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Mercredi, fin d'après-midi. Conversation entre deux jeunes mamans (plus si jeunes en fait, l'une d'elles a trois cheveux blancs) sur le banc d'un square bondé (1).
- Ren lala, hier je suis allée à la librairie avec les filles... épique. Je voulais regarder un peu la rentrée littéraire.. La grande a commencé à ramper par terre. Relève-toi, lui ai-je ordonné (un peu mollement). Puis j'ai laissé tomber car la petite s'est mise à hurler. Une cliente s'approche, l'air de dire Elle s'occupe de rien celle-là. Je m'amène. Ma petite avait faim, heureusement j'avais prévu de quoi.. Je m'installe sur le tabouret de la libraire (après avoir demandé) et donne le biberon au monster (l'autre toujours en train de faire la serpillère). Le dit-monster se jette sur sa pitance, puis régurgite une bonne louche de faisselle deux minutes plus tard, moitié dans mon sac, moitié sur le parquet. La libraire se précipite pour juger des dégâts, mon bébé dans les bras je tente maladroitement d'essuyer Laissez je vais le faire me dit-elle sèchement. En ramballant mon matos (après avoir acheté 3 livres quand même) j'entends la libraire à la caisse dire à la cliente Pas facile à cet âge et la cliente de rétorquer C'est pas une question d'âge.. Je sens que je vais y retrourner souvent à cette librairie.
- Rroh ben moi c'est pareil tout à l'heure j'étais à la poste avec Dorothée (2), on poireautait dans la queue depuis une demie heure, on crevait de chaud, j'étais au bord de l'évanouissement et Dodo en avait marre elle s'est couchée par terre, les gens dans la file m'ont jeté des regards qui crieaient Mère indigneuh !, du coup ma voix lasse Allez Dorothée, lève-toi..
Fou rire des deux mères.
(1) Pendant toute la conversation, leurs filles jouent à envoyer la poussière du sol sur les bancs voisins et à se taper dessus à coup de rateau.
(2) Les prénoms ont été changés pour l'intrigue. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé est purement fortuite.
septembre 10, 2005 dans autoficcion | Permalink | Commentaires (9)
Constat à l'amiable:
1/Une librairie n'est pas une fromagerie ( la présure des estomacs juvéniles doit être strictement rangée à la cuisine, dans un frigidaire ou un endroit frais, et l'enfant fromager doit être neutralisé -verticalisé avec moultes précautions sitôt le signal hautement significatif du premier rot qui -toute laitière le sait- peut en cacher un autre).
2/ Le sol d'une librairie ou d'une poste n'est pas un bassin de barbotage pour fillettes prises de mouvements
natatoires incongrus et inopinés.
3/ Les mouflets sont priés de rester verticaux en présence de leur mère lessivée et de réserver leurs mutineries aux sorties munies d'aides de camp naturels (les géniteurs), volontaires ou mercenaires (les cooptés vénaux ou non).
Il faut bien que les mères s'instruisent et se resocialisent bon sang de saperlipopette !
Rédigé par: Marie.Pool | 10 sep 2005 22:30:45
presque les mêmes, 15 ans plus tard :
l'adolescent se dépliant mollement entre deux rangées de bouquins "littérature", mais parlant très fort, bon ben alors c'est quand qu'on s'en va, parce que là franchement c'est nul, y a même pas des mangas,
sa soeur, faisant tomber dans le rayon Vie Pratique, la pile de Mamies Nothomb "Le 3ème âge : stupeur, tremblements et défaillances de la mémoire", parce que juste après elle a rendez-vous avec Kevin, et qu'elle s'est perchée sur de hauts talons avec lesquels elle martèle inconfortablement le doux plancher de la librairie sans vraiment maîtriser son fragile équilibre : ouais maman, faudrait se grouiller, je vais être en retard pour Kévin moi.
Le frère, de sa grosse voix toute neuve et qui raisonne très fort :
- Kaisses-tu fou à traîner avec cette caille, ton Kevin c'est rien qu'un con.
La soeur qui laisse à nouveau tomber les Mamies Nothomb qu'elle avait entrepris de ramasser sous l'oeil furieux (et méfiant) de la libraire, fonce autant qu'elle le peut vers son frangin en brandissant son sac à main, lequel se coince dans la merveilleuse affiche suspendue de "Harry Potter tome XXVI : l'art d'être grand-père malgré les forces des ténèbres", qu'elle tire pour dégager, et qui alors se décroche et tombe sur une vieille habituée, qui se demandait bien pourquoi elle songeait soudainement à du lait caillé ...
