en haut à droite sur mon écran, seules les dates 1, 3, 13, 15, 17, 21, 23 affichent l'existence d'un lien, alors que vous avez "posté" tous les jours. En plus ces liens pointent tous vers un autre site : http://thewinechicks.typepad.com/my_weblog/2006/11/whoa_back_this_.html. Mon PC est-il dévoré par les vers ?
Rédigé par: Un-lecteur-silencieux | 23 nov 2006 22:47:26
Zut je ne vois que 1, 3, 15, 21 et 23 ça pointe vers
http://chautauquacreek.typepad.com/chautauqua_creek_journal/2006/11/nice_run.html
Je n'avais pas remarqué car je ne me sers jamais de ça...
Rédigé par: Cath | 24 nov 2006 06:39:24
Tout est à nouveau normal à présent... Un bug temporaire peut-être ? (l'informatique me plonge toujours dans des abîmes de perplexité ;-)
Rédigé par: Cath | 24 nov 2006 13:21:48