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Quelques réactions virulentes sur l'histoire d'hier et un billet précédent, me conduisent à penser à la nécessité, périodiquement, de demander à ceux qui nous entourent de nous réadopter. (et de le faire pour eux).
Quand j'ai commencé à tenir mon blog il y a quatre ans, je sortais d'une phase d'écriture déjà très intense, et complètement "monstrueuse" dans ce sens où je n'occultais pas grand chose de mes côtés sombres. La face que j'ai voulu partager dans maviesansmoi était résolument lumineuse - j'avais besoin de réconcilier ces deux parties, le moi social et le moi d'écriture.
La partie noire s'est d'abord tenue assez sage, puis au bout de quelques mois elle a commencé à rugir (c'est son travail) ; et voilà qu'elle a trouvé une fenêtre pour s'exprimer de manière à peu près civilisée : ce sont mes histoires.
J'imagine que pour beaucoup d'entre vous qui suivez maviesansmoi, c'est un choc d'apercevoir le reflet du monstre derrière le personnage "positif". Est-ce que je me trompe ?
C'est à double tranchant ce medium du blog pour les accoucher ; car à la fois votre lecture me stimule énormément, et à la fois j'ai peur de me laisser inhiber. Moi je suis très angoissée quand on me dit "tu n'as pas le droit d'écrire cela", ou "tes histoires sont mauvaises" - même quand ça vient au milieu de messages adorables ou juste.. justes.
J'ai besoin de liberté, de pouvoir écrire hors d'une norme et d'un politiquement correct. "Les femmes doivent se libérer en faisant carrière", "Une caresse sur une adolescente endormie c'est monstrueux", ah bon, qui dit cela ? Si c'est ce que vous pensez, assumez-le, écrivez, militez. Moi je pense que cela dépend et j'ai envie d'écrire dans ce sens.
J'ai besoin de repenser mon rapport à ce blog.
Gros bisous...
[En contrepoint, un billet de Nicolas / Versac / le père de Chimène et Alma / le travailleur passionné / le mec qu'on entend parfois à la radio / mon homme / cet incompris assoiffé de liberté ? (sur ce dernier point j'en sais rien ; et les deux derniers romans que j'ai lu, lis, sont pétris de cela, du besoin de liberté de l'homme marié et de ses stratégies pour en avaler des goulées... D'ailleurs Aymeric en parle par là.. Et moi j'arrête de noyer le poisson..]
juin 27, 2008 dans Upon writing, Vous | Permalink | Commentaires (34)
c'est fou comme cet espace de "commentaires" mène parfois le lecteur à croire qu'il a d'autres droits que celui de lire, de revenir ou ne pas revenir... et puis, ce n'est pas parce qu'on la "connaît" qu'on est indulgents ou pas... je la lis depuis des lustres, ça n'enlève pas cependant mon regard critique voyons !
rha la la...
Rédigé par: orchydeo | 28 juin 2008 14:18:28
mais quand même, est-ce que vous avez écrit à alexandre dumas pour lui dire, "je pense que tu devrais publier le Comte de Monte Cristo sous un autre nom, parce que tes lecteurs sont trop habitués à toi en tant qu'auteur des 3 mousquetaires..." ?
Rédigé par: ley | 28 juin 2008 14:19:55
@chicoree & @flo,
Je crois que ce qui fait la singularité de ce blog, outre l'expression du désir d'écrire et de s'y essayer quotidiennement en se confrontant au lectorat, il a la volonté de faire de tous les posts, quelque soit leur genre, une expérience d'écriture. Je crois qu'elle est menée avec sincérité. Personnellement, c'est ce qui me fait lire régulièrement ce blog la, parce que je ne suis pas traité comme un voyeur. Je me sens invité à participer comme lecteur à une écriture en train de se faire. C'est d'autant plus prenant car il y a incertitude quand à la conclusion de la démarche.
Rédigé par: Egide | 28 juin 2008 16:11:51
je ne comprends même pas ces réactions. Vous nous offrez quelque chose, on apprécie le style ou pas c'est tout.C'est VOUS qui offrez donc vous faites comme bon vous semble, votre texte est à votre image et c'est tres bien. Ce n'est pas au lecteur de dire qu'il préfèrerait ceci ou cela. Il ne manquerait plus que ça que vous vous adaptiez !Soyez vous-même avec votre style, vos fragilités et vos perceptions !Ce n'en est que plus attachant :-)
Rédigé par: Thaïs | 28 juin 2008 17:28:38
"un choc d'apercevoir le reflet du monstre derrière le personnage "positif"." : j'ai peut-être lu trop vite, je n'ai pas trouvé sombre ni monstrueux. Peut-être au contraire même : la part de fiction, en libérant quelque chose, me semblait avoir rapproché vos écrits de la vraie vie.
Rédigé par: gilda | 29 juin 2008 00:42:13
Je pense que chacun est libre d'exprimer son ressenti face à tes narrations Christie.
Maintenant, nul besoin de s'enflammer comme cela.
La société dans laquelle nous vivons tous n'a rien de drôle et tranquille et nous entendons des choses bien pires que cet épisode du train.
Qui plus est, la caresse a été ressenti, mais il ne se passe rien derrière. Pas de visage malsain quand la jeune fille ouvre les yeux. Cela laisse place à diverses interprétations : fut-ce réel pour la jeune fille, imaginé ? Et même si cela était fantasmé, il ne s'agit que d'UNE caresse.
N'allons pas trop loin dans l'interprétation des mots car nous devenons plus dangereux que le sens du texte lui même.
Christie, ma Christie, continue de lâcher tes émotions.
Ton blog n'est pas là pour rassurer les lecteurs. Et le lecteur est libre de "t'abandonner" si cela ne leur plaît pas.
Rédigé par: incha | 29 juin 2008 09:21:05
Libres, oui.. Coucou mon Incha; je suis heureuse que tu sois repassée par là.
Rédigé par: Christie | 29 juin 2008 21:41:12
Lectrice régulière et silencieuse depuis des années, j'ai été attirée vers votre blog par l'alternance entre la réflexion sur l'écriture (et la créativité en général) et le récit du quotidien ; j'ai été ravie que vous "truffiez" le blogs de ces courts récits.
Mais il me semble que vous mêliez les deux registres depuis longtemps, parfois au sein d'un même billet (récemment : "Tour à tour victorieuse et humble, j'essaie d'apprivoiser les instants de grâce et de comprendre ce qui les fait advenir. J'aimerais progresser plus vite. En attendant, il y a deux chiens dans mon bureau qui se reniflent le cul.")
J'en profite pour vous remercier de ces plaisirs de lecture et de ces sujets de réflexion (et de Pinkolà Estes, que je n'ai pas fini d'offrir autour de moi).
Rédigé par: wirette | 1 juil 2008 00:12:57
Ah oui moi aussi qu'est-ce que je l'ai offert Pinkola Estes ! un bonheur, surtout quand le livre a rencontré sa lectrice !
Celui que j'offre à tour de bras en ce moment, c'est Vivre la magie des contes (je viens d'y retrouver mon conte préféré de quand j'étais petite ! une joie, vous ne pouvez pas savoir..). Ce livre quand les gens le reçoivent qu'est-ce qu'ils sont heureux...
Rédigé par: Christie | 1 juil 2008 14:36:44