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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























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jeudi 03 juillet 2008

cet été, des livres (et leurs auteurs)

Katherine Pancol
Daphné Dumaurier
François Nourissier
Henry Bauchau
Virginia Woolf
François Vallejo
Albert Cossery
Barbey d'Aurevilly

et d'autres probablement que je trouverai sur ma route.

(et déjà faut que je termine Chaos calme et la magie des contes. Déjà).

Dans une semaine, je pars un grand mois. Ca va être bien.

Et vous ?

Groumpf

[Il m'est arrivé un truc bizarre ce matin. J'avais écrit la nouvelle du jour, That look, pour la publier ici. Et en la relisant, j'ai trouvé que je n'étais pas prête. Donc boilà une histoire qui est écrite, et qui restera inédite pour le moment. C'est une sensation nouvelle pour moi, très agréable, de garder quelque chose en réserve.]

mercredi 02 juillet 2008

choses qui se terminent en juin (les adieux, les au revoir)

Chum_hamilton

* je ne vais plus travailler avec ma Catherine (nous avons pris un thé d'au-revoir ; saveur d'amande amère ; fierté du chemin accompli ensemble, de la conscience de soi qui a grandi, grandi...)

* je dis au revoir à mes clients pour deux mois, à Vanina, à Chine, et à toutes les copines rencontrées lors de nos formations

* l'école de Chimène - nous n'y retournerons pas l'année prochaine avec Alma (adieu les maîtresses, adieu les presque copines que nous croisions tous les matins)

* nous quittons aussi la nounou d'Alma.. et les animatrices d'Eclore, la chaleureuse halte garderie qui l'accueille trois après-midi par semaine depuis un an.

Cet été, je le vois comme une grande plage verte et bleue ; nostalgique et impatiente de commencer les vacances...
J'ai du mal à être une seule chose à la fois.

Almamilton

bouquin blues (en perspective)

Foetus_hors_du_ventre

L'une des raisons pour lesquelles je n'ai jamais terminé un manuscrit : pour écrire j'ai besoin de m'attacher à un texte. Je nounoute le projet, je le roucoule, je le berce, je le suçote dans mon coeur, je m'en gargarise. Bah oui Narcisse joue son rôle à merveille, sinon pourquoi consacrer tous ces efforts à élaborer quelque chose au lieu de m'allonger dans l'herbe et essayer de voir des animaux dans les nuages ? Et une fois que je l'aime à la folie mon sujet, que je les aimes mes histoires.. Je ne veux plus arrêter de les polir et de les porter, et j'ai peur de les envoyer dans le monde et que des inconnus posent leurs pattes dessus (et me donnent des coups de latte au passage).

Bon mais celui-là j'ai décidé de le mener à terme, et déjà je le livre un peu au monde par la grâce de vos coeurs exigeants, de vos yeux aiguisé (hou comment elle tente d'amadouer son monde !)

Hier j'ai fait le bilan des nouvelles écrites, de celles qui restaient à écrire et des sujets tangeants (ceux pour lesquels le bout d'histoire est encore trop ténu, je ne trouve pas de fil pour l'attraper : soit l'histoire n'est pas mûre et faut que j'attends encore un peu, soit y'a pas d'histoire : l'été nous le dira). Ce bilan m'a fait plaisir ; d'abord de revenir sur le chemin parcouru et de voir que j'avance à un rythme juste pour moi.. Mais une appréhension s'est posée sur moi. Dans quelques semaines la jouissance jaillissement sera terminée. Le texte va reposer un mois, et moi je vais me retrouver seule à nouveau. Seule intérieurement.

Je déteste les fins, le vide qui surgit après un accomplissement. Je me souviens, j'en avais voulu à Alma d'être née 10 jours plus tôt que la date prévue (pauvre chatte !). Du coup pendant 6 mois j'ai mangé, mangé, mangé pour combler le vide laissé dans mon ventre.

Apprendre à vivre avec ce vide. L'accueillir comme une chance (et pas juste comme un réservoir flippant à remplir d'urgence et avec n'importe quoi).

[Une petite pensée pour Aurélie, qui dans quelques jours aura peut-être le thèse blues..]

