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Je ne sais pas ce qui me pousse vers ces artistes ; Agnès Varda, Jacques Demy, je connais très peu d'eux, n'ai vu aucun de leurs films, et pourtant ils sont présents dans un coin de moi, comme une confraternité vers laquelle tendre.
Un homme, une femme animés du même amour du cinéma ; ce titre, Cléo de cinq à sept ; la tombe de Jacques Demy au cimetière Montparnasse, faite de calcaire blanc, ovale, un olivier planté pas loin, un banc sur lequel s'assoir... Oui j'ai l'intuition d'un grand amour, j'ai aussi l'intuition que cette femme, Agnès, sait parler comme personne de choses qui m'habitent. Le désir féminin ; l'absence ; le gâchis..
Hier soir avant de partir courir j'ai jeté un oeil sur Télérama ; ils donnaient son film, son documentaire, Quelques veuves à Noirmoutier. Je ne savais pas qu'elle en avait fait un film. J'avais eu envie de voir l'expo à la fondation Cartier, dans le quartier où elle habite depuis des années je crois, et puis vous savez ce que c'est, Nico n'avait pas été tenté, je n'ai pas eu le courage d'y aller seule.
Bref j'ai reperé ce film, et cela m'a plu, rien que le titre, la conjonction d'un lieu et d'un thème, Agnès Varda elle-même veuve ; les femmes amputées de leur moitié et la mer, le sel, le ciel immense. J'ai couru plus vite pour arriver à temps, 22h25.
Je me suis glissée dans le fauteuil, ai regardé ces femmes de tous âges, un cadre sur leurs genoux avec la photo de leur mari, parler de leur côté dans le lit, de la maison silencieuse, de la colère qu'il soit parti, de la tristesse qui ne passe pas... Et je me suis endormie dans ce fauteuil, furieuse de louper ce moment de cinéma, flemmarde d'aller me coucher, m'extirper de ce siège, ôter mes vêtements...
Et bien sûr, une fois au lit, en train de lire mes livres banals, plus moyen de dormir.
Après avoir couru à son tour, mon homme est venu se glisser contre moi, et j'ai savouré l'émouvante chaleur de son corps près du mien.
Je vais creuser cette alchimie un lieu-un thème.
[Crédit photo Agnès Varda]
octobre 17, 2006 dans Deseo | Permalink | Commentaires (13) | TrackBack (0)
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J'adore Agnès Varda, c'est une conteuse hors pair. Christie,avez-vous eu connaissance du classement que l'on peut découvrir à cette adresse:http://www.metrofrance.com/fr/article/2006/10/12/11/5714-37/index.xml. Si ce n'est pas le cas, cela va vous mettre du baume au coeur.
Rédigé par: tendreviolette | 17 oct 2006 09:40:11
tiens vous revoilà !! chouette..
après ce documentaire qui valide mon intuition, j'ai envie en effet de découvrir ses autres films.
Rédigé par: Christie | 17 oct 2006 09:41:31
Je vous ai envoyé le rêve de Fifi le 15 10 06, est-il arrivé chez vous ?
Bonne journée
Rédigé par: Fifi | 17 oct 2006 10:24:40
non..
Rédigé par: Christie | 17 oct 2006 10:25:45
pas vu le film d'hier soir... mais l'expo oui, chacun de notre côté : aymeric y est allé seul cet été, alors que j'étais déjà partie en vacances avec les enfants, et moi j'y suis allée avec Anatole il y a peu (ça lui a beaucoup plu ! à moi aussi, j'aime bien l'emmener voir ces expos d'art contemporain où il y a des installations un peu ludiques). Quant aux films de Demy, bah... aymeric est fan, il m'en a fait voir un certain nombre depuis qu'on se connait ! (et ça me plait...)
Rédigé par: camille | 17 oct 2006 11:15:02
agnès varda j'adore
"cléo de 5 à 7" trop beau (à voir Absolument!!!)
et puis çà se passe dans le 14ème (là où j'habite, ahh pi le "Daguerréotype" très rigolo et comme toujours quelle émotion)
je la croise de temps en temps
elle est belle
vraiment
Rédigé par: tsé-tsé | 17 oct 2006 11:37:44
ah la la Tsé-Tsé ça doit être très agréable de partager l'amour pour un lieu avec un artiste que tu estimes !
Rédigé par: Christie | 17 oct 2006 11:43:15
Ma fille s'appellera Cléo, c'est pour dire...
Un des plus beau portrait de femme qu'on ai jamais réalisé.
Et "les glanneurs et la glanneuse", attraper des camions sur l'autoroute.
Et "Jane B. par Agnès V."...jouer avec l'image des uns et des autres...
Et ...
Rédigé par: Agnès | 17 oct 2006 11:47:30
ah moi aussi j'aime le prénom "Cléo"..
Rédigé par: Christie | 17 oct 2006 13:55:40
cette phrase Christie "et puis vous savez ce que c'est, Nico n'avait pas été tenté, je n'ai pas eu le courage d'y aller seule"... c'est tellement moi parfois. Et apres coup, je suis frustree, et je m'en veux de ne pas avoir agi...
Rédigé par: marine | 17 oct 2006 17:43:13
J'aime bien cette "émouvante chaleur", toujours les mots justes, qu'on dirait du hasard.
Rédigé par: MariaPia | 18 oct 2006 15:21:53
coucou MariaPia, je confirme ou j'infirme, ce n'est pas du hasard, j'ai roulé toute la nuit les mots dans ma tête, en ce moment je redors mal.. certaines impressions sont tenaces, je devrais reprendre mes day maps..
Rédigé par: Christie | 18 oct 2006 15:42:45
Moi aussi j'ai vu l'expo mais pas le film et écouté ces veuves qui disent tant sur l'absence infinie, avec leurs mots pourtant pas si nombreux, leur regard et leurs gestes ; le lit qu'on occupe différemment ou surtout pas, la brutalité de la fin quand elle n'est pas au contraire trop lente, souffrante et longue.
Et puis aussi : de Jacques Demy, dans cette expo, on voit si peu (une main, un portrait silencieux) alors que sa présence est profonde. Chaque élément de ce travail lui est comme un hommage.
Rédigé par: gilda | 20 oct 2006 14:39:53
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