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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























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dimanche 22 janvier 2006

les visages

BrokebackJe n'avais pas pleuré devant un film depuis le final des Choristes. La honte, j'ai détesté ce film et la petite corde sur laquelle il a appuyé. Et j'ai détesté que ce catalogue de bons sentiments ait été le film plebiscité des Français.

C'est des Etats-Unis que me sont venus mes derniers émois cinématographiques. A history of violence, en novembre, et encore plus hier soir, avec cette histoire d'amour d'une vie, amour éprouvé à en hurler et qui pourtant se refuse, avec pour conséquence "le lent et vain écoulement de l'énergie vitale loin de l'être aimé" (c'est la phrase sublime de Louis Guichard, dans Télérama, qui m'a donné envie d'aller voir ce film).

Qui n'est pas une histoire d'amour homo mais l'histoire de la rencontre de deux âmes soeurs, qui se trouvent être des hommes ; en cela, je l'ai trouvée universelle (à l'inverse de la série The L World, mettant en scène des lesbiennes et dans laquelle je m'étais sentie exclue).

Les visages de ces hommes ; Jack, viril et si féminin dans sa façon d'amener à lui Ennis, le "fruste" américain profond, tout en retenue, qui n'a pas le courage de vivre de vivre son destin. Je ne sais pas parler de ces deux hommes, de la brutalité et la douceur de leur désir, la puissance et l'impuissance de l'amour.

Et à la fin, il ne reste plus rien à Ennis qui a dit non à tout, qu'une chemise à étreindre, tout seul dans son trailer.

Et à moi, joues ruisselantes, la poche du caban de Nicolas où j'ai glissé ma main.

vendredi 20 janvier 2006

ça m'apprendra (3)

Ca m'apprendra à vouloir mettre de la pub sur mon blog. Cette polémique m'a pourri l'après-midi et j'ai eu envie de tout arrêter. Je me suis sentie piégée par ceux-là même qui légitiment mon écriture quotidienne, c'est-à-dire vous.

Mes "confidents" devenaient mes ennemis, je me sentais niaise avec mes histoires de fifille alors que l'on m'accusait de monnayer mon audience. Bon bon bon, libre, pas libre. Je ne sais pas quelle image je donne, celle d'un ange qui vit d'amour et d'eau fraiche ? Non, mais de l'argent, pas avec ton blog.

Ah bon. Et les écrivains, Proust par exemple (je pense à lui, je ne me compare pas hein, mais lui aussi écrivait sur sa mère et ses potes, tandis que moi j'écris sur mes filles, sur moi en fait, principalement). Je pars de moi pour aller vers vous, tenter de. Bah il les a vendus ses livres. Et alors ma pate intérieure, ce que j'en fais, pourquoi je n'aurais pas le droit de la vendre ?

Excusez-moi ; et permettez moi de n'être pas juste celle que je montre ici, sur ce blog, à mes amis, ma famille et ma belle-famille, mon mari, et vous, ceux que je ne connais pas. Je suis sans doute beaucoup moins, et beaucoup plus. Sans moi n'est pas un tissu de mensonge, et c'est un personnage.

Apparemment, la pub ne cadre pas avec le personnage.

[Addendum : à bien y réfléchir, ce qui légitime mon écriture quotidienne c'est votre présence, et c'est d'abord et avant tout mon désir d'écrire... ]

ça m'apprendra (2)

Fofolle_1 Hier soir, ma p'tite fofolle ne faisait pas mine d'aller se coucher. Il était huit heures et quart, Alma venait de s'endormir, je préparais un plat de lentilles pour le dîner des grands, Chimène était très occupée à coiffer sa Barbie Joséphine, rien ne pressait.

Grosse bourde, je lui ai expliqué que les cheveux des poupées ne repoussaient pas et qu'il ne fallait surtout pas les lui couper, et je la sens très tentée par l'expérience. [Que j'ai faite à son âge, NDLR].

- Maman, je peux attendre mon Papa ?
- Oui ma puce, en plus je pense qu'il sera très content de te voir !
- Juste tous les deux ?

Ben tiens. Ca m'apprendra à faire des filles.

mercredi 18 janvier 2006

ça m'apprendra

Alma_chatHier après-midi, chez le pédiatre avec Alma : - Au fait Docteur, vous avez vu, elle se tient assise ! - Il était temps !

Grosse conne.. (non en fait je l'aime beaucoup cette femme, ça tombe bien car on se voit trèèèèès souvent).

Résister à la tentation de pavoiser résister à la tentation de pavoiser résister à la tentation de pavoiser (sauf avec ma mère, et encore.)

[Juste avant d'arrêter de crâner.. vous le trouvez comment, mon nouveau bandeau ? Une création de Monsieur Nicolas, entre minuit et une heure cette nuit - on n'a pas idée de se mettre à bricoler un bandeau à minuit, on a même dû prendre une nouvelle photo de Bicouni parce qu'on n'en avait pas de bonne... ]
[Et là, je vois la fille dont le chéri est graphiste, me dire - Le mien il crée des bandeaux encore plus beaux.. OUAIS BEN MON PERE IL EST POMPIER !]

