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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























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lundi 27 septembre 2004

atrabilaire

Bacri33 Toute la journée, j'ai pensé à ce mot - atrabilaire. Je crois que c'est Télérama qui l'emploie pour évoquer le personnage joué par Jean-Pierre Bacri dans le nouveau film à la mode, Le goût des autres, heu non, Comme une image.

Atrabilaire - ce mot me plait, car il donne l'idée d'une colère qu'on aurait en soi et qui ne serait pas de notre faute. C'est ma bile, j'y peux rien !

Et moi, toute la journée je me suis sentie crevée, glandue, et je me suis creusé les ménages pour trouver le correspondant à atrabilaire dans la catégorie glandue : C'est pas de ma faute..

Lymphatique ?

Corse ?

[oooh, je rigooole, je vais me le faire plastiquer mon blog..]

[Bon, on l'a vu hier ce nouveau film à la mode, la salle était comble, les répliques bien senties, mais comme toujours depuis que Jaoui tient la caméra, on est sortis un peu déçus, un peu énervés par toute cette cohérence, par ces personnages de Jaoui et Bacri qui semblent jouer.. toujours les Jaoui et Bacri, à quelques nuances près ; et puis les bons sentiments, et puis les intérieurs parisiens, la lumière claire-obscure, ça me déprime..

Je les préfère scénaristes, les Jabac, ou acteurs. Moi je pense : on peut pas tout faire.]

[Mais bon, ça a l'air de leur faire plaisir, de réaliser des films ; et de les tenir. Et puis faut leur reconnaitre un mérite : les autres acteurs sont super bien choisis - ah, Sébastien, l'adorable Beur.. j'en ferais bien mon quatre heures.
Mais je crois, définitivement, que leur apport au cinéma est génial quand ils bénéficient de la présence d'un tiers (là, je pense à Resnais par exemple, ou au réalisateur d'Un air de famille. Leurs films tout seuls, c'est un peu comme un auteur qui s'auto-éditerait, il y manque quelque chose.]

A qui appartient quoi ?

Moutons_2 Autant je m'efforce de rendre à César ce qui est à César (au niveau des textes, des photos), autant je ne le fais jamais quand il s'agit des photos prises par Nicolas. Je n'y pense même pas. Pourtant, au moins une photo sur deux est de lui ; sans doute, vous qui avez l'oeil remarquez la différence de regard, de technique..

Je suis toujours frappée par la manière singulière qu'a chacun de prendre des photos, de raconter les histoires - et les livres de Chimène, que je connais par coeur, prennent une autre tonalité quand c'est quelqu'un d'autre qui la raconte.

Depuis que je fais tout avec Nicolas, et malgré nos différences de caractères, je trouve souvent ça difficile de démêler ses chiens de mes chats. Cela se manifeste d'abord dans la déco ; il y a 6 ans, j'habitais un appart' toute seule mais nous l'avions meublé et aménagé tous les deux, et je ne savais plus qui avait eu telle idée, qui avait fait quoi.

Et chez nous c'est pareil, les gens nous disent C'est joli chez vous et moi je suis tentée de dire C'est Nico qui a tout fait, mais en fait, je suis sûre que plein d'idées, plein d'impulsions, c'est moi qui les ai eues.

Le lien conjugal est peut-être fait de tous ces emmêlements qu'on ne sait plus débrouiller ; les peignoirs côte à côte sur la paterre, les inspirations, les journaux et les lectures qu'on partage sans s'en rendre compte.

vendredi 24 septembre 2004

vases

Arbre_bleu
Alors voilà ; ce qui devait arriver, ce que je crains depuis le début, est en train d'arriver :

J'AI PLUS D'IDEES POUR ECRIRE

(ou peut-être est-ce juste l'effet de

la nausée permanente conjuguée avec le mal de tête et un rhume qui couve
3 contrats et une proposition à écrire
les machines à laver qui débordent de trucs propres à ranger
les paniers qui débordent de linge sale à mettre dans la machine quand je l'aurai vidée, et de linge propre à repasser
les plantes à arroser
ma grand-mère qui veut que je vienne la voir
la préparation de l'enterrement de vie de jeune fille de Pascale demain
l'envie lancinante d'un massage
le froid dans les os (j'ai qu'à mettre un pull)
toujours pas trouvé de mode de garde collectif pour Chimène (pas encore trop cherché)

Je ne vois même plus le temps qu'il fait dehors, hier je suis sortie sans manteau alors qu'il pleuvait..


