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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























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dimanche 23 juillet 2006

vases communicants

En général, je déteste bosser l'été (il ne se passe pas grand chose, c'est très laborieux, j'ai chaud, personne ne m'écrit de mails..) Et cet été détonne. Mon boulot est top ; et je suis excitée comme une puce.

Je passe par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel de Plume de vie ; proposition pour un nouveau prospect, début d'un livre avec une cliente, fin du travail avec trois clients, trois livres en cours, deux nouveaux qui devraient / pourraient démarrer en septembre... ou quatre, si ma proposition du moment est acceptée...

L'étonnant, c'est que je garde la tête froide ; au lieu de flipper comme d'habitude, je me réjouis de ce mouvement, de cette effervescence, et je n'attends pas les vacances avec impatience.

Bizarre, et chouette la vie. (du coup je ne vous ai pas parlé des vases communicants ni de ma nouvelle cliente, la Princesse. Demain ?)

[J'écris toujours depuis l'ordi de Nicolas ; le mien est rangé dans son sac, j'arrive pas à le sortir. Demain, je vais encore bosser depuis le café je crois, cette vie autour de moi, les conversations des gens, m'enchantent et répondent à cet élan que j'ai. La solitude chez moi, l'été, je ne sais pas....]

vendredi 21 juillet 2006

choses qui sont des corvées à Paris et des délices en vacances

Faire les courses ; on va au marché, ça nous prend la matinée, on retrouve nos marchands, toujours les mêmes, qui nous accueillent chaleureusement et font mine de nous donner leurs meilleurs produits...

Etendre le linge, au soleil, en plein vent, avec les filles qui baguenaudent à côté de moi, Alma qui chippe un t-shirt dans la bassine, Chimène qui veut clipper les pinces à linges, et la course pour tout rentrer quand arrive la première goutte de pluie..

Et vous ?

[la photo arrive plus tard, j'écris depuis l'odi de Nico..]

Les_poux

mercredi 19 juillet 2006

maternage

Ma_bande_chilienne_1 Assise sur le bord du trottoir, la tête calée entre les genoux de cette grosse femme qui n'est pas ma mère, j'attends patiemment qu'elle termine d'enlever une à une toutes les lentes nichées dans mes cheveux. Les voisines sont sur le pas de leur jardinet, les blagues fusent.. J'ai vaguement honte, et je suis bien.

D'aussi longtemps que je me souvienne, je me suis placée sous la protection de l'une de ces femmes maternantes, aux formes oppulentes et au rire facile, qui souvent portaient sur moi un regard mi indulgent, mi sévère. Le Chili semble regorger de ces femmes nées pour être mères... Et il parait que de retour en France, souvent les Français qui ont séjourné trop longtemps au Chili dépriment sec tellement ils se sentent seuls.

Ce ne fut pas mon cas, et j'ai parfois la nostalgie de mes mamas chilenas... Il me semble que je materne un peu ceux que j'aime à la manière jalouse et tendre, tendrement moqueuse, d'une mère chilienne (les pechos en moins) ; et aujourd'hui que me sont revenus des poux (ça me grattait depuis une semaine ; j'ai fini par comprendre pourquoi ; yuk !), je me sens un peu seule sans mama pour me caler entre ses genoux et plonger ses mains dans ses cheveux comme si c'était la chose la plus naturelle du monde ; je me sens bien seule face aux mines dégoutées, réelles ou imaginées, de mes mères françaises... Et c'est à mon amour, peut-être finalement aussi un peu une mère pour moi, en tout cas mon meilleur ami, que je vais demander cet acte d'amour-là.

[Une autre fois je ferai la liste de tout ce que ma mère a fait pour moi !]

[La photo, prise en janvier 1997, me suit partout depuis ; elle est épinglée devant mes yeux, sur le mur en face de mon bureau. Avec l'une de mes bandes au Chili, les filles de l'aérobic (je donnais des cours d'aérobic sur le seul critère que j'étais maigrichonne), on avait organisé un week-end à la mer, financé en vendant des hot-dogs... On avait dormi à la belle étoile et bu du vin dans un grand melon jaune ; j'avais pris avec elles mon premier bain de minuit. Ce souvenir a sa place dans mon cahier des meilleurs souvenirs.. Que sont devenus tous ces gens depuis ?]

jeudi 13 juillet 2006

ce matin-là

lorsqu'elle revint ce matin-là, dans leur appartement
elle le trouva en peignoir, assis sur le canapé

sur sa main, des traces de mascara


Autel_2

dans une grotte en Thailande, janvier 2004 - une vraie honeymoon..

