Climat astral
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Ca a commencé ce matin vers 9 h, au téléphone, quand Maman au téléphone m'a parlé avec sa voix fatiguée. Elle m'a raconté ma grand-mère qui était tombée deux fois hier, et m'a dit Chimène j'ai l'impression qu'il faudrait que je lui fasse plus de câlins, hier elle était dans le salon toute seule, elle avait l'air toute triste..
Ensuite elle m'a passé ma Bounette de deux ans, qui m'a dit un truc comme J'ai été dans le ventre de ma Maman..
J'avais envie de prendre la voiture et de filer à Dinard pour l'enfouir contre moi.
Pi y'a des gens des amis qui me demandent si je bosse ; quels sont mes projets professionnels ; je ne sais pas bien en fait..
Pi là je fais ma compta en retard, et je me rends compte du peu que j'ai gagné l'année dernière..
Pi le frigo est vide et j'ai même pas fait les courses et la maison est dans un bordel..
Pi j'ai mal dormi.
Pi j'ai un rendez-vous qui m'angoisse vendredi, parce que les interlocuteurs ont l'air de penser que je suis une pauvre fille et que c'est peut-être vrai, en plus j'ai dû annuler un déj' avec mon père.
Pi Nico est en réunion je ne peux même pas lui parler de tout ça.
Pi je m'en veux de ne pas plus profiter de cette semaine juste avec Nico, dont on rêve si souvent, juste parce que ma petiote me manque trop.
Et y'a une boule dans mon ventre qui grandit, qui grossit, qui prend toute la place jusqu'au menton.
C'est bizarre comme on devient dépendant de certains trucs.
Par exemple, Télérama - mes parents (enfin, ma mère) y sont abonnés depuis que j'ai 8 ans. Nico et moi on s'est abonnés tout de suite après notre mariage. Chaque semaine, on crie Haro haro à leurs opinions gaucho-merdiques (je fais allusion à cette frange de l'opinion qu'a toujours des opinions si prévisibles - à droite y'a la même chose, mais on le voit moins dans les medias que je suis)
Une semaine sur deux, Nico me dit On se désabonne, mais je refuse car que mettre à la place ? Sans mon Telerama, je ne sais pas quelle expo aller voir, quel film, j'aurais l'impression de couler sans ma bouée culturelle.

Avec le Masque et la plume, ces Grosses têtes de la littérature sur France Inter (je l'écoute surtout pour les livres), la dépendance est plus subtile, moins Je t'aime moi non plus.
Faut dire, ça fait qu'un an. L'émission est diffusée le dimanche soir, après la météo marine (qui écoute ça d'ailleurs ?), et nous à chaque fois qu'on rentre de week-end, on s'arrange pour partir dans le créneau du Masque. Ca fait un peu con, je trouve.
Mais j'ai un faible pour la voix chaude de Jérôme Garcin.
Un faible pour l'enthousiasme d'Olivia de Lamberterie, pour son côté "fille", pour certaines de ses images Le style de Franz Olivier Gisbert est parfois plat comme une limande.
Un faible pour le côté néo-bab d'Arnaud Vivian, le mec qui t'apprend la vie avec son côté mi-goguenard mi-j'y crois quand même vacahement.
Un faible pour l'exigence et la tendresse de Michel Crépu.
Et surtout, je suis raide de l'humour de Jean-Louis Ezine. Il y a 15 jours, il a qualifié le dernier livre d'Anna Gavalda de mauvaise parodie de Ti Michou et Gros Cachou. J'en rigole encore par devers moi.

C'est lui, aussi, qui m'a donné envie de lire l'Africain, de Le Clezio. Et j'ai pas regretté, ce livre j'ai envie de l'offrir à tous les hommes que je connais..
Merci Jean-Louis !
Je viens de recevoir un commentaire formulé dans une langue mystérieuse et enchanteresse ; il dit cela :
nôtre très bon sien blog j'ai adoré tournerai plus fois passe lá em mien aussi
et il vient de là...
Cette langue mi-portugaise mi-française me fait penser au sabir de ma toute petite, qui veut mettre du boumoussan dans son bain et qui, sur la plage, réclame de marcher péniu..


