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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























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jeudi 24 juin 2004

sale boulot

intimacy"L'amour est un sale boulot ; impossible de garder les mains propres. Quand on reste sur la réserve, il ne se passe rien d'intéressant. En même temps, il faut trouver la bonne distance entre les gens. Trop près, ils vous submergent ; trop loin, ils vous abandonnent."

Hanif Kureishi, Intimité

le téléphone pleure

telephone- Allo, je te réveille ?
- Ben non, il est 9h20, ça fait presque une heure que je bosse..

Coup de fil de mon papa.

- Et sinon ça va ?
- Oh oui, y'a plein de nouvelles, des bonnes, des mauvaises..
- Ah ? c'est quoi ?
- Oh, y'en a tellement que je ne vais pas tout te raconter..
- Ah d'accord..

- Et cet été tu viens avec nous à La Plagne ?
- Je ne sais pas.. je verrai..
- Bon..

- Et ce week-end, tu fais quoi ?
- On garde la fille de Pierre et Valérie, donc on ne va pas trop bouger, mais y'a Maman qui va peut-être passer..

- Bon ben salut, à bientôt...
- Ouais, salut.


Chui triste là, tout d'un coup.

Barbie girl

barbie_dreamquand j'étais petite, je voulais

appartenir au club des amies de Barbies
qu'on ait un chien
me faire percer les oreilles
m'appeler Sandrine ou Aurore
échanger de Papa avec ma copine Stavia
avoir des robes à smocks
avoir un grand frère à la place d'un petit frère
que les garçons m'aiment
avoir de l'argent de poche pour pouvoir acheter des bagues tirettes
m'enrouler pour toujours dans le corps de ma mère
être blonde


certains de ces rêves ont disparu, Dieu merci
d'autres se sont réalisés, Dieu merci
de nouveaux rêves ont poussé, aussi..

mais je ne serai jamais blonde

mercredi 23 juin 2004

les mères et leurs enfants

la_mamaC'est marrant ; quand, avec mes amies qui ont des enfants, on parle de nos enfants, je me rends compte que ce ne sont pas les mêmes choses qui nous importent aux unes et aux autres.

L'une a toujours peur que son petit s'enrhume ; en plein mois de juin, il a une cagoule quand il sort. L'autre veut que son enfant mange de tout, et s'offusque que Chimène mange kiri-tomate un jour sur deux (l'autre jour, c'est purée de carottes).

Moi dont la mère avait une peur maladive que j'attrape mal à la gorge et froid au ventre, et qui du coup ne dors jamais sans mes chaussettes de laine, je fais attention de ne pas sucouvrir Chiménette ; je me suis lassée de faire des supers petites soupes qu'elle refusait de manger.

En revanche, je fais gaffe à ce que personne ne lui parle méchamment, ne lui applique de ces qualificatifs qui vous collent à la moelle pour des années - capricieuse, connasse, sauterelle.


On a toutes nos marottes, défendues becs et ongles sans rapport avec le danger réellement encouru par l'enfant - ce sont nos peurs d'enfance qui remontent au travers de celui à qui nous avons donné le jour.

mardi 22 juin 2004

dérobade

elle_est_pas_belle_ma_langueUn truc que je trouve pas facile, maintenant que je dois me remettre à d'autres projets, c'est cette impression que tous mes interlocuteurs de boulot se dérobent.

Mon éditrice du livre sur HEC qui a filé sa dem, alors que le livre est presque fini ; mon client du livre sur les émotions qui ne répond pas à mes messages ; un autre client de biographie qui est parti dans sa campagne pour.. 6 mois.

Et moi, déjà un peu flemmarde, je fais quoi si y'a plus personne en face ?


La réponse, comme d'hab, dans mes intuitions, et là :

Votre Climat Astral du jour

Sortez de l'ombre, CHRISTIE, et profitez de la vie ! La situation actuelle ne vous permet pas de rester en place sans quoi vous risquez de sombrer dans la déprime... Par contre, si vous gardez la conscience rivée sur vos rêves et sur les dynamiques de vie, vous serez pleine d'énergie et d'ambition. Vous aurez la force avec vous ! (Si vous faites un effort, bien sûr !)


Du coup hier j'ai commencé à écrire un livre pour moi (les fameux Cahiers du déménagement) ; au début je trouve ça nul, le sujet, le style ; et peu à peu se dessinent des personnages, des relations qui peut-être méritent d'être creusés.

Allez, zou !

lundi 21 juin 2004

désir d'amour

baiser_kusturicaHier soir j'ai été voir le dernier film de Kusturica.. entre deux trombonnes et trois coin coin, une émouvante histoire d'amour entre un Serbe et une Bosniaque.

A un moment, il y a un bombardement et elle a très peur, alors elle le rejoint dans son lit à lui.. Chacun a un animal dans les bras, lui un chien et elle un chat (mon rêve !).. elle lui demande Comment on dit "désir d'amour" dans ton pays ? et il a cette réponse-là On n'en parle pas.

La suite, c'est un plan sur le chien et le chat mis à la porte de la chambre, pas contents du tout !

photo

christie_2Avec la plupart des hommes que je rencontre, je m'efforce de désamorcer l'aspect sexué de la relation ; le port de baskets, les blagues un peu crues et une familiarité à toute épreuve (je me situe entre la mama et le pote un peu lourd) me permet de travailler sans encombres avec des hommes. De pratiquer l'auto-stop. D'avoir de bons amis mecs, avec lesquels la relation n'est pas ambigue. Pour draguer, ça n'a pas toujours aidé, je vous le confirme.

