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Chaque absence de mes filles préfigure l'immense, définitive absence ; la maison vide de leurs cris et de leur petit bordel. Et le sens, quel sens je trouverai à mes journées, à mes pas dans le grand espace déserté, une fois que mes petits auront quitté le nid ?
[Ne pas chercher à les retenir. Ne pas leur faire porter ce poids d'amour, c'est trop cher payer le fait de les avoir mises au monde. Alma qui vérifie presque chaque jour, "C'est vrai Maman ton ventre ne voulait pas nous laisser sortir et le docteur a dû prendre un couteau mais ça ne t'a pas fait mal ?", je me demande si j'ai eu raison de leur raconter cela. Et quel docteur m'aidera à anesthésier la vacuité de mon ventre-maison, moi qui suis atteinte du syndrôme du nid vide 10 ans à l'avance.
Apprendre l'accordéon
Replanter mes tomatiers
M'autoriser ce stage de catamaran
Rêver de ce grand voyage en Inde, au Pakistan
Vivre, vivre pour moi, et ne pas demander à ceux que j'aime de me remplir !]
[Quelque chose de rassurant : je ne suis pas la seule à éprouver ces noeuds.]
[Autre chose qui n'a rien à voir. Vous me demandez souvent comment je fais ma médite. Alors je suis un peu gênée car je me sens naine en la matière ! La seule chose pour laquelle j'ai du mérite c'est ma ténacité, je la fais presque tous les matins peu de temps après le lever (quand je peux), ou quand les enfants sont partis.
Je choisis un coin inspirant (pour moi, la grande porte-fenêtre devant le balcon).
Je m'assieds en tailleur, ou pieds sur les genoux, ou dans la position de la feuille enroulée (qui ressemble à la posture d'adoration, pour ceux qui voient) : front contre terre, bras le long du corps et en arrière.
Je laisse mes pensées vagabonder ; puis je me pose mes trois questions, "merci" (pour quoi je rends grâce dans la journée d'hier ? qu'est-ce qui m'a rendu heureuse ?) ; "pardon" (qu'est-ce que j'ai mal fait, qu'est-ce que je veux améliorer aujourd'hui) et "aujourd'hui" (quelle va être la couleur de ma journée, qu'est-ce que je veux faire aujourd'hui, quelle va être mon attitude.
Enfin, je choisis une intention pour la journée, "Emmène moi vers mon chemin de vie", ou "Tendresse et fluidité", ce matin c'était "être à l'écoute de ce que les autres ont à me dire" parce que j'ai trois rdv qui m'angoissent un peu,
et zou, je file vers ma journée !
Le tout à pris 5, 7 minutes... C'est pas beaucoup mais ça me fait du bien ! ça me calme, et me recentre sur ce que je veux être et faire. ]
Bonne journée !
avril 29, 2008 dans Carnets de l'après | Permalink | Commentaires (34)
mais oui ! comment tu as deviné.. le soir je me repasse les moments heureux de la journée : ce que je suis satisfaite d'avoir accompli ; les choses, les gens qui m'ont fait plaisir ; et ce qui m'a rendu heureuse..
Rédigé par: Christie | 30 avr 2008 10:35:55
Pour moi, c'est un mélange de vous toutes. Tout n'est pas blanc ni noir : Comme Christie, j'ai pensé depuis qu'elles sont toutes petites au départ de mes minettes. Là, j'en suis à la moitié, il m'en reste une. Alors même si pour le moment, c'est dans l'ensemble moins dur que ce que j'appréhendais, j'angoisse en anticipant le départ de la seconde.
Je me dis en fait que dans l'idéal, il faudrait qu'on soit toujours très amoureux pour profiter de ce retour à la vie à deux, qui était pas si mal avant la naissance des enfants. Mais je crains les déconvenues...
Rédigé par: swahili | 30 avr 2008 11:25:29
L'amour, l'amour.. on l'éprouve de manière spontanée lors de la rencontre, et puis après, on le façonne non ? à coups de projets, d'envies communes, "de bûches dans le foyer", comme disait l'une de mes clientes mariée depuis 60 ans.. bref ça dépend de vous, et surtout de toi LA femme. Je t'écris ça mais je flippe moi.
Rédigé par: Christie | 30 avr 2008 11:29:08
Eh bien, moi, ma mère a du mal à se faire à l'idée que je vais sans doute bientôt partir de la maison, dans une autre ville... Je ne sais pas trop quoi lui dire pour la consoler...
Rédigé par: Eva | 1 mai 2008 16:20:13
Tu n'as pas à la consoler, Eva. Ton problème c'est toi, ta vie. Ta mère est adulte, elle doit se porter elle-même, ou se faire aider, mais ce n'est pas ton rôle... non, pas ton rôle.
Rédigé par: Christie | 1 mai 2008 16:22:10
Oui... Mais je suis fille unique, et on n'a pas encore complètement coupé le cordon ombilical... D'ailleurs il serait temps !
Mais ça va être dur pour elle.
Rédigé par: Eva | 1 mai 2008 16:26:46
Et ben, tu peux le lui dire tout ça "maman je sais que ça va être dur pour toi, et moi je t'aime très fort, et je te suis reconnaissante de m'avoir menée jusque là, et maintenant tu dois me laisser partir sans culpabilité car moi je suis heureuse d'aller découvrir des trucs et je le ferai mieux si je ne me soucie pas pour toi."
Je te promets, fais le le plus tôt possible. Moi j'ai attendu longtemps, longtemps avant de dire cela (dans ma tête puis avec les mots) à mes parents. Les conséquences sur tout le reste de la vie sont graves, de porter ses parents.
Rédigé par: Christie | 1 mai 2008 16:30:38
Ok, je vais y réfléchir... Et essayer de le faire.
Merci, Christie !
Rédigé par: Eva | 1 mai 2008 16:37:21
médite de choix,
prière d'alliance (Ignatienne).
j'apprécie et reconnais la démarche
ça c'est bien toi.
j'aime toujours antant flaner ici...
affres, elan, question,...
vie.
Rédigé par: immemory | 10 mai 2008 11:12:50