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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























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mercredi 16 février 2005

comme en pays étranger

Des_pieds_et_des_mainsLe choc éprouvé la première année de cohabitation a été pour moi aussi fort que si j'étais partie vivre à l'autre bout du monde. La vie avec un homme qui avait d'autres habitudes et d'autres repères a remis en cause ces choses que je pensais acquises.

Mettre des charentaises
Ouvrir une boîte de temps en temps pour le dîner
Fêter la fête (Ste Brigitte, Ste Thérèse..) la veille
Faire des petits cadeaux chaque semaine
Parler, parler, parler, avoir peur du silence
Eteindre le four au milieu de la cuisson pour économiser l'électricité
Ouvrir les volets dès qu'on se lève le matin
Ne pas rendre de comptes sur l'usage que je fais de l'argent
Faire pipi la porte ouverte
Semer mes affaires à droite à gauche
Occuper tout l'espace disponible
Dormir contre le mur
Me disputer à tout bout de champ

Toutes ces habitudes ont été remises en cause.

Part de la vie commune, part de cet homme-là ?

mardi 15 février 2005

fée électricité

Elles_rigolentJ'ai beau les trouver énervants et ne pas toujours assumer que je viens de là, certains moments passés avec ma famille ont un côté très rassénérant.

Ainsi vendredi soir ; Maman et ma grand-mère sont venues dîner à la maison (Maman va chercher Mam en sortant du bureau), bon arrangement, Mam est ravie de sortir de chez elle et de voir Chimène, je suis ravie de rester chez moi et d'avoir l'occasion de lui montrer que je sais cuisiner autre chose que les oeufs sur le plat. Bon arrangement ? je ne sais pas ce qu'en pense Nico d'être envahi par toutes ces femmes, ni si Maman est ravie de se taper l'aller-retour chez ma grand-mère, m'enfin ils avaient l'air contents. Quant à Chimène, tous les soirs elle me demande "C'est qui les invités ?" et fait la gueule quand je lui réponds qu'on n'en a pas.

Bref ma grand-mère s'installe avec moi dans la cuisine pendant que Maman joue avec Chiménette, et me pose toutes ces petites questions auxquelles seules s'intéressent les mères et les grand-mères, "Vous êtes bien chauffées ?" "Tu marches à l'électricité exclusivement ?"

Devant ma réponse affirmative, elle m'a dit "Ah c'est bien l'électricité, à condition de savoir bien l'utiliser et d'éteindre le four un peu avant la fin de la cuisson ; pour les plaques, c'est pareil, elles gardent très longtemps la chaleur."

Nico venait d'arriver ; j'ai bu du petit lait.

Depuis qu'on est mariés, il se bat contre cette manie que j'ai de toujours éteindre le four 1/2 heure avant de retirer le plat du four. Je ne savais pas d'où ça venait, mais impossible d'en démordre.

Ma grand-mère, que je critique pour nombre de ses habitudes, a légitimé celle-là et je me suis sentie renforcée.

[Evidemment, dans ma belle-famille j'ai parfois la sensation inverse ! Et pas toujours : sa mère, sa grand-mère, ce sont des femmes après tout... ]

lundi 14 février 2005

jettite

TrsorsUn vent de suspicion souffle dans ma propre maison - et le pire, c'est qu'il est justifié. Je suis accusée de jettite.

Voilà les faits : Chimène n'arrête pas de nous ramener des bâtons cracras, de jouer avec des ficelles, de semer dans la maison des cartes découpées... toutes ces merdouilles qu'au bout du compte, excedée de les voir trainer, je finis par jeter en douce.

L'autre jour, elle installe sa poupée Véronique (une immonde sous-Barbie) dans les poignées du frigo et du congèlateur ; en ouvrant la porte du frigo, ça coince un peu, j'insiste, la porte s'ouvre.. Véronique avait perdu une jambe. Ni une ni deux, je la range dans le vide ordure.

Chimène revient.. Maman elle est où ma poupée ? Je bredouille un "Je ne sais pas" moyen glorieux. Puis Nico débarque, je lui avoue, il n'est pas content Les enfants adorent les jouets cassés ! Alors je finis par dévoiler le pot aux roses à Chimène (elle ne s'est pas du tout mise à pleurer ni rien, a juste constaté Ah, Véronique s'est noyée). Ouf.