[en rentrant, c'est dit, je construis mon autel
à Vitry, on va dormir à la belle étoile dans le jardin avec Chum
et je vais dévorer le dernier Fred Vargas.. j'ai craqué !]

 

justifie ton pseudo 2 : le rêve de Gala

Rve_dune_abeille_4

Salvador Dali, le rêve d'une abeille

ps : si vous m'envoyez vos pseudos, je les éditerai à partir de jeudi 20.. car je pars ce soir quelques jours en Bourgogne et je suis à la bourre, hein ! Et soyez les bienvenues pour poursuivre cette illustration, si elle vous botte !

justifie ton pseudo 1 : le tagine de Sophie, reine du tagine

Coucou Christie!
Bon, c'est pas tout de faire la maligne en s'autoproclamant reine du tajine,
faut assurer maintenant !

Voici la recette du tajine au poulet/citrons confits/olives:

Pour 4 personnes:
1 poulet de 1,5 kgs
2 oignons
4 gousses d'ail
4 citrons confits
1 bouquet de coriandre fraîche
1 c a soupe de graines de coriandre
1 verre à moutardes d'olives violettes
3 c a soupe de poudre de curcuma
1  c à café de paprika
1 verre de bouillon de volaille

La préparation des ingrédients
Pelez les oignons, coupez les en 4 puis en quartiers plus fins. Epluchez les
gousses d'ail, écrasez les sous la lame d'un couteau puis hachez les
grossierement.
Coupez les citrons confits en 4, retirez leur pulpe et rincez les pour en
retirer l'excédent de sel. Lavez la coriandre fraîche, effeuillez la, jetez
les tiges.
Concassez les graines de coriandre. Egouttez les olives.

La cuisson
Posez le plat à tajine (ou plus simplement une cocotte en fonte) sur un feu
doux.
Versez l'huile et quand elle est bien chaude faites y revenir l'ail et les
épices.
Laissez frissonner 10 mns environ. Ajoutez les morceaux de poulet, les
oignons, les olives et les zestes de citron. Salez modérement car les
citrons le sont déjà.Versez un verre de bouillon de volaille et couvrir.
Laissez mijoter à feu très doux pendant 1h15.
5 mns avant la fin de la cuisson ajoutez les feuilles de coriandre fraîches.
Servez ce tajine brûlant accompagné de boulgour cuit.

Voilà, il y a beaucoup d'ingrédients mais ils donnent toute leur richesse à
ce plat qui fait toujours beaucoup d'effet. Je le laisse mijoter 2 heures
plutot qu'une 1h15, le poulet est ainsi beaucoup plus fondant.

Bises !

[J'adore donner de bonnes recettes de cuisine, mais j'ai toujours la flemme de les rédiger... Merci Sophie la reine du tagine !]
[ça pourrait être marrant que chacune illustre son pseudo.. Lili, Gala, Ingrid à Plumes, Swahili, Houbi...]

mercredi 12 juillet 2006

la robe d'Alice au pays des merveilles

Marieantoinette_pieds_1 La saison des mariages tirait à sa fin ; elle avait duré six ou sept années, à raison d'une à six unions par an, tous les amis ou presque y étaient passés ; restaient les jeunes cousins, encore une ou deux fêtes en perspective...

Chaque année elle s'achetait une robe, une seule, pour assister à l'un de ses mariages ; elle prenait soin de la choisir dans une matière agréable, souvent un coton fin, ou une soie légère, afin de pouvoir la remettre ensuite au gré des évènements, un autre mariage, une soirée  estivale, ou un déjeuner un peu chic.

Sa robe préférée était en soie garance, ce rouge foncé confinant au bordeaux, à la fois décolletée et évasée, une robe de femme qui serait restée une petite fille ; et cette robe à la main, elle se tenait devant le comptoir d'un couturier-retoucheur, qui lui demandait une somme très importante pour changer la fermeture éclair.
- Mais le prix que vous me demandez, c'est la moitié de celui que j'ai payé ma robe ! A ce prix-là j'achète une autre robe...
- Comme vous voulez, dit l'homme-au-front-fermé.

Elle se sentait bête, avec sa robe préférée, immettable à la main. Cela lui avait pris un an à se décider à faire la démarche (comme souvent les petites actions pas gratifiantes) et maintenant qu'elle avait franchi le pas, quel ennui de reculer. Mais quand même, le prix était trop élevé, le front trop buté, elle s'était avancée trop loin, et ne pouvait pas lui laisser sa précieuse robe.

Elle remit l'étoffe dans son sac, Au revoir Monsieur, et lentement tourna le dos à la boutique.

