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Depuis que je suis née, c'est l'hémorragie.
J'ai toujours eu plus besoin de parler que les gens avaient besoin de m'écouter ; c'est con, hein ! D'abord, ma mère à qui j'infligeais chaque soir tout le récit de ma journée, depuis les disputes avec Charlotte jusqu'à la lecture du brouillon de ma rédaction. Pôvre. Et pôvre aussi, mon frère qui n'a jamais pu en placer une.
Ensuite, la sus-mentionnée Charlotte m'a prévenue qu'elle ne lirait plus mes lettres si je ne l'incluais pas un peu plus dans les lignes ; en d'autres termes, la lectrice, mon unique à l'époque, revendiquait sa place. Son conseil en forme d'avertissement est celui qui m'a le mieux aidée dans ma longue carrière de loghoriste. Depuis, je suis obsédée par ceux à qui j'écris. Et cela n'empêche pas mon univers d'être névrotique, répétitif, s'auto-nourrissant, et narcissique bien sûr.
Après Charlotte, il y a eu Nico, et pour ne pas le voir partir j'ai appris à me taire de temps en temps.
Alors je comprends qu'il y en a qui s'en aillent. Ca peut être une histoire de pub, ou la sensation de ne plus rien recevoir, ou ce manque d'air dont je souffre aussi, ou le dégoût de me voir ainsi m'exposer. Tout m'importe, et je ne peux pas tout changer.
A chaque départ, je saigne. Certains m'ont donné envie de me défenestrer si vous voulez savoir - et puis je me suis retenue au pinceau. Et j'ai recommencé ailleurs.
Vous me manquez bien sûr, tous ceux qui partez. Et je continue sans vous, parce que je ne peux pas m'en empêcher.
[Vous avez peut-être reconnu Dominique Blanc dans le film Après la vie - un de mes préférés avec Sous le sable, de François Ozon.]
février 1, 2006 dans Upon writing, Vous | Permalink | Commentaires (18)
y'en a des qui s'en vont, d'autres qui débarquent, certains qui reviennent après une pause ou une vallée dans la mémoire…
une vie sans mouvement, sans va-et-vient, c'est prendre racine ; et mourir, un peu. ceux qui partent sans se retourner ont fait leur temps, n'ont peut-être plus rien à prendre et rien de plus à donner.
accepter ces allers aléatoires et ces sans-retours comme autant de détours pour finalement marcher droit, ceux qui ne sont plus là ont fait un choix. ils se sont servis, parfois ont dit merci ou ont filé à l'anglaise. c'est comme quand on ferme un livre après l'avoir lu, on peut s'en trouver frustré ou repus. on ne jette pas pour autant l'ouvrage au caniveau. il est des gens qu'on ne revoit jamais, des livres qu'on ne rouvrira en aucun cas mais qui sont là, bien au chaud dans les replis de la mémoire…
vous livrez un peu de vous, de la vie qui vous entoure. mais ce blog, comme tous les autres n'est pas votre vie. juste une fenêtre, un aperçu. un vague reflet dont on a besoin pour être jugé, trouver un point d'appui dans le grand vide. un point de repère, mais pas tout un sol sur lequel on prend pied.
je pense qu'il est important de faire la part des choses, d'arriver à définir une limite et une indépendance ferme vis-à-vis de tous ces juges anonymes, ces lecteurs lointains et inconnus, d'autant plus difficiles à appréhender qu'ils sont immatériels.
j'ai parlé avec mes tripes et non avec ma matière grise, c'est du brut de décoffrage, du frais direct from Rungis. mais tant pis, je m'a ex-primé.
bonne soirée.
Rédigé par : b. | 2 fév 2006 01:27:01
ouf, désolée pour la longueur… le commentaire fait concurrence au post (seulement du point de vue de la taille, s'entend, je reste modeste ^^)
Rédigé par : b. | 2 fév 2006 01:28:33
Damned! Voilà tout, ou presque, ce que je voulais dire en réponse à ton poste, Christie, dit dix fois mieux, ça c'est frustrant aussi...alors je me contenterais de dire que j'ai reconnu l'image, que j'avais adoré cette trilogie, et que en effet, le dernier volet était magnifique, le voile levé sur les peronnages, j'avais été particulièrement touché par Gilbert Melki.
Et "sous le sable", pas vu, par contre j'ai beaucoup aimé "5*2", de F.Ozon également.