Hum.

[Oui je sais sur la photo Alma est couchée et pas assise, mais je la trouvais craquou et vu qu'assise c'est pas homologué comme exploit...]

mardi 17 janvier 2006

une page à la fois

Sance_rate(Si je ferme les yeux, j'entends un homme qui parle de la mort de Louis XVI, les voitures sur le goudron mouillé, la petite musique monotone qui berce Alma enfièvrée, le ronron de mon ordinateur).

Un visage à la fois j'offre à ceux que je rencontre. Visage anxieux, visage radieux, visage énervé, visage qui se débat dans tout ce qu'il veut faire, dans le passé qu'il porte, l'avenir qu'il couve.

Un visage à la fois, en ce moment je ne suis pas un monstre de constructivité, à vrai dire j'ai très souvent envie d'envoyer chier mes clients...

Mon désir hiberne momentanément.

Et s'ils décidaient de s'arrêter à ce visage ?

Je me vois fluctuer en mosaïque, eux me voient sans doute d'un bloc "Cette fille est épatante" ou "cette fille est capricieuse et inconsistante". Etiquetée la miss, bien rangée dans son petit bocal à côté des autres, dans leur collection de caractères.

Ne vous en faites pas, je suis en train de me reprendre.

Un blog, ce blog intimiste, donne plusieurs petits carreaux de la mosaïque. De nombreux même, si vous déterrez un peu les archives. En cela il ne représente pas la réalité de la vie, dans laquelle chacun de nous ne montre qu'un visage à la fois.

J'ai froid aux pieds, Alma s'est remise à pleurer tandis qu'à la radio, l'homme de Louis XVI a fait place à Antoine Volodine.

[Merci à Laurent d'Immemory (moi je continue à l'appeler Prumtiersen), qui par la nouvelle présentation de son blog, plus juste dans sa restriction, me permet de formuler cette impression. Merci à lui pour son recul, sa gentillesse à mon égard, sa douceur, et la beauté des photos qui me donnent, par procuration, des bouffées de nature.

Ma maison dans les bois.]

lundi 16 janvier 2006

mon livre, un jour

Premire_sieste_avec_almaHier après-midi, à un goûter "présentation au temple" de pleins d'amis qui ont un bébé entre 3 semaines et deux ans ; Alma se tenait assise sur le tapis (ça y est, elle tient assise ! quelle fierté ! et Chimène écrit son nom, depuis elle est redevenue grande fille, ça change tout... et moi j'ai l'impression que c'est la première petite fille au monde qui sait écrire son prénom, et Alma la première petite fille qui tient assise 5 minutes !), elle a joué toute seule avec une espèce de boîte au milieu des bolides d'un an qui cherchaient à la lui piquer. Elle est brave fille, ne pleure pas si on lui met un autre jouet entre les mains.

Je me sens toujours dans mon élément au milieu de ce capharnaüm enfantin, j'adore regarder les enfants de mes amis et chercher ceux qu'ils ont pris d'eux, ce qu'ils ont en propre, et regarder aussi l'évolution de ces amis de 10 ans ; la douceur d'un doigt d'homme sur un tout petit poignet, la buée dans les yeux, la copine fashion qui ressort des toilettes avec une couche bien garnie, les seins lourds et les traits tirés, radieux pourtant, de la femme enceinte... 

Juste au moment de partir, l'un de ce nouveaux pères m'apostrophe - Alors, tu l'écris quand ton livre ? - Bah, j'en écris plein des livres... - Non, je parle de TON livre.

Ce ne sera pas pour tout de suite ; je sais que le ferai, et j'ai envie de prendre mon temps, tout le temps que j'ai puisque je compte vivre centenaire. Le temps d'élever mes petits, de faire grandir ma plume de vie, de creuser mon sillon intime et de vivre les autres rêves qui nourrissent l'écriture.

Et puis, j'ai prévu de l'écrire dans ma maison ce livre, dans le grenier de la maison que nous construirons à deux, grenier-atelier en bois clair, séparé-relié du reste de la maison, les bruits atténués me parviendront, et la chaleur..

Je sais que je le ferai, j'ai toujours réalisé ce que je m'étais proposé de faire, et c'est frustrant de passer aux yeux de ceux qui me connaissent peu, pour une "grande disou, petite faisou".

Je devrais m'en fiche et continuer sur ma lancée. 

