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Julio - insomnies moites









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lundi 23 juin 2008

accompagner

Tea_timeUn jour de la semaine dernière, je travaillais avec une cliente sur ce à quoi une femme doit renoncer pour accéder à une carrière brillante dans une grande entreprise. Passer beaucoup de temps avec ses enfants, avoir une maison nickel, le temps pour elle.. Sur ces points nous étions d'accord, puis elle a tiqué quand j'ai ajouté "Faire les courses de sa grand-mère, réconforter ses amis quand ça va mal" "Mais ça Christie, plus personne ne le fait aujourd'hui ! Ou alors, ces femmes ne travaillent pas en entreprise !"

Un moment plus tard, quand je lui ai parlé du courant des femmes qui arrêtent de travailler pour s'occuper de leurs enfants et plus généralement, jouer davantage "leur rôle de femme", elle a eu l'air de trouver cela dommage.

Un jour de la semaine dernière, une cousine de ma belle-mère a succombé à la violence d'un cancer. Depuis deux mois, ses enfants et ma belle-mère et d'autres cousines et belles-soeurs, se sont relayées au chevet de celle qu'elles aimaient, pour accompagner sa douleur et vivre avec elle ces derniers moments. Elles ont tout laissé en plan pour accueillir ce qui était là, la fin d'une vie.

Ma grand-mère aussi s'était rendue absolument disponible pour accompagner son homme, mon grand-père, et sa petite soeur quand tous les deux ils ont été, durant de longs mois ingrats et terribles, emportés par un cancer.

Je ne veux pas ramener les femmes à la maison ! Et j'admire ces femmes qui réussissent en entreprise et se hissent à l'égal des hommes ; mais il y aura toujours quelqu'un pour les remplacer à un poste brillant et amusant. Nous les femmes sommes irremplaçables dans notre mission ingrate et forte, d'accompagner la naissance et la mort. C'est un travail que personne ne cherchera à nous prendre, et si nous ne l'accomplissons pas qui le fera ?

Il y a 12 ans que j'ai choisi mon camp (ce sont les femmes chiliennes qui m'ont montré la voie, elles qui donnent tout à leur famille) - j'espère être à la hauteur de mon rôle. En fait je sais que je peux mieux faire, beaucoup mieux. Heureusement, des modèles me montrent la voie. 

juin 23, 2008 dans Une femme | Permalink | Commentaires (88)

Commentaires

Ce que tu écris me fait beaucoup penser à un courant philosophique de plus en plus présent en France, l'éthique du "care", que l'on traduit parfois en français par "le souci des autres".

Mais le "care" c'est assez intraduisible, l'idée, c'est de prendre en compte d'un point de vue existentiel toutes ces activités qui concernent le souci, la protection, le soin de la "vie". C'est aussi prendre conscience que nous sommes chacun d'entre nous (et pas seulement les enfants ou les personnes agées) des personnes "vulnérables", ayant besoin que l'on s'occupe de nous .... Le propre des activités du care, c'est que précisément elles tendent à être invisibles, et pourtant dès que ces tâches ne sont plus effectuées (le ménage, le bon repas, les attentions etc), elles manquent, parfois même cruellement ...

L'éthique du care cherche à donner son importance à ces questions d'un point de vue philosophique ... Bref, je ne vais pas me lancer dans un exposé ;-) ..

Je trouve ces questions passionnantes, par contre ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi le "care" serait du domaine réservé des femmes. Je comprends bien qu'historiquement, ce fut le cas, mais j'aurais tendance, comme d'autres femmes j'espère, à revendiquer un partage du "care".

Bien à vous toutes.

Rédigé par: Zephyre | 23 juin 2008 14:33:19

Je sais pas comment c'est en France mais aux Etats-Unis, le FMLA (Family and Medical Leave Act) autorise un employe a quitter son travail (sans soldes, bien sur !!) pour s'occuper d'un membre de famille malade. Le poste est garanti pour toute la duree du FMLA. J'espere ne jamais avoir besoin de FMLA dans ces conditions mais c'est bien que ca existe.

Rédigé par: Estelle | 23 juin 2008 14:37:17

Moi ça ne me gêne pas que ce soient les femmes qui s'y collent, si elles sont plus à l'aise avec ces moments de passage... J'ai le souvenir d'hommes dans ma chambre à la maternité, qui s'emmerdaient comme des rats morts ! alors que les femmes s'extasiaient devant l'une ou l'autre de mes toutes petites ! Nico était bien plus à l'aise en train de construire le nid, bricoler une table à langer, s'assurer que tout serait prêt pour l'accueil du bébé.

