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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























dimanche 22 janvier 2006

les visages

BrokebackJe n'avais pas pleuré devant un film depuis le final des Choristes. La honte, j'ai détesté ce film et la petite corde sur laquelle il a appuyé. Et j'ai détesté que ce catalogue de bons sentiments ait été le film plebiscité des Français.

C'est des Etats-Unis que me sont venus mes derniers émois cinématographiques. A history of violence, en novembre, et encore plus hier soir, avec cette histoire d'amour d'une vie, amour éprouvé à en hurler et qui pourtant se refuse, avec pour conséquence "le lent et vain écoulement de l'énergie vitale loin de l'être aimé" (c'est la phrase sublime de Louis Guichard, dans Télérama, qui m'a donné envie d'aller voir ce film).

Qui n'est pas une histoire d'amour homo mais l'histoire de la rencontre de deux âmes soeurs, qui se trouvent être des hommes ; en cela, je l'ai trouvée universelle (à l'inverse de la série The L World, mettant en scène des lesbiennes et dans laquelle je m'étais sentie exclue).

Les visages de ces hommes ; Jack, viril et si féminin dans sa façon d'amener à lui Ennis, le "fruste" américain profond, tout en retenue, qui n'a pas le courage de vivre de vivre son destin. Je ne sais pas parler de ces deux hommes, de la brutalité et la douceur de leur désir, la puissance et l'impuissance de l'amour.

Et à la fin, il ne reste plus rien à Ennis qui a dit non à tout, qu'une chemise à étreindre, tout seul dans son trailer.

Et à moi, joues ruisselantes, la poche du caban de Nicolas où j'ai glissé ma main.

jeudi 15 décembre 2005

cette femme-là

Mam_et_les_girlsHier après-midi, j'avais promis d'emmener Chimène chez Mam pour qu'ensemble, elles construisent la crèche. Aller chercher Alma, prendre la voiture, charger les filles et le matos.. Tout ça la veille de mon concert, à deux heures de la répétition générale.

Elles ont installé les dix santons sur le papier défraichi, Alma a piqué sa crise de dents, Chimène a mis des miettes de gâteau partout, the usual. Et au moment de partir, devant la voiture, j'ai dit à Mam Et si tu m'accompagnais à la Générale ? Elle devait venir demain, enfin, aujourd'hui, au vrai concert, mais c'était pas pratique, qui allait l'emmener, y'aurait eu plein de monde, etc.

Zuip, ma vieille a filé chez elle, a attrapé son vison et sa canne, et en voiture Térèse.

Une heure plus tard, nous avons laissé les filles à Nico, bras dessus bras dessous comme deux collègiennes (en un peu moins alertes). 

C'était la seule invitée, le reste du public était des amis des vrais musiciens (l'orchestre, les solistes) ; avec son mètre 45, elle entre partout. Au début elle ne me voyait pas de là où elle était assise, alors je l'ai vue se lever, trottiner vers une autre place, me chercher du regard... je me contorsionnais en chantant Kyrie tralala, pour attirer son attention.. Un grand sourire.. Pi de temps en temps j'avais l'impression de la voir dodeliner..

Pendant la pause, j'ai couru vers elle et elle s'est exclamée Ta voix domine nettement ! Ils doivent être drôlement contents de t'avoir, dans le choeur.

L'amie à qui j'ai rapporté cet élan d'admiration a rigolé pendant 5 minutes.

[A part ça, ne vous pointez pas à Saint Sulpice ce soir, on joue à guichet fermé. Ca va être trop beau !]

lundi 05 décembre 2005

hiatus

SpectacleVendredi soir, dans un théâtre parisien. Rythme d'enfer d'un vaudeville, les acteurs entrent par une porte, sortent par une autre, s'emmèlent dans leurs mensonges.

Ma mère est assise à ma droite ; nous sommes au balcon, premier rang, les jambes pliées autour du velours rouge. Régulièrement, maman se penche et régulièrement, la dame de derrière lui tape sur l'épaule : "Restez comme vous étiez ! Je ne vois rien." L'envie de me lever et de lui dire son fait, à cette dame.

Le micmac bat son plein. Le personnage en aime deux, deux femmes, classique. Autour de nous, la salle jubile. Rires, éclats de rires.