[Les livres pour Bertrand :
La salle de bains, de Jean-Philippe Toussaint
La ferme africaine, de Karen Blixen
Les yeux dans les arbres, de Barbara Kingsolver
Fragments d'un discours amoureux, de Roland Barthes
La mousson, de Louis Bromfield
Le dalhia noir, de James Elroy]

[Vu hier soir ce film formidable, Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Sans Nico, je n'y serais pas allée, pourtant SC est notre réalisatrice fétiche mais les critiques m'avaient découragées... Je ne suis pas d'accord avec les critiques, ce film sur la solitude, sur le désir au féminin, sur la camaraderie entre époux, incarnés par la sublime Kirsten, m'a enchantée.]

mardi 11 juillet 2006

et pour Bertrand.. (mon balcon dodu)

Mon_balcon_dodu_1 Maman a emmené les filles quelques jours, alors nous, on en profite pour sortir tous les soirs. Et c'est top, cette fois-ci je ne ressens pas le vide d'enfants, plutôt la joie de me retrouver seule avec mon homme, et le confort de travailler sans me poser la question des horaires.. hmm ! Du coup la journée de travail me semble un peu longuette, et je passe beaucoup de temps à discuter avec mes plantes, à observer les réactions de chacune, et à les changer de place de manière à ce qu'elle ait la meilleure exposition possible pour elle. Je vous le dis, ce jardin n'a jamais la même tête d'une semaine sur l'autre.

J'ai déplacé les fraisiers tout près de notre fenêtre, m'est avis que notre ami le merle ne s'aventurera pas aussi près de la civilisation, en tout cas j'ai pu manger deux fraises presque mûres ce matin ! Trop bon.

Les graines de tournesol que nous avons plantées avec Chimène ont donné une fleur, et deux promesses (des bourgeons qui ont l'air en bonne santé, mais tardent à s'ouvrir.. je les ai mis plus au soleil, on verra bien) ; le gerbera de l'année dernière qui repart très fort ; ma lavande qui a fleuri (elle commence à sécher, est-ce le moment de la récolter ? j'ai des scrupules à la couper..)

Et le top, le top, c'est que mon oranger (le deuxième, j'ai souvent les plantes par deux.. ou trois, mais ne le dites pas à Nico) a fleuri et les jolies fleurs blanches ont fait place à des bébés oranges, toutes vertes, 6 ou 7 promesses, je les couve comme une poule !

Devant ces miracles de la nature, je me sens comme un gardien de zoo qui verrait se reproduire des lions en captivité.

Et les jardins des autres, je les trouve agréables, mais pour aucun je n'ai l'attachement viscéral qui me lie à cet ensemble de plantes dont je connais l'histoire, l'évolution, que je soigne jour après jour, mon balcon dodu.

[Hmm ma sélection de livres spéciale un été de Bertrand, viendra un peu plus tard..]

lundi 10 juillet 2006

choses qui me tiennent (David a aussi réclamé plus de listes)

Vivante Il s'est passé quelque chose, l'autre jour, à la lecture de Femmes qui courent.. : j'en étais au chapitre "Retour à la vie créatrice" et la nana écrivait "quand vous arrêtez de créer, parfois c'est normal, et parfois une part de vous est en train de mourir ; très souvent c'est des prétextes que vous vous donnez pour ne pas créer".

Oh.

Ce passage a fait mégatilt, et depuis mercredi ou jeudi, ou vendredi, je ne pense plus qu'à ça, mon envie de créer, et je m'y suis remise, non pas encore à faire mais à projeter. Quel plaisir déjà. Le magnifique livre de Barthes n'était d'ailleurs que cela, les jalons communiqués à d'autre de son envie de faire, sa fascination pour la création romanesque ; de son projet, il a fait un chef d'oeuvre. Bref. Je ne suis pas Roland Barthes.

Choses qui me tiennent.

* Réaliser, à la manière de Cali, des petites poupées en tissu, avec des chutes de mes copines ou des grands-mères, avec de vieux torchons colorés, avec de vieux vêtements.. Maman m'a aussi donné une partie de sa collec' de boutons.. Je vais sans doute les remplir de riz, qu'en pensez-vous ? Et les offrir, ou les garder, je ne sais pas encore. Je veux fabriquer des animaux, des chats, des lapins, des ours, et pour mes "patrons" je vais m'inspirer des formes toutes simples et touchantes des Japonais, style Picachou, Miyazaki ou Hello Kitty.

* Mettre en bouteille des rhums arrangés, des punchs massérés pour offrir à mes amis, à ma famille, quand ils viendront chez nous, ou pourquoi pas pour Noël, mes grands-parents ont habité en Martinique et en sont revenus avec un amour du rhum, qu'ils nous ont légué à ma mère et à moi, et j'ai envie de reprendre le flambeau de ces femmes dont je suis née.
Et l'idée me tente fort d'offrir de plus en plus des cadeaux home made. La décroissance joyeuse..

