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Mars, ninja Christie


















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dimanche 29 janvier 2006

suis-je le gardien de mon frère ?

BanioTandis que je m'apprête à écrire cette note que je mûris depuis plusieurs semaines (espèrons qu'elle n'ait pas pourri !), Chimène écoute, au salon, ses chansons pour petites oreilles tandis qu'Alma tente de bouloter mes Doc Marteen's. Toutes les deux, elles se tiennent compagnie, et moi je vaque.

Depuis la naissance d'Alma, je suis habitée par la question qui a préoccupé mes parents il y a 28 ans : comment faire pour favoriser l'amour entre mes enfants ?

Peut-être n'y aurait-il rien à faire, juste à laisser faire, en gardant une vigilance de ne pas laisser l'un empièter trop sur le territoire de l'autre, en gardant une vigilance à l'équité de nos gestes et paroles - non pas de les traiter également, mais de leur donner à chacune ce dont on pressent qu'elles ont besoin. Puis, ceci aquis, les regarder vivre dans leur chambre commune.

Mais moi, en plus, réemployant la technique de mes parents avec mon frère et moi - on s'aime très fort - je responsabilise Chimène vis-à-vis de sa soeur. "Je suis dans le bureau, tu restes avec Alma s'il te plait ? tu me préviens si elle fait une bêtise ?" Chimène coopère volontiers.

Et j'occille entre désir de lui attribuer un rôle de"plus grande fille qu'elle est", de grande soeur, et la peur de l'enfermer dans ce rôle, lui voler un bout d'enfance, et figer la distribution "grande soeur, petite soeur" entre elles. Dont je m'aperçois que les adultes ont du mal à sortir, même à 70 ans la petite soeur de ma grand-mère était encore traitée en petite dernière immature. Et je ne vous raconte même pas comment je protège encore mon "petit frère" de 28 ans.

Curious ideas. Et moi, en manque de repères - je n'aurais sans doute qu'à en parler à Nico, à mes parents, à ma grand-mère si sage, et en ce moment je n'arrive plus à le faire, sans doute le travail de questionnement avec la psy creuse-t-il ses galeries - moi, je me raccroche à cet autre de mes fils rouges, la Bible, dont les questions et les affirmations reviennent me hanter. Comme l'envie de trouver mes propres réponses. Et j'ai du mal à chasser le bruit autour pour écouter le murmure de mon coeur.

janvier 29, 2006 dans Carnets de l'après | Permalink | Commentaires (18)

Commentaires

Depuis quelque temps je te lis avec plaisir, la justesse de tes propos rejoignant l'universel. Oui, le juste dans le sens de l'authentique nous rejoint toujours, même si nous vivons d'autres circonstances. Et nous vivons toujours d'autres circonstances.

Les questions et affirmations de la Bible qui nous hantent, je connais cela aussi. Suis-je le gardien de mon frère? Peut-être beaucoup plus et beaucoup moins. Ce que je suis fait que mon frère est ce qu'il est et inversément, ceci collectivement. Pour être le gardien de mon frère faudrait que je soit le gardien de moi-même? Le suis-je? le puis-je???

Avec tes enfants, as-tu l'impression de faire ce que tu veux? ou d'être ce que tu peux?

Rédigé par: Ruth | 29 jan 2006 12:06:08

quand tu me dis que je touche à l"universel, j'occille entre beaucoup de plaisir - et aussi je me demande si je ne suis pas en train d'enfoncer des portes ouvertes !

évidemment, avec mes enfants il y a un mélange des deux, du "a progressé" et du "peut mieux faire"...

Rédigé par: Christie | 29 jan 2006 19:39:13

Le partage,les liens fraternels, la place à donner, sur cela aussi je m'interroge, pr ne pas dire me torture en ce moment...
je n'ai qu'un enfant, notre coeur de beurre, autour duquel tournent beaucoup de choses, dont je m'occupe beaucoup (dés que je le peux) et en ce moment, qd je caresse l'idée d'agrandir la famille, je ressens de l'effroi en me disant "mais comment vais-je faire avec deux? Coeur de beurre ne va-t-il pas se sentir lésé? comment lui préserver du temps rien qu'à lui? etc... etc...
je sais, comme toujours chez moi, j'anticipe beaucoup (je n'ai même pas arrêté ma pilule...) mais qd même, çà me tracasse!
Cela dit, toi, tu as l'air de très bien t'en sortir; alors?
Alors, j'arrête de t'embêter, rebises du dimanche soir!

Rédigé par: small head | 29 jan 2006 20:17:58

C'est également une question que je me pose entre ma 1ere et mon dernier (4 ans d'écart) mais qui ne s'est jamais posée entre la première et le deuxième ni entre le deuxième et le troisième (seulement 2 ans). Je crois que ta fille est capable de te dire si elle accepte ou non de "surveiller" sa soeur, à condition bien sûr que tu saches accepter son non même s'il te contrarie.

