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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























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samedi 18 février 2006

des fourmis dans les jambes

Gump_1 Hier soir, je me suis remise à courir. Mise serait le terme plus approprié, car je n'ai jamais été une jogueuse.
* Pourtant, chaque lieu de week-end ou de vacances m'appelle à être découvert en courant - ah, les courses + bain dans la mer de Maman à Belle île...
* Pourtant, j'ai plein d'amis qui courent et me parlent de la sensation d'euphorie qui s'empare d'eux, après
* Pourtant, j'ai 10 cm de tour de bide et 5 kilos à perdre, et je n'ai pas envie de me priver de bonnes choses
* Pourtant, j'ai une énergie accumulée au long de ces longues journées de travail, mal au cou, impression d'être loin de moi, agressivité...

Mais j'aimais pas courir.

Et puis c'est le printemps. Et puis j'aime sortir seule, la nuit. Et puis la moitié de mes amis se trouvent à portée de course, je brûle de venir sonner à leur porte vers 22 h "je peux boire une tisane 10 minutes avec vous ?" comme je le faisais dans ma poblacion au Chili. Et puis après 20 minutes, 1/2 heure de course les abdos, étirements que je péniblement sinon, passent tout seul, comme un decrescendo naturel. Et puis avec la pratique du yoga, je maîtrise beaucoup mieux mon souffle.

Alors j'espère que je vais m'accrocher.

Dans deux mois, hé hé, je serai une sirène-mannequenne.

jeudi 16 février 2006

goûtez-moi

Alice03aLe moment de la journée que je préfère pour écrire sur mon blog c'est le matin, juste après le départ de Nico et des enfants, la truffe encore humide, pas complètement habillée, une tasse de thé refroidit lentement, je n'en boirai qu'une gorgée ou deux..

Les images de la nuit résonnent encore, ainsi que l'inspiration de la douche, et voilà, écrire ces mots à moi me donne du coeur  pour me pencher dans le désir des autres.

Ensuite, au fur et à mesure de la journée, je rends visite à mes amiblogs, pas tous à la fois (capacité d'attention limitée + faire durer le plaisir d'une étincelle de joie, génie, poésie, partage).

Et vous, comment le goûtez-vous ?

mercredi 15 février 2006

pensées du soir

Cuchara_2(C'est que je pense à votre café de demain matin moi, je serai au client, journée fébrile) (avant d'aller au lit avec une pile de 457 feuilles à lire pour tenter de me rassurer que je sais quelque chose)

...

Le jet brûlant inonda son corps las. L'infirmière sentait la chaleur revenir dans ses membres. Elle sortit de la douche à regret, passa son peignoir blanc ; elle était prête pour le rencontrer.

...

Incommunicabilité. Lui m'envoie des tonnes de coupures de journaux, des docs préparatoires écrits tout serrés, inutile de vous dire que je ne les lis pas, et moi je lui renvoie des pages et des pages annotées, on pourrait écrire ça comme ci comme ça et là.. Il ne les a jamais lues. Et à chaque rencontre, on s'échange des livres que ni l'un ni l'autre ne lira.

...

Tous ces blogs ressassant jour après jour la même histoire ; les mêmes obsessions ; un univers qui tourne sur lui-même en faisant semblant de communiquer. Et raconté toujours de la même manière bien sûr.

...

La toux d'Alma, violente, angoissante. Tiens j'ai pris des photos ce soir. Ma prochaine lecture : sans doute, Le loup des steppes.

des nouvelles d'Alma

Banio_1Comment parler de quelqu'un qui va bien ?

Ma petite fleur a percé ses deux premières dents (aille ! le feu dans les joues depuis novembre) ; je ne sais pas si elle est en avance ou en retard : on a jeté le Pernoud "J'élève mon enfant" qui était vraiment trop plat. Très pudique, elle refuse de les montrer... sauf si on use de forces stratagèmes.

Elle a compris la marche avant à 4 pattes ; l'utilise exclusivement quand on a le dos tourné (jamais quand je lui tends les bras Viens voir maman ! hier elle a carrément fait demi tour) ; et tout d'un coup on la retrouve à l'autre bout de l'appart. Ce n'est pas la dernière pour attraper les fils électriques, ouvrir la porte des placards défendus.

En vraie future concierge, elle est très concernée par tout ce qui se passe. Et rit aux éclats quand Chimène fait la folle, quand je cache mon visage dans mes mains.

Vers 18 h elle est un peu ronchon ; puis très ronchon : elle a très faim. Et elle râle tant qu'elle n'a pas englouti une soupe, une compote et un biberon. Après on peut causer. D'ailleurs elle adore entonner Mamanmamanmaman (et moi j'adore aussi).