* Aménager, près de mon lit, un petit autel avec des photos, des bougies, marquant les descansos, moments des petites morts de ma vie, afin de me recueillir sur ces morts et la richesse des moments qui les ont précédé, et suivi.

* Enfin, trouver le désir et le courage de reprendre mon manuscrit "Cahier du déménagement", un déménagement dont certains sont des retours à la vie, d'autres des morts petites ou grandes justement.

Allé zou. Bravo, et courage ma belle. Quelle perspective de mois de juillet ! (sans parler du reste, les amis, les enfants, la préparation des vacances, et tout le bizness qui m'attend..)

Et vous, qu'est-ce qui vous tient ?

des livres pour David

Chihiro_trainLes discussions auxquelles je prends part se déroulent rarement sans que je finisse par demander à mon interlocuteur "Que lis-tu en ce moment ?" ou "Quel a été ton dernier éblouissement ?" - et que je me retrouve à parler des miens.

Le chit-chat hier soir avec mon ami David n'a pas fait exception, et j'étais tellement emballée par les livres que je lui ai "vendus".. que je lui ai promis d'en faire une note ce matin. J'ai du mal à écrire sur les livres (cela demande une réflexion intellectuelle, quand mes écrits habituels sont parfois bercés longtemps, parfois très prémédités, mais viennent d'un autre siège) et  je ne résiste pas à la presque commande de David.

Alors ces livres dont nous avons parlé.

Il y a tout d'abord ce livre magnifique sur la psyché féminine, qui m'accompagne depuis 3 semaines, et qui me conforte dans la direction où je vais, ce livre écrit par une femme-psy-conteuse-mère-amante-amoureuse de la terre-respectueuse de ses ancêtres-et amie bien sûr ; une femme qui empoigne la richesse et les difficultés de la vie, se donne à elle-même et aux autres... et entreprend de nous guider vers la guérison de notre psyché malmenée, à travers quelques mythes qu'elle nous raconte puis décortique pour nous, dans un langage emphatique et tendre qui murmure à mon coeur, et celui-ci répond "Je le savais.. alors d'accord, c'est par là que je vais aller.. merci de confirmer cette intuition.. je commence tout de suite." Un livre à lire, relire, rerelire ; un livre à offrir par charettes entières à toutes les femmes que je connais ; un livre qui devrait être un classique, pourquoi ne l'est-il pas ? Pourquoi le découvré-je si tard, pourquoi personne ne m'en a parlé avant mes 30 ans ? Je n'ai qu'une seule réponse, c'est qu'il fait peur tant il peut être libérateur de cette force extraordinaire qui réside en chacune de nous.
David tu ne comprendras pas tout, car ce livre parle aux tripes féminines, et ta mère, et ta soeur, et ta femme, t'apparaitront peut-être moins déraisonnables.

D'Antonio Lobo Antunes, je les ai tous aimés, malgré et grâce à ces premiers aspects déroutants du style tout en focalisation interne de chaque personnage livré à ses obsessions et ses flash backs, pris dans le désespoir du malamour, et le dernier que j'ai lu m'a enchanté alors je te recommande celui-là - je sais que tu iras probablement regarder dans une librairie voir celui qui t'inspire le plus !

Toi qui aimes les listes, toi qui aimes les voyages, alors ne passe pas à côté de la poésie pestouille de Sei Shönagun. Tout un programme que les listes de cette belle courtisane, qui signe sans dire "je" un bel autoportrait, et le portrait d'une société raffinée à la fois si loin, si proche de la nôtre.. Choses très malpropres, choses excessivement effrayantes, choses qui donnent confiance.. gens qui imitent ce que font les autres.. choses qui ont une grâce raffinée.. choses qui tombent du ciel.. choses qui ne s'accordent pas.. choses auxquelles on ne peut s'abandonner.. Ce livre est sublime !  Je le savoure lentement, comme un thermos de thé parfumé au jasmin.

Et le dernier que je te recommande aujourd'hui, qui ne surprendra personne ici, c'est celui de mon Roland Barthes, la préparation du roman. Je ne t'en dis pas plus, j'en ai déjà tellement parlé !

Si toi et l'un de ces 4 livres parvenez à vous apprivoiser, ils te sera un beau compagnon de route.

Bonnes lectures ! Et j'attends des nouvelles..

[La photo est tirée du film d'Hayao Miyazaki, Le voyage de Chihiro.]

Ma Photo

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