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"Il ne regarde pas toujours dans les yeux. Sa femme le lui dit aussi, paraît-il. Il explique qu'un médecin ne doit pas fixer un malade, qu'il doit lui laisser la possibilité de s'échapper." (extrait du portrait au dos de Libé, samedi - un docteur).
Note pour me rappeler : laisse la possibilité d'échapper à ton regard. Avant que l'autre là, celui que tu regardes avec insistance, que tu regardes simplement et sur qui ton regard pèse, celui à qui tu as posé une question pendant qu'il mange ou travaille ou n'a pas envie de te répondre, et qui fait de sa main un geste d'impuissance, avant que celui-là ne parte loin, toujours trop loin.
Note pour me rappeler : laisse-toi la possibilité d'échapper aux regards.
[photo de James B Harris prise par Olivier Roller]
janvier 24, 2005 dans Deseo | Permalink | Commentaires (10)
Mais moi je ne veux pas m'échapper du cabinet, je veux qu'il me soigne en me disant si je suis curable !
Rédigé par: sophie | 24 jan 2005 18:58:20
j ai aimé lire l extrait du portrait au dos de libé... thanks pour votre chronique
Rédigé par: annick | 24 jan 2005 21:41:47
le propos était très beau et la note très belle, ainsi que la photo.
Elle me touche particulièrement, moi qui ai parfois, tellement je voudrais les écouter bien, tendance à trop directement regarder les personnes avec qui je parle.
à très bientôt par messagerie
Rédigé par: gilda | 24 jan 2005 22:58:28
Merci pour ce lien vers ce portrait d'un médecin dont ont aimerait qu’ils fasse des émules.
La possibilité d’échapper au regard, je n’y avais jamais pensé. J’avais toujours ressenti que le regard fuyant signait plutôt une échappée de celui qui regarde, et non de celui qui est regardé.
Rédigé par: swahili | 25 jan 2005 09:00:23
Oui ! moi aussi.. c'est pour cela que ces mots m'ont touchée..
Rédigé par: sans moi | 25 jan 2005 09:06:25
on la chance ici d avoir un médecin à la fibre extraordinaire...il est revenu ici ce matin, pour la quatrième fois..cette grippe nous a mis par terre et ne nous lâche pas encore avec ses suites..mais quand il arrive , on a confiance telle!il est si apaisant.....un médecin de famille depuis déjà 21 ans!j aurais pu écrire un jour que ce médecin nous ESTmerveille ici!
moi aussi, gilda, voulant écouter bien j avais pris l habitude de regarder bien trop..j espère que j ai enfin pu me rectifier, c est si impossible de se voir au réel!!!
Rédigé par: annick | 25 jan 2005 16:58:27
On ne se voit pas, c'est vrai, mais en branchant ses antennes on perçoit dans l'attitude de l'autre son besoin d'être regardé d'avantage ou, au contraire, d'avoir un peu plus d'espace..
Rédigé par: sans moi | 25 jan 2005 17:00:22
c est vrai, vous avez raison...le souci étant qu ici, ayant eu des antennes si développées avec l autisme si souvent, ensuite, on a bien du mal à sortir les justesbonnes antennes pour les autres...
j ai tellemnt l impression bien souvent d être d une autre planète, de plus adhérer au sol..
c est pas un plus, c est pas un moins, c est une autre planète de perceptions!
et cela me donne accès sans le chercher à la poésie de vie bien plus encore, et çà c est un plus!
Rédigé par: annick | 25 jan 2005 17:37:19
Comme Annick, j'ai cette double expérience des regards avec des gens ordinaires et avec des personnes autistes ce qui oblige à des attitudes différentes. Contrairement à ce que l'on prétendait à une époque, l'isolement apparentet actif du sujet autiste ne l'empêche pas d'avoir besoin de communiquer,bien au contraire... il est d'ailleurs pathétique parfois de voir à quel point cette impossibilité dans l'enfance déclenche des crises de rage et de détresse redoutables... On s'est aperçu que justement les images , les pictogrammes facilitaient dans certains cas les premiers échanges .Les prises en charge précoces des enfants autistes avec méthodes orthophoniques, de psychomotricité et des relais humains structurés et continus, le soutien des parents et fratrie, la scolarisatiion (socialisation) dés le plus jeune âge donne des résultats bien meilleurs que par le passé. Le regard qu'on a sur eux est beaucoup plus aidant et si l'autisme ne guérit pas , il s'améliore c'est indéniable. L'autisme c'est l'école de l'humilité et de la compassion pour ceux qui y sont confrontés. On parle aujourd'hui d'autismes au pluriel car il n'est plus question de réduire un individu à une étiquette diagnostique.
J'ai à présent l'impression que le regard doit être employé comme un instrument de précision.
Il est bon d'avoir conscience qu'on est en train de regarder quelqu'un ou quelque chose. Le regard "touche", on est "touché" par le regard, certaines personnes n'aiment pas être regardées pour des raisons complexes qui tiennent à leur histoire, à leurs difficultés.Avec le culte du beau des sociétés de consommation "le look" imprime un stress supplémentaire... Suis-je regardable ?
Aimer, Aider, pour moi c'est regarder en tenant compte de la pudeur de l'autre et de la sienne.
Pour regarder, on tâtonne toujours... Mais quel plaisir nous avons lorsque les regards se nouent et se renouent vraiment sans volonté d'emprise... juste l'instant... juste le don...
Rédigé par: Marie.Pool | 27 jan 2005 09:46:34
ce que tu dis me fais penser au superbe film de Teychinné, Les temps qui changent, où Catherine Deneuve, vieillie au bout de 30 ans d'absence loin de son premier amour, éteint la lumière, ferme les volets au moment de faire l'amour avec Gérard Depardieu, lui même le nez en patate, les gestes maladroits, si beau dans sa laideur..
Rédigé par: sans moi | 28 jan 2005 11:35:28
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