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Pauline est sculpteur. A l'occasion des Portes ouvertes des ateliers d'artistes de Malakoff, qui ont lieu tous les deux ans, nous sommes retournés chez elle - notre lieu de rêve, un entrepôt désaffecté transformé en atelier-loft (avec quand même une chambre à l'écart, sanctuaire). Ce qui fait dire à Chimène Pourquoi Pauline elle n'a qu'une cuisine ?
Nous étions les premiers arrivés au vernissage, et nous avons recueilli un peu de la nervosité de l'artiste devant les zacouskis tous préparés, et la pièce mise en scène, Vont-ils venir, vont-ils comprendre ce que j'ai voulu dire, vont-ils aimer ?
J'aime suivre l'évolution du travail de Pauline, le bronze de la couleur de mes yeux, les filles de joie, puis le plâtre fantomatique... Trouver les formes qui vont à la matière qu'on se choisit, trouver l'expression la plus juste des sentiments du moment - et cela, sans les mots.
Devant cette absence de mots j'ai du mal à trouver les mots, surtout face à l'artiste, j'ai peur d'abîmer quelque chose. Et en même temps le silence...
Les sculptures de Pauline, même celles qui s'élancent, toutes elles me semblent empreintes d'une mélancolie, d'une solitude qui cherche à sortir d'elle-même sans y parvenir. Aimez-moi ! crient-elles.
L'autre soir, en voyant Pauline sur le grill, d'exposer ainsi sa maison et son travail, j'ai rencontré un autre critère de quand serai-je une artiste ?... Je me sentirai artiste lorsque ce que j'exposerai au regard du monde touchera à l'essence.
En écrivant ces mots je vois bien que ça n'a rien à voir, la teneur en art et le caractère essentiel pour l'artiste. Ou bien si ?
juin 9, 2005 dans Cousinage, Keultcheur, Upon writing | Permalink | Commentaires (2)
Fréquentant certains "créateurs" (j'aime cette qualification davantage que celle d'artistes), j'ai toujours été frappée par la distance qu'il mettent entre eux et le regard des autres. Certains prennent même plaisir à guetter les réactions sans forcément éprouver le besoin d'entrer en contact avec ceux qui les produisent. L'essentiel est ailleurs, il est dans cette quête, ce corps à corps avec le besoin d'expression. Il y a toutes sortes de tempéraments, comme dans la vie, il y a ceux qui travaillent dans l'exiguité de l'espace , d'autres qui ont besoin de ranger, de classer, de mettre en séries... J'ai un vieil ami qui range ses toiles comme des livres de bibliothèque... il les sort pour les expos qu'on lui demande, il a plus de cinquante ans de peinture en autodidacte derrière lui.J'en ai un tout petit peu parlé dans la CAUSE DES CAUSEUSES, il s'appelle EVARISTO, il a vécu des choses terribles dans sa vie de réfugié Espagnol, et il en a fait une oeuvre difficile à regarder mais somptueuse... Il se méfie des flatteurs et laisse les détracteurs à leur crispation, il sourit et plaisante...
J'aime le contact amical des artistes, et tu as raison, il y a bien des choses qui passent en dehors des mots...simplement être là...au moment du dedans/dehors avec le privilège ahurissant et calme de la connivence. Il y a des moments où le créateur a besoin d'être très seul au beau milieu des autres, comme un bel esquif fragile dans les ondulations de l'Océan des rumeurs
Rédigé par: Marie.Pool | 9 juin 2005 23:17:58
Je ne sais pas, mais je trouve que c'est une belle question, en tous cas ...
;)
Rédigé par: avanaé | 14 juin 2005 20:14:58
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