En fait, après elle prend son bain, le moment joyeusissime. Splaoutch. Ca se corse au moment de l'enfilage de pyjama, elle préfère rester toute nue ma parole.

Parfois elle se blottit contre Nico ou moi, nous agrippe la bouche, pose sa main contre notre joue... Et dévore toujours mon nez comme au premier jour.

[Si vous voulez des nouvelles de ma grand-mère, elle est rentrée chez elle lundi, on est déjà à moitié en froid, faudrait que j'aille la voir...]

j'le dis, j'le dis pas ?

Satinpajamas2logo_2 .... Mon Nico m'a nominée pour un concours de blogs. Européen s'il vous plait ! (il est très européen).

La maison a toujours eu cette politique de ne pas faire trop de bruit (je m'expose déjà entre les lignes) et en même temps, dès que j'ai une occase je parle de maviesansmoi.

Dur dur de me tenir à une ligne. De ne pas rechercher les honneurs quand, malgré tout, j'y suis sensible. Alors maintenant que je suis dans la course..

Bon ba voilà maintenant je l'ai dit, vous pouvez voter, ou pas, ou...

[Je vous jure, ces filles française qui feraient tout pour ne pas passer pour des crâneuses ! Pas étonnant qu'on soit moins bien payées que les hommes !]

mardi 14 février 2006

Albertine réapparue

Alors voilà, j'ai écrit à Albertine.

Un premier mail laconique ; elle m'a répondu tout de suite "ça boume ?" L'air content de me voir.

Est-ce que ça boume ?

Apprêt de ma réponse ; j'hésite entre me peindre en looseuse ou en wineuse, pas de juste milieu. La première option l'emporte, l'autre l'aurait énervée tout pareil.

Le différentiel de désir, dans un sens ou dans l'autre, c'est le seul moment, le principal moment où je ne sais plus qui être.

End of the story. Egratignure.

[Et pendant ce temps, l'eau fait ploc ploc dans l'évier. Chimène dort dans le canapé. Le thé se fige dans ma tasse blanche.]

[Update elle m'a répondu pendant la nuit.. Tout va bien. Etrange fascination, inquiétude qui revient, cette fille que je n'ai vue qu'une fois. Une seule fois, on a pris un verre et elle m'a emmenée en boîte.]

un petit peu de sel, un petit peu de poivre

Sel_poivre_1 

Toute petite, sur la plage du Rupione, j'adorais faire des pâtés. Je prétendais que c'étaient des gâteaux de sable.

Le plus drôle consistait à échapper à la surveillance de Mam pour récupérer des mégots dans lesquels il restait encore du tabac. Elle me grondait C'est dégoutant, mais l'odeur me plaisait beaucoup, et ça faisait du super chocolat. La touche finale était une pincée de sable gris bien chaud : un petit peu de sel, un petit peu de poivre.

Ces jours-ci je commence à écrire un nouveau livre pour un client. Pour la première fois, je serai complètement nègre, c'est-à-dire que mon nom n'apparaitra pas sur la couverture, je n'aurai pas le droit de dire "J'ai écrit ce livre !" Je serai complètement cachée. Bizarre. Nouveau.

J'ai toujours le trac au moment de commencer un livre. D'un côté, le blanc si blanc de la page, de l'autre la pile bien lourde de rêves et de docs, que j'endosse. Ai-je bien compris ce qu'on attend de moi ? Et quelle part de moi vais-je, dois-je y mettre ? Et puis, j'ai toujours trop d'infos, pas assez d'infos. Et puis je me lance, je ne pense plus à rien, je fais mon travail...

Un petit peu de sel, un petit peu de poivre.

Sel_poivre_2_2

[les photos ont été prises par mon papa au printemps 76, sur la terrasse de notre appartement de Tokyo]

dimanche 12 février 2006

la balade de Cat Power

Catpower_1Il y a trois ans, j'ai rencontré Albertine qui travaillait pour un label de disques. Aujourd'hui on ne se cause plus, mais avant que je ne l'irrite, qu'elle ne me blesse, bref qu'on se fâche, elle m'a présenté Cat Power.

[Quand j'y pense je demande aux gens pointus dans un domaine de me parler de ce qu'ils connaissent le mieux, ils le font super bien, ils introduisent des merveilles dans ma vie, et ça leur fait généralement plaisir. ]

You are free est, avec Le fil de Camille et Lady and bird, l'album qui m'a le plus remuée ces dernières années ; au point de pleurer, parfois. Il y a chez ces trois femmes un reste d'enfant, une lucidité désespérée dans laquelle je me reconnais. Une sensualité douloureuse...

Je devrais rappeler Albertine pour lui demander de nouvelles idées de disques ; j'ose pas.