Est-ce que j'écrirais autant, si ma vie était assez pleine ?
L'écriture n'est-elle pas un deuxième choix auquel je m'accroche pour recycler toutes mes frustrations ?..
En quittant le bleu du port
Le vert des hortensias, le blanc des maisons et des voiles,
En embrassant la joue de mon petit chaperon,
J'écrase une larme en dedans.
Les vagues lèchent le sable
et se retirent en laissant des croissants scintillants.
Moi, je fais provision de petits trésors.
Matthias vient de m'appeler pour m'annoncer qu'il attend un bébé.
Enfin, sa femme.
La dernière fois que je l'ai vu, enfin, les ai vus, c'était le jour de leur mariage, un samedi de septembre, dans un village au sud d'Avignon.
Rage de dents depuis la veille.
Retardés par une visite obligée chez le dentiste, nous arrivons devant l'église juste avant l'entrée de la mariée. Et là, bizarre, on ne reconnait personne. - Merde, il y a deux églises dans ce bled et on s'est gourés de mariage. Il y a bien une mariée, mais impossible d'identifier Gaëlle sous ce voile à l'ancienne et cette robe sublimement décolletée dans le dos.
Nous rentrons quand même dans l'église, histoire de.. Et là, je repère Fanny, une copine de Matt qui n'était pas ma tasse de thé.
C'est bien Gaëlle, cette jeune femme aux airs de Sophia Loren, et c'est bien Matthias à côté d'elle, le petit mec dans le costume mastic.
Lui, l'air très détendu - presque détaché.
Elle, altière, au bord des larmes cependant lors de l'échange des consentements.
A la sortie, je retrouve toute la bande - la bande d'avant, celle qui m'avait battu froid lorsque nous nous sommes séparés. Nous ne connaissons qu'eux, on est bien obligés, et au café où on va prendre une p'tite mousse, l'ambiance est assez poilante. Fanny est très pêchue, elle s'intéresse, je me surprends à lui parler avec bonheur. Pieb est toujours aussi drôle, PH aussi lourd, Manu hyper mignon..
Finalement je suis contente de les revoir.
Après une demi-heure passée dans la voiture à me mettre de la pommade gingivale - dieu que je ne suis pas fraiche- je rejoins tout le monde au cocktail.
Et là sur qui je tombe ? Ben sur mes anciens "beaux-parents", forcément.
Le père de Matt, je l'adorais. Il m'appelait la bru. Grand, immense sourire, on se retrouve comme si on ne s'était pas quittés.
Pi avec ses frères, Greg et Thibault, la même confiance. J'me fais p'têt des idées...
On est partis tôt.
J'ai emporté une des bougies à la vanille qui éclairait le parc.

(j'ai piqué la photo là)

Cette semaine, nous avons vécu Chimène et moi comme deux robinsonnes dans la petite maison de Dinard.
Horaires à l'espagnole, siestes dans mon lit, gavage de fraises, lecture de polards, balades le long de la mer, jeux de sables sur la plage, nos joues transformées en tomates.
On a mis du pain dans le jardin pour les oiseaux.
J'ai remarqué qu'un mouette se posait de temps en temps dans notre cour (ou un goëland, je ne les distingue pas). La cour est petite, et une mouette vue de près c'est assez impressionnant.
Une fois la première excitation passée T'as vu Maman, la mouette !! , je me suis souvenue de l'histoire qui m'a été racontée l'année dernière.
Brigitte ma tante et Mam ma grand-mère avaient passé quelques jours dans cette maison au printemps dernier ; elles avaient, elles aussi, reçu la visite de la mouette-goëland, et avaient supposé qu'elle avait fait son nid quelque part dans le jardin.
La semaine suivante, on avait prêté la maison à un couple d'amis... Ils ouvent la grille du jardin.. et se font attaquer par l'oiseau. Pas moyen d'entrer, la mouette donne des coups de becs, déploie ses ailes, pousse des cris perçants, la femme est tétanisée.
Il a fallu appeller les pompiers pour déloger l'oiseau et dénicher le nid.
Et dire que cette semaine j'ai laissé ma petite - à ma mère- dans cette maison..

Coup de téléphone de mon ami Antoine : - Je suis au Val André pour l'enterrement de mon oncle.
- Oh le pauvre, qu'est-ce qu'il avait ?
- Il en avait marre..
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