« mouvements de vie | Accueil | choses vivantes à emporter avec soi pour rencontrer des gens dans le métro »
Parfois je pense "Dolto j'ai lu, assimilé, je connais"...
Et puis la violence de la routine, la précipitation, la répétition des gestes, des mêmes mots tendres ou durs, se fait ressentir le besoin de prendre du recul sur mon travail de mère.
Alors je vais voir du côté de Dolto, dont se sont inspirées ma mère et ma belle-mère. Elle me prend dans ses bras de vieille dame morte bien vivante et murmure à mon oreille les mots que j'ai besoin d'entendre.
Arrête de rabrouer Chimène, "tais toi, tais-toi, tais-toi, attends, attends, attends", ne brime pas ses élans de vie. Fais des cadeaux gratuits, pour Noël essaie d'offrir à tes enfants ce qu'elles ont demandé, et laisse les croire au père Noël, il devine tous nos désirs et on n'a pas besoin de lui dire merci. Accepte de te séparer de tes enfants, la fusion c'est cela l'inceste. Et tant que tu y es sépare-toi un peu mieux de tes parents. Amène les enfants voir des anciens, ils ont tant besoin les uns des autres. Les jours où tu aimes moins, dis-le à ton enfant "Tu n'as pas de chance d'avoir une maman qui ne te donne pas tout l'amour dont tu as besoin ; et pourtant tu m'as choisie, moi comme maman.."
J'ai du mal à m'arracher de ses paroles humaines ; je lis et relis ses livres et suis heureuse de me sentir l'une des filles de Dolto.
Parler juste aux enfants, aux éditions Petit Mercure
février 10, 2006 dans Carnets de l'après, Cousinage, Deseo, Pas un jour sans un livre | Permalink | Commentaires (25)
Tu es la petite soeur de Carlos alors? Mazette ! Big bisou (sur la joue).
Rédigé par: Richard | 10 fév 2006 09:58:18
je crois que nous sommes nombreux à être les frères et soeurs de Carlos ! pôvre, il a dû beaucoup la partager, sa maman..
Rédigé par: Christie | 10 fév 2006 10:00:45
Et zou, il est commandé, ce petit livre d'entretiens que je ne connaissais pas.
Qui c'est qui va toucher trois centimes d'euros ???
Bon alors, c'est comme le Père Noël, hein, on ne dit pas merci parce que ça lui fait plaisir au Père Noël. Entre parenthèses, heureusement qu'il a été plus généreux avec toi.
Dolto, elle a une manière de dire des évidences de façon si convaincante, sans s'embarrasser de tout ce qui nous embarrasse, qu'elle est irremplaçable.
Bonne journée.
Rédigé par: telle | 10 fév 2006 10:11:27
Parfois, le soir, dans la cuisine avec les enfants, surtout dans la cuisine (c'est là que ma fille fait en général son "show"), je me dis, après des mots violents ou des gestes brusques (c'est vrai que j'ai envie de lui faire manger le riz par les narines !), mon dieu, si Françoise Dolto me voyait, ou tous les pédopsychiatres qui parlent à la radio...Pourtant, j'ai comme toi bien assimilé, enfin je crois, mais les émotions, toujours les émotions m'emportent, surtout quand les mêmes situations se répètent.
Rédigé par: Madamàparis | 10 fév 2006 10:38:09
elle a eu des enfants, elle aussi....
oui je ne suis pas toujours très fière de ce que je dis et fais avec mes enfants ; alors, j'en parle à Nico, je lis Dolto.. tout est bon (il me semble) pour prendre du recul, relire sa pratique professionnelle ; et mère, c'est un métier !
Rédigé par: Christie | 10 fév 2006 10:39:58
bon, je vais reprendre mon "Dolto", après tout, c'est les vacances non ?
Rédigé par: Madamàparis | 10 fév 2006 11:13:53
j'imagine qu'il y a d'autres moyens que "Dolto" pour le prendre, ce recul.. j'ai des amies allergiques à la pensée de cette femme, et qui élèvent très bien leurs enfants.. je donne les miens, de moyens, voilà tout.
Rédigé par: Christie | 10 fév 2006 11:23:23
C'est sur que, même après avoir lu tout Dolto (sauf "la cause des adolescents" parce que, pour ça, j'ai encore un peu de temps devant moi), je suis loin d'être une mère idéale et qu'il y a plein de mère qui ne l'ont jamais lue et qui sont bien meilleure que moi.
Pourtant, je trouve aussi que ce n'est pas mal d'avoir un peu de recul sur son rôle, sa façon d'éduquer les enfants, de leur faire passer des valeurs et même de les aimer.
Je connais plein de gens qui se moquent de moi et n'aiment pas Dolto Mais je les soupçonne de ne pas l'avoir lue. Ou alors peut-être que c'est moi qui ai lu ce que j'avais envie de lire mais Dolto ne m'a jamais paru être cette femme qui laissait les enfants sans limites et culpabilisait à mort les mamans. Il me semble qu'elle était très équilibrée et sensée dans ses propos. Beaucoup de bon sens parfois.(ou alors, je n'ai pas tout compris...)
