Cherchez, trouvez


  • (avec google)
    Web ce blog

Mars, ninja Christie

















Ca peut servir



























« un parfum de jasmin | Accueil | la présentation au temple »

vendredi 24 juin 2005

elle est seule

Elle_est_seule

Sous le regard de mes louloutes, ou quand Nico joue avec une boucle de mes cheveux je me sens la reine du monde.

Une reine aux mamelles pendantes, aux bras lourds, aux traits tirés sous la bonne mine bronzée.

Avec l'enfant commence la solitude des jeunes femmes. Elles seules connaissent ses besoins. Elles seules savent le prendre au secret de leurs bras. La pensée éternelle les incline vers l'enfant, sans relâche. Elles veillent aux soins du corps et à ceux de la parole. Elles prennent soin de son corps comme la nature a soin de Dieu, comme le silence entoure la neige. Il y a la nourriture, il y a l'école. Il y a les squares, les courses à faire et les légumes à cuire. Et que, de tout cela, personne ne vous sache gré, jamais. Les jeunes mères ont affaire avec l'invisible. C'est parce qu'elles ont affaire avec l'invisible que les jeunes mères deviennent invisibles, bonnes à tout, bonnes à rien. L'homme ignore ce qui se passe. C'est même sa fonction, à l'homme, de ne rien voir de l'invisible.
Christian Bobin, La part manquante.

Commentaires

il voit juste autre chose...

Rédigé par: houbi | 24 juin 2005 11:36:25

ah oui, quoi ?

(je vais me faire des copains !!)

Rédigé par: sans moi | 24 juin 2005 11:44:16

Ce texte est tout à fait vrai, étonnant qu’il ait été écrit par un homme. En fait, je crois que les hommes souffrent de cette solitude de femme, qui entraîne aussi leur solitude à eux, qui se sentent exclus…

Rédigé par: swahili | 24 juin 2005 11:59:50

C'est vrai que toutes ces petites choses qu'on fait pour les enfants et qui prennent tellement de temps sont insignifiantes, invisibles, ingrates...Parfois.(pas toujours)

Rédigé par: lili | 24 juin 2005 12:46:43

Ces quelques phrases sont bouleversantes, merci. M'en vais de ce pas les faire lire à l'homme (qui trouvera grâce à elles moyen d'avoir bonne conscience quand ce sera son tour de ne pas voir l'invisible).

Rédigé par: Anne | 24 juin 2005 15:12:48

Même si je suis pas d'accord avec Christian Bobin, ce sont des jolis mots.
Ils appartiennent à une époque et à des habitudes ou les hommes devaient laisser la place à la maman et leur enfant, pour exercer leurs pouvoirs ailleurs. Un échange de procédés pas terribles et de lieux de pouvoirs, auxquels nombreux sont ceux qui y tiennent encore aujourd'hui.
L'histoire perso de C.Bobin n'y est pas pour rien non plus sans doute.
Si les pères ouvrent grands leurs yeux et leurs oreilles (et le reste) ils pourront entendre bien des choses qu'on ne prête qu'aux mamans.
Sans vous déposséder du moindre regard de vos loulouttes mesdames.
:-)

Rédigé par: LaVitaNuda | 24 juin 2005 16:59:57

en (re)passant...


"elle est seule". mais vous êtes deux sur la photo...

"elle est tout le temps sur moi, comment parler de ce qui ne vous quitte pas ?"
ou comment voir, cela revient au même. peut-être peut-il t'aider...

Rédigé par: houbi | 24 juin 2005 17:14:40

J'ai eu ma période BOBIN... c'est un contemplatif à présent et depuis la mort de certains de ses proches,on dirait qu'il se méfie de la vie ordinaire... Il est aussi pathétique que distant... Il s'est rapproché des anges semble-t-il... Je suis tout à fait en accord avec ce que dit La Vita Nuda... Il y a même une scène dans un livre ( l'un des premiers ou le premier même lu de lui) où un jeune père s'apprête à aller voir sa femme et son nouveau-né à la maternité ... il y va... mais passe devant sans s'arrêter ! Et puis il y a la scène où l'homme se retrouve avec deux jeunes enfants dont la mère vient de mourir . Il doit préparer un biberon ou un truc dans le genre... On sent alors dans l'écriture de Bobin quelque chose de très fort qu'il arrive à faire passer dans l'emploi de mots et de formulations simples, extrêmement banales et justes. On ne brode pas sur la mort,on prend le coup de tissu gelé dans le visage,on est pétrifié et sommé d'agir dans le concret, dans l'hébétude cinglante d'une vie à recoller par morceaux inégaux. Alors décrire la vie dans une sorte de béatitude défensive est l'une des façons de ne pas hurler ou fuir éperdument. Les hommes qui comprennent la maternité et le maternage sont des hommes complets...

Rédigé par: Marie.Pool | 24 juin 2005 22:09:24

bien d'accord avec LVN qui le dit mieux que moi.

Rédigé par: gilda | 25 juin 2005 01:31:50

il me semble que beaucoup d'hommes comprennent et pratiquent la maternité et le maternage.. mais le font-ils tous les jours, le font-ils naturellement (sans être poussés par la femme), et d'ailleurs, pourquoi faut-il appeler l'acte de bercer and co "maternage" et pas "parentage" ?

Rédigé par: sans moi | 25 juin 2005 12:37:58

La photo est tout simplement magnifique. Je trouve tes derniers billets très émouvants. Merci.

Rédigé par: sandrine | 25 juin 2005 14:01:16

Tiens, j'ai cité le même passage, recemment...La photo est superbe, en plus;ça m'plait!

Rédigé par: avanaé | 26 juin 2005 00:42:58

je ne sais rien des hommes en général.
je sais beaucoup de celui qui m'accompagne depuis 8 ans.Et c'est lui qui le plus souvent me montre "l'invisible".
Mais peut-etre est il tres doué pour etre "mere".
et moi pas douée du tout.
J'aime la musique des mots de Bobin mais la generalisations, les etiquettes...

Rédigé par: anahita | 28 juin 2005 08:03:38

Poster un commentaire






Ma Photo

mars 2010

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        

(...)


...