Je vois encore moins celui qu'il fait dedans - et c'est de cette météo-là dont je rends compte, petits mouvements du coeur que je ne sais plus capter

Drôle de brouillard, où je me fais l'impression d'être un corps mal en point qui ne peut plus se consacrer qu'aux fonctions vitales - manger, dormir, être douce autour]


jeudi 23 septembre 2004

reste chez toi

Bus_1 Lorsque je repense aux premiers mois de Chimène, je me souviens de la difficulté de se déplacer dans Paris avec un tout petit. Autant la ville a une politique nataliste, avec des aides financières aux familles, pas mal de crèches, des nounous, des aires de jeux partout, autant on dirait que ceux qui pensent la ville veulent inciter les jeunes mères à rester chez elles.

Imaginez ce que c'est de prendre le métro avec un landau (heureusement, les gens sont super serviables).

Imaginez comment monter sur les trotoirs avec, deux fois sur trois, une voiture garée sur les clous, juste devant le bateau.

Mais le pire, c'est dans le bus. Je trouvais que c'était bien de prendre le bus avec mon bébé, car elle pouvait voir ce qui se passait dehors et il n'y avait pas tous ces escaliers à monter, à descendre. Mais les portes des bus sont tout juste assez larges pour laisser passer un landau ; et encore, il faut passer par l'arrière ! Un jour, un conducteur de bus a refusé de m'ouvrir la porte de derrière ; il m'a dit, les landaux ne sont pas admis dans les bus (c'est vrai que je prenais beaucoup de place, mais que faire ?) J'étais tellement furax que je suis restée le pied sur le marchepied ; je lui ai dit "Moi, je ne décolle pas de là tant que vous ne m'avez pas laissé monter". Ca a duré 5 bonnes minutes, des gens ont commencé à descendre, d'autres à faire franchement la gueule, et finalement un monsieur est gentiment venu m'aider à rentrer la poussette par l'avant. Brr, je me sentais mal avec tous ces regards braqués sur moi !


Ma belle-mère m'a raconté que, dans le bus avec ses trois garçons et enceinte du 4ème, elle s'était entendu dire Tu sais, la pillule ça existe !

Ma tante Jacqueline, enceinte de son premier fils dans les années 40, au début de la guerre, a revendiqué sa priorité pour s'assoir dans le bus.. Elle s'est faite rétorquer Hé va donc, lapine à Pétain.


Dur dur d'être une femme quelquefois, quand on vous attaque dans votre sexe, par vos enfants.

what do I look like ?

Jane_birkin_a Charbou Ingrid_bergman Bigbjork Sylvie_testud Lara2


Souvent, les gens qui me voient pour la première fois me disent On se connait ? j'ai l'impression de t'avoir déjà vue quelque part..

Puis quand ils me connaissent, certains sont tentés de me comparer de manière plus ou moins flatteuse à des stars..

Jane Birkin a été la première (quand j'avais 18 ans, mon amoureux m'appelait même Jane, on n'est plus amoureux mais il m'appelle toujours comme ça, j'aime bien) ; en vieillissant, les gens me comparent plutôt à Charlotte Gainsbourg.

Une copine de classe m'a dit que j'avais la même frimousse que Björk. Je ne connaissais même pas la chanteuse à l'époque, j'aimais pas la fille, mais à la réflexion j'aurais dû bien le prendre..

Un jour, Papa m'a dit Tu ressembles à Ingrid Bergman. J'ai pensé qu'il m'aimait très fort, et que l'amour rendait myope, mais la comparaison n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde.

Une autre fois, Jean-Seb m'a dit que je lui faisais penser à Sylvie Testud.

Et enfin, Nico hier m'a appelée Lara. Sympa.


[je vais vous dire à qui j'ai l'impression de ressembler, moi, en ce temps de rentrée mâtiné d'un début de grossesse : j'ai l'air sérieux, studieux (et endormi) du pêcheur qui ferre ses poissons... j'ai rencontré une prospecte pour un livre hier et aujourd'hui je prépare un autre rendez-vous.. hou lou lou..]

Fishermanwith2bass_1


mercredi 22 septembre 2004

ma jupe d'écrivain

Aadumbo
Aujourd'hui, j'ai mis ma jupe d'écrivain.

Avoir une belle famille, dans mon cas, ça a surtout des bons côtés. Nico a trois frères et pas de soeur, du coup quand je suis arrivée, après un petit bizutage des garçons, je me suis sentie accueillie avec beaucoup de chaleur.

Je le ressens au moment des week-ends que nous passons à Lyon chez mes beaux-parents, quand les discussions s'éternisent autour d'une tasse de café dans la cuisine.

Je le ressens aussi au moment de Noël, où ma belle-mère compense 25 ans sans avoir de fille et me gâte comme c'est pas permis. Bien plus et surtout bien mieux que mes propres parents, qui m'offrent souvent des trucs bizarres (ils n'aiment pas me demander ce qui me ferait plaisir et c'est bien dommage, car des idées, j'en ai et à la pelle).

