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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























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vendredi 09 décembre 2005

intérieurs

P1010149Ma main sur le clavier
Les attire : Vous venez ?

Ma main sur la poignée
Les laisse entrer, sortir
Ballet des amies, des nourrices, des caddies, du mari

Assis dans ma cuisine

France Culture en toile de fond sur la moquette beige

Et moi digérée, ingérente, l'araignée et la mouche.

Ma maison est un ventre de femme.

jeudi 08 décembre 2005

je ne t'aime plus mon amour

Anne_sylvestreCe principe, chez nous, de la démocratie (concept revu et corrigé, c entouré), qui veut que l'espace soit envahi de manière à peu près équitable par des sons enfantins et adultins.

Un soir de lassitude d'Anne Synevestre et d'Elise Caron, j'ai commandé une chanson à mon copain Manu Tchao ; il s'est mis à gémir - Je ne t'aime plus, mon amour, je ne t'aime plus, tous les jours...

Chimène a levé le nez de son oeuf à la coque et m'a fait remarquer - Mais c'est trop triste ça, Maman !

Et un peu plus tard - Dis Maman, Papa aussi il t'appelle mon amour...

- Ma chatonne, ça arrive que deux personnes ne s'aiment plus ; et oui, c'est triste. Mais ensuite, quand un peu de temps a passé, on guérit de sa tristesse et parfois on aime de nouveau. Le chant que je chante, il est encore plus triste, car il a été écrit pour quelqu'un qui est mort. Là, on ne peut plus rien faire.

[Et je me suis envolée pour la chorale, au passage j'ai embrassé mon amour sur le nez pour lui montrer que je l'aimais encore, moi.]

Chimène au réveil

me demande - "Tu m'as embrassée cette nuit, avant d'aller dormir?" (je pose la même question à son père lorsqu'il s'est couché après moi) - Oui ma puce.. (je viens toujours la border, ma petite découverte qui se déborde dans la minute) - Et Alma ? - Non, j'ai peur de la réveiller si je l'embrasse.. - Mais Maman, tu pourrais lui faire un baiser de vent !

Bouche_pince

mercredi 07 décembre 2005

some of my day

Shadow_1Drôles de journées qui tournent en rond ; arythmées, arythmiques sans le grain de sel du dehors, où la seule arithmétique est celle des heures facturées au client, heures arrachées aux sirops et aux kleenex, aux histoires et aux câlins bouillants...

Mam est venue finalement, ma petite de 87 ans veiller sur mes filles, je guettais sa voiture depuis la fenêtre de la cuisine et je l'ai vue dépasser l'immeuble, dare dare en chaussons j'ai couru dans la rue, stoppé la circulation, pris sa place au volant.. Une vrai Forrest Gumpette, mon exploit du jour.

Transformée en guetteuse j'annule un à un tous mes rendez-vous, finalement les gens viennent me voir chez nous, au milieu de la montagne de kleenex, combien de jokers suis-je en train d'user ?

Elles se sont endormies épuisées d'antibiotiques, je retourne à mon travail après avoir fait gratiner les pattes de midi, les pâtes, ensuite un bain (laver mes cheveux) et puis dodo (dans les draps froissés du matin)

Les heures coulent mal.

mardi 06 décembre 2005

cheval de bataille

Hier, soirée délicieuse dans la cuisine avec mon mari et ma grand-mère. Ma toute petite qui rapetisse de mois en mois, que je vais rarement voir malgré notre proximité géographique et tout court. Les enfants malades, la paresse d'un effort en plus.

Et la peur pourtant du coup de fil qui m'annoncera qu'elle n'est plus là, mon immuable.

"Je suis absent pour le moment.." dit le répondeur
"Et moi, je suis là... pour le moment" répond le vieillard au répondeur (dans un spectacle de Gad Elmaleh qui ne m'a pas fait rire).

Nico avait été cherché Mam en voiture, risotto aux crevettes, bonne bouteille, rires étouffés devant les incompréhensions de ses oreilles Professeur Tournesol. "Ton père est beaucoup mieux depuis qu'il est coupé" (elle parle de ses cheveux). Sa douceur quand elle est chez nous, ma tendrelette.

Tous ses enfants, enfin, ils ne sont que deux, ma tante et papa, téléphonent parce qu'ils savent qu'elle y est. Chaque visite est un évènement familial qui sera ensuite commenté par les uns et les autres. Ils en profitent pour fêter sa fête à Nicolas, chacun précisant "Les fêtes, ça se souhaite la veille." (Vous souhaitez la fête la veille, vous ?)

Je la raccompagne, c'est mon tour. Et là, me ressort son cheval de bataille : "Tes filles sont si petites, si souvent malades... Tu devrais t'arrêter de travailler."

Bien sûr.

lundi 05 décembre 2005

pesado

Calin_3Un tableau au feutre Veleda sur le frigidaire : les jours de la semaine, matin, midi et soir. Un tableau écrit par Nicolas pour nous permettre de suivre si on a bien administré ses drogues à Chimène. Double dose d'antibios matin midi et soir, pour soigner l'espèce de grippe qui continue ; medocs pour contrer les effets secondaires des antibios ; homéopathie pour préparer l'avenir ; pschitt dans le nez ; et petit bonbec, pour faire passer tout ça. Pauvre minette, pauvre maman.

