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Elle était heureuse de s'être laissée pousser les cheveux. Cette chevelure de setter irlandais était devenue à ses yeux l'atout maître de sa beauté. Elle aimait la manière dont les deux grandes mèches encadraient son visage. Oui, ses cheveux étaient l'objet de ses soins les plus jaloux.
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Le mascara mal nettoyé avait laissé sous ses yeux une trace sombre, qui lui donnait un air tragique.
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Après l'amour, elle éprouvait toujours le besoin de [ne pas tout diiiire !]
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Ces jour-ci, elle croisait des gens très bronzés dans les rue de Paris semi-désert. La peau était hâlée mais le pas sans entrain, le visage chiffonné. Bizarre, se disait-elle, ces ex-vacanciers sont plus fatigués que moi qui suis sur le départ. Dur-dur de se réhabituer aux nuits de 6 heures.
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La boulangerie d'en face avait fermé pour l'été. Pour le pain, elle avait dû se rabattre sur "la bonne boulangerie", à 5 minutes de marche, une espèce de chaine qui ne fermait jamais. Manger de ce pain-là vous rappelait le sens du pécher de gourmandise.
Il était bête d'avoir fermé le voisin, on s'y habitue au bon pain.
***
L'ironie des jours avec, c'est quand ils se terminent en jour sans.
Son père avait une histoire qu'elle aimait beaucoup écouter, jeune fille. L'histoire d'une jeune fille qui voulait découvrir le Japon ; son petit ami connaissait justement plein de Japonais disséminés dans tous le pays, et lui dit "Pas de problème, vas les voir de ma part, ils te recevront à bras ouverts."
Deux mois plus tard elle revient, la mine plutôt déconfite. "Alors, ça ne t'a pas plu le Japon ?" "Oh si, c'est un beau pays. Mais tu as oublié de me préciser une chose avant mon départ : les Japonais qui nous reçoivent attendent qu'on leur amène un cadeau. Tu ne le savais pas non plus, apparemment, quand ils t'ont reçu chez eux... Et ton cadeau, c'était MOI !"
août 7, 2006 dans autoficcion | Permalink | Commentaires (12) | TrackBack (0)
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Très joli billet.
Rédigé par: Bellzouzou | 7 août 2006 13:29:56
hu!! le mystère est l'un des ingrédients-réussite de ce blog...
Rédigé par: maya | 7 août 2006 13:49:54
Après l'amour, elle éprouvait toujours le besoin de .....recommencer...;-))
Rédigé par: hélène | 7 août 2006 13:51:16
Très joli billet... Ces petits textes me touchent toujours beaucoup... sans doute parce que je m'y retrouve.
Rédigé par: Nathalie | 7 août 2006 14:18:27
Ah, je te l'avais dit que ce mascara faisait des yeux de panda...
Rédigé par: Ester | 7 août 2006 15:02:56
tres tres chouette!
ton ecriture me fait souvent penser a celle d'alice ferney... (je ne sais pas si je l'ai deja dit??? ni si tu l'aimes... moi oui, beaucoup!!)
Rédigé par: Ysens | 7 août 2006 15:29:01
Coucou !!
Oui, je l'aime beaucoup ! et toutes proportions gardées, je souscris à ton compliment : AF cisèle ses textes, moi, pas tous, mais ces petits bouts-là, si. D'ailleurs, je l'ai entendue dans une interview radio dire que son premier manuscrit avait été refusé pour être "trop écrit".
Rédigé par: Christie | 7 août 2006 15:36:45
Ces petits bouts de texte, que tu écris, ils te viennent comme ça, à brûle-pour-point? Ce sont des trucs qui te passent par la tête et tu les écris, tout simplement?
J'ai toujours eu beaucoup d'imagination et j'ai une vie intérieure très riche. Parfois, quand je fais le ménage, par exemple, y a des bouts de dialogues, de mots, de phrases qui défilent dans ma tête. Je prends rarement le temps de les noter. J'en ai déjà fait part à quelques amies... Elle n'ont jamais vraiment compris ce que j'essayais de leur raconter. "Tu entends des voix, dans ta tête ?" Non, c'est pas ça... Je me fais plutôt mon propre cinéma... J'écris un scénario, un roman, dans ma tête...Sans queue ni tête... Peut-être que je suis folle ? Qui sait!
Tiens, par exemple, ce qui me vient, en ce moment :
"Elle en avait marre de toutes ces conneries. Son seuil de saturation était atteint. Tannée d’être bombardée de concepts tartinés dans tous les sens, à toutes les sauces, à tous les coins de rue. Elle allait mettre fin à cette grande escroquerie qu’est l’amour."
Des fois, je pense que je suis complètement fêlée! Ou alors triste à mourir dans cet emploi si redondant qui ne me ressemble pas du tout... Je devrais peut-être lire ton bouquin!
Rédigé par: Anne-Marie | 7 août 2006 15:55:26
Oui, tu devrais le lire, ou peut-être pas, car tu as déjà fait ton propre diagnosctic. Je l'ai écrit à la suite de l'expérience que tu décris, de ne pas aimer mon boulot au point de m'en rendre malade.
Et j'écris exactement les textes comme tu le décris, tout à l'heure je déjeunais seule et j'ai eu toutes ces pensées, je les ai notées en raccourci dans mon cahier et en "ciselé" sur le blog.
Comme tu le dis, ce sont typiquement des "fulgurances" qui ont un sens quand on les écrit, qui peuvent avoir un sens, et pas du tout quand c'est raconté ; ou alors, à son psy, ou à son amoureux dans un moment très complice.. mais pas toujours ! C'est très utile, pour moi, l'écriture.. pour toi aussi j'ai l'impression.
Rédigé par: Christie | 7 août 2006 16:00:02
Tu ne te contentes même pas du "péché de gourmandise", il te faut tout le "pécher de gourmandise" pour toi toute seule ! Et tu en oublies le petit chapeau " ^ ", attention aux coups de soleil pendant la cueillette ! Eve a fait des émules, on n'a pas fini de nous le reprocher !!!
En tout cas , continue d'écrire tout cela, c'est très vigoureux, comme un arbuste-livre qui prend de l'ampleur et du rythme.
Garde les amandes du plaisir d'écrire ton quotidien pour l'hiver, et aussi pour consoler les Parisiens exilés du soleil !
Rédigé par: Mth P | 7 août 2006 16:01:51
C'est marrant quand même, faut-il que nous soyons bêtes (1) ou terriblement conditionnées depuis des siècles et des siècles, nous les bonnes femmes, pour quand on a l'impulsion des mots se dire que c'est qu'on est peut-être folles !
J'ai l'impression que les garçons ne se posent pas ce genre de questions, confrontés aux mêmes symptômes ils se disent, c'est que je dois écrire et ils le font.
Courage, Anne-Marie.
Christie, je confirme pour Alice Ferney, moi aussi j'y pensais sur certains de vos billets.
(1) moi la première qui ait dû attendre les 40 et qu'une amie me secoue pour accepter de regarder les mots en face.
Rédigé par: gilda | 8 août 2006 09:49:15
Ah ben oui, ça, Anne-Marie LE livre qu'il faut lire c'est Femmes qui courent avec les loups (pendant l'été je remettrai la liste de mes livres de chevet)
Il conseille de fréquenter davantage les femmes, comme des mères d'élection, des soeurs encourageantes (un peu ce qu'on tente de faire ici, parfois..) Trouver sa famille d'élection
et aussi, d'écouter son instinct, même si le monde vous dit que vous êtes folle..
Ce livre est un cadeau précieux fait aux felles
Rédigé par: Christie | 8 août 2006 09:52:19
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