Rédigé par: lili | 10 fév 2006 12:10:33
OUI ! mes copines allergiques à Dolto (sans l'avoir lue, tu as raison) j'ai envie de leur offrir ses livres.. mais je me dis que ça ne servirait à rien.
De toutes manières, la liberté qu'elle demande de laisser aux enfants on est souvent obligés de la limiter, tellement ils nous soulent.. mais au moins on est conscientes que faut pas trop le faire, ou le faire gentiment, etc.
Rédigé par: Christie | 10 fév 2006 12:13:45
(à mes copines allergiques je leur offre.. des livres de descendants de Dolto, genre Bébé dis moi qui tu es du Dr je ne sais plus qui.. hé hé.. comme ça pas de préjugé, et mes amies trouvent ça très trèèèèès bien ce qu'il raconte)(mais chut hein)
Rédigé par: Christie | 10 fév 2006 12:15:08
C'est un truc transgénérationnel, ça, les bouquins de Dolto. Enfin, ça commence... Mes parents ayant été des lecteurs fervents de quasiment tous ses bouquins, je sais de quoi je cause...
Sans enfants (encore) à élever, j'en ai pourtant lu moi aussi, par curiosité, il y a des choses que j'ai aimées (répètera-t-on assez que les bébés sont déjà des personnes? A voir certains parents autour de moi, je me dis qu'il y a encore du boulot!), d'autres qui m'ont agacée - notamment ses bouquins sur les ados, lus ado justement, et que j'avais trouvés totalement à côté de la plaque! (Le complexe du homard, tu parles! Qu'est-ce que c'est que cette idée qu'on doit forcément se construire une carapace pour grandir?)
Mais je pense que j'y reviendrai un jour. Après tout, maintenant que je suis adulte et autonome, je dois reconnaître que mes parents n'ont pas trop mal fait leur boulot...
Rédigé par: Nan | 10 fév 2006 12:52:58
allez, j'imite "telle" et je commande Dolto.
je connais sans connaitre, lais je suis ouverte à pleins d'interprétations du " mode d'emploi du bien faire avec les enfants...".
après, je fais ma sauce perso et parfois, la magie opère...
alors, encore 3 cts d'euros pour toi Christie et ta petite famille.
bisous
Rédigé par: incha | 10 fév 2006 13:11:51
Euh... question d'ancienne: c'est encore d'actualité Dolto? Je croyais qu'elle était au purgatoire!
Rédigé par: Ruth | 10 fév 2006 14:19:23
J'imagine que Dolto rassure.. néanmoins, quand on voit l'état d'obésité de Carlos et qu'on sait que l'obésité est un blocage à la phase orale du nourrisson.. qui donc a été insatisfait des rapports entretenus avec sa mère... et bien, on peut se poser la question de la légitimité de cette femme dans le discours constant et affirmatif qu'elle tient à propos des enfants..
Rédigé par: La souriante | 10 fév 2006 16:31:04
pour moi, égotiste de base comme vous avez pu le remarquer depuis le temps, ce qui compte ce n'est pas "Dolto est-elle à la mode ? ou Dolto a-t-elle réussi avec ses enfants ?" mais : les bouquins de D que je lis sur la petite enfance (les autres, c'est vrai, j'entre moins dedans) sont-ils pertinents pour moi ?
après chacun fait sa tambouille.. trouve ses propres solutions.. elle n'est sans doute pas bonne sur tout, et alors ? qui l'est ? vous me confieriez votre comptabilité, par exemple ? ben vaudrait mieux pas !
Rédigé par: Christie | 10 fév 2006 16:48:02
Comme Nan, j'ai lu Le complexe du homard à l'adolescence et comme elle, j'ai détesté! Peut-être parce qu'on a eu la bonne idée de me l'offrir à 14 ans, en pleine guerre des tranchées à la maison, genre: "Tiens, ma grande, regarde comme tu es une ado difficile" (le "on" en question, c'était papa, profession: psy). J'ai trouvé que c'était un ramassis de clichés sur l'âge ingrat et bien qu'ayant conscience de traverser une période problématique de ma vie, je ne m'y suis pas du tout reconnue. Bref, à l'époque, j'avais pensé que c'étaient des arguments de vieux complètement dépassés par la jeune génération. Faudrait que je le relise, j'aurais peut-être un tout autre regard aujourd'hui...
En ce qui concerne ses autres ouvrages, pas lu, mais je m'étonne qu'elle soit de nouveau à la mode, je la croyais enterrée par Ruffo et consorts et définitivement reléguée dans la catégorie baba cool trop permissive...
Rédigé par: Babel | 10 fév 2006 16:52:25
mais qui parle de mode ??? ici c'est MOI qui parle de CE QUE J AIME (et si tu voyais comme je m'habille.. mes amies me disent que je n'ai pas dépassé les 80's)
Rédigé par: Christie | 10 fév 2006 16:54:49
"Tu n'as pas de chance d'avoir une maman qui ne te donne pas tout l'amour dont tu as besoin ; et pourtant tu m'as choisie, moi comme maman.."