[toute ressemblance même anticipée avec des personnes réelles est purement fortuite de par hasard en faisant pas exprès]
moralité : Mères de famille que cette lourde responsabilité n'a pas encore écartées des livres, évitez les librairies en présence de votre progéniture, à moins qu'ils n'aient entre 8 et 12 et un goût avéré pour la chose écrite (ou que vous ne leur ayez promis des cartes Duel Master (garçons), des papeteries didl (filles), une valise remplie d'argent de poche (plus grands) à la sortie s'ils se comportent décemment pendant le tout petit quart d'heure nécessaire à vos achats).
Rédigé par: gilda | 11 sep 2005 10:22:01
Je suis franchement morte de rire :-D Tu as le don du récit et tes commentatrices aussi , un régal !
J'en regretterai presque que ma pitchoune aime tant les bouquins , que je peux avec indignité mais tranquillité , fureter deux plombes dans une librairie ...Du coup , on a moins de choses à raconter , mais j'évite les regards torves et remarques perfides , c'est pas grave; je m'en passerai ! Bonne soirée !
Rédigé par: avanaé | 11 sep 2005 18:32:10
Ca me manque déjà, les immmmmmenses librairies américaines, avec un immmmmense coin jeunesse, trèèèèès loin du coin qui m'intéresse...Quant au regard en coin, les "c'est pas une question d'âge" et autres remarques de crotte de bique, ça me donnerait (presque) envie de repartir. La solution donc, un stage prolongé aux Etats-Unis offert par Border's.
Rédigé par: catherine | 11 sep 2005 22:44:50
Tu veux la mienne qui ouvre tous les livres même ceux sous plastique, s'assoit par terre et me dit tu me lis maman ?
Rédigé par: sophie | 12 sep 2005 00:25:08
ah la la, et dire qu'en grandissant ça ne s'arrange pas toujours (les vomissements quand même j'espère que si). Pauvre libraire, c'est sans doute ELLE qui ne veut plus de moi comme cliente..
de plus en plus y'a la solution Amazon, mais quand même, rien ne vaut le furetage de temps en temps....
Rédigé par: sans moi | 12 sep 2005 09:50:39
Et la mienne, qui dit à la libraire : non, mon père, il m'a dit que c'était stupide ce livre --juste avant que j'arrive avec ma carte bleue !
(Salut Gilda Jouffreau! il parait que c'est à ça qu'on reconnait les blogs De Luxe : c'est quand les commentaires sont presque aussi beaux que les billets !)
Rédigé par: Benoît | 12 sep 2005 09:54:23
la librairie, mmmh, mon péché mignon, ma douce récompense, ma solitude belle, mon caprice assouvi, c'est MON moment qu'à moi, comme dans des serres à fleurs...froler les pages, lire quelques lignes, un résumé, me laisser séduire par l'écrivain..ahhh moment si.. et plus encore....
alors,loin de moi l'idée de proposer aux ados de m'accompagner, elles fouinent aussi dans les livres, dans leurs temps propres..et puis on découvre nos books au hasard d'un échange in home, quand elles le souhaitent en hugh d'ados..
et puis le temps librarie si convoité par Jean Sé en quête de Woody, Buzz, Schrek en vacances, tellement lourd font de MES moments hors vacances un infini temps à me réapproprier que pour moi...égo d'Annick
Rédigé par: annick | 12 sep 2005 10:24:11
Mon petit Hugo de 3-ans-et-demi-bientôt-4-ans adore que je le traîne à la librairie/médiathèque/grands magasins spécialisés dans la "culture"... pourvu qu'il y ait un rayon jeunesse.. C'est presque moi qui doit le tanner pour en partir ! Et la médiathèque est vraiment une bonne solution pour assouvir notre désir de livres, le sien, le mien, celui de mon mari... sans quoi nous aurions sans doute déjà déposé un dossier pour surendettement ! J'adore acheter les livres neufs, mais c'est parfois difficile mallheureusement. Bref, je digresse... Bien à vous
Mielou
Rédigé par: mielou | 12 sep 2005 18:25:15
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