Au milieu de cette joie, deux blocs de marbre, Maman et moi. On se regarde, un peu gênées, moi de l'avoir entraînée là, elle de ne pas rire à ma pièce... Et nous sommes solidaires, les deux pas drôles.

jeudi 01 décembre 2005

abeudoudoudoudou... une page de pub

Comme je vous l'ai peut-être déjà raconté, ou pas, je me suis enfin décidée à sortir de ma cuisine et à chanter... sous la pluie... ben non, il ne pleut pas quand j'entonne le Requiqui... puisque ma voix pointue se mèle à celles d'un choeur trèèèès pointu. Notamment à côté de moi, dans les Soprane, ma plus vieille amie (Viow) et ma plus récente (Marie-Lu), la motivation vient donc de tous les côtés (et la bonne poilade et les : "T'aimes pas les ragots, toi ? Ah si, pasque justement.. ")

Pour courronner le tout, nous sommes dirigés par François Bazola, le chef de choeur de William Christie (nous étions prédestinés), ce type-là ferait chanter juste une poule (et les nuances avec lui, je vous prie de croire que ce ne sont pas les cochons dans l'espace).

Bref, c'est à l'aboutissement de tous ces "mardi-chorale" que je vous invite (façon de parler, ça coûte 20 € cette bagatelle) le jeudi 15 décembre.

Sprezza_requiem_15dec_1

Tintiinnnn. J'espère que vous viendrez nombreux et que ça vous plaira.

lundi 17 octobre 2005

I'll miss you girls

Girls_at_the_beachLes yeux pleins de larmes, elle appuya sur le bouton stop de sa télécommande.

J'ai un peu hésité à regarder le dernier DVD de la saison 6 de Sex and the city. J'avais envie de me le garder en réserve, de pouvoir me dire "il t'en reste toujours un".

Et la curiosité l'a emportée. A la fin, j'ai pleuré.

Et toute la journée, une phrase a tourné dans ma tête, C'est fini. Je ne vibrerai plus avec la hype et sensible Carrie, l'indiviualiste et émouvante Miranda, la sensuelle coquine Samantha, la romantique volontaire Charlotte, le craquant si beau Big.

Sex and the city, c'était notre rendez vous avec Nico ; un peu de notre monde à nous, qu'on partage avec des millions de gens certes. Regarder une série à deux crée des codes entre nous, c'est d'ailleurs ces codes qui m'ont réconciliée avec la télé. Il n'était pas question que l'un regarde un épisode sans l'autre.

Je me sens orpheline de mes copines. J'ai la flemme d'aller chercher un film, qui est nul une fois sur deux ; l'ennui par avance du peu de temps qu'un film nous laisse pour nous installer dans les personnages comme dans des pantoufles, avec leurs habitudes, leurs gros défauts, leurs aspirations... J'aimais vivre avec les filles, j'aimais la récurrence des schémas, Carrie qui écrit dans son journal et pose des questions à la mords moi le noeud, leurs cris quand elles s'annoncent un truc au cours de leur déjeuner hebdomadaire... Ahhh. Je ne m'en remets pas. 

Vivent les séries telles qu'elles sont devenues ! Va vite falloir qu'on s'en trouve une autre, z'avez des suggestions ? (juste, pitié, pas 24 heures, j'ai détesté la première saison, ça me donnait de la tachichardie et des rêves à 200 à l'heure, trèèèès fatigant !)

jeudi 09 juin 2005

exposition

Latelier_de_pauline_2Pauline est sculpteur. A l'occasion des Portes ouvertes des ateliers d'artistes de Malakoff, qui ont lieu tous les deux ans, nous sommes retournés chez elle - notre lieu de rêve, un entrepôt désaffecté transformé en atelier-loft (avec quand même une chambre à l'écart, sanctuaire). Ce qui fait dire à Chimène Pourquoi Pauline elle n'a qu'une cuisine ?

Nous étions les premiers arrivés au vernissage, et nous avons recueilli un peu de la nervosité de l'artiste devant les zacouskis tous préparés, et la pièce mise en scène, Vont-ils venir, vont-ils comprendre ce que j'ai voulu dire, vont-ils aimer ?

J'aime suivre l'évolution du travail de Pauline, le bronze de la couleur de mes yeux, les filles de joie, puis le plâtre fantomatique... Trouver les formes qui vont à la matière qu'on se choisit, trouver l'expression la plus juste des sentiments du moment - et cela, sans les mots.

Devant cette absence de mots j'ai du mal à trouver les mots, surtout face à l'artiste, j'ai peur d'abîmer quelque chose. Et en même temps le silence...

Lutte_1Les sculptures de Pauline, même celles qui s'élancent, toutes elles me semblent empreintes d'une mélancolie, d'une solitude qui cherche à sortir d'elle-même sans y parvenir. Aimez-moi ! crient-elles.

