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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























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jeudi 26 avril 2007

Achille en nous

La_tentation_du_vide

Il y a celle qui se trouve merdeuse parce qu'elle n'arrive pas à se fixer sur un projet professionnel ;

Il y a celle qui se trouve merdeuse parce qu'elle ne supporte pas l'intrusion d'un tiers dans ses amitiés, ses amours ;

Il y a celle qui se trouve merdeuse parce qu'elle n'arrive pas à parler avec sa mère ;

Il y a celle qui se trouvera merdeuse tant qu'elle ne sera pas arrivée en haut de l'échelle ;

Il y a celle qui se trouve merdeuse parce qu'elle ne se fixe nulle part, ne sait plus où elle habite ;

Il y a celle qui se trouve merdeuse dès qu'un connard lui fait une réflexion sexiste, "Mets un string !"

... Mis en mots, nos traumatismes intimes apparaissent souvent comme des broutilles. Et pourtant, des paroles anodines à nous adressées le mauvais jour, mettent à mal tout l'édifice. Amènent dans la bouche un goût de mort - je ne vaux pas la peine d'être là... Et on flotte, on flotte, on ne sait plus à quoi se raccrocher, ni ce qui nous retient ; pourquoi ne pas accélerer la chutte ?..

On avait cru très fort que l'amour de l'autre, la maternité, avoir trouvé notre voie professionnelle, avaient éloigné nos démons pour toujours. Nous nous étions immergées dans l'eau du Styx, celle qui rend invincible ; mais le talon n'a pas été trempé. Il nous reste un soft spot, un coin très exposé et rougeoyant, caché sous nos jupes, dans nos chaussures, enfoui sous nos cheveux... capable de faire surgir les plus amères larmes, les pulsions les plus mortifères.

Et le pire dans tout ça, c'est que nos amours auront beau entourer de leurs bras nos épaules secouées, nous offrir des pivoines et nous murmurer des mots d'amour... On aura toujours mal. Il n'y a que nous qui puissions apprivoiser Achille.   

(A mes amies L., V., F., C., Y., M-P, et au petit Achille qui sommeille en moi, ne fait pas encore ses nuits, vient de se réveiller d'un vilain cauchemar. J'apprends à le bercer...)   

mercredi 25 avril 2007

parler de Nicolas

NicoL'autre jour un journaliste est passé à la maison - il avait rendez-vous avec Nico, et comme j'étais là, il en a profité pour me poser quelques questions.

- Je voulais vous demander, ça lui fait quoi à votre mari, sa célébrité soudaine ?
- Ah, je suis bien contente que vous m'interrogiez, car à chaque fois qu'un portrait de Nicolas parait dans la presse, je suis très déçue par la pauvreté de ce que les journalistes ont retenu de lui. Je trouve ça dingue que les gens puissent imaginer que sa personnalité se réduise à son blog, à son goût pour la politique, à HEC...

Demain le portrait va paraître ; c'est le journaliste qui aura le dernier mot... J'aime pas ça moi, laisser le dernier mot (sauf à mes clients, hein, mais c'est leur livre... bon ben là c'est son journal, mais c'est de mon homme qu'on parle..)

J'ai trouvé émouvant de parler de Nico ; et flippant, peur de raconter des conneries, peur de ne pas savoir exprimer ce que je ressens, on est si proches et à la fois, toutes ces zones d'ombres ! D'ailleurs j'en ai dit des conneries, "Ouais T... (son p'tit surnom), quand le journaliste m'a demandé si ça te faisait quelque chose de passer à la télé, j'ai répondu non, pas spécialement.." "Tu rigoles ? je suis content, quand même.." Houps. Fin bon, me demandait mon avis à moi hein...

J'ai surtout dû passer pour la grosse groupie. Que je suis - car l'amour que je lui porte passe aussi par une grande admiration.

Et malgré tout, j'aimerais parfois sortir de mon formatage, à ne laisser filtrer que le positif - l'avocat de l'ange, c'est moi. Le moins bon, le triste, le frustré, je le laisse au champ privé, quand je ne le nie pas ou l'enfouis dans la glaise.   

mardi 24 avril 2007

cultiver la boulimie*

Caf

levée à 6h30
petit jump sur la terrasse dans le matin gris
ai téléphoné à mes amis chéris sanfranciscains
câlins aux chattes qui s'étirent, petits yeux à demi-fermés
recouchage tous les 4 dans notre lit
coupé des fraises dans un yaourt
parlotte avec mes copines de l'école
un dernier câlin d'Alma qui entoure ma jambe de ses bras
courir vers le parc, m'arrêter juste avant

la prochaine fois, j'irai boire un café d'Ethiopie avant de rentrer

* non, pas boulimie - trouver la quantité juste de vie à mettre dans une journée - comme à nos filles, à qui on demande de se servir la juste quantité qu'elles pourront manger

Boulimie

[Les deux photos ont été prises par Nico en avril 2005, quelques jours avant la naissance d'Alma..]

un truc qui me frappe

dans cette campagne riche en femmes, c'est la solitude des candidates. La fragilité de Voynet, la raideur de Ségo - et personne avec qui partager la tâche.