ça me trouble. tu peux expliciter? cela dit, je peux aller consulter le livre aussi
Rédigé par: houbi | 10 fév 2006 21:22:08
Pour te répondre Hobi (reprends-moi Christie si je me trompe), il me semble que Dolto considère que l'enfant ou plutôt l'embryon choisit sa mère ou plutôt de se développer ou pas. Il y a pour elle dans chaque fécondation d'un ovule une envie de vivre.
Le bébé choisit donc sa maman, en résumé.
Rédigé par: telle | 10 fév 2006 21:52:15
Beaucoup de gens confondent ce qu'a pu dire Dolto a des interlocuteurs bien précis, y compris à la radio et ce qu'elle a écrit qui demande un effort supplémentaire . Il y a des livres qui s'adressent au grand public et ont une allure un peu maternaliste tout en laissant les lecteurs penser leurs propres affaires comme ils les vivent. Il y a aussi les livres destinés à la communauté psychanalytique où les notions sont davantage décortiquées et sont toujours en cours de réflexion. Dans les deux sortes de livres, on retrouve en effet "le bon sens" qui est la qualité principale de DOLTO et la générosité dans l'écoute. Au contact des bébés et des familles, DOLTO a affiné son approche et a eu le talent d'en parler. Sa fille Catherine a repris le flambeau en ce qui concerne l'haptonomie.
Ce que je retiens d'elle , et elle n'est pas la seule à l'avoir affirmé ,c'est que le bébé ou le jeune enfant est une "personne' à qui on peut s'adresser en utilisant le niveau de communication approprié. Un enfant qui n'est pas regardé et enveloppé de paroles rassurantes et structurantes est comme une plante sans tuteur, sans eau et sans lumière . Il est pourtant sensible à tout ce qui se passe émotionnellement autour de lui ou en lui. Il engrange beaucoup avant de pouvoir s'exprimer avec les mots et lorsqu'il y parvient beaucoup de temps de vie commune s'est écoulé. C'est ce qui explique qu'on en finit jamais de s'interroger sur l'origine de nos peurs et de nos questions. DOLTO a aussi une appartenance au milieu chrétien qui rajoute une dimension spirituelle à son positionnement personnel. On adhère ou on n'adhère pas mais là aussi, il faut éviter si possible de tout mélanger.
L'obésité de Carlos lui appartient ( Rappelons qu'il avait aussi un père assez costaud et Russe), elle n'est probablement pas le fruit d'une éducation maternelle ratée et à bien y réfléchir , on peut même avancer qu'une mère qui laisse un enfant aller aussi loin qu'il veut dans la liberté de devenir ce qu'il est est sacrément fortiche. (J'ai entendu CARLOS parler récemment à la télé et il n'avait pas les stigmates d'un type malheureux, loin de là ...). La tentation normative est un fléau puissant.
Méfions-nous des jugements hâtifs sur des personnes et des situations dont nous n'avons pas abordé tous les aspects. Dolto comme d'autres médecins pédiatres et psychanalystes nous a fait part de ce qu'elle avait elle-même compris de la psychologie du développement de l'enfant . Ce ne sont ni des diktats, ni des notions inébranlables. Chacun y prend ce qui lui convient et il n'y a pas de culpabilité à avoir.
Nous sommes tous sans exception des parents imparfaits,si nous ne l'étions pas, nos enfants n'auraient même pas le privilège de nous sentir défaillants et de nous sevrer...
Rédigé par: Marie.Pool | 12 fév 2006 01:35:23
te revoilà Marie-Pool.. tu m'as manqué !
sevrage des parents : pour certains - pour tous peut-être - c'est si difficile de se séparer..
Rédigé par: Christie | 12 fév 2006 10:54:34
Telle: "choisir sa maman"...hmmmm...pas encore tout à fait convaincu... je vais creuser ça.
Rédigé par: houbi | 13 fév 2006 10:35:01
on n'est pas forcé de croire tout ce qu'elle dit.. il y a des choses qui font écho, d'autre moins.. mais tu as lu ses livres ?
Rédigé par: Christie | 13 fév 2006 10:42:10
non, juste feuilleter sur des coins de table. je dois avoir l'impression de savoir ce que je vais y trouver.
ce qui est faux évidemment.
Rédigé par: houbi | 13 fév 2006 10:49:23
ce qui est faux, et vrai
mais c'est comme Venise, Rio, les mythes : on nous en a tellement rabaché les oreilles qu'on n'a plus si envie d'aller voir par nous-mêmes, on croit tout savoir avant d'avoir découvert par nous-mêmes ; et non ! les classiques restent des classiques à cause de cela, de l'émerveillement que l'on ressent quand on s'y frotte SOI, de la vérité de SOI qu'on y trouve.
Ah, Venise..
Rédigé par: Christie | 13 fév 2006 10:53:33
Les commentaires récents