Les maisons ont besoin de respirer.
Tous les jours, on y fait rentrer de nouvelles choses - les courses du Franprix, des tonnes de sacs en plastique, les papiers inutiles du courrier... Chaque jour, je m'efforce de vider les poubelles, faire sortir la matière morte.
Et puis il y a les objets plus précieux, ceux qu'on ne peut pas jeter comme ça ; des vêtements, des livres, des cadeaux qui ne nous plaisent pas.
Moi ça m'angoisse de posséder des livres que je ne lirai jamais, de garder dans mes tiroirs des boucles d'oreilles dont la couleur tue celle de mes yeux, dans mes placards des jupes à jamais trop courtes.
Il faut qu'ils s'en aillent aussi pour qu'on ait la place pour les nouveaux livres - livres désirés - les nouveaux vêtements - à notre taille, au goût du moment, et pour tous les trésors que ma grand-mère nous donne ; ses cadeaux sont des trésors quand nous les choisissons, je déteste ses achats sur catalogue et j'adore quand elle me demande ce qui me ferait plaisir.
Que soient bénies toutes les institutions du recyclage, qui nous permettent de donner ou de vendre nos affaires à d'autres qui les désirent, pour libérer de l'espace et laisser respirer la maison ; merci Gibert livres, merci mon ancienne femme de ménage dont les yeux s'éclairaient quand je lui donnais des sacs de vêtements, merci les vides greniers qui fleurissent dans nos villes.
Un de mes projets, quand Attila sera né, c'est d'organiser avec nos amis qui le veulent un grand vide grenier avec nos affaires du moment réunies. Je suis sûre qu'on va troquer à tire l'harigot et qu'on s'amusera comme des fous.
Pi c'est bien de projeter avec les amis autre chose que des bouffes.
[En écrivant cette note me revient en mémoire l'appartement rennais de ma tante Annick, où on ne pouvait pas faire un pas sans heuerter un meuble de bois sombre, où on ne pouvait pas trouver un coin de tiroir ou d'armoire qui ne contienne draps, élastiques, bouts de cartons sauvegardés.. reliefs précieusement conservés pendant parfois des décennies, et dont nous avons jetés la plupart après sa mort. Issus de la grande maison bretonne des arrière-grand-parents, les meubles de famille vivent leur nouvelle vie chez les neveux et petits-neuveux de ma tante ; j'ai eu "sa chambre" - ce qui tenait dans 20 mètres carrés est disséminé dans tout notre appart' ; on n'a pas mis le lustre ni l'armoire bretonne, ni les tapis en fait.
A la naissance d'Attila, Chimène héritera de l'étroit lit d'éternelle célibataire.]
[note à venir (ou pas) : recyclage de livres]


















































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