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* La vulnérabilité de mes chevilles nues, découvertes par une jupe noire à mi-mollet - le regard tout le temps des hommes, des autres femmes, sur ces pauvres chevilles...
* Mon attitude qui s'ajuste d'elle-même, ton humble, voix basse, yeux baissés, foulard sur la tête aux abords des mosquées - et toujours, mettre l'homme, mon homme, en avant.
* La colère face à ces hommes jeunes, qui suivent le flot de la modernité et laissent leurs femmes en arrière, au dedans.
Peut-être n'ai je rien compris, mais voilà ce que j'ai ressenti.
avril 25, 2006 dans Inventaires | Permalink | Commentaires (37) | TrackBack (0)
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je connais cette impression que j'ai aussi ressentie en egypte et ailleurs....et pour moi cela dépasse "le culturel" mais dénote bien un certain mépris de la femme "quantité négligeable"...En quoi notre liberté d'être belle (sans être indécente) bouscule ces hommes là? de quoi ont ils peur? Ne sont ils pas des humains (et non des animaux) capables de maîtriser leurs pulsions sexuelles face au corps libre de la femme? J'ai bien quelques réponses (pas toutes) ; en tout état de cause je me fous de n’être pas politiquement correcte là dessus (respect des convictions, des cultures etc..) …cela n’a rien à voir avec ça, mais il s’agit bien de droit de l’homme (au sens « homo » et non « vir » ; englobant la femme), droit de maîtriser son corps, sa sexualité….J’admire les femmes qui se battent dans ces pays, c’est moi qu’elles protègent… .
Rédigé par: hélène | 25 avr 2006 12:21:23
Curieux, ma soeur est allée récemment à Istanbul et ne m'a pas du tout fait part de ce type d'impressions (alors que je m'y serais plutôt attendu).
Bon, le cadre était sans doute différent, je crois me rappeler qu'elle était chez des gens (Turcs) qu'elle connaissait, ça change le point de vue surtout si on considère que ces amis devaient appartenir à la frange la plus occidentalisée d'Istanbul.
Sinon, tu m’as convaincu d’éviter l’endroit. En dehors de la colère que peut susciter la condition des femmes en Turquie, je n'ai aucune envie de devoir être systématiquement mis en avant.
Rédigé par: aymeric | 25 avr 2006 12:26:38
c'est compliqué
l'endroit a plein d'aspects merveilleux, comme tous ces pays dont tu parles Hélène.. et on ne peut pas dire que la question de la femme, et la posture induite par leur culture sur mon comportement, soient anodines.. et pourtant, ça vaut la peine.. et comme tu le soulignes Aymeric je n'ai pas été reçue à l'intérieur d'un foyer turc. Je pense que ma vision aurait alors été différente.
N'empêche : vu de l'extérieur, c'est dur !
Rédigé par: Christie | 25 avr 2006 14:05:15
Christie, j'ai ressenti la même chose au Caire en 1998. Connaissant pourtant un peu le proche-orient, en plein mois d'août, j'avais dégainé la totale panoplie jupe-longue-manches-longues et je m'attachais les cheveux. La présence permanente de mon mari à mes côtés n'y a rien fait: les Egyptiens me regardaient comme quelquechose qui se situerait entre un bon bifteck et une grosse pute, pour dire les choses franchement (pardon!). Les commentaires obscènes (même en arabe, on comprend) allaient bon train et mon pire souvenir, c'est quand nous sommes allés au souk (je me suis fait tripoter non-stop) et boire un café au Café machin-chose au souk: là on a carrement eu affaire à des adolescents qui sont venus me fixer du regard d'une façon... hum... et qu'on ne vienne pas me dire que gnagnagna différences culturelles ou je sais pas quoi. Quand on vous traite de pute, ça veut bien dire ce que ça veut dire. Et tu as raison, Hélène, nous ne sommes pas à l'abri. Il s'agit simplement de ne pas être considérées comme des choses.
Rédigé par: maya | 25 avr 2006 14:12:59
Mais ce que j'ai trouvé étonnant c'est la manière dont je me suis soumise, moi la grande gueule... naturellement ! et c'est cela qui fait peur, la peur d'aller à rebours de la pression qui ne se dit pas, mais que l'on ressent très fort.
Rédigé par: Christie | 25 avr 2006 14:17:02
la seconde photo, c'est les Vamps, non ? Ces pseudo comiques déguisées en mémés, qui avaient même sorti un disque où elles... rappaient...