Rédigé par : marine | 2 fév 2006 05:51:53
C'est pas une raison pour ne pas mettre à jour la colonne de gauche, Février, j'ai FROID !
Rédigé par : Madamàparis | 2 fév 2006 09:21:00
ah voui voui voui... je m'y mets ! je vais surtout enlever des titres pour le moment, car je suis captivée par le vent qui soufflait dans les grues, pas encore terminé.
Rédigé par : Christie | 2 fév 2006 09:22:46
ben moi je viens à peine de la voir la fameuse pub. Comme quoi elle n'est pas si polluante que ça. Ou alors c'est que je suis habituée, essayez le lire la version en ligne du Monde, vous verrez !! Le plus important c'est de lire le texte au milieu des images...
Rédigé par : nat | 2 fév 2006 09:55:25
ouiiii," sous le sable", magnifique. Charlotte Rampling, troublante comme toujours.
je l'adore. Elle est belle, insaisissable, une classe folle, du mystère..
Et "la chambre du fils" de Nanni Moretti ?
l'as-tu vu ??
c'est un mélodrame sublime.
Rédigé par : incha | 2 fév 2006 15:08:33
j'avais bien aimé, même beaucoup aimé, mais j'ai été plus touchée par Rampling, Melki et Blanc.
Rédigé par : Christie | 2 fév 2006 15:11:18
Merci pour ce beau post, de ceux qui justement me donnent envie de revenir très souvent.
Rédigé par : la timide | 2 fév 2006 15:41:29
Dominique Blanc certes...et Gilbert Melkiiiii, pardon, Gilbert Melki. Certains partent d'autres arrivent. J'aime chez toi le léger/moins léger, ces moments avec tes filles, ces paroles de mères...Allez,j'attends ta virée au dernier étage du Bon Marché.
Rédigé par : catherine | 2 fév 2006 18:38:25
Bon et bien moi je reste voire je campe !
Rédigé par : sophie | 2 fév 2006 18:48:11
Ben la vie c'est cela non? ça vient, ça part, tout change!
Là tu me fais peur, suis nouvelle mais je n'ose pas rester, j'aime les portes ouvertes et les courants d'air moi!
Rédigé par : Ruth | 2 fév 2006 22:32:31
mais Doudou j'ai jamais attaché personne !
en + moi aussi je suis un courant d'air. Mais c'est plus facile quand c'est moi qui décide d'ouvrir la porte et de partir, que l'inverse. Et quand on anime un lieu, un blog, une maison, ben par définition les gens vont et viennent.. et reviennent.. ou pas. J'ai le droit de trouver ça dur et de râler, même si ça fait partie du jeu, non ?
Rédigé par : Christie | 2 fév 2006 23:19:48
Ben tiens , ça tombe christie ! J'aimais bien te lire , mais j'avais laissé tombé car sur un blog j'aime bien l'échange , court certes , mais correct , qui fait plaisir.Je réponds toujours aux commentaires qui me sont déposés , et jamais tu n'as eu la correction d'en faire de même avec moi , quand je te lisais et commentais.Ca m'a lassé...C'est tout bête parfois... ! ;)Ca ne t'empêchera pas de continuer , je ne me fais pa de soucis ! Heureusement ;)
Rédigé par : avanaé | 3 fév 2006 09:31:09
oui, je comprends tout à fait que tu te sois lassée.
Rédigé par : Christie | 3 fév 2006 12:47:17
Les mots d'avanaé parlent pour moi également. Bonne continuation.
Rédigé par : lecolealamaison | 4 fév 2006 16:23:56
Oui mais tu as tellement de commentaires que tous leur repondre quand meme... Enfin, je voulais juste te dire que personnellement meme si je viens moins regulierement pour faute de temps et contraintes de boulot il y a beaucoup de jours ou je pense a toi, tes idees ou ton blog dans ma vraie vie donc loin des yeux pas forcement loin du coeur. Bises
Rédigé par : Maurine au bout du monde | 15 fév 2006 01:48:33
tu es un amour de me dire ça.
En fait les commentaires ce n'est pas une question de nombre mais d'emploi du temps (en gros quand je ne suis pas là et que je rentre et qu'il y a 6 ou 7 commentaires ben je n'arrive pas à répondre à tous) et aussi, certains font un drôle d'écho, trop fort ou blessant (pas forcément intentionnellement), ou pas d'écho du tout, du coup ben voilà, je ne me sens pas tenue de répondre.
Rédigé par : Christie | 15 fév 2006 09:12:11
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