Nous étions trois Françaises, Caro, Laure et moi, trois grandes filles en bermuda, t-shirt, petites baskets, et nous nous baladions sur l'une des collines de Valapraiso. Pas la plus riche, si mes souvenirs sont bons. Rues très escarpées bordées de maisons de parpaings colorées, recouvertes d'un toit en tôle.
Nous étions arrivées au sommet d'une colline, quand Laure poussa un grand cri : derrière nous un homme était en train de tirer sur sa banane, le petit sac avec son argent qu'elle portait autour de sa taille.
Le type n'était pas violent ; il n'avait pas l'air armé ; il tirait simplement sur la banane, et avait réussi à la détacher du dos de ma copine. Laure la tenait par un bout, lui par un autre, quand Caro et moi nous sommes mises à le frapper avec la seule arme que nous avions à la main : nos cannettes de Coca.
Au bout d'une dizaine de coups de cannettes, le type s'est arrêté de tirer sur la banane ; nous avons arrêté de le taper ; nous nous sommes regardés, de l'air de dire, "Bon, assez joué !" ; et il est reparti tranquillement de l'autre côté de la colline.
[Ce qui nous a donné la chair de poule, ne fut pas l'altercation avec cet homme. Une fois que nous avons été calmées, nous vîmes, aux fenêtres, des gens ; ils nous avaient regardé nous faire assaillir sans bouger le petit doigt.]
6 mois plus tard - j'étais rentrée en France - rebelote, dans un autre genre. Après avoir passé la soirée, dans une soirée, à danser avec un beau p'tit gars, le charme s'est rompu d'un coup d'un seul, quand nous sommes sortis prendre l'air de juin et nous sommes demandé, avec des mots "Hmm, on fait quoi ?"
Ben rien, on n'a rien fait, il est parti se coucher et moi, je suis retournée danser.
[Des centaines de témoins ont assisté à cette scène, mais bien sûr, ils ne s'en souviennent pas ! Le charme des soirées étudiantes... ]
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