Peut-être que les hommes candidats sont seuls aussi ; mais cela me touche moins. Les femmes de pouvoir suscitent moins de groupies sans doute, de bonnes âmes prêtes à se dévouer, que les hommes. A moins que ce ne soit son caractère à Ségo, c'est moi c'est moi c'est moi comme dirait Alma. On dit qu'elle a été peu soutenue par son entourage proche, par les éléphants ; une phrase de Guillemette dans le Figaro d'hier m'a fait sourire"Elle parle encore moins à la presse qu'aux autres socialistes". Et c'est vrai qu'avec des amis comme Fabius, qui parle de vote utile à la télé, ou comme Jospin qui l'a rejointe du bout des lèvres : pas besoin d'ennemis. La question que je me pose : est-elle seule parce que c'est une femme candidate, ou parce qu'elle l'a décidé ?

En tout cas, cette Ségo est un merveilleux écran de nos fantasmes. Je me demande en quoi elle se transformera une fois élue, une fois qu'elle nous montrera son vrai visage.

Tu_viens  

lundi 23 avril 2007

si Ségo est élue...

on pourra toujours aiguiller François vers ce site-là (histoire de mettre un peu d'âme dans leur appartement boulonnais)..

(Via Anaïk)

un truc qui m'énerve

Ce sont les anticipations de trafics de voix des 10 camps d'avant aux 2 camps qui restent.

D'abord, ça m'énerve qu'on considère les votes pour Ségo / Sarko au premier tour comme définitivement acquis pour le second ; ensuite, ça m'énerve que les journalistes et les politologues présentent les citoyens comme de la chair à exécuter les ordres de leurs partis. Comme si on attendait le petit doigt sur la couture, la bonne parole d'Arlette ou de Philippe. Comme si nous n'étions pas assez grands pour choisir par nous-mêmes.

Quand on sait que 11% des votants se sont décidés le jour-même, elles me font bien rigoler leurs analyses (en gros les mecs, y'a pas que les Bayrou dont on ne sait pas pour qui ils vont voter. Y'a des femmes lepenistes qui veulent faire avancer la cause des femmes ; y'a des nanas, comme moi, pour qui l'économie est importante ; et y'a plein de gens qui attendent de voir, de les voir tous les soirs à la télé les deux candidats. Comme lors de l'achat d'un nouveau papier peint, on se demande lequel des deux on va le mieux supporter pendant 5 ans).

Epuisette

Le dernier truc qui m'énerve, mais ça n'a rien à voir, c'est la pt'ite tâche noire à droite de l'objectif, qui macule à présent toutes les photos que nous prenons avec cet appareil. J'ai merdé.

dimanche 22 avril 2007

les raisons d'un vote

Toute la semaine j'ai douté... Culpabilité, je serais irresponsable de voter Sarko, liberticide... irresponsable de voter Bayrou, sans équipe... irresponsable de voter Voynet, contre le nucléaire... irresponsable de voter Ségo, trop poncifiante... trop socialiste... pas assez économiste... ! Et irresponsable bien sûr, de ne pas voter.

Et dans la voiture vers Paris, les signes se sont multipliés. Mano Negra dans le poste, desagradecido. Chimène, qui me parle de son regard de princesse - oui, la belle Ségolène aux longs cils est la candidate des petites filles... Et la touche finale, lorsque j'ai emmené ma petite enveloppe mal cachetée, l'assesseur qui me demande ma carte d'électrice.

Oui, on met plein de facteurs dans la balance avant de voter, et faire progresser la cause de la femme, est un facteur important. Je suis heureuse d'avoir résisté à mon habituel vote Bayrou, l'éternel perdant. Je suis heureuse du recul de Le Pen. Je suis heureuse de la participation massive de mes concitoyens. Et j'aime l'effervescence des soirées d'élection.

Vive la République, vive la France !

(votre Christie, back from Brittany, live de République des blogs, un Ti-punch dans le nez..)

mardi 17 avril 2007

avant de prendre la route

Chum_1 Qu'est-ce j'oublie ?