Il arrive aussi chez nous que ce soit ma grande qui le propose, pour que je fasse des crêpes dont elle raffole par exemple. C'est du donnant donnant, je peux faire ça si toi tu fais ça. Ou je peux jouer avec toi seule 20 minutes si auparavant tu surveilles bébé 5 minutes. Là encore, il faut faire très attention car un enfant de cet âge là n'a pas la notion du danger... Enfin, je te dis ça... parce que je partage tes interrogations.

Bonne soirée

Rédigé par: telle | 29 jan 2006 21:11:16

j'aime l'idée d'une douce complicité entre frères et soeurs encouragée par les parents.
Maintenant chaque enfant a sa propre envie de caliner ou non son ou sa cadet(te).
Certains, sans aucune intervention des parents, sauront être attentifs et calins.
D'autres seront naturellement plus jaloux et manifesteront donc plus d'aversion envers lui ou elle. (j'ai une copine qui le vit et c pas drôle du tout !)
Je reste cependant et toujours pour laisser faire les sentiments naturels. ne rien forcer et ne rien imposer en matière de responsabilisation des uns envers les autres. (à part des petites choses)
on ne choisit pas son frère ou sa soeur comme nous parents ne pouvont choisir qu'ils s'aiment.
et oui, il faut l'accepter.
mon père n'a jamais aimé sa soeur.
il ne la deteste pas, mais il n'éprouve rien de spécial.
pourquoi ??? (je me suis longtemps posé la question).
Notre rôle de parents et bien sûr d'être le lien.
Pour le reste, on ne peut pas tout maitriser. et heureusemet...

Rédigé par: incha | 29 jan 2006 21:20:23

Moi qui ne suis pas proche du tout de mon fere, a tous les niveaux, et qui le regrette, j'ai toujours beaucoup porte d'attention a ces fratries adultes qui ont ce lien si fort et si particulier, notamment dans ma belle-famille ou chez l'une de mes amies. Sans doute pour comprendre ce qui avait manque chez moi. Et bien la conclusion que j'en ai tiree c'est que ce qui a rendu cette relation si forte ce n'est pas les partages de la petite enfance (tout au moins ce n'est pas du tout suffisant) mais les partages entre ados et adultes: faire des choses ensemble, traverser des moments importants (gais ou tristes) en tant qu'adultes. Ce qui est difficile a faciliter/encourager lorsque les enfants sont hors du nid justement... une bien jolie question en tout cas Christie. Moi qui attend mon tout premier j'y reflechis justement deja!

Rédigé par: Maurine du bout du monde | 30 jan 2006 03:20:43

et il arrive quand ton bébé ? ça doit se rapprocher à grands pas ?

Rédigé par: Christie | 30 jan 2006 09:00:34

Je ne sais pas si on peut favoriser l'amour entre ses enfants... on peut certainement éviter qu'ils ne se détestent trop en ne les comparant pas, en mettant en valeur leurs qualités propres, etc... bref en faisant tout bien comme c'est dit dans les livres ! plus facile à dire qu'à faire tous les jours. En tous cas pour m'être pas mal écharpée avec mes frères et soeurs étant petite, je n'espère pas de miracle avec les miens mais j'essaie de mettre le hola si ça dérape et d'imposer un minimum de respect entre eux. Pour l'instant ils sont petits mais déjà la grande de 9 ans a parfois du mal à supporter ses frères de 7 et 4 ans... Le plus dur c'est de les convaincre qu'on les aime tous, toujours, même quand ils se font gronder !! Quand à la surveillance, je crois que Chimène est encore trop petite pour que se pose un éventuel problème de "vol d'enfance"... mais par contre j'aurais moyennement confiance sur ses capacités à réellement surveiller Alma. Sans préjuger de sa bonne volonté, elle peut tout bonnement oublier ce dont tu l'as chargée au bout de... 5 mn (j'ai déjà vécu ça !) ou bien simplement ne pas réaliser qu'il y a un problème et donc ne pas t'appeler. Si par contre tu la juges parfaitement capable de le faire (tu es mieux placée que moi) et qu'elle est d'accord, pas de soucis et pas de scrupules, ça fait partie de la vie de famille !!

