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je n'ai pas envie de décevoir encore une fois
le lecteur qui passe
je suis triste de décevoir les attentes que certains mettent dans mes tatônnements de mots et qui fondent le jour où ils me rencontrent
je n'en dors plus de décevoir mes clients qui ont aimé ma belle gueule et les livres déjà écrits, et qui soudain me voient toute petite devant l'ampleur du livre à écrire
j'ai mal à porter le regard confiant de ma petite qui me fait plus belle que je ne suis
alors j'écris
[tenue en éveil je marche la nuit dans l'appartement bleu, lumière des réverbères, quelques voitures qui passent, et je m'assieds pour écrire sur le fauteuil près du lit de Chimène, elle se retourne et me voyant croit que c'est déjà le matin, et se lève, attrape son doudou et son biberon, prête à démarrer la journée à 4 h du matin...]
décembre 20, 2004 dans Carnets de l'Avent, Deseo, Inventaires | Permalink | Commentaires (5)
Moi aussi je crains toujours de ne pas être à la hauteur de ce que les autres attendent de moi. Mais c’est peut-être normal, est-ce que ce n’est pas le cas de tous ? Est-ce que n’est pas le challenge qui nous permet d'avancer et de donner le meilleur de nous-mêmes ?
Rédigé par: swahili | 20 déc 2004 14:12:31
Dé -cevoir est aussi important que Re- cevoir... se voir aussi, s'entendre par intermittence à demi-mots,à demi-liens... ces "tout petits liens" dont parle l'Anthropologue François LAPLANTINE dans " De tout petits liens"
(Mille et une nuits) "Un essai sur les processus de métissage, en particulier dans la création artistique et littéraire".
Il est évident que nous ne pouvons rester interactifs et interloqués à trois cent douze pour cent (j'aime bien la sonorité de ce nombre) ...mais je vous laisse faire le calcul...quand vous pouvez... SANSMOI, c.a.d quand Chimène aura basculé dans le Royaume de Morphée...Bien penser d'abord à éteindre la lumière (sauf la petite veilleuse qui protège des loups des placards) et à mettre de l'huile de
cacahuète dans les gonds des portes qui grincelinent à Minuit. Dormez un peu ... Les "clients" attendront...
Rédigé par: Marie.Pool | 20 déc 2004 15:53:06
Tiens, Christie, pour toi, un extrait de poème slovène que j'aime beaucoup (et que connaît bien aussi Marie.Pool) :
"[…] Pourquoi la peur ? Nous ne connaissons pas la profondeur des lacs finlandais, ni le froid de la taïga sibérienne, ni la carte du désert de Gobi. Nous ne connaissons même pas les contours de tes rêves ni des miens. C'est un fait. Mais toi, comme toujours, tu tends l'oreille dans la nuit tombante, tu craques des allumettes, tu scrutes devant toi,[...] les touches brillantes d’un saxophone muet réfléchissent ton visage doux, celui que tu te caches à toi-même et aux autres, dans l’encadrement de la fenêtre les chevaux aux minces queues de soie flottent presque au-dessus de la terre, rôdant, sans suivre de trace aucune, à travers le destin des hommes. [...] est-ce pour cette raison que la pénombre aveugle ton regard et t’empêche de voir toutes les vies en même temps, seul[e] dans le noir [...] ?"
Aleš Debeljak, Minutes de la peur [Minute Strahu], d'après une traduction d’Andrée Lück-Gaye et de de Polona Tavčar (édition françaisede chez Domens non disponible).
Rédigé par: yvesT | 21 déc 2004 20:15:41
Alors Christie, on flippe, on blouzze, on « magone » ? Peur de décevoir ? Mais non, plutôt décider de se voir ! Pour causer, de tout et de rien, de rire de ce que nous écrivons et de blaguer sur ce que nous n’arrivons pas à dire, des mots qui prennent la tangente dès qu’on veut les attraper, hop, un de parti, dix de retrouvés ! Et ce bonheur-là de diabloguer en diablesses pour chasser ce mauvais spleen d’hiver qui s’attaque à l’une puis à l’autre, sans crier gare et s’agrippe, et nous colle à la peau. Ce bonheur-là, il existe.
Et puis, on ne le dirait pas, mais les jours rallongent ! Encore heureux qu’on va vers l’été. Dès qu’on aura pris le dernier virage de l’année. Les premières jacinthes sont là, qui nous disent de patienter. Puis il y aura les crocus. Moi qui suis une dépressive saisonnière, je le sais bien !
Et il y a Maria Gallina, la grande ! Qui veille sur sa généreuse couvée ! Elle en a du boulot la Marie- Pool, dame des Écharmeaux. C’est ma déesse- mère à moi aussi. Toujours consolatrice, même quand elle a de gros chagrins ou de grosses colères. Elle est bien plus grande que moi et elle me fait rire. Et ça me fait du bien. Je ne connais qu’elle pour me faire rire comme elle le fait. Dès que je l’entends, je ris et le « magone » fout le camp. Je retrouve toute l’énergie dont j’ai besoin pour continuer à avancer. Même si je ne sais pas vraiment pour où aller.
Aujourd’hui, je n’ai pas mis le nez devant mon écran, je suis allée prendre l’air et m’activer un peu à des choses plus concrètes. Ça m’a fait du bien ! Il a neigé en Picardie et ça piquait dur avec du givre un peu partout. Mais la ville était calme et j’ai pu fouiner au milieu des bouquins tout à mon aise. Et j’aime bien ton blog, Christie, plein d’idées et de fraîcheur et de jeunesse ! Tu pourras bientôt mettre des photos de Babo Natale avec ta petite Chimène devant, les yeux tout empapillotés de sommeil et de rêves. Allons, à nos plumes les filles ! À nos photos, à nous et à nos projets. Il sortira bien quelque chose de tout cela !
Et il y a Antoine Émaz. Je te conseille "Lichen, lichen " dont je ne me lasse pas.
Tiens un petit bout en prime :
« Je travaille et je vois, après.
Je travaille sans voir-je vois parce que je travaille.
Je travaille. A force, je vois un peu, parfois. Il ne faut pas en demander trop.
Extrême lenteur. Labour… »
Je t’embrasse, Christie, bonne soirée.
Angèle
Rédigé par: Angèle Paoli | 21 déc 2004 20:42:23
merci Yves pour le poême, il parle bien à ma peur.. merci Angèle pour le courage que tu insufles, c'est vrai que les jours rallongent.. je vous embrasse tous les deux
Rédigé par: sans moi | 21 déc 2004 21:20:26
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