Je suis convaincue qu'on a tous un style de cadeau, qu'on fait particulièrement bien. Anne, ma belle-mère, a le chic pour les habits ; déjà sur elle c'est canon, et quand elle m'en offre je suis toujours ravie ; tout en le respectant, elle fait évoluer mon style vers une direction un peu plus sophistiquée.

Le cadeau que j'ai préféré par dessus tous, c'est cette jupe que je porte aujourd'hui, une jupe grise un peu froissée en haut et avec de la tulle en bas, qui m'arrive à mi-mollet et que j'appelle ma jupe d'écrivain.
J'imagine qu'elle aurait plu à Virginia Wolf (les choses qu'on se dit !)

C'est elle que je mets quand je rencontre des prospects, quand je vais sur un salon, quand je veux convaincre la personne en face de ma qualité d'écrivain.
Quand je la porte j'ai sur moi un peu de l'assurance et de l'empathie d'Anne ; un vêtement qui me protège et me révèle.

Elle est ma plume de Dumbo l'éléphant.

mardi 21 septembre 2004

secrets de beauté

Masque20beaute
Bon bon bon je vais encore livrer un de mes petits travers, mon anniversaire je commence à en parler 6 semaines avant, pour être sûre que les gens n'oublient pas.

Et j'adore phospohorer sur tous les cadeaux qui me feraient plaisir, sur le frigo il y en a des listes pas possibles qu'on fait avec Nico quand on a besoin de se remonter le moral. Alors je ne vais pas la recopier ici, ça serait indécent, si vous voulez savoir demandez à Nico ou venez espionner dans la cuisine.

Depuis que je suis petite, je me dis Tu mettras des crèmes anti-rides quand tu auras 30 ans (ma copine Rozenn Vély en mettait déjà à 8 ans, je trouvais ça un peu exagéré ; remarquez, moi, j'allais bien cueillir de la camomille pour me faire des cheveux blonds). Finalement, j'ai abandonné l'idée de devenir blonde et je ne suis toujours pas inspirée par les crèmes anti-rides - en fait, j'aime bien les rides. En revanche, je crois beaucoup aux trucs de beauté perso.

Et du coup, un cadeau qui me ferait plaisir, pour mes 30 ans, et qu'on pourrait partager, et même se faire en avance sur la date fatidique, ce serait d'échanger nos petits trucs de beauté.

Vous savez, les petits rituels miracles qu'on tient de sa grand-mère, ou d'une copine en passant, ou le gel douche qui gomme vraiment toutes les imperfections, ou.. Bref, photo à l'appui, vous pourriez m'envoyer les trucs qui vous rendent belle et rose de plaisir, je les publierais là..


Allé je commence par les miens..

- D'abord y'a le vélo, qui muscle les fesses et me donne la pêche et enlève le mal de dos et donne de belles couleurs sur les joues et les mollets
- Ensuite y'a le henné qui fortifie les cheveux (j'les ai tout fins) et leur donne des reflets cuivrés, tous les deux ou trois mois je fais une pâte à l'odeur d'épinards et me l'applique sur les cheveux, miamche ! Quand je l'ai laissé poser trop longtemps, Nico m'appelle Mylène Farmer ou Larousso, ça lui fait très plaisir.
- Enfin tous les deux jours je m'épile entre les petits poils entre les sourcils..
- Et puis je mange plein de fruits, parce que je me dis que c'est bon pour le tein

Bon je ne suis pas une fille très sophistiquée.. mais j'adore connaître les trucs des gens, et l'histoire de ces trucs...


[La photo d'Irving Penn, je l'ai trouvée ]

infantiles

Flash_1
Ca commence par des pleurs bizarres, des comédies - perchée sur le canapée tu cries Viens me chercher Maman ! moi dans la cuisine je vaque et me dis Merde elle a des jambes elle s'en sert.. Et tu t'esbignes et tu trépignes les pleurs reprennent de plus belle je finis par venir voir me fâche tout rouge et mouche tes larmes Un câlin Maman !

Hmm tu es un peu chaude on cherche partout le thermomètre la main sur ton ventre 38.5. Zut.

La nuit tu te réveilles tu me réveilles au bout de la 3ème fois on atterrit dans le canapé où miracle les pleurs cessent quelquefois tu me demandes serres-moi Maman alors que nous sommes emboitées toi étalée moi recroquevillée sur les 20 cm que tu me laisses, Tu es ma grande fille, Mais non Maman quand je suis malade je suis une toute petite fille ! Mais tellement crevée je dors super bien, enfin.