[De toutes façons c'est une erreur d'accepter des invitations en période de régime, chez moi "je me tiens" et je mange les aliments prévus, yaourts maigres, asperges, poisson en papillotte.. pas mauvais d'ailleurs.. mais dès que je sors, Christie Hyde, je m'empiffre de tarama et de nounours en guimauve, la honte. Je ne me reconnais plus !]

vendredi 13 janvier 2006

miroir

Toute cette semaine, je ne vous ai offert que des photos de moi ; moi chantant le métro après le concert, moi à 14 ans en bandana, ingrate et fraiche, moi aux chairs sensuelles et molles après le premier bain de la saison à Dinard, moi bonne mine après l'accouchement.. Suis-je si contente de ces images ?

Qu'est-ce que je cherche dans ce visage que j'offre et scrute sur l'écran, que je reconnais sans le connaître puisque je ne me vois pas ?

Pourquoi cette présence omniprésente ?

J'aimerais pouvoir écrire ce qu'il y a derrière le blog, il me semble que ce serait plus intéressant, mais je n'y arrive pas, certains secrets de polichinelle ne franchissent pas la muraille de mes lèvres.

petit matin (2)

Photo_retrouveEvidemment ce matin était un de ceux que j'aime le moins, couchés tard, levés à la bourre, Chimène qui veut choisir ses vêtements et surtout aller le plus lentement possible, redevenir un bébé, mettre le pantalon tout en dessous de la pile.

Nicolas prend son petit-déjeuner tout seul, j'ai horreur de ça, laisser quelqu'un que j'aime tout seul le matin - peut-être que ça lui est égal, à lui, qu'il préfère même se reposer du flux de nos disputes, les mots incessants, écouter peinard Alain-Gérard Slama à la radio, et moi ça me fend le coeur.

Lorsqu'ils sont partis à 8 h 20, plutôt en avance pour le coup (à force de se presser) j'étais encore en pyjama, encore à jeun et passablement véner. "J'en ai assez de ces rushs du matin", lui ai-je lancé alors qu'il attrapait la poussette.

Il n'a pas répondu, m'a juste regardée un peu plus longtemps avec son beau regard profond.

[J'ai retrouvé cette photo l'autre jour dans les entrailles de mon ordinateur, j'en cherchais une pour illustrer le trombinoscope de la chorale. Pas facile de trouver une photo sans enfant, sans le flou artistique des photos habituelles de Nicolas, où je ne fasse pas la tête et qui me plaise, bien sûr. Il restait celle là, prise à la clinique deux ou trois jours après la naissance d'Alma, Claire-Lise venait de m'offrir ces boucles d'oreilles rouges que je porte lorsque j'ai envie de rehausser mes tenues grises d'une touche d'énergie. Je les porte aujourd'hui. Je l'aime bien, cette photo perdue-retrouvée au milieu des visages de mon nouveau-né. ]

jeudi 12 janvier 2006

detox

Aprs_laccouchementJe n'aurais jamais cru avoir besoin de faire un régime. Les femmes de ma familles, celles que je regarde, sont toutes minces. Menues.

Petite, on m'appelait chat écorché, et à 14 ans j'en paraissais 10.

Me voir grosse. La bouée autour du ventre, qui ne part pas malgré la gym, le tonus. Et la pensée de me priver durablement de ces aliments que j'aime, insupportable.

Insupportable aussi, moi grosse.

La bataille de ces deux insupportables est en train de se résoudre, je fais ce fameux régime à base de légumes et de thé vert. Et j'ai perdu deux kilos. Et je tremble à l'idée de devoir, à vie, me restreindre. C'est possible ça, d'arrêter l'une des choses qui vous aide à "tenir" ?

Il faut déjà renoncer à tellement pour advenir.

Crème fraiche
Gorgonzola
Confiture de cerise
Huile d'olive
Tartines de rillettes
Tarama
Banane trempée dans le pot de Nutella

Il me fatigue, ce régime, j'ai tout le temps froid, envie de dormir et de me réfugier sous la couette. Et je sens que ça marche, alors je continue ; juste pour cette semaine, ensuite je ferai de temps en temps, plus souvent, des recettes "low fat", des salades, des smoothies.

J'aimerais bien me replaire.

mercredi 11 janvier 2006

petit matin

Mre_et_fille_2 Le mercredi est une journée calme : Chimène ne va pas à l'école, nous ne sommes pas bousculés par l'horloge et on peut tous dormir un peu plus longtemps, et pendant le petit-déjeuner prononcer d'autres phrases que "Mange",  "Dépêche-toi".

Ce matin, j'ai été réveillée par les gazouillis d'Alma ; quand ils se sont transformés en pleurs, je me suis levées - Nico et Chimène dormaient encore, pas de nécessité de les réveiller... J'ai passé 1/2 heure seule à seule avec mon bébé.

Après que zouip elle se soit enfilée son biberon (on ne plaisante pas avec l'alimentation chez Madame Alma) je l'ai gardée dans mes bras et nous sommes allées, toutes les deux, regarder sur le balcon le jour qui se levait, écouter les bruits de la ville.

[Ps : au fait hier, Chimène et moi on l'a gagné toutes les deux, notre concours de celle qui a passé la meilleure journée !]

Ma Photo

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