L'autre soir, en voyant Pauline sur le grill, d'exposer ainsi sa maison et son travail, j'ai rencontré un autre critère de quand serai-je une artiste ?... Je me sentirai artiste lorsque ce que j'exposerai au regard du monde touchera à l'essence.

En écrivant ces mots je vois bien que ça n'a rien à voir, la teneur en art et le caractère essentiel pour l'artiste. Ou bien si ?

dimanche 24 avril 2005

émerveillements

Camille_le_filWeek-end seule à Paris.

Mes amours sont à Lyon chez les parents de Nico, Nico revient ce soir et Chimènette samedi prochain. Une semaine devant nous pour sortir et, de mon côté, pour abattre et fignoler le travail qui me reste. Voir les copines. Préparer un colis commun pour cette amie qui vient d'accoucher au loin (Ah ! l'émotion sans cesse renouvelée lorsque mes amies deviennent mères..)

Ce week-end tout à moi, j'aurais pu en profiter pour faire des choses que je ne fais pas d'habitude... aller au ciné... ben non, j'ai même seché l'aquagym et je suis surtout restée à la maison à gratouiller la terre et à ausculter les mystérieuses qui ont trop chaud ou trop froid, trop ou sont inondées à la première goutte ; et les maladies, ah, les maladies et les invasions de pucerons !

Soins dans le bain, argile sur le visage qui me transforme en monstresse, baume miracle dans les cheveux, par la grâce de Kerastase ma chevelure ressemble à celle de Cindy Crawford qui secoue ses pellicules en réunion...  Toujours dans le bain, termination de ce bijou... Un grand merci à Karine, appuyée par Gilda, qui m'avaient recommandé Une vieille maîtresse de Barbey d'Aurevilly, roman chrétien empli de la faute de cet homme qui voudrait aimer sa jeune épouse - qui l'aime d'ailleurs - mais ne parvient pas à se détacher de la femme qui l'a ensorcelé pendant 10 ans, une mauricaude au charme sensuel, à l'appétit d'ogresse, à la fidélité de Pénéloppe. Sublime de culpabilité, de sensualité, et la langue et l'étude des caractères et des milieux.. à tomber.

Et j'écoute en boucle mon bonheur du week-end, Camille découverte hier à la Fnac, Camille et son fil qui me mettent les larmes aux yeux, tant de créativité et de force dans une jeune femme de 27 ans. Je suis jalouse.. émerveillée... et ravie que ce soit bientôt la saison des anniversaires !

lundi 21 mars 2005

la femme est l'avenir de l'homme

La_femme_estCure de home cinéma ces derniers soirs. Envie de me laisser habiter par des personnages à la fois plus loin et plus près que les amis de chair et d'os (et je peux me vautrer en pyj et panchos dans mon canapé, bien câlée avec 18 coussins... ça s'appelle un trip régressif ? ben quoi....)

Donc l'autre jour j'ai choppé plusieurs cassettes (Non ! corrige Nico, des dévédés !) chez Jean-Michel, dont l'un à l'origine douteuse (coréenne, avec le ciné asiatique je me demande toujours si je vais tomber sur un chef d'oeuvre à la In the mood for love, ou un somnifère à la Les fleurs de Shangaï) et au titre prometteur, La femme est l'avenir de l'homme.

Deux copains se retrouvent 10 ans après, l'un est prof d'université, très installé, marié à une femme belle mais pas commode, l'autre est réalisateur de ciné en devenir. Ils ont aimé la même femme il y a 10 ans, enfin, l'installé a consolé la copine du futur réalisateur quand ce dernier est parti aux States voir si l'herbe y était plus verte qu'en Corée. Ils décident d'aller voir ce qu'est devenue leur copine.

Au bout d'une heure, elle part faire l'amour avec son amant futur réalisateur ; puis au milieu de la nuit elle va voir le prof, qui lui demande "Tu veux bien me sucer ?" et elle obtempère.

Et à la fin du film le prof prend un pot avec ses étudiants et en partant il est suivi par une fille du groupe, avec qui ils vont dans un hôtel et qui lui demande s'il veut qu'elle le..

Alors moi. J'aime découvrir d'autres façons d'envisager la sexualité - et il me semble que chaque pays, chaque continent a la sienne. Par exemple le livre La confession impudique, de Junichiro Tanizaki, où un couple de Japonais écrivait chacun son journal en espèrant que l'autre le lirait, m'a beaucoup instruite.