Et c'est vrai que c'est lui qui était avec moi au moment du passage. Heureusement.

Rédigé par: Christie | 23 juin 2008 15:24:52

Je crois que dans les pays nordiques
Il sont plus en avance que nous pour impliquer les papas
Les hommes prennent des congés paternité sans se faire mal voir
moi je trouve ça bien
car qui c'est qui s y colle au RDV médecin ophtalmo orthondontiste réunions parents d élèves et j en passe
c est souvent les femmes
et pourquoi pas ces messieurs ?
ça a déjà bien évolué
et je suis curieuse de voir mon fils avec un bébé dans les bras

Rédigé par: Marijo | 23 juin 2008 15:45:46

Il arrive quand votre Petitout ?

Rédigé par: Christie | 23 juin 2008 15:54:25

Pas tout de suite
mais je suis tellement impatiente
ça occupe une grand partie de mon cerveau
et vendredi je vais à Paris pour les soldes
et en perspective craquage pour le petitout
(terme = 3 décembre)
Christie j ai déjà fini une couverture modèle et laine Debbie Bliss de toute beauté

Rédigé par: Marijo | 23 juin 2008 16:06:22

Hou la la attends un peu ! moi je serai la maman j'aurais les boules de voir mon petit habillé pour l'hiver... 6 mois avant sa naissance ! J'aurais peur de tout le manque qu'il va combler, même pas déjà né... que ce soit trop lourd pour lui.

Rédigé par: Christie | 23 juin 2008 16:14:10

Chère Christie, merci pour vos mots, qui me touchent toujours et celui-ci tout particulièrement…Je vous lis depuis un an et n’ai jamais posté de message… Je suis diplômée d’une grande école et suis partie il y a quatre ans pour une mission dans un pays encore en transition .Tout juste avant de rentrer en France, j’ai rencontré mon compagnon et … décidé de revenir vivre avec lui ….Tout fut une évidence, évidence que cette rencontre était essentielle, que là était l’important…
J’essaie de trouver un équilibre entre cet essentiel et mes ambitions, j’ai toujours rêvé de travailler pour des ONG ou des institutions mais il est impossible de vivre dans ce cas avec les salaires locaux… mon diplôme m’a permis de travailler dans une grande entreprise locale, mais j’ai régulièrement du mal à tolérer certains aspects du pays …
Paradoxalement, je sens bien que je n’ai jamais été aussi heureuse et épanouie, mon amour me porte, et ne cesse de grandir depuis deux ans.. Mais je me sens tiraillée entre la raison et une force plus profonde ; les rêves de mon compagnon nous conduisent à rester dans ce pays encore quelques années et je doute souvent de ma capacité à tenir l’équilibre ; à m’adapter … quid de ma capacité à devenir maman ici ? comment conserver un équilibre entre nos deux cultures, nos deux langues et l’anglais qui nous unit… et si ce que j’arrive à surmonter aujourd’hui je n’arrivais plus à le faire si un enfant était là ? Je me sens tiraillée entre toute ma culture qui me parle de sécurité, de plan de carrière, de développement personnel, d’égalité homme-femme, de talents que je pourrais mettre au service de mes idéaux, de mes ambitions professionnelles… et une sorte de fluide étrange qui m’interroge : qu’est-ce qu’accompagner l’homme qu’on aime, qu’est ce que le risque de la maternité ? qu’est-ce que la rencontre avec l’autre ? qu’est-ce qui compte ? qu’ai-je vraiment envie d’explorer dans cette vie ? Comment faire confiance, à moi-même ? à l’homme que j’aime, à la vie ? Comment continuer à aller vers cet essentiel ? Où est la frontière entre compromis et la perte d’une partie de soi ?
J’avance à petit pas… et vos billets quotidiens m’accompagnent !!! Merci de permettre le questionnement ! Pour l’heure, je fais juste le pari du bonheur…Malgré tout ce sérieux; je voudrais vous envoyer à tous de la légèreté et de la lumière ! Merci encore Christie, de nous faire tour à tour réfléchir et sourire !!! Belle journée à tous !