Pas question d'aller chez nounou avec 39 de température je te garde avec moi au début c'est la fête et puis dès que je fais mine de travailler tu pignes Joue avec moi Maman et hop deux pipis dans la culotte je ne sais plus où donner de la tête allé une petite sieste on s'endort toutes les deux et après miracle tout s'emboîte tes jeux mes gâteaux et je me remets à la table de travail toi tu réclames mes petites boîtes avec tes petits personnages derrière ma chaise tu inventes les histoires que je ne te raconte pas.

36.8 ce matin encore un peu ronchon tu repars chez ta nounou à regrets pour toi
à regrets pour moi, finies les vacances de douceur

gros bisous d'esquimau.

lundi 20 septembre 2004

madeleine à la grenade

Grenade
Journée au ralenti - Chimène a une grosse angine, pas mal de fièvre encore et je l'ai gardée avec moi ; elle pleurniche, je suis moi-même un peu abrutie alors cette journée se place sous le signe de la sieste et des gâteaux. On en a fait un bon à la banane pour Nico.

Au Franprix ils vendaient des grenades ; j'en ai pris une, et ma petite sur les genoux je dépiaute une à une les graines roses.

Maman, c'est quoi que tu manges ?
Une grenade
Pourquoi tu la manges ?
Parce que j'aime ça..
Pourquoi tu aimes ça ?

J'allais répondre Parce que c'est bon, et en réflechissant deux minutes ça n'a pas tellement de goût..

Avant de me marier avec ton papa, j'ai vécu dans un pays très très loin qui s'appelle le Chili. Là-bas, il y a beaucoup de soleil et la terre est bonne pour les fruits ; il en pousse beaucoup, et de très gros. J'avais une amie, Magda, dont le mari vendait des fruits. C'était son métier : il achetait des fruits et les revendait dans la rue aux passants qui avaient une petite envie (comme j'ai eu tout à l'heure en voyant toutes ces grenades). Magda avait toujours plein de fruits chez elle, et quand je venais la voir, c'était souvent à dix heures du soir, on s'asseyait à sa table, la télé en sourdine, et elle m'apportait une assiette pleine de raisins, de melon, de pêches...

C'est chez elle que j'ai mangé ma première grenade (bien plus sucrée et rouge, forcément).

Quand j'en goûte de nouveau je me replonge dans nos discussions sur la liberté des femmes, sur Nico (les oreilles ont dû lui chauffer cette année-là), sur nos projets de tombola et de completo pour emmener les enfants du quartier en week-end à la mer..

Hmm, qu'est-ce que je me mangerais bien un completo ! (c'est un hot dog fourré au guacamole et à la tomate.. à tomber !)

[Un regain d'énergie et d'activité en fin de journée ; comme si j'avais besoin de me dire Quand même, j'ai fait quelque chose aujourd'hui..]

entre potes

Biquets
Week-end à Civry, la bande se retrouve autour d'une fête de 30 ans, 12 ans qu'on se connait et toujours la même envie de partager une bouffe, une danse.

Les retrouvailles vendredi soir on est tous crevés, chacun est dans son monde, celle qui trouve son boulot trop dur, les enfants malades, ceux qui refusent d'aller se coucher, les femmes enceintes qui ont droit aux belles chambres ; chacun encore en soi-même, peine à rencontrer les autres ; flot de paroles qui se croisent sans se toucher.

Mauvaise nuit ; Chimène enfièvrée délire dans son sommeil, je la prends dans notre lit, me recroqueville entre elle et Nico ; au petit déj les yeux ensommeillés, sourires derrière les bols de café.

Petit à petit on se regarde vraiment ; on se redécouvre, on partage les frustrations de nos vies d'adultes, nos bonheurs - Anne-Laure attend un garçon, elle d'habitude si énergique a mal au dos, dort beaucoup - et surtout, elle est toute distraite, et c'est Tanguy son mari qui doit tout lui rappeler ! J'aime quand les rôles s'inversent, quand j'attendais Chimène Nico m'a prise en charge, c'était lui le boute en train du couple et j'ai aimé me reposer sur lui.

Chimène veut se marier avec Guilhem, qui parfois ne s'esquive pas quand elle veut l'embrasser.

On se partage les enfants, les enfants de la bande sont un peu les enfants de tous, avec certains adultes le courant passe super bien pour jouer aux devinettes ou aux petites voitures. Avec d'autres au contraire c'est Non, c'est la tête tournée pour ne pas embrasser - Je n'ai pas de chance avec les femmes de cette génération.. - Avec les femmes de cette famille tu veux dire !

Ma Photo

juillet 2009

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