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Je ne suis pas douée pour me séparer. Avec Alma, c'est pire. Parfois, il semble que ni l’une ni l’autre n’avons compris que nous avons accouché il y a seize mois.
Pendant le Brésil, nous dormions tous les quatre dans la même chambre et ce n’était pas évident de respecter nos principes. Alma était très heureuse, mais son pays, c'était moi. Si quelqu'un devait la porter, c'était moi ; quand je faisais mine de m’éloigner, elle se mettait à pleurer. Et la nuit, il lui arrivait de se réveiller et d’appeler Maman ! Maman ! Jusqu’à ce que je me lève et me couche un peu avec elle. Hop, elle se rendormait. Moi aussi. Jusqu’à ce que j’aie la vision de l’une de mes amies qui, à 40 ans, vit encore avec sa mère, par amour ; elle n’a pas rencontré d’homme qu’elle aime autant, et son appart’ abrité de la lumière du jour par des voiles grisâtres, n’est meublé que de meubles hérités. C'est un peu l'histoire de Roland Barthes. Bon, moi je préfèrerais éviter cela à mes enfants. Je retournais me coucher avec Nico. Maman ! Ouille. Une nuit, nous avons fini dehors, dans un hamac, dévorées par les moustiques.
Cet après midi, mon petit tyran s’en va passer une semaine à Lyon avec sa grand-mère (toujours cette histoire de nounou qui prend ses vacances quand on termine les nôtres). Ce sera mieux pour travailler, et je suis pour les enfants qui connaissent leurs grands-parents, et se forgent plusieurs référents… et c'est dur, c'est dur d’éloigner mon fillou. Quand elle rentrera, dans 10 jours, ce sera presque l’automne. J’aurai trouvé des babysitters, le rythme sera pris… Elle retournera chez sa nounou…
Alors, je garde comme un bijou ce moment, mercredi, où nous nous sommes roulées toutes les trois dans l'herbe du parc, à 7 h il faisait encore chaud, nous nous sommes mises pieds nus, Alma et Chimène me sautaient dessus et j'étais leur maman-crocodile.
[Une discussion ce week-end avec un pote, jeune papa J'ai du mal à trouver ma place dans la relation de ma femme avec sa fille... Pour les aider à se séparer un peu, le seul bon conseil que l'on m'aie donné, c'est "Occupe-toi de la mère".
J'ai trouvé ça top, comme conseil.]
septembre 11, 2006 dans Carnets de l'après | Permalink | Commentaires (18) | TrackBack (0)
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c marrant cette ambiguité de rapports qu'on construit avec nos petits, je parle pour moi bien sur, en effet je suis a la fois mère poule et "mère-laissez moi souffler", en ce moment par exemple je ne sais pas pourquoi je n'arrête pas de me dire, au moment où je voudrais dire à ma fille le soir au couché ou au milieu de la nuit (hou quelle est longue cette phrase) "allez zou dors stop les calins, stop les chansons, dors", que ces moments sont trop precieux, passent trop vite et que ds peu de temps elle va m'envoyer bouler, alors je reste plus longtemps, je la caline, je lui chante plus de berceuses, je lui repete que je l'aime. Et je ne peux pas croire Christie que cette relation un petit peu fusionnelle lui donne envie de rester ds mes bras jusqu'à 40 ans, au contraire je pense que l'amour avec un grand A, leur donne confiance, les aide à se construire et à aimer les autres. ça n'empeche pas et moi aussi je m'y force les vacances chez les papis-mamis.
Quelle bouille cette Alma, on en mangerai
Rédigé par: rocarossi | 11 sep 2006 10:59:01
bienvenue dans le monde de l'ambivalence...
Rédigé par: Christie | 11 sep 2006 11:00:33
C'est une expérience à l'opposé que j'ai vécue. J'ai voulu allaiter, ma fille préférait dormir. Le message était clair : "Ton sein, c'est bien, mais MOI, je préfère faire mes nuits de 8 heures (la première semaine) et si la conséquence c'est biberon, c'est toi que ça embête et pas moi."
Un mois pour m'en remettre.
Mais comme je l'ai écrit, je voulais allaiter, pas allaiter ma fille. C'était mon projet, pas le sien. Elle m'a clairement expliqué qu'elle avait ses propres projets. Je crois que ça m'a définitivement guérie d'une quelconque illusion de fusion.
Rédigé par: Agnès | 11 sep 2006 11:02:17
ils sont surprenants ces bouts de chou, qui ne rentrent jamais dans nos plans...
Rédigé par: Christie | 11 sep 2006 11:04:41
Oui, mais heureusement qu'ils sont là pour nous rappeler à une certaine...humanité, faillibilité?
Rédigé par: Agnès | 11 sep 2006 11:10:33
Craquante la petite bouche d'Alma en forme de coeur on dirait betty boop !
Et le conseil de ton pote je le trouve judicieux pour l'avoir vécu.
Rédigé par: rita | 11 sep 2006 11:11:46
Humm.... Moi qui n'ai aucun souvenir d'avoir été dans les bras de ma mère, ni bébé, ni plus tard.... comme je trouve les pleurs d'Alma légitimes, surtout en voyage... Mais non tu n'en feras pas une fi fille
scotchée à sa maman !bien au contraire....Comme dit plus haut, recevoir de l'amour plus et plus, c'est ce qui nous fait (bien) grandir!