Sauf que depuis, dès qu'un jouet se retrouve malencontreusement dans l'une des grandes poubelles de la maison, Nico et Chimène me tombent dessus "Maman, tu l'as jeté !" "Christie, pourquoi t'as fait ça, elle l'adore sa courronne de la galette des rois toute scotchée et rescotchée." (et suit une tirade sur les vertus pédagogiques de la merdouille en question).

Hé les amis, si les trucs tombent tous seuls dans la poubelle, faut pas toujours m'accuser moi. (Et je vais faire un effort, j'aimerais pas qu'on les jette mes merdouilles à moi...)

sève

Bourgeon_2Certains week-ends devraient durer 3 jours - j'aurais aimé ce matin prolonger le séjour sous la plume ; ou me lever dès potron-minet, chausser mes bottes de 7 lieues et partir humer la forêt, les crocus qui percent sous les couches de feuilles mortes, les bourgeons collants bouillonnant sous leur gange...

Au lieu de ça je suis scotchée à ma chaise devant la perspective d'une semaine "production" ; continuer, terminer des textes. Réprimer un baillement, trouver et l'énergie de faire ce qu'il y a à faire, et les petites fenêtres de souffle.

[Février. Mois des giboulées. Mois des jours qui rallongent, retour de la sève.
Chimène me demande C'est l'été Maman ?]

vendredi 11 février 2005

cordons (2)

Regard_noir_1Alors que je travaille à me dépétrer des cordons, ma Chimène s'arrime fermement aux siens. A ceux qui nous lient elle et moi.

Je lui ai expliqué qu'un bébé dans le ventre mangeait ce que mangeait sa maman, que sa maman le nourrisait par un cordon qui passait du ventre de la maman au ventre du bébé. Je lui ai expliqué que le bébé faisait pipi dans le ventre de la maman.

Chimène sait manger toute seule, elle sait aller sur le pot toute seule. Mais à la maison, elle me demande chaque jour de lui donner son repas presque cuiller par cuiller ; elle est très contrariée lorsque je refuse de l'accompagner au pot.

Ma fille sent-elle ce travail sur moi que je suis en train de faire ? Tente-t-elle de redevenir un bébé dans mon ventre ?

[L'autre question que je me pose, bien sûr, c'est : ne suis-je pas celle qui la retient contre moi ? ]

jeudi 10 février 2005

la vérité nue, belle à voir

30anneberestElle veut tant de choses
renverser le ciel
les paupières mi-closes
l'étincelle
et que la nuit se lève dans son coeur
elle veut quelque chose de nouveau

Elle veut tant de choses
rêver sa vie
dans ses vies de rêve
traverser le ciel
prendre le large
elle veut quelque chose de nouveau
elle veut des robes
changer de peau
un coeur griffé en satin rouge
chaque fois repartir à zéro
elle veut la fête et que ça bouge
elle veut tous les soleils couchants
l'or de la chair, l'ivresse, la gloire

la vérité nue belle à voir

elle veut tout

elle veut le chaos.

(Christophe, chanson n° 2 de l'album Comme si la terre penchait)

[especially for Richard, ce bout de chanson qui m'arrache des larmes, jamais bien loin... ]

[merci à Olivier Roller de prendre de si belles photos.. et à Nico pour presque toutes les autres, heu, pas les moches, toutes les fois où je ne te cite pas !]

défections

PerspectivesDe temps en temps, mes amis m'annoncent, d'un ton qui me semble triomphal Ton blog tu sais, je ne le lis plus tellement.

Souvent je pense à tous ceux qui venaient régulièrement lire maviesansmoi et qui, un jour, ont arrêté.

Ceux qui ne viennent plus parce qu'ils ne veulent pas trop en savoir sur moi.
Ceux qui trouvent le style et les thèmes répétitifs.
Ceux que j'ai déçus - ayant perdu le désir pour la personne, ils l'ont perdu aussi pour l'écriture.

Bon, et malgré ces défections - le mot est fort ! comme si un lecteur, un seul, avait sa part de responsabilité pour soutenir une écriture - je continue, j'écris chaque jour une petite note ; 2 hier, car Laure m'avait prévenue qu'elle aurait un peu de temps dans la journée.

mercredi 09 février 2005

mère-grand fait du bizness

Donne_mangerHier soir, coup de fil à ma grand-mère, empreint d'un brin de culpabilité - depuis que j'ai un gros ventre le courage me manque pour aller la voir. Et elle ne peut pas venir toute seule jusqu'à chez moi, elle a peur de se garer dans Paris (on la comprend).

