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Par l'entremise d'internet je découvre que ma prof d'allemand, la prof fétiche de mes années lycée, est homosexuelle.
Marto - une femme informe, à la peau tavelée de marques brunes, cette femme qui chaque début d'année se présentait comme Mademoiselle Martorella en insistant sur le Mademoiselle. Je me demandais pourquoi elle en était si fière. Dans cet établissement catho où la moitié des élèves ne quittaient pas leur Barbour, leur loden, leurs mocassins Sebago. L'autre moitié, à 15 ans, tout de noirs vétus. Marto si laide et séduisante avec ses yeux perçants, son humour cynique, le poids de sa carcasse qu'elle trainait sur l'estrade, sa poitrine plus trop ferme qu'elle posait sur la table.
Je l'ai aimée cette femme, admirée, haïe, tous ces sentiments qu'on éprouve à l'égard de ses initiateurs. Enfin moi. A quoi m'a-t-elle initiée d'ailleurs ?
Et pourquoi la révélation de sa sexualité (elle a publié un recueil de nouvelles lesbiens, a participé à plusieurs recueils collectifs, dont un s'appelle Histoires qui fondent sous la langue, et publie des articles de recherche comme par exemple Y a-t-il une littérature lesbienne ?) - pourquoi cette découverte m'a hantée tout le week-end ?
La sexualité de ses profs, comme celle de ses parents, brr, a-t-on le droit d'y penser ?
En plus, je ne parle plus un mot d'allemand.
janvier 24, 2005 dans Deseo | Permalink | Commentaires (9)
En tout cas, ça nous fait toujours bizarre d'y penser... Genre, de quoi j'me mêle !
Réponse dans la psychanalyse des Contes de Fées...
;-)
Rédigé par : LaVitaNuda | 24 jan 2005 14:42:00
je ne suis pas sûre que Bettelheim évoque le cas des profs d'allemand !! en plus, comme je le lis par bribes, et dans le désordre, et que les passages qui m'intéressent.. Ben je ne le saurai jamais, s'il en parle..
Rédigé par : sans moi | 24 jan 2005 14:51:44
Tiens c'est vrai ce que tu dis sur la sexualité! A t'on le droit d'y penser ?
Tout comme un enfant qui nie de but en blanc qu'une maitresse d'ecole est une maman qui a une maison, des enfants, qui rentre le soir apres l'ecole...
Comme si on mettait la personne "cherie" à un grade different du notre.. je ne sais pas si je suis claire mais c'est vraiment ce que je ressens.
(c'est vilain de penser que.....! alors que....)
Rédigé par : be@ | 24 jan 2005 14:58:56
mais encore la vie de famille on peut l'imaginer !.. c'est plus cette dissonance de l'homosexualité dans ce milieu si catho-conformiste où nous étions, que j'avais dû pressentir d'une manière ou d'une autre.. la dissonnance d'une sexualité en général, parce que par essence on en est exclu, surtout en tant qu'enfant ou élève..
Rédigé par : sans moi | 24 jan 2005 15:04:51
D'après les psychanalystes, les enfants ont pour 1er amour leurs parents. Un amour pour le parent de sexe opposé, qu'ils essaient de ravir à leur époux officiel. Mais aussi un amour pour leur parent de même sexe, et donc dans une dimension homosexuelle. Puisqu'un enfant essaie de s'assurer de l'affection constante et certaine des deux.
Le mot est un peu fort, mais on dit qu'à ce moment là, l'enfant est un "pervers polymorphe". Il prend tout de qui peut lui apporter du plaisir, et donc de l'amour et de la sécurité.
Le fait de grandir, de se constituer petit à petit en personne autonome les oblige à renoncer à cet amour et son cortège de passions, de bonheurs et de jalousie (complexe d'oeudipe).
Les parents les y aident en leur garantissant l'affection et l'amour indispensable, et par une éducation de tous les jours qui les aide à acquérir cette autonomie.
Les enfants censurent cet épisode et le renvoie dans l'inconscient, jusqu'à l'arrivée de l'adolescence et la puberté qui a pour effet de raviver toutes les formations complexes de l'amour de soi et de l'amour de l'autre.
D'ou cette période assez terrible de la puberté, qui ne peut trouver une issue adulte qu'en prenant pour amour une personne hors du cercle familial.
Bon, c'est un peu du Bettelheim express, mais c'est ce que racontent la plupart des contes de fées sous des formes allégoriques souvent terrifiantes (les enfants aiment bien avoir peur pour surmonter leur peurs incoscientes) mais qui se finissent toujours bien (les enfants ont besoin d'issues positives à ces questions cruciales).
Alors que les adultes eux, se tournent ensuite vers les mythes, qui eux finissent toujours mal. En rapport avec les plumes de 'l'innocence' qu'on laisse tous dans cette histoire.
Voilà ce qui fonde chacun de nous en tant qu'être humain, pense Freud et ses potes psychanalystes.
Rédigé par : LaVitaNuda | 24 jan 2005 18:37:58
C'est marrant que tu utilises ce mot "initiee" en parlant d'elle. Pour moi justement la premiere pensee qui me vient a l'esprit en lisant ce mot est d'ordre sexuel.
Peut-etre le savais-tu deja sans le savoir a l'epoque et cela t'a "attiree" quelque part?
L'interdit, le non-dit, l'inconnu, le non-conformisme, le tabou...
Peut-etre que ce trouble de ce weekend etait simplement une reminiscence de la periode ou tu l'avais comme prof car elle a l'air de t'avoir marquee pour differentes raisons.
Rédigé par : Maurine au bout du monde | 24 jan 2005 23:25:02
C'est marrant, on savait des trucs sur la sexualité de nos profs, en plus par exemple que certains s'étaient rencontrés et mariés au collège, que j'ai eu également un prof d'allemand homosexuel (qui s'efforçait d'être discret, mais il était bien trop ... charmant), ça m'a jamais gênée, en fait tant que leurs cours étaient bons, ça m'a toujours paru tout à fait normal qu'ils soient par ailleurs des êtres humains comme tout le monde. Certains sont d'ailleurs plus tard devenus des amis.
En lisant LaVitaNuda, je me dis que j'ai du me balader avec les lacets de l'oedipe défaits et me prendre les pieds dedans, depuis je me casse inévitablement la gueule dans mes rares histoires d'amours.
Si j'avais su, j'aurais fait un double-noeud :-) !
Rédigé par : gilda | 24 jan 2005 23:34:14
initiatrice, moi aussi quand j'ai relu ce mot j'ai pensé au sexe, pourtant ce n'était pas mon intention en l'écrivant, comme quoi on est ambigü même sans l'avoir décidé..
Rédigé par : sans moi | 25 jan 2005 10:15:28
bjr moi c'est autre chose la pire des cas à un age avancee mariee avec des enfants je suis collee au complexe d'oeudipe et j'aime mon mari comme un veritable pere alors deviner un peu les problemes sexuels entre nous je ne sais plus où j'en suis
Rédigé par : noa | 17 fév 2005 01:22:31
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