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Dans la rue de la Croix-Nivert, les magasins ferment les uns après les autres ; on les voit vivoter, vitrines un peu ternes rarement renouvellées, promotion sur promotion, jamais un client qui entre, et un jour la pancarte "Bail à céder".
Alors qu'à 50 mètres la rue parallèle, rue du commerce, les enseignes cartonnent.
A un block de chez moi, un magasin de déco vient d'afficher la sentence. Liquidation totale avant fermeture définitive.
Rêves volés en éclat.
J'étais entrée une fois pour demander à la vendeuse si elle avait un arbre à photos, vous savez ces petites tiges en métal pouvant porter plusieurs photos, je voulais que Chimène aie des visages familiers dans sa chambre. Pas d'arbre à photo, mais une nana pas sympathique et des objets assez cheap. Je n'ai plus jamais remis les pieds.
Et là cette pancarte, Liquidation totale avant fermeture définitive. Promesse de pas cher. Y'aura bien quelque chose pour nous ? Je vois des femmes sortir serrant leur bonne affaire sous le bras. Je n'ose pas entrer, goût de charogne dansla bouche.
avril 6, 2006 dans Scènes de la vie parisienne | Permalink | Commentaires (11) | TrackBack (0)
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Ca me touche beaucoup ce que tu écris aujourd'hui. Je me sens toujours malade pour les magasins qui ne marchent pas. Je m'en sens comme personnellement responsable (ca doit se soigner, j'essaye d'ailleurs !). Le pire... ce sont les restos. Imaginer un cuisinier qui trime avec personne dans la salle : ça suffit pour me faire venir les larmes aux yeux.
Rédigé par: emmanuelle | 6 avr 2006 13:09:14
je ressens cela, exactement ; et d'un autre côté quand un magasin, ou un resto, est sinistre, comment envisager un achat ? un repas ?
... en revanche ce que je fais, je me "force" à aller dans les petits magasins que j'aime bien, et qui apparemment ne marchent pas très bien, par exemple une fleuriste près de chez moi, rue Gramme, ses fleurs et ses vases sont plus chers que ceux du francri mais il y a une telle âme, un tel raffinement, je ne veux pas que cet endroit disparaisse.
Rédigé par: Christie | 6 avr 2006 13:13:39
tu sais quoi, on ne fait pas du commerce si on n'a pas le sens des affaires. Tu tiens ta revanche, va dans cette boutique qui t'avait si mal reçue, fais-toi plaisir, dépouille-les de leur marchandise devenue encombrante, et négocie sec ! Vive la sélection naturelle...
Rédigé par: .Moland.Fengkov. | 6 avr 2006 13:23:59
oui bien sûr, il vaut mieux que les gens soient dans leur branche.. et c'est triste quand même ; ou peut-être pas, peut-être que cette femme va trouver un métier mieux pour elle, un nouveau départ
Rédigé par: Christie | 6 avr 2006 13:26:54
Le commerce est un métier très difficile. Gestion, mais aussi relationnel. Ce n'est pas donné à tout le monde. Paradoxalement, cela demande une grande générosité. J'ai deux copines dont la boutique ne désemplit pas, tellement elle est devenu le 'café du commerce' de toutes les mamans du coin. Comme quoi, les affaires sourient aussi parfois à ceux qui s'en donnent la peine.
Rédigé par: Lovemum | 6 avr 2006 22:40:32
elles vendent quoi ? c'est où ?
Rédigé par: Christie | 6 avr 2006 22:41:53
Christie,
Ton texte me touche beaucoup...sans doute car il fait écho à des choses personnelles.
Mes parents avaient une petite librairie-papeterie de quartier, qui n'a pas survécu au rouleau compresseur des grandes surfaces. Les dernières années, on voyait les gens rentrer dans le magasin pour la rentrée des classes avec des sacs Carrouf pleins à craquer de fournitures, pour simplement acheter le protège cahier rose ou violet qui leur manquait.
Mes parents ont du déposer le bilan et désormais c'est une épicerie italienne bobo qui trône à la place. La rue autrefois si commerçante est maintenant peuplée d'agence immobilières, de banques et de boutiques
d'assurance.
C'est pour cela que j'essaye de résister tant que je peux aux sirènes d'Amazon pour rendre visite aux petits libraires du quartier (quitte à emm...tout le monde avec ma poussette et Joseph qui geint car il a trop chaud dans sa combinaison pilote!)
Rédigé par: Sophie | 7 avr 2006 09:16:07
ton histoire est poignante ..
c'est bien pratique Amazon et Carrouf, et quelle vie de quartier sans restos, libraires, fleuristes ?
Rédigé par: Christie, Amazon addict | 7 avr 2006 10:12:41
Eh oui, on est tous complices! C'est trop facile Carouf et Amazone (et en plus c'est moins cher). C'est tentant! Et après, on se lamente sur la disparition des petits commerces...
Pas facile parfois d'être cohérent avec ses idées profondes...
Rédigé par: lili et les oeufs de Pâques | 7 avr 2006 10:48:35
miam les oeufs de Pâques..
Rédigé par: Christie | 7 avr 2006 10:52:26
Cela s'appelle la Récré à Deux, c'est à Boulogne, avenue JB Clément, Christine et Géraldine (lien vers leur blog - pas très à jour les vilaines !!) depuis le mien...
Rédigé par: Lovemum | 9 avr 2006 21:01:14
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