Rédigé par: .Moland.Fengkov.. | 25 avr 2006 16:46:14
Le ton est juste, et ne resort pas seulement du jugement; il en appellerait plutôt à la réflexion de chacun... Merci pour cet article Christie.
Sur un tout autre registre, je vois avec grand plaisir Mussorgsky caracoler en tête de ton blog. Alors, séduite?
Rédigé par: Marlène | 25 avr 2006 17:00:57
oui, Moussgorki j'adore ! merci du conseil !!
ben tu vois Moland ta remarque montre comment elles sont efficaces, les petites tenues affriolantes des Turques, pour détourner le regard des hommes..
Rédigé par: Christie | 25 avr 2006 17:06:43
en revanche ce qui me trouble dans les 3 pays musulmans où j'ai été, c'est la sacralisation du corps de la femme, même si j'en souffre je la trouve belle à la fois.. qu'une cheville puisse encore être érotique, et des cheveux lâchés..
Rédigé par: Christie | 25 avr 2006 17:07:49
Ah non, c'est moi qui te remercie Christie! J'ai regardé "Les temps qui changent" il y a quelques jours, et ce fut un vrai coup de coeur. L'humour déconcertant attribué à Depardieu ("Je ne suis pas un touriste mais un voyageur"), son air gauche et maladroit, comme toujours, j'ai adoré. En fait, tous les personnages étaient joliment bien joués. Et puis, je l'ai trouvé en fin de compte plein d'espoirs ce film, car la fin nous laissent imaginer tout un tas de scénarios possibles.
Enfin, je n'ai pas eu la larme à l'oeil, mais presque: d'avoir habité au Maroc il y a de nombreuses années, le film m'a ramené pleins de jolis souvenirs en tête, et également une grosse bouffée de nostalgie, presque pesante (et la peur du temps qui passe...)
Le cinéma français n'a en fin de compte pas un poids très fort à l'étranger, ou en tout cas dans les pays anglophones, et c'est bien dommage de parfois passer à côté de telles petites merveilles!
Rédigé par: Marlène | 25 avr 2006 17:24:01
arrête arrête tu me donnes envie de le revoir ! bon en ce moment j'ai envie de regarder des vieux films italiens des années 60, on y prend une telle leçon de féminité..
Rédigé par: Christie | 25 avr 2006 17:26:47
Je t'aurais bien recommandé "Le facteur" (Il postino), mais c'est beaucoup plus récent...
Rédigé par: Marlène | 25 avr 2006 17:32:33
Le Carrosse d'or : d'accord le réalisateur est français (Jean Renoir), la production internationale et l'action se passe en Amérique Latine, mais le souffle est italien et Anna Magnani y est une leçon de féminité (enfin, autant que je puisse en juger...) à elle seule.
Rédigé par: aymeric | 25 avr 2006 18:06:52
Quand je pense que je n'ai pas pu inscrire une jeune égyptienne à mes cours de francais pour étrangers dans un lycée de la région parisienne, parce qu'"elle" refusait d'enlever son voile. Ca m'a bouleversé de voir à quel point on enferme ces femmes...
Rédigé par: Delphine | 25 avr 2006 22:44:39
Sans la voir, je la ressens aussi. Sensation qui me révolte de mon bord de l'océan où règne la femme dans la plénitude de ses droits égaux à ceux de celui qui n'a rien de plus qu'un petit muscle qui se tend entre les jambes...
Je n'irai pas à Istanbul...
Rédigé par: Etolane | 25 avr 2006 22:54:29
Etolane, si on boycottait tous les endroits où les femmes ont moins droit de cité que les hommes.. alors il ne resterait plus grand part à aller sur terre !
Je viens de lire sur le blog d'Estelle Tracy qu'elle est en vacances, c'est dommage, j'attendais sa réponse impatiemment (elle est d'origine turque je crois..)
Rédigé par: Christie | 26 avr 2006 09:03:13
euh etolane..ce n'est pas un "muscle" mais un corps caverneux...;-)))
Rédigé par: hélène | 26 avr 2006 10:06:01
C'est surprenant, dans nos pays où certaines se baladent à moitié nues, de constater le pouvoir érotique que peut encore receller une cheville de femme...
Je me suis surprise, dans les pays du Golf, à trouver incroyablement belles et élégantes certaines femmes avec leur abaya noire, qui ne laissait apparaître que leur visage (souvent soigneusement maquillé).
