Dimanche, j'ai retrouvé ma petite grand-mère. Cela faisait deux que je n'allais plus la voir, parce que chaque rencontre se soldait par un sentiment pénible lié à des jugements à l'emporte-pièce de sa part Ta fille est vraiment très mignonne, surtout si on voit la manière dont tu lui cèdes pour tout ; ou Tu es dure avec ta petite, on dirait ta grand-mère (l'autre, la mère de ma mère, qu'elle déteste). Et par des réponses agressives de ma part.
Je ne supporte pas non plus qu'elle se serve de son grand âge et de la proximité de la mort pour imposer ses 4 volontés à tout le monde ; et à la fois je me sens mal quand je ne vais pas la voir (si elle meurt demain je ne me pardonnerai jamais de l'avoir laissée tomber à la fin de se vie, surtout qu'elle m'a tellement aidée au début de la mienne), et à la fois merdre, je déteste me laisser emmerder.
Et puis dimanche, elle est venue à la maison avec Maman (sa belle-fille donc, qui se plie en 4 pour elle), elle m'avait apporté des framboises de son jardin, qu'elle adore mais elle sait que Chimène et moi en sommes friandes, elle était toute douce, a fait des compliments à tout le monde..
C'est moi qui l'ai raccompagnée chez elle. Chez elle, dans ce pavillon de Malakoff que j'ai toujours connu, où j'ai passé tant d'heures, petites, à dévaler les escaliers, à explorer en frissonnant la cave et le grenier, à manger des oeufs à la coq en regardant Les chiffres et les lettres... J'ai taillé ses rosiers aux endroits qu'elle est trop petite pour atteindre Arrête, arrête, tu coupes trop là.. Tu vas te piquer..
Puis, armée d'un verre de jus de fruits de la passion Passionaria, je me suis installée dans son canapé en velours vert amande et j'ai rattrapé mon retard dans la lecture des Paris Match.
Elle ne m'a pas laissée repartir sans un bouquet de roses.
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