Elle est malade depuis 8 jours, je craque un peu.

Devenir mère, c'est acheter un panneau "Mauvaise mère" et le porter à vie.

Une goutte d'alcool pendant la grossesse, l'allaitement.
Un enfant malade.
On ne sort plus, on sort trop. On le trimballe, il nous mène.
Et les gros mots. C'est bien connu, je passe ma vie à crier Caca boudin.

Tout ce poids sur nos épaules. Y penser, le faire. Ce poids si peu partagé. Et le regard des autres en prime, mère, belle-mère, pharmacien, pédiatre, institutrice, nounou, voisins. Ca fait lourd. Alors quand vient en plus s'ajouter celui de mon amour... J'aime autant qu'il les partage avec moi, tous ces poids. 

Alors ce tableau, que Nico a fait pour nous, et qu'il donne la session de médocs du matin, je me sens plus légère. La charge mieux répartie.

Au fait, vous imaginez les maîtresses ou les nounoux faire la morale aux mecs vous, sur la morve qui pend au nez de nos petits ?

hiatus

SpectacleVendredi soir, dans un théâtre parisien. Rythme d'enfer d'un vaudeville, les acteurs entrent par une porte, sortent par une autre, s'emmèlent dans leurs mensonges.

Ma mère est assise à ma droite ; nous sommes au balcon, premier rang, les jambes pliées autour du velours rouge. Régulièrement, maman se penche et régulièrement, la dame de derrière lui tape sur l'épaule : "Restez comme vous étiez ! Je ne vois rien." L'envie de me lever et de lui dire son fait, à cette dame.

Le micmac bat son plein. Le personnage en aime deux, deux femmes, classique. Autour de nous, la salle jubile. Rires, éclats de rires.

Au milieu de cette joie, deux blocs de marbre, Maman et moi. On se regarde, un peu gênées, moi de l'avoir entraînée là, elle de ne pas rire à ma pièce... Et nous sommes solidaires, les deux pas drôles.

samedi 03 décembre 2005

Chère Gilda,

Naissancesje voulais vous remercier de m'avoir parlé de ce livre.

Vous ne me l'avez pas offert : merci ; j'ai pu y penser à ma guise, le critiquer, me rendre à mes propres arguments, prendre le métro pour aller le pêcher à la Fnac, demander à la vendeuse, plusieurs fois... et serrer contre moi le trophée que j'ai lu presque d'une traite ; essentiellement dans le bus qui me ramenait chez moi, dans le bus qui m'amenait au client, dans le métro hier en allant et en revenant du théatre.

Les gens assis autour de moi ont peut-être aperçu une larme couler sur ma joue ; au moment où une mères évoque l'enfant qui quitte la maison, je n'ai pas pu la retenir. C'est ma hantise depuis toujours, pas l'accouchement, pas la fatigue des jours collés l'un après l'autre, pas la crise d'ado, non, cette désertion programmée du nid. Elles sont deux à l'évoquer, mères plus âgées d'enfants déjà envolés.

Je note pour moi d'aller lire d'autres livres de Marie Darieussecq ; Helena Villovitch ; Geneviève Brisac. Camille, Marie Desplechin, je les connaissais mieux ; il m'a semblé d'ailleurs que c'était vous qui aviez écrit le texte de Marie, tellement je vous associe maintenant l'une à l'autre, comme on le fait de deux amies, et tellement son style dans ce texte m'a fait penser au vôtre.

Merci Gilda de ce cadeau de mots que vous m'avez fait, grâce à lui je regarderai quelque temps mes petites d'un oeil plus humide, quelque temps je savourerai mieux la grâce qui m'est faite de pouvoir les regarder grandir, si près de moi.

jeudi 01 décembre 2005

abeudoudoudoudou... une page de pub

Comme je vous l'ai peut-être déjà raconté, ou pas, je me suis enfin décidée à sortir de ma cuisine et à chanter... sous la pluie... ben non, il ne pleut pas quand j'entonne le Requiqui... puisque ma voix pointue se mèle à celles d'un choeur trèèèès pointu. Notamment à côté de moi, dans les Soprane, ma plus vieille amie (Viow) et ma plus récente (Marie-Lu), la motivation vient donc de tous les côtés (et la bonne poilade et les : "T'aimes pas les ragots, toi ? Ah si, pasque justement.. ")

Pour courronner le tout, nous sommes dirigés par François Bazola, le chef de choeur de William Christie (nous étions prédestinés), ce type-là ferait chanter juste une poule (et les nuances avec lui, je vous prie de croire que ce ne sont pas les cochons dans l'espace).

Bref, c'est à l'aboutissement de tous ces "mardi-chorale" que je vous invite (façon de parler, ça coûte 20 € cette bagatelle) le jeudi 15 décembre.

Sprezza_requiem_15dec_1

Tintiinnnn. J'espère que vous viendrez nombreux et que ça vous plaira.

Ma Photo

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