[Cette photo c'est notre préférée à Alma et moi. Je confirme, ça valait la peine qu'elle sorte. Ce matin je leur ai fait des chignons à Chimène et elle, le même que je me bricole chaque matin pour la douche et que je garde toute la journée : elles étaient belles dans leurs robes d'été, avec leurs sandales et leur tête de danseuse !] 


Découvrez Christophe!

mardi 01 juillet 2008

sur le pont d'Arcole

Femme_enfant

Barbara, une copine de fac, m'avait passé ses notes d'amphi pour que je rattrape un cours. Après avoir recopié la partie qui m'intéressait, j'avais feuilleté le reste de son classeur et étais tombée, à la dernière feuille, sur une liste griffonée au crayon : c'étaient nos prénoms, les six filles de la bande, avec une phrase accolée à chacune - les impressions de Barbara nous concernant

A côté de mon prénom, Barbara avait noté "Malgré ses 23 ans et le fait qu'elle parle parfois de ses amoureux, il y a une pureté en elle, une innoncence - elle me fait l'effet d'être toujours vierge."

J'aime habiter à proximité de l'eau ; et lorsque je me balade dans Paris, je ne loupe pas une occasion de traverser un pont. Je confie mes pensées à la Seine et elle les emmène le plus loin qu'elle peut.

Avec l'amoureux de mes 18 ans, une nuit, nous avions remonté le cours du fleuve en nous roulant des pelles sur une enfilade de ponts ; quatre ou cinq y étaient passé, la passerelle des Arts, le Pont Neuf, le Pont au Change, le pont Saint Michel, le Pont Notre Dame, le petit pont, le Pont d'Arcole...

Le pont d'Arcole. C'est lors d'une fin d'après-midi de juin que j'ai connu sur ce pont mon grand choc amoureux.

Je saute du bus 70 qui m'a laissée à la place de l'hôtel de ville, pour rendre visite à une amie malade et lui porter - est-ce un pot de crème et un paquet de galettes bretonnes, ou un bouquet de pois de senteurs mauves et roses ? Je vais voir Julie mais je pense à ce garçon que j'ai regardé dormir quelques jours plus tôt.

A l'occasion des week-ends à rallonge, nous étions partis à une dizaine de copains dans la maison de ma grand-mère à Belle-île. Là j'avais rencontré Mathieu, ce garçon toujours partant pour tout. Instantanément je m'étais sentie moins seule. Le dernier matin je m'étais levée plus tôt pour ne pas louper une miette ; en quittant ma chambre pour descendre dans le jardin j'avais passé une tête dans la chambre d'en face, qui était en fait un dortoir et où les copains dormaient à 4 ou 5. Mathieu dormait tout près de la porte. Enroulé dans son sac de couchage, une mèche collée à son front par la sueur, cela m'a donné un coup au coeur de voir ce presque inconnu abandonné au sommeil. J'ai eu envie de m'assoir à côté de lui sur le lit, de caresser sa joue.. Mais j'ai tourné les talons, suis descendue au jardin et ai enfourché mon vélo pour descendre à Palais prendre mon café seule sur le port et acheter la presse et les croissants.

A présent, je suis rentrée à Paris depuis une dizaine de jours et on peut dire que je me sens très seule -enfin, c'est compliqué, ma tête est farcie de pensées vers ce Mathieu qui me tiennent compagnie.... Comment ce garçon même pas mon genre a-t-il pu me faire un effet aussi boeuf ? Est-ce de l'avoir regardé dormir ou quand il a commandé la même crêpe coquilles saint jacques - fondue de poireaux que moi à la crêperie ?

Et sur ce pont d'Arcole, tandis que je me traite de Blanche Dubois à la manque, tout tout d'un coup je comprends la phrase de Gainsbourg à Jane.

Je suis la vague, toi l'île nue.

Peu m'importent les raisons ; ce Mathieu-là je le veux de toutes mes tripes.   

En posant mon pied sur ce pont, il me semble que j'étais encore vierge. Quand j'ai eu traversé la Seine, rendue à la terre ferme, eh bien, je ne l'étais plus.   

Ma Photo

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