Ma sensualité, je la réserve principalement à Nico, Chimène et aux rencontres impromptues au Franprix (et puis bon, écrire ça aide aussi).

Quand on écrit un livre de collaboration, on travaille beaucoup à deux ; et parfois le soir, de longues périodes rapprochées. Jusqu'à présent j'ai surtout eu des clients hommes, et mon talent pour désamorcer le désir s'est averé assez crucial. Un facteur clé de succès, si on veut.

Un truc que j'avais pas prévu, l'autre jour : pour illustrer la 4ème de couverture de notre livre, j'ai pris mon client en photo ; et lui, moi.

J'avais oublié à quel point prendre quelqu'un en photo, et se faire prendre en photo, érotisait le corps.

Y'a pas eu mort d'homme, et je ne recommencerai pas.

quarts d'heure

joliesbouclesAh ce week-end. Somme de petits moments à 3 (dans la cuisine, sur la terrasse), à 2 avec Chimène (on est allées coller des affiches dans des magasins pour un atelier que j'anime en juillet), à 2 avec Nico..

Moments avec Caro, ma presque soeur qui part habiter Londres ; moments de rencontres avec des amis pas vus depuis longtemps ; moments de lecture, de presse, de cuisine, de siestes.

Moments à moi toute seule, au Franprix, à vélo, au ciné.

Moi, mon sac en bandoulière, un ruban rouge noué à la diable dans les cheveux. Tous les possibles renaissent l'espace de quelques quarts d'heure.

Puis je retrouve mes amours.

dimanche 20 juin 2004

will you ?

renault16You drink your coffee and I sip my tea
And we're sitting here playing so cool, thinking "What will be, will be"
But it's getting kind of late now
Oh I wonder if you'll stay now, stay now, stay now, stay now
Or will you just politely say goodnight?

I move a little closer to you, not knowing quite what to do
And I'm feeling all fingers and thumbs, I spill my tea, oh silly me!
But it's getting kind of late now
I wonder if you'll stay now, stay now, stay now, stay now
Or will you just politely say goodnight?

And then we touch much too much
This moment has been waiting for a long long time
Makes me shiver, it makes me quiver
This moment I'm so unsure
This moment I've waited for
Is it something you've been waiting for, waiting for too?

Take off your eyes, bare your soul
Gather me to you and make me whole
Tell me your secrets, sing me the song
Sing it to me in the silent tongue
But it's getting kind of late now
I wonder if you'll stay now, stay now, stay now, stay now
Or will you just politely say goodnight?

Il fait nuit. Je roule dans une voiture avec mes parents et mon frère. Mon père préfère prendre la route de nuit. A l'arrière de la R16 beige, les parents ont installé des couettes en coton très doux à l’arrière, nous sommes comme des rois.

Maman, la veille du départ, a passé une partie de la nuit à faire les bagages, et à nous concocter une cassette : la compil faite de tous les 45 tours achetés pendant l’année écoulée. La cassette porte le nom de l’année, 1982, 1983.

Une fois en route, nous sommes impatients d’écouter la nouvelle cassette. Tous les quatre, nous chantons les tubes et mon frère et moi nous endormons au bout de quelques heures. Will you, c'était une de ces chansons fétiches ; mais il y avait aussi Les lacs du Conémara, Il neige sur le lac majeur, Africa.

Une année, Maman n’a pas eu le temps de faire la compilation et Papa en a profité pour emmener ses cassettes d’Adamo… Mon frère et moi avons crié au ringard absolu mais, au bout de deux passages en boucles, nous entonnions comme Papa « Laisse tes mains sur mes hanches… » Et voilà comment je suis devenue une inconditionnelle d’Adamo.

J’ouvre les yeux sous les néons d’une station service. La voiture est endormie, seul Papa veille. J’ai tellement sommeil, j'ai peur que lui aussi ne soit tenté de s'endormir… Je vais lui tenir compagnie. Nous ne parlons pas beaucoup, parce que je ne sais pas quoi dire à mon père. L’important c'est qu’il sache que moi aussi, je suis réveillée.

J’en profite pour regarder le ciel presque noir, éclairci par le halo des villes, et les milliers d’étoiles. Je guette les étoiles filantes en rassemblant mes vœux d’amour.


samedi 19 juin 2004

au Franprix

franprix1Au Franprix normalement j'y vais avec Chimène, mon aimant à vieilles dames qui commencent par Elle est mignonne votre petite et finissent par me raconter leurs déboires de chaudière.

Tout à l'heure elle déjeunait avec son papa quand je suis descendue acheter le déjeuner des grands ; devant moi, à la pesée des fruits et légumes, un homme à l'oeil bleu et la mine chiffonnée d'un qui vient de se réveiller ; il pesait un piment, m'a jeté plusieurs regards en coin. Et de mon côté peut-être n'ai-je pu réprimer un ou deux sourires - vous savez, pas de ces sourires qui se disent franchement, mais ces tout petits sourires de reconnaissance, qui osent sans oser.

Quand je suis arrivée à la caisse, il n'y avait pas de prix sur mes tomates-grappes.

Ma Photo

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