Rédigé par: nat | 30 jan 2006 09:55:42

Ca veut dire quoi: laisser faire la nature? Ca me parait impossible...Qu'ils le veuillent ou non, il me semble que les parents ne sont jamais "neutres".
Quand mon fils unique me dit avec conviction qu'il ne voudrait surtout pas de petit frère ou de petite soeur, je me dis que son père (fils unique depuis trois génération) a peut-être raison de ne vouloir qu'un seul enfant. Moi, je regrette parfois la solitude de mon fiston mais j'aurais tellement peur de ne pas arriver à créer l'"atmosphère" qui feraient que mes enfants s'aiment.
Aujourd'hui, adulte, j'adore mon frère et ma soeur et j'ai l'impression que ce lien est une vraie richesse. Pourtant, pendant mon enfance, j'aurais tellement voulu être une fille unique, j'ai tellement eu l'impression que mes parents préféraient les deux autres et je me sentais tellement différente... Mes parents ne l'ont sans doute pas fait expres mais je crois que tout ça, c'était un peu de leur faute. Il fallu que nous soyons grands pour nous découvrir par nous mêmes, nous plonger dans le monde pour voir à quel point nous nous ressemblions,...Mais je trouve ça dommage, tout ce temps perdu...
Mon expérience de grande soeur me dit qu'il faudrait surtout ne pas enfermer les enfants dans un rôle, ne pas les définir toujours en opposition l'un par rapport à l'autre, que Chimène serait la sage et Alma la turbulente, ou l'une la studieuse et l'autre la mauvaise élève, que l'une soit une qualité et l'autre son défaut (même si c'est partagé, j'ai l'impression qu'on reste toujours enfermé dans cette image et qu'on en veut toujours à l'autre d'être mieux...ou moins)

Rédigé par: lili | 30 jan 2006 13:19:38

Dès sa sortie, j'ai lu Frères et Soeurs, une histoire d'amour de Marcel Ruffo pour apporter des réponses à 2 questions importantes : comment se fait il que mon frère, ma soeur et moi nous aimons tellement (je suis l'aînée) ? Pourquoi ai-je si envie d'avoir des filles ?
Point de réponse compliquée, c'est un hasard formidable et une chance que nos 3 caractères aient bien collé en dépit de fréquents arrachages de cheveux et si nos parents ont créé un climat favorable à la fraternité, la réussite était loin d'être garantie
Quant à la deuxième question, mystère, d'autant que je n'ai en tête que des prénoms de garçons !
Bises
PS : je recommande le livre

Rédigé par: misspaname | 30 jan 2006 14:59:17

Dès sa sortie, j'ai lu Frères et Soeurs, une histoire d'amour de Marcel Ruffo pour apporter des réponses à 2 questions importantes : comment se fait il que mon frère, ma soeur et moi nous aimons tellement (je suis l'aînée) ? Pourquoi ai-je si envie d'avoir des filles ?
Point de réponse compliquée, c'est un hasard formidable et une chance que nos 3 caractères aient bien collé en dépit de fréquents arrachages de cheveux et si nos parents ont créé un climat favorable à la fraternité, la réussite était loin d'être garantie
Quant à la deuxième question, mystère, d'autant que je n'ai en tête que des prénoms de garçons !
Bises
PS : je recommande le livre

Rédigé par: misspaname | 30 jan 2006 15:00:15

Sans doute qu'on peut influencer les rapports entre enfants frères et soeurs. Disons plutôt les encourager.
Mais, il me semble qu'il y a aussi une part "d'irréductible" comme une mayonnaise qui prend ou ne prend pas, dans laquelle chacun rajoute un peu, trop peu, trop d'huile dans les moments nécessaires.
Et cela, je ne crois pas que les parents y puissent totalement quelque chose. A part se tranquiliser avec tout ça peut être ?

Rédigé par: LaVitaNuda | 30 jan 2006 16:48:04

Je me suis aperçue récemment que, dans ma fratrie de quatre enfants (deux garçons et deux filles, en alternance - je suis l'aînée), maintenant adultes, nous avions tous développé une sensibilité artistique proche, mais avec chacun notre domaine de prédilection: moi, c'est la littérature; mon frère cadet, le cinéma; ma soeur, les arts plastiques; et le benjamin, la musique.
Ca n'empêche pas les incursions chez l'un ou l'autre, au contraire: je chante avec mon petit frère, ma soeur me demande des conseils de bouquins, mon autre frère demande à ma soeur son avis sur la lumière d'une scène de son court-métrage...

C'est un vrai mystère pour moi, ces complicités-là, avec des gens que je n'ai pas choisis, avec qui j'ai dû vivre pendant vingt ans. Ca ne s'est pas toujours bien passé - j'ai plein de souvenirs d'arrachages de cheveux, de morsures et de noms d'oiseaux au kilomètre! -, ça aurait très bien pu empirer à l'âge adulte, et pourtant, aujourd'hui, ces trois-là font partie des essentiels de ma vie...


Rédigé par: Nan | 30 jan 2006 17:08:21

C'est pour debut mai Christie! Encore 3 mois!