Rédigé par: Vic | 11 sep 2006 14:17:01
Ce que je retiens de ton post, plutôt que le fait de devoir laisser ta fille, est celui d'aller retrouver le mari. J'imagine que donner beaucoup d'amour à son enfant est positif dans la mesure où l'on n'en prive pas son compagnon, car je suppose que dans ce cas cela devient nocif pour tout le monde.
Même chose que Vic pour moi (et ça fait du bien de voir que l'on n'a pas été seule dans ce cas), je pars de zéro -ou presque, je suis trop dure- côté conséquences des câlins, je suis mon instinct avec mon petit gars de 2 ans, même si celui-ci ne m'empêche pas de culpabiliser quand je suis plutôt "besoin de tranquillité" que "maman bisou" (et je pense être plus indépendante que maternelle, attention l'un n'empêchant pas l'autre). Ma remarque entre parenthèses peut paraître terrible, mais c grâce à mon coach (nouveau terme élégant pour psy) que j'ai le courage de la faire, et qu'est-ce que cela fait du bien... Même si cela va complètement à l'encontre de la tendance actuelle du maternage. Mon pari est que mon fils grandira sereinement, même avec une mère comme moi (enfin, je vais un peu vite en besogne, disons que je commence à assumer tout cela...) !
Terrible Christie, comme on en vient à se raconter lorsque l'on commente tes posts !
Rédigé par: Anne-So | 11 sep 2006 17:14:23
Oh mais elle a pas 40 ans encore ! C'est un peu tôt pour s'inquiéter !
Tu risques même de trouver que finalement elle grandit un peu trop vite !
:-)
(et c'est vrai que le conseil est très bon).
Rédigé par: LaVitaNuda | 11 sep 2006 18:07:22
oh ben oui je trouve qu'elle grandit trop vite !! les deux d'ailleurs.. et en même temps, quelle joie de les voir grandir.
Vivent les psys (quand ils n'ont pas de chat), quand ils nous aident à être "qui on est", affranchis de nos parents (ce qui n'empêche pas de les aimer, bien au contraire !!)
Rédigé par: Christie | 11 sep 2006 18:57:22
la famille d'un ami est super fusionnelle, un jour j'avais surpris une conversation ou son père se plaignait de ne plus avoir de nouvelles. Il n'avait pas décrocher le matin ! Un coup de fil loupé sur les trois quotidiens et tout de suite la panique. Et puis j'ai aussi une copine qui habite toute seule et qui ressasse tous les manques de son enfance sans rien construire. Tout ça pour dire qu'à mon avis la fusion c'est relatif suivant les enfants et le ressentis de chacun. C'est peut-être aussi une sonnette d'alarme quand ta vie de maman prends le pas sur le reste. J'imagine que pour une maman aussi c'est une tentation de se contenter de l'amour de ses enfants.
Rédigé par: alice | 12 sep 2006 08:14:06
c'est tentant parfois.. mais ça ne dure pas très longtemps ! et Nicolas est là, qui veille..
Rédigé par: Christie | 12 sep 2006 08:52:31
Un enfant de 40 ans qui vit toujours avec sa mère? Quelle horreur! Moi, je non plus, je ne veux pas ça!
Par contre, s'il habitait, avec sa femme et ses enfants, au coin de la rue, voire la maison juste à côté...!
Bien sûr qu'on ne donne jamais trop d'amour mais je comprends ce que tu veux dire quand tu parles de fusion et...de petit tyran. Moi aussi parfois, je m'inquiète un peu de ma relation avec mon fils: j'ai l'impression qu'on est trop proches, trop dépendants parfois...(il adore aller chez ses grands-parents, parfois même il préfère aller chez eux que rester à la maison mais quand on est 2, il ne sait pas se passer de moi, me parle tout le temps, m'appelle tout le temps, dit "maman" tous les 3 mots,...)
Rédigé par: lili | 12 sep 2006 15:04:35
ah la la, vous avez l'air heureux, tous les deux !
Rédigé par: Christie | 12 sep 2006 15:29:31
Le conseil est excellent.
Je n'avais pas, je ne crois pas, ce souci de séparation d'avec ma fille, premier enfant, mais j'assumais quasiment tout toute seule. Le père, mon mari, rentrait tard, je croyais à cause du travail mais en fait dans l'espoir de n'arriver que quand tout serait calme et l'enfant couchée. J'étais alors déjà très seule mais tellement prise par tout ce qui était devant être fait que je n'en étais pas consciente.
Ça tombait bien que l'enfant était d'un caractère foncièrement indépendant, sinon je pense que le risque était grand dans ces conditions de s'enfermer dans une relation binaire et exclusive maman-bébé.
[ce à quoi le père rétorquerait : à quoi ça aurait servit que je rentre tôt tu ne t'occupais que de la petite]
ainsi vont nos vies.
Rédigé par: gilda | 13 sep 2006 15:56:25
pardon : servi
Rédigé par: gilda | 13 sep 2006 15:56:56
Parfois, j'aimerais que le père travaille un peu moins et soit plus souvent là entre mon fils et moi. Parfois, je lui en veux d'essayer... (ambiguité)
Rédigé par: lili | 14 sep 2006 14:50:12
dur dur d'être nette.. et quoi, les contradictions, on y a bien droit !
Rédigé par: Christie | 14 sep 2006 14:59:20
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