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[un texte en réponse au petit mot de G.]
Je venais de terminer la lecture du Mépris, de l'italien Alberto Moravia, dont la lecture m'avait bouleversée - personne, mieux que lui jusqu'ici (ni depuis lui), ne m'a mieux parlé de l'absurde, de l'absence de raison qui préside à la fin d'un amour.
Un amour se termine, point. L'élément déclencheur n'est qu'un prétexte. Et pourtant, la partie quittée passera sa vie à chercher les raisons de ce désamour ; sa vie à chercher quelque chose qui n'existe pas - mais cet amour, c'était sa vie !
Bref. Je venais de refermer la dernière page de ce livre dont la lecture, 5 ans après, m'habite encore... Et à côté de nous, dans la vie réelle (mais parfois les livres sont plus réels que la vie du dehors, ils s'intègrent mieux à notre paysage intérieur), l'un de nos bons amis était en train de se faire larguer par sa copine. Une fille splendide, mystérieuse, à la fois tendre et un peu distante... Elle ne s'occupait plus de lui, ne s'intéressait plus à lui, ne le rejoignait plus, ne se laissait plus rejoindre.
Toute la bande, nous regardions impuissants cette belle s'éloigner, et son ami continuer comme si de rien n'était, comme s'il ne se rendait compte de rien. (Mais à la réflexion, comment faire autrement que continuer ? Peut-on, faut-il devenir un autre que soi ?)
A Noël je proposais à Nico qu'on lui offre ce livre sublime, Le mépris. Ca va pas non, ce serait trop cruel !
Moi je trouvais cruel de le regarder perdre sa femme sous les yeux de tous. Mais on lui a offert une bonne bouteille de vin.
Quelques jours après Noël, l'amie mit fin à cette relation de 6 ou 7 ans. Lui tomba des nues, puis dans un drôle de désespoir à base de sexe et d'alcool (ça m'a paru drôle, car le mien de désespoir se transforme en couette et en bains : back into Moma's womb).
Mais à la réflexion, même s'il avait vu, je ne vois pas ce qu'il aurait pu faire pour la retenir.
Les voies de l'amour sont impénétrables.
[Vol de mouettes au dessus de l'étang d'Ixelles. Chouette week-end belge, chez nos amis rencontrés cet été au Brésil. Au programme, frites et coinche, grand place et découverte de ce quartier émouvant d'Ixelles ; les enfants ont vu les pompiers à l'oeuvre, éteindre un incendie dans une maison voisine.]
"Ce que j'aime dans les voyages, c'est l'étonnement des retours", disait Stendhal]
novembre 13, 2006 dans Amigos, Pas un jour sans un livre | Permalink | Commentaires (27) | TrackBack (0)
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Moi je pense que quand on voit c'est déjà trop tard !
Rédigé par : sophie | 13 nov 2006 10:30:23
:(
Rédigé par : Monsieur Jean | 13 nov 2006 10:31:52
(ah ben ça alors, vous étiez en ville ce w-e? ça vous a plu alors, bxl? bon, sous la pluie, c'est un peu morne évidemment)
Rédigé par : houbi | 13 nov 2006 10:35:39
Non, il a fait soleil ! j'ai adoré le jazz dans les boulangeries.. la lumière rasante.. et ce quartier d'Ixelles où nous habitions.. oui, l'ambiance m'a bien plu (et les gens que nous avons croisés, adorables !)
Rédigé par : Christie | 13 nov 2006 10:38:54
(ah ben la prochaine fois, faites-nous signe, la casa houbi vous offre la chimay bleue de bienvenue au "tavernier", pas très loin; ou une "coupe tartuffo" chez capoue... merde, j'ai faim maintenant, c'est malin)
Rédigé par : houbi | 13 nov 2006 10:49:31
Cela m'aurait fait grand plaisir de vous voir, toi et ma chère Lili.. et à chaque fois que je voyage, je ne sais jamais quelles vont être "nos contraintes", celles de enfants, celles de nos hôtes, du coup je ne propose rien.. et après, je regrette..
Rédigé par : Christie | 13 nov 2006 10:59:46
les histoires qui se terminent ne me ramènent pas vers un livre (pour une fois !) mais vers une chanson. Manu de Renaud que j'ai chanté à tous mes amis quittés.