Bah oui, j'aurais pu profiter du week-end, d'hier soir pour préparer les bagages et le départ, et repasser ces tenues d'été qui n'attendent qu'un petit coup de fer pour être vraiment pimpantes... Mais vous pensez bien que j'ai préféré attendre le dernier moment. Qui n'est d'ailleurs pas encore arrivé : pour un départ à 18h, je me mets en branle à 16h30. D'ici là, je suis supposée bosser. Donc ouste ouste ouste, au boulot !

Qu'est-ce que j'oublie ?

les clés sont dans mon sac
ainsi que 3 ou 4 livres (hé, pour 4 jours, faut avoir le choix !)
des bougies pour notre veillée sur la plage
une dizaine de photos envoyées à Anne pour ampm si elle veut
plein de dejs prévus pour la rentrée
des baisers à mon amour, une pointe de tristesse de le laisser à Paris.. libre comme l'air sans sa tribu piailleuse
les plantes copieusement arrosées
l'ordi, le téléphone, l'appareil photo - et leurs batteries ; bon, je laisse l'épilateur...

Allé, j'oublierai toujours quelque chose. Tant que ce n'est pas une de mes filles sur une station d'autoroute... Et c'est la première fois que je fais la route toute seule, à l'aller et au retour ; que j'ouvre et ferme seule la maison.

[Tout ça les puces pour vous dire à dimanche soir, destination Dinard pour une petite transfusion de crêpes et de femmes des bois ! Take care.. ]

[Photo octobre 2004, Chimène et Doudou endormis à l'arrière de la voiture.]

[Au fait, je l'ai terminée ma compta. Hier.]

lundi 16 avril 2007

son content

Cachee

Alma est dans l'âge où ça devient problèmatique de s'endormir. Il lui faut ses 27 rituels, ses 4 poupées, et on dit au revoir par la fenêtre, et cette tétine non celle-là...

Les soirs où je suis d'humeur tendre, au poil Téfal, les rituels je les passe haut la main. Sauf qu'après le dîner, le bain, l'histoire, pas mal de cris et de bordel, je n'ai souvent qu'une envie : qu'on me foute la paix ! Chimène s'endort généralement en moins de deux (elle l'a eu, sa période 34 rituels, mais soit c'est fini, soit on les a complètement intégrés dans le process) ; et le plus étonnant, c'est qu'elle n'est jamais réveillée par les cris de chouette de la louloute, qui ne s'arrête que lorsqu'elle obtient ce qu'elle veut.

Mon lait Maman !

Et rebelote. J'amène le lait, Trocho, trofoi... Les soirs où j'ai un peu le courage Tu veux qu'on fasse un calin Alma ? et elle me tend les bras la chipette, et elle se blottit pendant 10 minutes, elle et moi dans le transat... Ah que c'est bon... et dire que ça va prendre fin un jour, ce temps béni... Tu veux aller te coucher ma puce ? Oui Maman, Chimène aussi..

Elle a eu son content de moi. De moi tranquille et disponible, pas criante et tendue. Elle a eu son lait, chaud ou froid. Elle peut se retirer, jusqu'à demain.

une resucée

Hier soir ma grand-mère m'avait convoquée chez elle. Le prétexte : "Les cloches (de Pâques) sont passées chez moi pour tes filles, il serait temps que tu viennes les chercher."

J'ai failli annuler, retenue à la maison par la fatigue du jour (tout ce jardinage !), la vaisselle à faire... et la soirée qui aurait pu s'étirer un peu sur la terrasse. Et la peur d'être désagréable, du coup, "Tu sais, j'ai pas que ça à faire !"

Et puis j'avais promis, et puis elle est toute vieille et chancelante, alors j'y suis allée. Ma petite Mam. Lorsque je sonne chez elle, je l'entends arriver derrière la porte, tic tic, au bruit de sa canne. Son air fatigué "Le matin, ça va, mais le soir, je n'en peux plus.."

Nous nous sommes assises dans son canapé, ma main dans la sienne. "Alors, quoi de neuf ?" Je ne sais jamais répondre à cette question. "Tu n'as rien à me dire ?" A celle là non plus... J'ai raconté mon jardinage. Les filles. On a commenté le passage de Nico à la télé. Je l'ai taquinée sur son locataire (elle héberge le mari d'une amie de ma tante), "Ah, ne m'en parle pas !"

Au bout de 3/4 d'heures je me suis levée. La vaisselle... Elle m'a donné une grosse poule pour les filles, et un paquet de pièces en chocolat (petits, nous adorions ça ! et les cigarettes en chocolat aussi, mais ça, plus personne n'en vendrait..)

On s'est fait plein de coucous avec la main, moi depuis ma voiture, elle depuis sa maison. Comme toujours. Un toujours qui prendra fin, un jour...

En rentrant, j'ai caché les oeufs, briqué la cuisine avec Nico. Et ce matin, les filles...

Pques_again_2

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