Pourtant, je ressentais le même malaise devant ces femmes qui sont obligées de se cacher des regards. J'ai beau raisonner, je ne comprends pas...
C'est vrai qu'on a de la chance de vivre ici. Il y a encore tellement de pays où il est difficile d'être une femme...
Rédigé par: lili | 26 avr 2006 11:28:10
bé oui moi cette balade en Turquie me redonne envie d'avancer un peu plus couverte, histoire de rééotiser un peu mon propre corps. Mais c'est une histoire de rapport de moi à moi, éventuellement de moi à mon homme, et personne ne me l'impose ! de cela j'aurais horreur..
Rédigé par: Christie | 26 avr 2006 12:04:01
Parfois, il me prend l'envie de revêtir ces grandes abayas noires qui couvrent de la tête aux pieds et voilerait même mon visage. J'ajouterais, comme certaines, des lunettes noires et des gants et je traverserais les rues, je regarderais, j'observerais tout le monde, sans être vue, personne ne saurait qui je suis, (ni que j'ai un horrible bouton sur le nez)...Le mythe de la femme invisible!
Mais ça serait juste pour un jour, ou même une heure! Je l'enlèverais quand j'ai envie et je remettrais ma petite robe à fleurs...
Rédigé par: lili | 26 avr 2006 12:35:18
je pense qu'elles ont des petites robes à fleurs en dessous de leurs grands manteaux amochissants ; peut-être même de beaux visages..
Rédigé par: Christie, empirique | 26 avr 2006 12:37:10
En même temps, dans nos pays, on subit d'autres sortes de pression, celle de culte de la minceur par exemple, et elle n'est pas de tout repos non plus ! La majeure partie des femmes ne subissent-elles pas régimes sur régimes pour tenter de ressembler aux icônes de la mode ? Qui n'a pas senti le regard dégoûté d'un homme en laissant dépasser un bourrelet ? Ou les reproches de la famille, collègues, conjoint lorsqu’on a pris 1 kg ? Je ne sais pas si les situations sont comparables et probablement pas, mais parfois, j’ai bien envie de me cacher sous un voile !
Rédigé par: Pas folle la bête | 26 avr 2006 14:17:23
tu as raison ! il n'y a pas un jour sans que l'on me dire "c'est bien, tu as maigri, bon, il te reste du bide", bref sans que j'essuie un commentaire sur mon poids..
.. et si on ne m'en faisait pas je demanderais sans doute "Ben alors, tu ne me regardes pas ?"
Rédigé par: Christie | 26 avr 2006 14:19:25
Oui, mais nous, on nous reproche de ne pas être assez belles. Il y en a d'autres à qui on reproche d'être des femmes, tout simplement...
Et puis, j'ai quand même l'impression que nous, les femmes occidentales, avons notre part de responsabilité dans l'avênement de ce culte de la minceur et surtout cette obsession des régimes. Combien de fois nos maris ne nous ont-ils pas dit "mais je t'assure, je te trouve très belle comme ça!", quand nous lui mettons sous le nez nos petits bourrelets...
Rédigé par: lili | 26 avr 2006 15:32:12
J'avoue cependant boycotter les pays du monde arabe où l'on se voile, incapable d'y accepter la servitude féminine. Par instinct de survie, je sais que je ne peux y aller, lorsque quelque chose me révolte, j'ai une forte tendance à provoquer alors dans ce genre de contexte, un geste ou une parole spontanée et je me fais lapider! N'empêche que parfois j'ai le fanstasme idiot de me balader nue en Arabie Saoudite (bon surtout lorsque les kilos de grossesse auront disparus parce-que ça c'est pas une mince affaire!)! Mais sans aller dans cet extrême, j'y oserais au moins un sein, un regard qui dérange la norme masculine ou la remarque acerbe! Suicide garanti! Bref, mieux vaut que je me tourne vers les latinos, les machos me font plus rire que pleurer! Enfin qui sait si le futur n'arrivera pas libérer un peu ces femmes soumises. Pourtant je suis sure qu'elles sont aussi pas mal plus fortes que la plupart de nous vu tout ce qu'elles doivent traverser pour exister, elles ont surement de grandes leçons d'humilité à donner. Et puis y'a plus de pays dans le monde que mes moyens ne me permettront de visiter...
Rédigé par: Etolane | 27 avr 2006 01:31:40