Rédigé par: Marie | 23 juin 2008 16:19:18

OUI je sais
mon fils m a déjà mis dans les clous du genre
"Ne pas s emballer, c est notre affaire"
et il a bien raison
Je vais me calmer ... accompagner sans envahir ... encore une question d équilibre difficile à trouver

Rédigé par: Marijo | 23 juin 2008 16:19:23

Faut-il vraiment "choisir un camp" ? Je n'ai pas l'impression de le faire. Certes, je n'arrive pas à imaginer ma vie sans travailler, mais sans ma famille non plus, et sans sport, sans échanges avec les copines, sans activité associative (aussi réduite soit-elle), il me manquerait quelque chose.
Je suis plus en phase avec la nécessite de fixer des priorités, dont parle Dany. J'ai notamment travaillé ça avec ma "coach-psy" récemment, alors que je me sentais plutôt mal. Quelles sont mes priorités ? J'en ai au moins établi une, la première : mes hommes (mon mari et mon fils). Clarifier cela, le dire tout haut, m'a fait un bien fou. Et plus précisément, partager des choses avec eux. Maintenant, quand j'ai un doute, quand je me sens "floue", que je ne sais pas quelle direction prendre, je repense à cette priorité et je prends mes décisions de façon plus sereine.
Quant à savoir ce que je ferais si un proche avait besoin de moi, je me fais confiance pour savoir gérer les priorités à ce moment-là.
J'ai l'impression qu'aujourd'hui tu n'abordes que les extrêmes : faire une carrière "brillante", ou être femme au foyer toujours disponible pour autrui.
Toi-même pourtant, tu as une activité professionelle, n'est-ce pas ? Tout en jouant "ton rôle de femme", non ?

Rédigé par: Anne-So | 23 juin 2008 16:22:54

Quelle belle histoire Marie ! Oui se remettre mais pas au grand Rien, à l'Amour, l'amour de votre homme et l'amour de vous, l'amour de faire fructifier les talents qui vous ont été donnés.. Moi ce livre sur la magie des contes m'aide beaucoup à lâcher justement prise, en ce moment..

Rédigé par: Christie | 23 juin 2008 16:24:00

Oui aujourd'hui j'aborde les extrêmes.. Et j'essaie de me bricoler un équilibre à moi..

Rédigé par: Christie | 23 juin 2008 16:25:37

Apprendre à équilibrer les extrêmes... mais aussi apprendre à partager... dans ton post, Christie, quand tu parles de la cousine de ta belle-mère, tu racontes que les gens se sont relayés à son chevet. C'est ça qui manque aussi cruellement souvent dans nos sociétés il me semble. Le partage. Ce n'est pas à une seule personne que revient tout, mais à un groupe... on a perdu le sens de la tribu, du groupe, du village...

Rédigé par: Titoune | 23 juin 2008 16:32:42

C'est vrai ! ma grand-mère était seule de manière effrayante, au chevet de ma tante et de son mari. Pourtant nous étions là, mais, par intermittence. Ce n'était pas une vraie prise en charge.

Rédigé par: Christie | 23 juin 2008 16:50:24

J'avais accompagné ma grand mère dans ses dernières semaines, et cela a été pour moi une étape normale de nos adieux. Maintenant, je bosse beaucoup, mais je referai la même chose sans hésitation, quitte à poser mes congés de l'année...
Et j'ai tout de même la ferme intention de "faire carrière" ! Et de construire une famille...
(en fait, je suis peut-être un peu utopiste...)
Pour cela, j'espère que les "hommes" de la famille joueront aussi leur rôle d'accompagnateur quand ce sera nécessaire.

Rédigé par: Olympe | 23 juin 2008 17:14:30

Chère Christie,
Je vous remercie pour ce post... J'ai 25 ans et ai fait des études de droit. Bac +5, mentions tous les ans, major,... bref parcours linéaire. Pourquoi? Davantage pour mes parents, pour ma fierté que pour mon épanouissement. Examen d'avocat réussi du premier coup en septembre dernier.Et là, réveil douloureux, ce n'est pas avocat que je veux faire!!! Alors courage pris à deux mains, et suspension des études à l'école des avocats (examen toutefois valable ad vitam eternam)... Etududiante en droit mais également femme d'un homme depuis dix ans (on s'est rencontré à 15 Ans...). Et terriblement envie d'un enfant de lui. Alors décision d'entamer une thèse et une préparation au coucours d'entrée à la magistrature pour faire enfin ce qu'il me plaît. Mais j'attends aussi un baby pour janvier... Et là, malgré ma décision de vivre librement, des petits démons se réveillent en moi de temps en temps. Les gens aussi me font peur : mais c'est tout à fait impossible de conjuguer thèse+ prépa intensive+ baby... Je suis parfois paumée, bouffée par mes contradictions. Tellement envie de cet enfant et tellement peur de l'avenir professionnel...Entre deux eaux...Ma solution : en période d'interrogations, se poser cette question : Où est l'essentiel? De quoi se souviendra-t-on à l'heure du crépuscule?

