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(Si je ferme les yeux, j'entends un homme qui parle de la mort de Louis XVI, les voitures sur le goudron mouillé, la petite musique monotone qui berce Alma enfièvrée, le ronron de mon ordinateur).
Un visage à la fois j'offre à ceux que je rencontre. Visage anxieux, visage radieux, visage énervé, visage qui se débat dans tout ce qu'il veut faire, dans le passé qu'il porte, l'avenir qu'il couve.
Un visage à la fois, en ce moment je ne suis pas un monstre de constructivité, à vrai dire j'ai très souvent envie d'envoyer chier mes clients...
Mon désir hiberne momentanément.
Et s'ils décidaient de s'arrêter à ce visage ?
Je me vois fluctuer en mosaïque, eux me voient sans doute d'un bloc "Cette fille est épatante" ou "cette fille est capricieuse et inconsistante". Etiquetée la miss, bien rangée dans son petit bocal à côté des autres, dans leur collection de caractères.
Ne vous en faites pas, je suis en train de me reprendre.
Un blog, ce blog intimiste, donne plusieurs petits carreaux de la mosaïque. De nombreux même, si vous déterrez un peu les archives. En cela il ne représente pas la réalité de la vie, dans laquelle chacun de nous ne montre qu'un visage à la fois.
J'ai froid aux pieds, Alma s'est remise à pleurer tandis qu'à la radio, l'homme de Louis XVI a fait place à Antoine Volodine.
[Merci à Laurent d'Immemory (moi je continue à l'appeler Prumtiersen), qui par la nouvelle présentation de son blog, plus juste dans sa restriction, me permet de formuler cette impression. Merci à lui pour son recul, sa gentillesse à mon égard, sa douceur, et la beauté des photos qui me donnent, par procuration, des bouffées de nature.
Ma maison dans les bois.]
janvier 17, 2006 dans Au boulot !, Deseo | Permalink | Commentaires (7)
Je voulais juste te dire que j'aimais beaucoup ton blog. Il est beau et sincère, ce qui n'est pas si fréquent dans l'univers foisonnant des blog. On sent qu'il répond à une vraie nécessité. Je suis par ailleurs très attachée à "Histoire d'une vie" d'Appelfeld, que j'essaie de faire lire autour de moi. Si tu ne les as pas lu, je te conseille "Tsili" et "Le temps des prodiges". De quoi être ébranlé durablement. Enfin, je te signale que j'ai mis un lien vers ton blog sur le mien. Bonne continuation.
Rédigé par: H. | 17 jan 2006 11:26:18
merci, pour les conseils de livres (je cherchais en effet quoi lire après Histoire d'une vie), et le lien..
Rédigé par: Christie | 17 jan 2006 11:35:48
Tes mots sont magnifiques, bienaudelà des mots. Merci d'être là, christie!
Rédigé par: annick | 17 jan 2006 12:01:26
et puis.. tu sais.. je déterre souvent tes archives " en remontant le temps", et lis tous les comments.. je suis allée aussi dans ton premier blog...
moi aussi, le temps qui passe m'interroge si souvent, m'a toujours interrogée depuis toujours, tellemnt dans des randos en sac à dos dans les Vosges en grande solitaire à pieds ou en vélo!
et "une page à la fois" est tellement ce temps qui passe, une seconde après l'autre, l'autre étant déjà passée!
Être multivisages, c'est juste ÊTRE au plus entier de soi, avec le temps qui passe, et je m'incline devant tes dires intimistes qui mènent à beaucoup d'interrogations, de réflexions que j'aime!
j aime l'image de la mosaique, et tu vois, avec le temps qui passe, je pense qu en fin de vie, notre mosaique reste incomplète, et tenter de voir la vie dans son essence pure, c'est être dans l éternelle palpitation du temps qui passe, pour tenter juste d'ÊTRE!
Rédigé par: annick | 17 jan 2006 12:31:11
Si notre visage parle de nous, j'ai parfois peur de ce qu'il dit...Sur les photos, en tous cas, j'ai souvent l'impression qu'il me trahit...
Rédigé par: lili | 17 jan 2006 12:54:09
Entre les quatre bruits qui s'offrent un passage acoustique vers tes pensées il y en a certainement trois de trop dans l'instant, et pourtant tu les accueilles sans trop paniquer. Les penser ensemble, est-ce cela vivre une vie de femme d'aujourd'hui ? Nous traversons des bruits et ils nous traversent. Comment retricoter avec tout cela ( à la manière de nos grands-mères si fourmis)la petite musique intérieure qui nous aide à tenir un peu plus vigoureusement notre petit monde entre les bras. Ton regard en dit long sur la quête d'un bruit qui amalgame doucement tous les autres, en toute sérénité.
Rédigé par: Marie.Pool | 18 jan 2006 17:00:41
j'aurais dû ajouter que je te trouvais très bien sur cette photo...(franchement). Quand je parlais de visage qui trahit, je pensais au mien(qui certains jours ...Bof!)
Rédigé par: lili | 19 jan 2006 08:41:12
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