- Allo, ma chérie, comment vas-tu ?

- Hmm, pas mal, j'ai toujours mal au dos, je travaille beaucoup..

- Encore ton travail. Il te rapporte au moins ? Chaque fois qu'on se parle tu me dis Je travaille, et tout ça pour gagner des clopinettes. [Elle qui n'a jamais mis les pieds dans un bureau]. En plus pendant ce temps-là tu ne vois pas grandir ta poupée.

- Mais Mam, ça me plait ce que je fais...

- Que ça te plaise c'est une chose, mais au bout de quatre ans faudrait quand même que ça donne ses fruits.

Allé. Dimanche soir je vais la voir, et l'année prochaine j'augmente mes tarifs.

[Certains après-midis, quand je m'emmerde vraiment au boulot - disons le, quand je me fais chier toute seule chez moi - je pense à Chimène et me dis As-tu fait le bon choix ? Allé, oui, ça ne peut pas être maximum bamboule tous les jours, même chez Plume de vie. ]

un couple qui dure

Mes_dimanchesL'autre soir vers minuit, tapis dans la voiture, nous regardions passer les gens sur le boulevard du Montparnasse et un couple a attiré mon attention.

Un homme, une femme, la cinquantaine ; lui en loden vert bouteille, elle en simili-Burberries. Lui grand et légèrement voûté, elle jambes arquées dans ses escarpins bientôt fatigués. Ils marchent cote à cote, leurs bras ballants se frôlent par habitude, sans trace de senusalité. Le bras libre de la femme tient un sac en plastique de supermarché sous lequel on devine la forme d'un moule à tarte.

Humilité du couple qui dure, Toi, tu es toujours avec moi.

Humilité devant l'autre qui me voit malade, qui m'entend ronfler, qui supporte pour la 14ème fois la même anecdote. Humilité devant le témoin de mes premières rides, devant celui qui accueillera mes cris de parturiente.

Humilité et gratitude devant celui qui m'a choisie et me pardonne jour après jour cette humanité.

[photo tirée de la série "Mes dimanches - je sens l'ombre d'un serpent plaquée contre mon corps" par Olivier Roller]

[quelle coïncidence, regardez de quoi ça parle La Croix aujourd'hui.. Après c'est vrai on pourra me traiter de grosse copieuse, mais je ne l'ai pas encore lu l'article.]

mardi 08 février 2005

les limites du je

EntrejambeDe nombreux agregés l'ont écrit [penser à acheter ce livre] mais moi je l'expérimente en ce moment - la  sincerité lorsqu'on parle de soi est presque impossible.

Oh, une sincerité relative, ne pas écrire de mensonge, c'est facile... Mais au fil des pages de ce blog, un personnage prend corps, qui me ressemble à gros traits et laisse dans l'ombre les aspects socialement inacceptables.

Faut dire que j'ai fait des expériences dans la vraie vie, de montrer quelquefois ces côtés-là qui détonnent avec mon personnage de pingouin.

Un jour une amie me téléphone sur mon portable, j'étais à la Hune plongée dans une étude sur le suicide, je lui ai répondu de ma voix sorcellique, elle ne m'a pas reconnue, a détesté.

Une autre fois, j'ai exposé ma grande théorie comme quoi il n'y avait pas de relations désintéressées, d'ailleurs moi je choisis toujours mes amis en fonction de ce que nous pouvons mutuellement nous apporter - oh, pas matériellement ni socialement, mais plus une richesse qui se donne et se reçoit sur le long terme. Ma copine a quitté la table en me criant dessus, et on ne s'est pas revues pendant un an.

Y'en a une liste longue comme ça, de trucs qui. Que. Je ne dirai plus, ne cadrent pas avec le personnage, l'idée que les gens ont envie de se faire de moi. Que je ne lâcherai pour rien au monde devant vous (quoi que, je viens de le faire).

Je commence à comprendre l'intérêt d'écrire des romans et de la phrase "toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé est purement fortuite". Fortuite mon cul.

Créer un personnage donne la liberté de mettre tout ce que je veux de moi sous les traits d'un autre, sans avoir à l'assumer ; sans même que ce soit conscient, puisque je ne pense pas à moi, je pense à la cohérence de mon histoire, du character.

Bon, je m'y mets quand ?   

Ma Photo

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