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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























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mardi 19 décembre 2006

la vie en pièces détachées

Chrysantme

Il y a des mois où la vie se barre en pièces détachées

une ampoule grise au bout du fil, la pièce toute sombre
un bouton qui manque, la jupe immettable
l'embout perdu de la pompe, plus moyen de gonfler mon vélo
la télécommande cassée du DVD
le couvercle du bol du robot, plus de soupes
le bras du doudou qui ne tient qu'à deux fils
et le vent a renversé le calamondin sur le balcon

On a laissé filer

Et puis, un jour, notre vie en pièces détachées on décide qu'on y tient
on décide de recoller les morceaux
ça demande du courage
c'est pas funky
ça prend du temps

Et on est heureux, malgré tout, de s'aggriper à quelque chose, et de prendre soin du petit monde qu'on a créé.

lundi 18 décembre 2006

sous mes ailes

A_tourne

Ce matin, nous sommes repartis chacun de notre côté ; Nico, à un petit déjeuner professionnel, Chimène dans la classe de Madame Alexandre, et Alma chez Maryse, sa nourrice. C'est moi qui ai accompagné les filles, et ni l'une ni l'autre n'a eu de difficulté à se séparer. Chimène s'est assise à une petite table pour composer des dessins avec des formes aimantées, et Alma a darre darre été dénicher l'un des catalogues de jouets qu'elle adore déchirer. Non bisou Maman, a-t-elle décrété sans m'accorder un regard quand je me suis dirigée vers la porte.

Très bien.

Je suis heureuse de les savoir heureux, chacun dans son élément. Pas inquiète du tout.

C'est très différent lorsque nous sommes ensemble. J'allais dire "sous ma responsabilité", en incluant Nicolas. Samedi soir, nous sommes allés à une soirée chez des copains, et j'ai paniqué 5 minutes parce que je ne le voyais plus dans la pièce... Quant aux filles, elles savent très bien qu'au square, elles peuvent faire tout ce qu'elles veulent du moment que je peux les voir.

Bah oui, je suis une femme-poule dont les ailes sont les yeux.

samedi 16 décembre 2006

la minuterie

Brouillard

23 h, un lundi soir. Je quittais l'appartement d'une cliente, par les escaliers, et j'étais entre deux étages lorsque la minuterie s'est éteinte. Noir total, pas de petite lueur orange pour m'indiquer l'interupteur. Dans ces cas-là, un immeuble peu familier où je n'ai aucun repère, je n'ai pas la patience d'attendre que mes yeux s'habituent à l'obscurité et peu à peu se repèrent, je flippe tout de suite. Panique, grave.

L'autre cas de ce genre c'est quand le brouillard tombe sur les pistes de ski et qu'on y voit pas à un mètre.

Certaines personnes tiennent le coup lors des cataclysmes, et s'effondrent dans des moments anodins, juste parce qu'on les prive de leurs repères.

[Crédit photo JS.. bah oui, des fois je fais des infidélités à l'oeil de mon Nico !]

[Ah ah, ils ne sont pas très "esprit de Noël" mes billets de la quinzaine, bon, j'adorerais vous raconter la liste des cadeaux que je concocte mais, outre que je doute que vous en ayez quelque chose à foutre, les 3/4 des gens à qui j'offre des cadeaux lisent ce blog, donc... le mystère restera entier !]

 

vendredi 15 décembre 2006

la pudeur

Le_tronc

Vu tout ce que je cause... tout ce que j'écris... tout ce que j'ai besoin de dire... les gens, souvent, enfin on a tendance à penser que je n'ai pas de pudeur.

Ce jugement m'a toujours étonnée.

Je crois juste que je place le curseur autre part ; la pudeur, ailleurs. Moi, un homme qui me quittait ne m'a jamais vue pleurer (ou alors, 3 petites larmes de rien du tout, rien à voir avec les torrents qui se déversent quand je suis seule, lits de rimmel sur les joues). Je ne me suis pas couchée en travers de sa porte.

Si je me suis battue, c'est avec les armes de la ténacité, de la joie, des projets communs.

Voilà ce que j'aimerais garder comme ligne de conduite, en ce qui concerne la dignité et la pudeur.

jeudi 14 décembre 2006

le monstre

La_petite_fille_et_le_monstreJ'ai mis un an avant d'oser parler de mon monstre à ma psy. Quand je me suis finalement décidée, elle n'a pas eu l'air choquée, ni surprise. "Ben oui, vous êtes humaine quoi !" a été en gros sa réponse.

Sa réaction m'a soulagée... puis déçue, presque. Je le couvais depuis si longtemps, ce monstre, avec culpabilité et délectation, pour découvrir qu'il n'était peut-être qu'un ballon de baudruche dégonflé en deux phrases ?

Caramba, à quoi se réduit-on...

mercredi 13 décembre 2006

une phrase de Ruth

Francesconroy_1 Dans Six feer under, mon personnage préféré c'est Ruth (et en deuxième, Claire).