Rédigé par: carmina | 23 juin 2008 17:25:59

N'oubliez pas d'être juste avec vous-même. Et rien n'est impossible, au pire vous la reprendrez plus tard votre thèse.

Rédigé par: Christie | 23 juin 2008 17:33:27

Olympe, ton commentaire me fait penser à une réflexion d'une femme membre d'une assoce de "networking au féminin". Elle me disait que beaucoup de femmes avaient peur, à tort, du mot "carrière". Je la comprends maintenant, et n'ai plus peur de dire que je veux avoir une carrière : je suis ingénieur de formation, chef de projet à présent, j'ai déjà évolué au niveau des technologies sur lesquelles je travaille, je gère des projets de plus en plus importants (en ampleur ou en criticité)... tout ça.. à mon rythme ! C'est 80% en ce moment, avec mon petit bonhomme de 4 ans et mon mari, et ça me convient tout à fait. Je n'ai pas du tout envie pour l'instant d'être manager par exemple, mais mon parcours est une carrière quand même (un début, j'ai 32 ans), "ma" carrière profesionnelle.

Rédigé par: Anne-So | 23 juin 2008 18:00:26

Accompagner la fin de vie c'est une partie de mon boulot travaillant en cancéro/soins palliatifs... Je reste admirative des familles qui accompagnent leurs proches, certains allant jusqu'à prendre un lit de camp dans la chambre de l'hopital et à passer toutes les nuits auprès d'eux. On permet de plus en plus aux personnes (du moins là où je bosse)à faire celà, à apporter des petits plats de la maison, aider aux toilettes je trouve ça vraiment bien!
Pour ce qui est des choix de vie, j'ai eu une maman au foyer et j'aimerai moi aussi donner à mes enfants du temps, c'est pour celà aussi que le libéral ça me dirait bien, plus facile je pense de conjuguer vie familiale et pro... Une thèse me tenterait bien aussi mais je me dis est ce que ça vaut le coup de prendre tout ce temps pour ça? Qu'est ce que ça m'apportera de plus finalement que la recherche pour moi et des publications d'articles? En même temps cette idée ne se décolle pas de moi!!

Rédigé par: lapetitecatherine | 23 juin 2008 18:13:58

thèse ou pas thèse, tu m'as l'air d'aller mieux ma jolie Catherine ! Demandes-tu à la vie ce qu'elle veut pour toi ? elle se trompe rarement, elle..

Rédigé par: Christie | 23 juin 2008 18:29:13

Anne-So, on a l'air sur la même longueur d'onde ! :) Oui, essayons d'allier carrière/famille/enfants/homme/féminité/amour des autres... et toutes nos passions !
Et n'ayons pas peur de tous ces mots et de leur conjugaison les uns avec les autres (moi, cela fait peu de temps que je m'avoue vouloir faire carrière et ne plus mettre derrière ce mot l'image de la nana acariâtre qui mange ses collègues...brrr la pas belle ! :))
Je veux croire encore qu'on peut être femme et réussir sa vie professionnelle à sa manière,dans l'entreprise ou ailleurs...
même si cela demande beaucoup beaucoup beaucoup de travail et beaucoup beaucoup beaucoup d'énergie et de longues journées...
Go Girls go ! ;)

Rédigé par: Olympe | 23 juin 2008 18:47:20

Moi je crois qu'on peut tout faire.. mais peut-on tout faire à la fois ? sans craquer, s'épuiser, renoncer à la douceur ?...

Rédigé par: Christie | 23 juin 2008 18:54:16

tu n'as pas tort, Christie... Anne-So a trouvé une façon, le 80%... Mais c'est vrai que nous emmagasinons tant de fatigues... et moi, à la mi année, là, je suis CRE-VEE ! (et je n'ai même pas d'enfant...!!)
(c'est pas si facile d'être une femme , mais que c'est riche et passionnant!):)

Rédigé par: Olympe | 23 juin 2008 18:58:43

Ce qui me plait le plus, c'est cette impression de liberté ; d'avoir le choix.. mais je ne les ressens pas tout le temps hein !

Rédigé par: Christie | 23 juin 2008 19:05:41

Et ben qu'est-ce qu'il inspire les femmes ce billet!Moi aussi il fait écho, et aussi de façon troublante, le commentaire de Carmina : je viens de terminer ma 5è année de droit en me demandant si c'était vraiment ma voie, j'hésite entre thèse, concours d'avocat, concours de la magistrature et philo...et au milieu de toutes ces incertitudes, je viens d'apprendre que je suis enceinte (une énorme surprise)! Alors pour le moment, ce sont plutôt les larmes qui coulent...

Rédigé par: irène | 23 juin 2008 19:29:44

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