les visages
Je n'avais pas pleuré devant un film depuis le final des Choristes. La honte, j'ai détesté ce film et la petite corde sur laquelle il a appuyé. Et j'ai détesté que ce catalogue de bons sentiments ait été le film plebiscité des Français.
C'est des Etats-Unis que me sont venus mes derniers émois cinématographiques. A history of violence, en novembre, et encore plus hier soir, avec cette histoire d'amour d'une vie, amour éprouvé à en hurler et qui pourtant se refuse, avec pour conséquence "le lent et vain écoulement de l'énergie vitale loin de l'être aimé" (c'est la phrase sublime de Louis Guichard, dans Télérama, qui m'a donné envie d'aller voir ce film).
Qui n'est pas une histoire d'amour homo mais l'histoire de la rencontre de deux âmes soeurs, qui se trouvent être des hommes ; en cela, je l'ai trouvée universelle (à l'inverse de la série The L World, mettant en scène des lesbiennes et dans laquelle je m'étais sentie exclue).
Les visages de ces hommes ; Jack, viril et si féminin dans sa façon d'amener à lui Ennis, le "fruste" américain profond, tout en retenue, qui n'a pas le courage de vivre de vivre son destin. Je ne sais pas parler de ces deux hommes, de la brutalité et la douceur de leur désir, la puissance et l'impuissance de l'amour.
Et à la fin, il ne reste plus rien à Ennis qui a dit non à tout, qu'une chemise à étreindre, tout seul dans son trailer.
Et à moi, joues ruisselantes, la poche du caban de Nicolas où j'ai glissé ma main.










































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