Rédigé par: Maurine au bout du monde | 31 jan 2006 23:47:03

Je lis avidement les témoignages des uns et des autres, moi qui ai été élevée seule (fille unique jusqu'à l'âge de 18 ans), et qui me retrouve face à l'animosité de mon fils aîné pour son petit frère. Pourquoi, comment? J'ai l'impression que nous avons fait comme on le recommande dans les livres, s'occuper beaucoup du premier à l'arrivée du second (et après, et toujours maintenant), l'impliquer, lui faire partager des moments "spéciaux" avec son frère, lui donner de petites responsabilités ... Rien à faire, il déclare à qui veut l'entendre "Je déteste mon frère", et Paolo renchérit "Il me déteste, il dit que je suis bête" (mais lui ne fait jamais de telles déclarations de haine à l'encontre de son frère aîné).
Je ne laisse jamais le petit sous la responsabilité du grand (qui a 7 ans), surtout après une expérience traumatisante cet été, lorsque Paolo, qui ne sait pas nager, a perdu pied dans la piscine - son frère n'a pas fait un geste, n'a pas tendu la main pour l'aider. Il m'a dit ensuite que j'ai été plus rapide que lui (c'est peut-être vrai, j'ai sauté dans l'eau plus vite que l'éclair), mais je reste avec cette terreur en moi, ce monstre d'idée qui me murmure que si Paolo était en danger, son grand frère ne l'aiderait pas.
A côté de ça, ils jouent ensemble énormément, font les zouaves et se disputent comme n'importe quels autres gamins de 5 et 7 ans. Mais pourquoi, pourquoi, ce besoin de crier sa haine à un petit frère qui l'admire et chercher à devenir comme lui? Est-ce le souvenir douloureux du château Playmobil 10 fois, 20 fois, 100 fois détruit? (c'était plus fort que lui, chaque fois qu'on ne regardait pas, Paolo démontait le château de son frère avec une détermination hors du commun. Maintenant, le château est dans une boîte dans le garage, mais je ne suis pas sûre que s'il était encore dans la chambre, il n'attirerait pas la destruction, aussi tentante pour les mains de 5 ans que pour celles de 18 mois ...)
J'ai l'espoir que l'âge les rapprochera - ou les déprochera, pour reprendre un mot de leur petite enfance, leur donnera l'espace pour se voir et s'apprécier en tant qu'individus distincts, et non en tant que miroirs ou ombres l'un de l'autre.

Lola

Rédigé par: Lola | 1 fév 2006 03:51:25

quel cri du coeur ! quelle douleur pour une mère(que je perçois aussi chez mes deux grands-mères) lorsqu'elle s'aperçoit que leurs enfants ne pourront pas lui suppléer quand elle sera partie, et parfois pire, pourront se faire du mal..

heureusement, les situations humaines ne sont pas figées, ni dans un sens, ni dans l'autre.

Rédigé par: Christie | 1 fév 2006 10:09:31

Ma petite expérience pour réconforter Lola.
J'ai moi même un petit frère de 5 ans de moins que moi. Petits, nous nous sommes titillés, disputés à longueur d'années. Je crois aussi que je le détestais la plupart du temps, peut être parce que j'ai été fille unique pendant mes 5 premières années. L'adolescence n'a pas arrangé les choses, puis je suis partie de la maison pour faire mes études.
Et petit à petit, tout doucement, les choses ont changé. Lui aussi est maintenant parti de la maison, il est devenu un adulte (enfin, de 22 ans) et maintenant, nous sommes copains comme cochons (pour reprendre une expression de nos parents).
Il traverse en ce moment une période difficile et je souffre avec lui, j'essaie d'être là pour l'épauler.
Je n'ai pas analysé la situation, je ne sais pas comment mes sentiments pour lui ont pu changer ainsi, mais c'est comme ça. Alors, ne perd pas espoir, comme dit Christie, les situations humaines sont loin d'être figées.

Rédigé par: Pas folle la bête | 1 fév 2006 10:54:59

Je voudrais aussi rassurer Lola: comme je l'ai dit, quand j'étais petite, je n'aimais pas mon frère, (trop différent de moi, je le trouvais superficiel et moqueur) et j'avais l'impression que ma soeur- jumelle- étouffait une partie de moi. Aujourd'hui, par contre, j'ai découvert un vrai lien avec eux, très fort, et je trouve qu'ils sont les plus belles personnes que je connaisse. Et ma soeur n'est plus ce double qui mempêche d'être moi-même mais ma moitié sans laquelle je ne pourrais être entière.

J'espère que les enfants de Lola connaîtront la même chose que nous, et même un peu plus rapidement que nous (il a fallu 25 ans quand même).

Rédigé par: lili | 1 fév 2006 11:46:11

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