J'aimerais, la prochaine fois que je le croise, demander son prénom au mec du Francri ; j'ose pas.

Parfois, au lieu d'écrire dans un mail "je t'embrasse", j'ai envie d'écrire "je t'embrase" ; je ne le fais pas, bien sûr.

Tous ces mouvements de vie réprimés... ça vaut peut-être mieux ? je ne le saurai jamais. 

samedi 11 février 2006

choses vivantes à emporter avec soi pour rencontrer des gens dans le métro

Olivier_dans_le_salonPlein de gens me parlent de Paris comme d'une ville où il ne fait pas bon vivre et qui pue ; pour l'odeur, je me suis habituée, mais pour la convivialité, Paris est l'endroit au monde où je me sens le moins seule. Sans doute parce que j'y ai mes amis, mon amour, mes enfants, mes affaires ; sans doute parce que j'adore les galeries couvertes, les parcs, l'or sur la coupole des Invalides, et certains commerçants à la fois raffinés et gouailleurs. J'aime par dessus tout traverser la Seine et observer ses différents visages en fonction de l'heure de la journée, de la saison, du pont... Ah, la passerelle des Arts !

Paris et moi, nous nous sommes plu tout de suite (alors que, débarquant à 18 ans, je n'y avais pas encore d'amis, ni d'amour, ni d'enfants) ; juste moi, ma bonne tête, mon vélo, et la fébrilité d'une si grande liberté.

Un de mes trucs pour apprivoiser la ville a été de sourire aux gens, dans le métro. Ce sourire était multiplicateur. Ensuite, j'ai essayé d'autres stratagèmes et je me suis baladée avec

* un olivier que je ramenais à Nicolas - alors là tous les Méditérannées m'ont regardée, puis parlé de ceux qui poussaient sur les collines, dans leur pays
* un pot de primevères rouges - sourire des femmes, les hommes demandent "c'est pour moi ?"
* un gros ventre - "Vous voulez vous assoir ?"
* un livre..... en fait c'est plutôt moi qui aborde les gens lorsqu'ils lisent un livre que j'ai aimé, l'autre jour grâce à Michel Tremblay j'ai parlé avec une fille qui avait vécu au Canada et qui avait la nostalgie de Montréal, "Moi aussi j'en ai la nostalgie, mais je n'y suis jamais allée !" lui ai-je répondu
* et parfois il suffit de rien, juste un strapontin, un peu étroit pour nos doudounes, et je me retrouve blottie contre un inconnu, et je lui dis "C'est marrant, on ne se connait pas et pourtant on est blottis comme ça.."
* avec mon tricot rose j'ai rencontré des filles qui savaient tricoter des fleurs en crochet
* et bien sûr, avec les filles, tout le monde veut m'aider, qui tenir la main à Chimène, qui porter les roues de la poussette - je dois me bagarrer pour ne pas qu'on m'aide, trop dur la life !

Je pourrais passer ma vie dans le métro. Paris et moi nous nous sommes choisies - même si Venise me manque, même si je rêve aussi d'une grande maison pas trop loin d'une forêt, d'une rivière...

vendredi 10 février 2006

une piqûre de rappel

Franoise_doltoParfois je pense "Dolto j'ai lu, assimilé, je connais"...

Et puis la violence de la routine, la précipitation, la répétition des gestes, des mêmes mots tendres ou durs, se fait ressentir le besoin de prendre du recul sur mon travail de mère.

Alors je vais voir du côté de Dolto, dont se sont inspirées ma mère et ma belle-mère. Elle me prend dans ses bras de vieille dame morte bien vivante et murmure à mon oreille les mots que j'ai besoin d'entendre.

Arrête de rabrouer Chimène, "tais toi, tais-toi, tais-toi, attends, attends, attends", ne brime pas ses élans de vie. Fais des cadeaux gratuits, pour Noël essaie d'offrir à tes enfants ce qu'elles ont demandé, et laisse les croire au père Noël, il devine tous nos désirs et on n'a pas besoin de lui dire merci. Accepte de te séparer de tes enfants, la fusion c'est cela l'inceste. Et tant que tu y es sépare-toi un peu mieux de tes parents. Amène les enfants voir des anciens, ils ont tant besoin les uns des autres. Les jours où tu aimes moins, dis-le à ton enfant "Tu n'as pas de chance d'avoir une maman qui ne te donne pas tout l'amour dont tu as besoin ; et pourtant tu m'as choisie, moi comme maman.."

J'ai du mal à m'arracher de ses paroles humaines ; je lis et relis ses livres et suis heureuse de me sentir l'une des filles de Dolto.

Parler juste aux enfants, aux éditions Petit Mercure

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