M'habite l'un de ses cris : "I want intimacy !" (je l'ai pris dans le sens "intimité avec quelqu'un" ; un appel au secours, "rapprochez-vous de moi, arrêtez de passer dans cette maison comme à l'hôtel")
Et bien sûr, dès qu'elle a un copain ou un mari, il la gonfle...

Ce cri, et cette attitude, résume pour moi la complexité féminine.

Et la beauté de Ruth, si souvent réprimée dans un chignon et une tenue de "mormone", me touche infiniment.

mardi 12 décembre 2006

le désir de l'autre

Legs

Un truc très fort, dans ce cahier rouge de la vie ensemble, où tous les 3 nous écrivons ce qui nous tient à coeur, c'est quand je tombe sur une page écrite par Nico

Toujours un battement plus rapide

Ca fait peur, d'être confronté au désir de l'autre

lundi 11 décembre 2006

les matins froids

Jaunasse

Ce matin à Lyon. Après un week-end tendre, après une nuit angoissée de peur de louper le train, je me suis levée à 7 h dans ce grand appart' presque vide, sans soleil au dehors, dans une lumière jaunasse

J'appréhendais la journée qui venait, et ce froid dans mes os, les cheveux sales, la fatigue de la nuit

Mes petits matins d'avant le lycée, sans rien qui réchauffe, courir vers le bus de 7h41, et savoir mes parents dans leur bain, s'éveiller doucement, parfois je resquillais, me rallongeais dans l'autre salle de bains, je me rendormais 5 minutes dans l'eau chaude, pour 7h41 c'était loupé alors je prenais le car suivant, c'était un car mais on disait bus, celui de 7h54, qui un coup sur deux nous mettait en retard, avec les embouteillages, en première et terminale j'étais souvent collée, je le prenais trop souvent ce car des retardataires, avec les autres cancres de mon quartier, mais au lycée quoi, quoi d'autres que les sarcasmes et les regards vides..

Entre l'eau tiède utérine, et le froid de la nuit, mon choix était vite fait, seules les colles me désolaient un peu, moi la bonne élève.

Et puis vers Noël, je suis devenue amie avec François, très amie, de plus en plus amie, et les retards se sont arrêtés, nets, certains matins, prête trop tôt, je prenais le car de 7h26.

vendredi 08 décembre 2006

l'organisation

D'un rendez-vous à l'autre, j'essayais toujours de m'améliorer ; rédiger un ordre du jour quelques jours à l'avance, relire les chapitres dont il allait être question, préparer l'espace de travail, l'ordinateur allumé, du thé bien chaud... Et ranger, bien sûr..

Et à chaque fois, un détail clochait ; traînait une paire de chaussette, ou j'avais oublié de lui demander de m'envoyer une modif', ou...

C'étaient de petites choses, mais je détestais ces imperfections, la possibilité d'être prise en faute.

A la loterie de "qui on est", j'aurais tellement aimé toucher une personnalité soignée, au lieu d'être cette ébauche permanente !

[Fête des lumières, on part à Lyon pour le week-end, dans la famille de Nico.. Faire les sacs, récupérer les filles, vite vite terminer mon boulot, ne pas oublier un ou deux petits cadeaux pour les uns et les autres, ce nombre de choses qui doivent tenir dans la tête d'une femme, dont les hommes ne s'occupent pas, qu'ils ne voient même pas, et ensuite, ils doutent de notre capacité à gérer et comprendre la complexité !]

Vlo_la_nuit

[Mon vélo fantôme, samedi soir, avenue de Saxe]

jeudi 07 décembre 2006

les bonnes surprises

Mieux_vivre_ses_motions Je n'ai toujours pas écrit MON livre (enfin, celui sur HEC, ça comptait pas vraiment ?) ; en revanche, avec mes clients, j'en suis à une vingtaine, dont certains sont déjà tombés dans les oubliettes et d'autres vivent leur vie indépendante.

De temps en temps, j'ai des nouvelles, par mon éditrice qui m'explique que tel ne marche pas, que tel autre connait un regain, et même.. Hier, j'ai reçu un carton avec 6 livres, une réédition d'un ouvrage de 2005, paru juste au moment de la naissance d'Alma.

Je l'adore, ce livre, car c'est mon deuxième avec Didier, mon client-visionnaire, qui est devenu mon coach et aujourd'hui, c'est moi sa cliente ! J'aime quand les situations se retournent. Et lui, lui, il m'a bien retournée, au début je n'étais pas sûre de vouloir travailler avec lui et aujourd'hui, je lui dois.. beaucoup de bonheur, des épaules un peu plus larges, l'impression de marcher dans la bonne direction. Je ne vous dis même pas le bond qu'a fait mon chiffre d'affaire, et l'argent, on le sait, n'est que le symptôme de plein de choses qui vont mieux.

Merci Didier !

Je suis heureuse que nos livres continuent à rencontrer des lecteurs.

Mieux vivre ses émotions et celles des autres, par Didier Hauvette (et moi), aux éditions Eyrolles

[Allé zou, je file, je travaille avec mon client, on écrit la suite de sui-là..]

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