Mais quelle vexation de voir que ce titre si flatteur, La femme est l'avenir de l'homme, se borne finalement à cette question, Tu veux bien me sucer ? J'ai peut-être loupé quelque chose... Ou peut-être la réponse est-elle dans cette phrase du film, Les Coréens aiment trop le sexe, ils n'ont pas de culture alors ils n'ont que ça à faire, l'amour.

[Puis le lendemain j'ai regardé Les sentiments, de Noémie Lvovsky. Un p'tit côté cucul - le choeur, les costumes chamarrés des femmes ; et cette histoire d'amours et de renoncements qui se passe des mots superflus m'a touchée, touchée très loin. Les acteurs m'ont parus très justes dans leur tendresse, leur passion, leur douleur.]

lundi 27 septembre 2004

atrabilaire

Bacri33 Toute la journée, j'ai pensé à ce mot - atrabilaire. Je crois que c'est Télérama qui l'emploie pour évoquer le personnage joué par Jean-Pierre Bacri dans le nouveau film à la mode, Le goût des autres, heu non, Comme une image.

Atrabilaire - ce mot me plait, car il donne l'idée d'une colère qu'on aurait en soi et qui ne serait pas de notre faute. C'est ma bile, j'y peux rien !

Et moi, toute la journée je me suis sentie crevée, glandue, et je me suis creusé les ménages pour trouver le correspondant à atrabilaire dans la catégorie glandue : C'est pas de ma faute..

Lymphatique ?

Corse ?

[oooh, je rigooole, je vais me le faire plastiquer mon blog..]

[Bon, on l'a vu hier ce nouveau film à la mode, la salle était comble, les répliques bien senties, mais comme toujours depuis que Jaoui tient la caméra, on est sortis un peu déçus, un peu énervés par toute cette cohérence, par ces personnages de Jaoui et Bacri qui semblent jouer.. toujours les Jaoui et Bacri, à quelques nuances près ; et puis les bons sentiments, et puis les intérieurs parisiens, la lumière claire-obscure, ça me déprime..

Je les préfère scénaristes, les Jabac, ou acteurs. Moi je pense : on peut pas tout faire.]

[Mais bon, ça a l'air de leur faire plaisir, de réaliser des films ; et de les tenir. Et puis faut leur reconnaitre un mérite : les autres acteurs sont super bien choisis - ah, Sébastien, l'adorable Beur.. j'en ferais bien mon quatre heures.
Mais je crois, définitivement, que leur apport au cinéma est génial quand ils bénéficient de la présence d'un tiers (là, je pense à Resnais par exemple, ou au réalisateur d'Un air de famille. Leurs films tout seuls, c'est un peu comme un auteur qui s'auto-éditerait, il y manque quelque chose.]

lundi 30 août 2004

haut patronnage

AssasinationTangoJe ne sais pas pour vous, mais moi un livre sur deux que je lis, un film sur deux que je vois, c'est sous le haut patronnage de quelqu'un.

Bé oui, y'a pas plus influençable que moi, mais pour m'influencer en même temps faut surtout pas trop le chercher, parce que sinon je fais ma mûle et le livre je ne le lis pas.

Par exemple, là je lis Les hommes en général me plaisent beaucoup, de Véronique Ovaldé, sous le haut patronage de Libé qui m'a fait découvrir cet auteur, Céline qui a adoré le livre, Claire-Lise qui me l'a prêté et Sandrine qui m'a dit que je lui faisais penser à elle. Toutes ces femmes, ça m'a fait trop, j'ai fini par le prendre et effectivement c'est pas mal du tout.

Par exemple samedi on est allé voir Assassination Tango, de Robert Duvall, sous le haut patronnage du Masque et la plume, et de Sandrine et Tlön (alors là merci les amis j'ai adoré ce film cet homme qui refuse de vieillir sa fascination pour le tango le n'importe quoi du polar... et retrouver New York, Buenos Aeres, deux mégapoles où je me suis promenée avec Nico..)

Bon des exemples y'en a plein, la plupart des motivations sont secrètes il faut bien s'arrêter quelque part dans la levée du voile

et le plus drôle dans l'histoire c'est que mes amours m'ont souvent offert ou recommandé des livres que j'ai trouvés complètement nuls (ça ne m'a pas empêché de les lire avec ferveur) ; et j'ai découvert certains livres fantastiques par hasard, en écoutant la vieille bique bibliothécaire en bas de chez moi.

Comme quoi.

Ma Photo

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