Rédigé par : alice | 13 nov 2006 11:03:20
Ah elle est belle cette chanson.. moi les chansons qui me parlent, en cas de rupture, sont plutôt celles de Brel (Mathilde est revenue, ou ne me quitte pas) et Barbara (Dis, quand reviendras-tu ?)
Je mets du temps à m'avouer "battue" (par une rupture.. par la fin du désir..)
Rédigé par : Christie | 13 nov 2006 11:05:23
Manu c'est ma façon de dire je suis là et puis... après quelques verres chanter à pleins poumons "mais tu sais vivre libre c'est souvent vire seuuuuuul, ça fait p'être mal au bide mais c'est bon pour la gueuuuuule" ça soulage !
J'ai aussi une chanson qui m'est revenue apès chaque chagrin d'amour, je me répètais "dis toi qu'il est de l'autre coté du mur dis toi surtout qu'il ne reviendra pas" et aussi "tu avais du confondre les lumières d'une étoile et d'un réverbère". C'est marrant parceque sinon je ne suis vraiment pas très fan de cabrel.
Rédigé par : alice | 13 nov 2006 11:13:56
Et quand on croit qu'il revient (l'amour) et qu'en fait, il ne fait que repasser une couche...de mépris. On ne s'en remet jamais de ça. Bref.
Rédigé par : Clea | 13 nov 2006 11:15:54
C'est marrant parce que, moi qui suis fan de Cabrel je n'ai pas envie d'écouter ce conseil "dis toi qu'il ne reviendra pas !"
c'est insupportable, pendant longtemps, cette pensée..
Rédigé par : Christie | 13 nov 2006 11:17:16
(pas grave, va. on se croisera bien un jour, de l'autre côté de la matrix, ici ou à paris (qu'on essaie d'accoster au moins une fois l'an, c'est toujours gai, paris, on n'est jamais déçu)).
Rédigé par : houbi | 13 nov 2006 11:23:13
"L'ennui" a été pendant des années mon livre de chevet. J'en avais une vieille édition, avec une couverture en papier jauni qui s'assortissait très bien avec les murs de ma chambre d'étudiante. (c'était un "livre de chevet" au propre et au figuré. J'avais aussi affiché une photo du film de Godard, avec BB dans sa baignoire)
A l'époque, j'avais adoré. Je devrais le relire, ça fait tellement longtemps...
Aujourd'hui, je n'ai plus de livre de chevet. Pourtant, j'en lis encore que j'aime. Mais peut=être n'ai je plus l'esprie assez ..."libre" pour laisser un livre me trotter dans la tête. Dommage...
(C'était peut=être une bonne idée, d'offrir le livre à ton ami. Moi, ça m'a souvent fait du bien de voir mon histoire = ou une histoire qui y ressemble= couchée sur papier. Ca permets, je trouve, de l'analyser "de l'extérieur", de pouvoir prendre de la distance. Et après, on garde ce livre près de soi, comme une cicatrice ...)
Rédigé par : lili de Bruxelles (comme les choux) | 13 nov 2006 11:48:16
Je crois que j'ai fini par le lui offrir, un peu plus tard, quand j'ai cru que son histoire avait un peu cicatrisé (mais je n'en savais rien, en fait ; personne ne parle vraiment de ses cicatrices d'amour ; c'est assez mal admis, en société, un bobo qui dure ; on a un mois pour se remettre des évènements et après, basta, faut passer à autre chose ; ce qui laisse un champ assez grand à la vie secrète)
Rédigé par : Christie | 13 nov 2006 11:52:58
merci
Rédigé par : gilda | 13 nov 2006 14:00:02
Le mépris.
j'ai lu avec effroi aussi ce livre. Sidérante relation de désir, de renoncement, de manipulation...quelle justesse.
Moravia est tout à fait fascinant aussi dans un livre qui m'a encore plus marqué : l'ennui. La reprise en film par cédric Kahn avec notre ami Berling est intéressante...
oui, peu de livres parlent bien de celà...
Peut être le Cohen. Belle du Seigneur.
merci de me permettre le doux et cruel souvenir d'une époque.
Rédigé par : prumtiersen / Immemory | 13 nov 2006 17:25:08
merci, maintenant je sais quel est le prochain livre que je vais m'acheter...
essayer de comprendre le désamour quel chalenge!!!
je me suis cent fois poser la question et on me l'as parfois poser "pourquoi à un moment on aime plus?" et je n'ai jamais su répondre...
Rédigé par : chach | 13 nov 2006 18:17:37
Je travaille pas loin... zut on aurait pu se croiser!
Rédigé par : Nathalie | 14 nov 2006 10:41:12
deux histoires (il y a longtemps !)
les deux fois, l'amour a disparu d'un coup, sans crier gare...
la première, je n'ai pas trop compris pourquoi ni comment, d'un coup, j'avais cessé d'aimer
la deuxième, d'un coup, je n'ai pas compris pourquoi ni comment j'avais pu aimer !
Rédigé par : camille | 14 nov 2006 12:38:14
Je rentre à l'instant de la Fnac (oui quel mauvais exemple !! J'aurai pu aller chez mon ptit libraire du coin...), pour acheter le livre dont tu parlais hier.
L'histoire que tu racontes autour de ce livre, m'est assez proche encore, quelques mois seulement... je me suis dit en te lisant, que ça m'aiderait à continuer mon "deuil" de cette relation ! Encore plus en ce jour anniversaire de notre "feue" rencontre...
Tu parles de cruauté de lire un tel livre en période de séparation... mais dans une rupture, entre enfer et peine du quotidien, la cruauté a peut être plus sa place que des sentiments heureux et légers ! Qui sait ?! Pas moi en tout cas :)
Je boue d'impatience de rentrer à la maison me plonger dans ce livre.
Je continue de te lire... presque tous les jours... mais cachée derrière ma timidité de laisser des commentaires ici :)
Rédigé par : Leeloolene | 14 nov 2006 15:04:05
Bien sûr un livre acheté par toi pour toi, cela peut être très confortant (déjà on se sent moins seul..) ! et là, il s'agit d'un livre que j'aurais offert à un ami, cela aurait pu être ressenti comme une intrusion..
C'est dommage que tu te caches derrière l'écran, j'aimais bien tes petits mots ! D'ailleurs j'ai pensé à toi ce matin, on m'a offert une orchidée pour mon anniv' et je vais essayer de la faire revivre, une fois que ses premières fleurs auront fâné.
Rédigé par : Christie | 14 nov 2006 16:24:29
tres beau billet... Emouvant à souhait ! et tres juste... Qui n'a pas connu ce sentiment terrible, celui de voir l'autre s'éloigner, sans pouvoir faire quoi que ce soit ! (en fait si, j'en connais qui n'ont pas connu ce sentiment...)
Rédigé par : mister pat' | 14 nov 2006 18:45:55
En fait, mister pat', le pire n'est pas de voir les autres s'éloigner, c'est de ne pas même s'en rendre compte (comme l'ami dont parle Christie, comme ça m'est arrivé aussi) et de soudain à l'occasion d'une discussion ou de retrouvailles qu'on attendait avec joie, se rendre compte qu'on est devenu et sans (vraiment) savoir pourquoi personna non grata.
En amour, c'est assez simple, il peut s'agir d'un désir qui s'est éteint, ou enflammé pour quelqu'un d'autre. Même si ça fait horriblement mal pour celui qui reste sur le carreau ça se comprend bien.
En amitié, ça laisse brisé, à se demander sans cesse ce qui a pu arriver, pourquoi l'autre vous a effacé(e) sans qu'il y ait dispute, sans rien ou avec des bribes d'explications qui toutes sont insatisfaisantes ou qui ne "collent" avec rien de ce qu'on sa(va)it de la personne aimée.
Rédigé par : gilda enfin chez elle (=pas au bureau ni dans un cyber-machin d'après la cantine) avec 5 mn | 15 nov 2006 13:34:23
Je me demande si on peux repriser un amour éfiloché...?
Rédigé par : lili | 15 nov 2006 13:49:46
Je le remarque tout à coup: je confonds toujours "l'ennui" et "le mépris" (les deux bouquins de Moravia: l'ennui, c'est la vieille couverture assortie à ma chambre et le mépris, le film de Godard). Mais bon, j'ai aimé les deux.
Rédigé par : lili | 15 nov 2006 13:54:57